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Les Marges de la nuit. Pour une autre histoire de la peinture
Saint Girons Baldine
AMATEUR
46,00 €
Épuisé
EAN :9782859174484
Contrairement à certaines idées reçues, la nuit ne fait pas de nous des aveugles, n'est pas la simple absence du jour et n'occupe pas une position anecdotique dans la peinture. Elle ouvre d'abord une vision marginale, invente un chromatisme inédit et favorise, par les rêves et les fantasmes, une véritable " voyance " intérieure et imaginative. C'est ensuite une véritable puissance qui ne se contente pas de modifier les conditions d'exercice de notre vision, mais nous fait tressaillir et vibrer de concert avec elle. La nuit renverse, enfin, l'idée du " tableau " et rapatrie ce qui est localement vu dans l'immensité qui l'englobe. Une autre histoire de la peinture est possible à partir d'elle : une histoire délivrée du souci premier de la figurativité et de la perspective. Mais s'interroger sur ce que fait la peinture est inévitablement s'interroger sur ce que fait la pensée. La nuit nous rend spontanément métaphysiciens en s'imposant paradoxalement à la fois comme principe de réalité et comme principe de fiction : présence tactile qui nous pénètre et présence fantastique qui déploie songes et illusions. Pourvoyeuse d'espaces, la nuit se déplace entre les extrêmes du ciel et des Enfers, du perceptible et de l'imperceptible. Accepter alors de nous y perdre et d'aller à sa rencontre, c'est aussi tenter d'assumer notre destinée, individuelle et collective.
Mettre en évidence «le pouvoir esthétique», c"est souligner l" intrication des questions de l"esthétique à celles de l" éthique et du politique. Le pouvoir naît d"un vouloir et se heurte à d autres pouvoirs. Sous la diversité des apparences, il concerne la force de l'apparaître, compris en ses trois temps: projet, stratégie, effets. Faut-il plaire, inspirer ou charmer? Rechercher la dignité du beau, la gravité du sublime ou la suavité de la grâce? Parmi les trois figures de la laideur ou du mal, notre adversaire est-il d" abord la difformité qui dissone, la médiocrité qui enlise, ou la violence qui révulse? Le beau peut être médiocre et violent: il ne saurait manquer d"harmonie. De même, le sublime peut être compatible avec la difformité et la violence: il disparaît avec la médiocrité. Et la grâce peut être dépourvue de beauté et d" originalité: la douceur ne saurait lui faire défaut. À chaque combat sa technique: l"imitation des meilleurs, l" invention du nouveau, l"appropriation de traits gracieux. De là des résultats divergents: l" admiration va à ce qui plaît, l"étonnement à ce qui inspire, la gratitude à ce qui charme. Rompre les trois cercles maudits du mépris niveleur, de la médiocrité agressive et de l" envie négatrice, tel est l"enjeu. Dans quelle mesure ces trois grands types de pouvoir esthétique sont-ils exclusifs, chacun des deux autres? Si Burke dégagea, au milieu du XVIIIe siècle, ce qu on peut appeler le dilemme esthétique entre beau et sublime, est-on aujourd hui fondé à parler d" un trilemme esthétique entre beau, sublime et grâce?
Résumé : L'histoire du sublime, presque aussi ancienne que la philosophie, concerne, de nos jours, la plupart des disciplines qui la constituent esthétique, politique, éthique, anthropologie. Les philosophes ont d'abord pensé le sublime dans la sphère du discours. Ils ont étendu ensuite son domaine aux différents arts et aux grands phénomènes de la nature,- pour étudier, enfin, son apparition dans diverses formes d'activité humaine, comme les sciences et les techniques. Le sublime confronte la philosophie aux limites de son pouvoir, en vue de la mettre en échec ou de lui permettre d'aller plus loin. Il opère à la fois comme principe de connaissance et comme principe de métamorphose. D'une part, il subvertit les valeurs du beau, du vrai et du bon, d'autre part, il me transcende ou me sublime, au sens très général où la sublimation est dépassement de soi. Le présent livre vise à redonner au sublime la place qu'il mérite dans notre système éducatif et dans nos vies : celle d'une épreuve initiatrice, susceptible d'insuffler la vie à des connaissances qui resteraient sinon formelles et tronquées. Il cherche également à nous orienter vers une science possible du sujet qui prenne en compte la vocation de l'homme à se transcender lui-même.
Comment dire la passion de la montagne ? Comment éclaircir le mystère d'une course en haute montagne ? L'irrationalité de son appel ? L'intensité et la brûlure de ses efforts ? La gratuité, la souffrance et la peur de son engagement ? Le vouloir de ses risques ? L'intelligence, le calcul et le désir de son parcours ? La signification de cette petite communauté minimale qui en est l'auteur, qui en est l'acteur, et qui s'appelle une cordée ? Mais surtout, comment faire comprendre et faire sentir cette expérience d'une telle force et d'une telle singularité que très peu la partagent et, qu'entre ceux qui la partagent, cette compréhension et cette sensation passent essentiellement par le silence ? Entre récit, concept et image, ces essais tentent de répondre. Ils dessinent une philosophie de l'alpinisme qui est une philosophie de l'existence : "Il te reste peu de temps. Vis comme sur une montagne."
L'horizon ne cesse de reculer au fur et à mesure que l'on avance vers lui. Comment atteindre ce qui s'enfuit et rendre proche ce qui ne surgit que dans le lointain ? Doit-on concevoir l'horizon comme facteur de concorde entre des éléments eux-mêmes discordants ou bien, au contraire, comme facteur de discorde à l'intérieur d'ensembles dont les éléments s'autonomisent ? Pour saisir le statut et la fonction de l'horizon, il importe d'articuler les méthodes et les résultats de disciplines aussi différentes que l'histoire de l'art, la critique d'art, l'étude du paysage et la phénoménologie. L'ouvrage privilégie l'étude des traités de perspective et des oeuvres de la Renaissance, pour montrer comment l'horizon assure d'abord la concordance des points de vue. Mais, dès le milieu du XIXe siècle et, plus précisément, à partir du manifeste que constitue " La Vague de Courbet " (1869, les artistes bientôt suivis des philosophes, remettent en cause cette fonction d'unification. Les peintres de la modernité pensent l'horizon comme principe de discorde et de dissension, autant sinon plus que de concorde. Ils montrent ainsi combien l'unité du " voir ensemble " est problématique et sans cesse à reconstituer.
Depuis toujours, l'horloge comtoise attire les personnes sensibles aux témoignages du passé. Le charme, le mystère qu'elle inspire, sa présence rassurante ne trouvent nul écho comparable parmi les autres horloges de parquet. Certains l'appellent "grand-mère", d'autres "l'ancêtre". Il est vrai que son histoire est bien remplie et qu'elle a partagé l'intimité de nombreuses générations. Elle symbolise à tel point la vie qu'autrefois, lorsqu'un décès survenait dans la maison, il était coutume de faire taire son tic-tac en arrêtant le balancier si, toutefois, il ne s'arrêtait pas de lui-même... Du haut de ses deux mètres trente, la "grande horloge" continue, encore aujourd'hui, de régler la vie de tous les jours dans bien des foyers, de participer aux moments d'intimité au même titre que le crépitement du feu dans la cheminée. Elle veille inlassablement sur son entourage, et s'adapte avec facilité à tous les intérieurs, qu'ils soient de style, rustiques ou design. Si, au XIXe siècle et jusqu'en 1930, la comtoise fut produite à des millions d'exemplaires, surtout à Morbier et Morez, dans le Jura, il est vrai que de nombreux témoins ont disparu depuis, souvent victimes de sols par trop humides, de fumées persistantes, de réparations maladroites qui ont porté un coup fatal à l'intégrité de l'horloge. C'est pourquoi la sauvegarde des comtoises parvenues jusqu'à nous est devenue une priorité. Homme de métier, Alain Caudine a déjà une longue expérience de restaurateur derrière lui, s'attachant à restituer l'authenticité des horloges comtoises qui lui sont confiées, et son livre, fourmillant d'anecdotes, montre la grande familiarité qu'il entretient avec ses "protégées". Après avoir développé l'aspect historique, l'auteur passe en revue toutes les étapes de fabrication de la "grande horloge" et les éléments constituant son décor, puis s'intéresse aux techniques de restauration, qu'il applique d'une main experte depuis de nombreuses années. Cet ouvrage, qui s'achève sur de précieux conseils d'entretien et d'utilisation, comporte plus de 700 illustrations, la plupart inédites.
Peintes par milliers, dessinées par millions, adorées et méprisées en même temps, les fleurs représentent l'un des motifs les plus ignorés, les plus délaissés et même dénigrés de l'art du XIXe siècle. Une injustice flagrante, comme en témoignent les très nombreuses photographies reproduites dans ce livre, qui révèlent une prodigieuse variété d'espèces, d'arrangements et, évidemment, de talents. Botanique avec les savants du premier Empire, décorative dans les intérieurs cossus de la Monarchie de Juillet, la peinture de fleurs est une des plus grandes réussites du réalisme. Se déployant en cascades colorées sous les fastes du second Empire, elle se montre faussement rustique au temps d'un impressionnisme qui ne la tolère guère hors des plates-bandes ou des étangs de Giverny. Quant aux soleils de Van Gogh, c'est à l'époque de Madeleine Lemaire qu'ils flamboient. Bien que célébrées par Proust, Francis Jammes et Odilon Redon, les fleurs quittent l'avant-scène, découragées par les clous dont Picasso les affuble en guise de pistils. Ce magnifique ouvrage richement illustré consacre ses dernières pages à un répertoire complet des quelque cinq cents artistes cités, suivi d'un index et d'une table des illustrations détaillée.