Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le pouvoir esthétique
Saint Girons Baldine
MANUCIUS
15,20 €
Épuisé
EAN :9782845781061
Mettre en évidence «le pouvoir esthétique», c"est souligner l" intrication des questions de l"esthétique à celles de l" éthique et du politique. Le pouvoir naît d"un vouloir et se heurte à d autres pouvoirs. Sous la diversité des apparences, il concerne la force de l'apparaître, compris en ses trois temps: projet, stratégie, effets. Faut-il plaire, inspirer ou charmer? Rechercher la dignité du beau, la gravité du sublime ou la suavité de la grâce? Parmi les trois figures de la laideur ou du mal, notre adversaire est-il d" abord la difformité qui dissone, la médiocrité qui enlise, ou la violence qui révulse? Le beau peut être médiocre et violent: il ne saurait manquer d"harmonie. De même, le sublime peut être compatible avec la difformité et la violence: il disparaît avec la médiocrité. Et la grâce peut être dépourvue de beauté et d" originalité: la douceur ne saurait lui faire défaut. À chaque combat sa technique: l"imitation des meilleurs, l" invention du nouveau, l"appropriation de traits gracieux. De là des résultats divergents: l" admiration va à ce qui plaît, l"étonnement à ce qui inspire, la gratitude à ce qui charme. Rompre les trois cercles maudits du mépris niveleur, de la médiocrité agressive et de l" envie négatrice, tel est l"enjeu. Dans quelle mesure ces trois grands types de pouvoir esthétique sont-ils exclusifs, chacun des deux autres? Si Burke dégagea, au milieu du XVIIIe siècle, ce qu on peut appeler le dilemme esthétique entre beau et sublime, est-on aujourd hui fondé à parler d" un trilemme esthétique entre beau, sublime et grâce?
L'horizon ne cesse de reculer au fur et à mesure que l'on avance vers lui. Comment atteindre ce qui s'enfuit et rendre proche ce qui ne surgit que dans le lointain ? Doit-on concevoir l'horizon comme facteur de concorde entre des éléments eux-mêmes discordants ou bien, au contraire, comme facteur de discorde à l'intérieur d'ensembles dont les éléments s'autonomisent ? Pour saisir le statut et la fonction de l'horizon, il importe d'articuler les méthodes et les résultats de disciplines aussi différentes que l'histoire de l'art, la critique d'art, l'étude du paysage et la phénoménologie. L'ouvrage privilégie l'étude des traités de perspective et des oeuvres de la Renaissance, pour montrer comment l'horizon assure d'abord la concordance des points de vue. Mais, dès le milieu du XIXe siècle et, plus précisément, à partir du manifeste que constitue " La Vague de Courbet " (1869, les artistes bientôt suivis des philosophes, remettent en cause cette fonction d'unification. Les peintres de la modernité pensent l'horizon comme principe de discorde et de dissension, autant sinon plus que de concorde. Ils montrent ainsi combien l'unité du " voir ensemble " est problématique et sans cesse à reconstituer.
Faut-il donc tant d'espace pour voyager ? Celui de ma bibliothèque me suffit. Je ne suis pas un explorateur. L'idée même m'en fait rire" , disait Jackie Pigeaud. "Mais dans ma bibliothèque, je suis un aventurier, un corsaire qui aime l'abordage" . La grande aventure des Entretiens de La Garenne-Lemot autour de L'héritage gréco-latin se termine aujourd'hui avec sa XXIIIe livraison. Jackie Pigeaud est décédé ; mais l'ouvrage témoigne partout de sa présence active. L'amitié est palpable avec ses précieuses bousculades et ses compagnonnages émaillés d'éblouissements. Savoir et création n'apparaissent pas seulement comme des résultats, mais comme des modes de sublimation par lesquels nous visons à nous auto-dépasser. Il ne s'agit pas de choisir une fois pour toutes entre l'un et l'autre, mais de retrouver leur solidarité profonde. Tous deux s'entrelacent dans un va-et-vient entre réceptivité et activité, intériorisation et extériorisation, appropriation et abandon, reproduction et production. En quel sens sommes-nous Grecs, sommes-nous Romains ? Les continuités importent, pas seulement les ruptures. Il nous faut explorer les liens de famille entre différents savoirs et saisir le rôle des "relais" ; utiliser une philologie décapante qui serre au plus près les pouvoirs des mots ; promouvoir une rêverie exigeante et féconde, appuyée sur les oeuvres ; et, peut-être d'abord, tirer les leçons de la mélancolie en vue d'un gai savoir. De la sorte se constituent à la fois une "science de l'imaginaire culturel" et une poétique, dont l'exercice nous aide à vivre.
Résumé : L'histoire du sublime, presque aussi ancienne que la philosophie, concerne, de nos jours, la plupart des disciplines qui la constituent esthétique, politique, éthique, anthropologie. Les philosophes ont d'abord pensé le sublime dans la sphère du discours. Ils ont étendu ensuite son domaine aux différents arts et aux grands phénomènes de la nature,- pour étudier, enfin, son apparition dans diverses formes d'activité humaine, comme les sciences et les techniques. Le sublime confronte la philosophie aux limites de son pouvoir, en vue de la mettre en échec ou de lui permettre d'aller plus loin. Il opère à la fois comme principe de connaissance et comme principe de métamorphose. D'une part, il subvertit les valeurs du beau, du vrai et du bon, d'autre part, il me transcende ou me sublime, au sens très général où la sublimation est dépassement de soi. Le présent livre vise à redonner au sublime la place qu'il mérite dans notre système éducatif et dans nos vies : celle d'une épreuve initiatrice, susceptible d'insuffler la vie à des connaissances qui resteraient sinon formelles et tronquées. Il cherche également à nous orienter vers une science possible du sujet qui prenne en compte la vocation de l'homme à se transcender lui-même.
Distinct de l'acte artistique, scientifique et discursif, l'acte esthétique joue un rôle essentiel dans la création mais aussi dans la connaissance et le dialogue. Il poétise le monde, le musicalise, le jardine, le chorégraphie... bref, le façonne, en créant des universels d'imagination. Nous sommes tous, à des degrés divers, des acteurs esthétiques qui prenons le risque de nous perdre dans l'altérité à laquelle nous nous exposons et à partir de laquelle nous construisons de nouveaux types de "réels" imprégnés de sensibilité et de savoir. D'un même mouvement, l'acte esthétique sauvegarde le monde, crée un lien substantiel entre les hommes et eprmet d'échapper au double piège du narcissisme et de la mélancolie. Biographie de l'auteur Baldine Saint Girons, professeur de Philosophie dés XVIIe et XVIIIe siècles à l'université Paris X-Nanterre, a récemment publié Les Monstres du sublime. Hugo, le génie et la montagne (2005), Le Sublime de l'Antiquité à nos jours (2005), Les Marges de la nuit. Pour une autre histoire de la peinture (2006).
Dès l"Antiquité, Héraclite d Éphèse fut une légende. On dit qu" il vit le jour à Éphèse, au VIe siècle avant notre ère, vers 544-41. Mais très vite, on donna le surnom d Obscur à celui dont les aphorismes mystérieux et inintelligibles pour le commun des mortels prenaient davantage l"allure d" une parole pythique que d"une pensée philosophique rationnelle et traditionnelle. Ce qu" il y a de sûr, c"est que les récits des éminents spécialistes d" hier et d"aujourd hui ne pourront jamais dissiper même le soupçon de sa véritable existence. Et pourtant, les quelques malheureux fragments qu" on lui attribue ici ou là brillaient d"un éclat si puissant qu" ils suffirent à ébranler entièrement le monde intellectuel grec et romain. C"est comme si des cendres du temple d Artémis, le tombeau de l" unique exemplaire de son oeuvre un traité intitulé De la Nature derrière un caractère réputé méprisant et mélancolique jaillissait encore une pensée cristalline, sublime, foudroyant et bouleversant ceux qui s aventuraient à l"embrasser et à la méditer. C" est sans aucun doute cette philosophie mystérieuse, réservée aux initiés, aux « éveillés » dira-t-il, qui marqua le plus la fameuse « misanthropie » d Héraclite. Sa doctrine est révolutionnaire. Tout en s"inscrivant dans la lignée des cosmologues de son temps, le philosophe annonce le passage décisif au problème de l" Être et du devenir, celui qui donnera naissance à l"ontologie classique de Parménide et de Platon, ainsi qu" à la métaphysique d"Aristote. Au XIXe siècle, ce sera même Hegel qui dira s" être inspiré de lui.Quatrième opus extrait de l"oeuvre de Theodor Gomperz Les Penseurs de la Grèce, après « Les Sophistes », « Les Médecins » et « Parménide et ses disciples », « Héraclite » se présente comme un guide clair et précis pour tout futur lecteur avide d" ouvrir les portes d"Artémis."
Réédition des chapitres II et III consacrés à Descartes et Pascal de La philosophie française de Victor Delbos, éminent historien français de la philosophie, commentateur éclairé de Kant et Spinoza et par ailleurs très grand pédagogue. L'oeuvre originale compte 14 chapitres consacrés aux grands noms de la philosophie française, de Descartes à Saint-Simon et Auguste Comte, sans oublier Voltaire, Montesquieu, Rousseau, Maine de Biran et bien dautres. Victor Delbos, selon ses propres mots, y compte « renouer notre tradition philosophique de façon plus étroite et rentrer dans la pensée française pour montrer qu« elle a en elle assez de ressources pour se développer et se renouveler avec ses caractères propres [] sans se laisser conduire. » Texte clair et limpide, dune grande pédagogie et acuité La philosophie française était absente des librairies depuis près dun siècle. Dans cette première livraison de la réédition complète de louvrage, les éditions Manucius reprennent les chapitres consacrés à Descartes (Chap. II) et Pascal (chap. III).
A l'heure du dérèglement climatique et de l'épuisement programmé des ressources naturelles, des mesures sont prises pour sauver la planète. Elles s'inscrivent dans la perspective d'un "développement durable". Mais, si urgentes et légitimes soient-elles, sont-elles a la hauteur de la catastrophe ? Autrement dit : l'écologie, interrogée ici, échappe-t-elle au règne de la technique, dont elle tente bien de minimiser les dégâts mais se garde d'interroger les présupposés, qu'à son insu elle partage ? Les forêts se réduisent-elles à des espaces verts, la nature à un simple environnement ? Cet ouvrage se propose de rouvrir ces questions en faisant droit au questionnement philosophique quant à la relation entre l'homme et la nature ? à la lumière notamment des analyses de Marx et de Heidegger.
Récit de la mort tragique de Rimbaud par sa soeur cadette Isabelle. Témoignage poignant sur les derniers jours de ce poète au parcours aussi fulgurant qu énigmatique.Lorsque le 20 mai 1891, Arthur Rimbaud débarque à Marseille et est admis à l"hôpital de la Conception où il va être amputé de la jambe droite à cause du cancer des os qui ronge son genou, Isabelle Rimbaud a 31 ans. Elle n a pas vu son frère depuis son départ au printemps 1880 pour Alexandrie.Sa mère Vitalie sera auprès de lui le 23, l" amputation aura lieu le 27 mai. Mais très vite, elle quitte son fils pour d"obscures querelles et c" est désormais Isabelle qui veillera Arthur jusqu"à la fin.C" est ainsi que commence l"aventure d" Isabelle Rimbaud (1860-1917), dont ce livre, publié de manière posthume en 1921, sous le titre Reliques aux éditions du Mercure de France, retrace les épisodes fondamentaux: Le séjour d"Arthur Rimbaud à Roche l" été 1891 après l"amputation (« Mon frère Arthur »), le retour, le 23 août, de Rimbaud à Marseille où il va mourir (« Le dernier voyage de Rimbaud »), l" agonie du poète (« Rimbaud mourant »), puis, le dernier chapitre, la découverte et la lecture de l"oeuvre (« Rimbaud catholique »).L" ensemble des textes que nous rééditons aujourd"hui, est singulièrement habité par la présence de Rimbaud, y compris d" ailleurs, lorsque, dans le quatrième volet, Isabelle Rimbaud se lance dans l"exégèse de l" oeuvre, et cela quels que soient les désaccords que l"on peut avoir avec sa lecture d" un Rimbaud « catholique » terme très faux qui remplace le mot original « mystique », figurant lors de la première publication de ce texte, en 1914. Même Benjamin Fondane, sans aucun doute le meilleur commentateur de Rimbaud de la première partie du siècle parvient tout à fait à conserver une distance juste à l"égard d Isabelle Rimbaud « Ce n" est pas une soeur qui est là, mais un Ange de la Mort, occupée à donner ses derniers soins, ceux de l"âme, à un frère » et tout en récusant le « catholicisme » de cette conversion, tout en ayant des propos très durs pour la soeur de Rimbaud, écrit néanmoins à partir de son témoignage, et se refuse à le récuser: « A vrai dire, je soupçonne Rimbaud de s" être livré sur son lit de malade, à moitié déjà gagné par la mort, à une nouvelle expérience désespérée en tous points semblable à celle qu"il tenta naguère avec sa théorie du Voyant. Encore une fois il va essayer, désespérément, de voir si la forme ne porte pas en elle l" esprit, si le signe n entraîne pas le réel, si la liberté n est pas dans la soumission, si ON NE PEUT PAS FORCER LA GRÂCE: il « TRAVAILLE » à présent à se rendre catholique ».