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Plaisir de jouer, plaisir de penser
Rosen Charles ; Temerson Catherine ; Rosenfield Is
MANUELLA
15,00 €
Épuisé
EAN :9782917217788
De toute façon, comme l'a dit Schnabel, il n'y a pas d'exécution définitive : une sonate de Beethoven sera toujours supérieure à l'exécution que l'on peut en faire. Il y a plusieurs façons de se tenir à la partition : elles mènent à des interprétations complètement différentes. C'est justement la tension qui existe entre texte et exécution qui est intéressante, et qui disparaît si l'interprète s'éloigne trop de la partition. Toute la difficulté est là : parvenir à jouer d'une façon très personnelle, très inventive, mais en s'appuyant complètement sur le texte." Si Charles Rosen considère que la musique occidentale ne peut être comprise qu'en passant par l'analyse et l'histoire culturelle d'une oeuvre ou d'un style, il rappelle que l'étonnement poétique est la clé d'entrée dans une partition. Ces entretiens sont ainsi une excellente introduction à sa conception de l'analyse stylistique et de l'interprétation d'une oeuvre. Mais Catherine Temerson sait aussi l'emmener sur des territoires plus personnels : il retrace pour elle son chemin, de l'apprentissage avec Moriz Rosenthal aux concerts dans le monde entier ; il parle du lien physique qu'il éprouve avec son piano ; entre la théorie et l'intime, il nous offre une master class sur les plaisirs de l'interprétation musicale.
Musique et sentiment" est le titre donné par Charles Rosen (1927-2012) à une série de conférences prononcées à l'Université de Bloomington en 2000 et publiées en 2010, deux ans avant sa disparition. L'auteur y analyse les changements stylistiques intervenus dans l'histoire de la musique entre les époques baroque et moderne, s'attachant à la manière dont les idées musicales se construisent à travers l'interaction entre les données du langage et les formes de représentation. A partir de tout un ensemble d'exemples musicaux, il montre comment le sens musical se constitue, se différencie et se transforme. Pour Charles Rosen, il n'existe pas de contradiction entre forme et expression, entre intelligibilité et émotion. Une leçon précieuse pour les interprètes comme pour les auditeurs. Les sept chapitres de ce vaste essai constituent une traversée de la musique depuis Bach jusqu'à nos jours, tout en se présentant comme une histoire des affects et de la façon de les représenter, qui renvoie à la nature des liens entre les hommes. Dans un mélange de pragmatisme et de culture soutenu par une connaissance exhaustive du répertoire, Charles Rosen fait apparaître les mutations du sens musical en rapport avec celles du langage et les questions qu'elles posent. Ces conférences sont prolongées par les autres textes de ce volume. Dans l'un, Charles Rosen étudie la relation entre originalité et convention, mettant en jeu le rapport à la tradition ; dans un autre, il pose la question des rapports entre notation et interprétation, soulevant la question de l'avenir de la musique classique occidentale. Dans les deux derniers textes, il s'attache à deux oeuvres d'Elliott Carter qu'il a beaucoup jouées en tant que pianiste, l'une concertante, l'autre solo. On y retrouve la même démarche éclairante et essentielle qui consiste à "donner un sens aux signes complexes" . La double compétence d'interprète et de musicologue de Charles Rosen, liée à une érudition impressionnante, confère à ses écrits une importance toute particulière : l'auteur nous fait entrer au coeur des oeuvres, nous faisant comprendre ce qui constitue un style, nous rendant attentif à ses mécanismes internes, tout en dégageant de ses observations minutieuses les réflexions les plus stimulantes. C'est cette approche magistrale, dans un langage d'une grande clarté, loin de tout jargon pour spécialiste, qui a fait le succès et la renommée de ses ouvrages de référence comme Le style classique ou Génération romantique (traduits en français chez Gallimard). Les textes du présent volume traitent pour une part importante de la musique des XVIIIe et XIXe siècles - et à ce titre, cet ouvrage prend place dans le catalogue des éditions Contrechamps aux côtés du livre de Carl Dahlhaus, L'idée de la musique absolue, bien que le propos en soit très différent.
Quiconque s'empare d'un livre sur la forme sonate pense probablement en connaître le sujet. Depuis que la forme sonate a été définie par des théoriciens du XIXe siècle sur les bases des pratiques en cours à la fin du XVIIIe siècle, elle constitue la forme musicale la plus prestigieuse. ( ... ) J'imagine que " les mélomanes " aimeraient qu'un livre sur la forme sonate leur révèle ce qu'elle était vraiment et quelle a été son histoire - son origine, son développement, son destin. ( ... ) Ces questions supposent que l'on puisse définir la forme sonate comme un reflet précis des ?uvres de l'ensemble du XVIIIe siècle, alors qu'il semble difficile de définir une forme sonate unique qui en couvrirait simplement la dernière décennie. Elles supposent qu'une forme a une histoire : mais si une forme " change " on ne sait pas clairement jusqu'à quel moment elle reste la même forme ni à partir de quand il faut la considérer comme une forme nouvelle."
Les artistes romantiques nous ont laissé croire que leur art était en conflit permanent avec la tradition. Par la suite, les grands peintres réalistes ont transmis l'image de l'artiste d'avant-garde comme celle d'un héros romantique, et les générations successives n'ont cessé de s'interroger sur le sens de la modernité. Charles Rosen et Hénri Zerner nous proposent ici, une redéfinition de l'art d'avant-garde comme de l'art officiel, et montrent que les relations entre les deux, toujours dynamiques et troublantes, sont si profondément ancrées dans la pensée et dans l'art du XIX siècle qu'il est impossible de les exorciser, voire simplement de les passer sous silence. Dans les articles sur Caspar David Friedrich, Thomas Couture, Thomas Bewick et maints autres artistes, les auteurs indiquent comment il conviendrait de réexaminer et de repenser la mythologie conventionnelle de l'art du XIX siècle. Un second thème conducteur des huit articles qui composent Romantisme et Réalisme est que la distinction fréquemment établie entre le grand art et les autres - art mineur, art populaire, art commercial ou arts appliqués - masque certains des événements les plus intéressants et les plus importants de la création plastique, et au XIX siècle plus particulièrement, rend tout simplement inintelligible l'évolution du "grand art". On trouvera dans cette analyse du romantisme et du réalisme la caricature, la photographie, l'illustration et le dessin de presse - et tous montrent avec suffisamment d'éloquence combien l"art romantique à son plus haut niveau a exigé l'abolition des distinctions traditionnelles entre les genres majeurs et mineurs, entre la tragédie et la comédie, entre le sublime et l'ordinaire, entre Fart, la nature et l'homme.
A l'audition de certaines grandes pages de musique, chacun d'entre nous a éprouvé, à un moment ou à un autre, des émotions très intenses, voire cathartiques. " La musicologie traditionnelle " (analytique, historique, théorique) a toujours excellé dans l'explication et la description des phénomènes structurels et techniques de la musique (sa forme ou sa structure thématique ; son organisation harmonique et rythmique ; son orchestration, etc.). " La musicologie actuelle " - à savoir certaines de ses tendances depuis 1980-1990 - s'intéresse également à la couche expressive des oeuvres, à la redécouverte des " unités expressives typiques " de certains styles de l'histoire musicale occidentale (du baroque jusqu'au début du XXe siècle). Cette analyse des topiques musicaux se réapproprie un savoir perdu qu'on appelle signification musicale. La " narrativité musicale ", elle, serait le regard analytique porté sur l'organisation de ce contenu expressif, sur la construction logique et " sensée " des unités signifiantes. Le recueil d'articles présentés ici s'ouvre sur une introduction théorique à ces nouvelles approches, avant d'aborder l'analyse narrative elle-même, par le biais d'exemples choisis dans la diversité des styles et des périodes : de Mozart et Beethoven jusqu'à la musique contemporaine (Dazzi, Dusapin, Mâche), en passant par les oeuvres de Liszt et de Bartok.
Cet entretien avec Nil Yalter est le premier volume d'une collection d'entretiens inédits créée en lien avec le prix d'honneur AWARE pour les artistes femmes, remis chaque année depuis 2017 à une plasticienne, liée à la France, pour l'ensemble de sa carrière. Cette collection poursuit les objectifs du prix : donner une visibilité à des artistes femmes dont les carrières ont pâti des biais de genre. Au-delà de cette question, il s'agit de donner accès à la parole des artistes. Cet ouvrage est l'occasion pour Nil Yalter de revenir sur l'ensemble de sa carrière : depuis la mise en place d'un art "sociocritique" dans les années 1970, pionnier dans l'art vidéo, proche du documentaire et en dialogue avec ses engagements féministe et communiste, exposant la condition des femmes, de la classe ouvrière ou des migrant·e·s, jusqu'à son usage des nouveaux médias dans une exploration de l'abstraction. Cet entretien est réalisé par Fabienne Dumont, historienne de l'art, critique d'art et enseignante en école d'art, spécialiste de la scène artistique féministe des années 1970.
Eugénie Paultre livre ici une réflexion brillante sur les artistes Etel Adnan et Simone Fattal, Ce regard de philosophe, mais aussi de peintre sur ces deux artistes dont elle connaît parfaitement les oeuvres, offre une analyse précise de leur travail et invite à un voyage instructif et poétique dans leurs mondes sensibles.
Colette Brunschwig est une peintre du XXe siècle, dont elle interroge de façon singulière la modernité artistique occidentale, et les traumas historiques que furent la Shoah et Hiroshima. Dans la proximité philosophique d'Emmanuel Levinas, l'artiste, proche du philologue Jean Bollack, joint ses recherches picturales liées aux abstractions des années 1950 à l'étude des traditions exégétiques talmudiques, avant d'y associer, à la fin des années 1960, l'enseignement des peintres lettrés chinois des XIIe et XIIIe siècles. Assumant une double généalogie avec Claude Monet et Kasimir Malevitch, Colette Brunschwig n'a cessé d'explorer un espace dynamique, traversé d'un souffle intérieur d'expansion et de compression ; espace qu'elle rend patiemment disponible pour recommencer la peinture après l'anéantissement, et y inscrire les strates réflexives et sensibles d'une revue des formes. Cette première monographie se veut un outil olivet de connaissance. Elle réunit donc une large iconographie de l'oeuvre peint de Colette Brunschwig, des archives personnelles, des photographies d'expositions, des essais critiques comme autant d'entrées possibles dans le geste pictural et la démarche intellectuelle, la correspondance de l'artiste avec diverses figures célèbres de la scène artistique et littéraire française de l'après-guerre, et ses propres textes, nés de la réflexion de son rapport à l'art moderne et aux transformations technologiques de son temps.