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Musique et sentiment et autres essais
Rosen Charles ; Bélaud Théo
CONTRECHAMPS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782940068609
Musique et sentiment" est le titre donné par Charles Rosen (1927-2012) à une série de conférences prononcées à l'Université de Bloomington en 2000 et publiées en 2010, deux ans avant sa disparition. L'auteur y analyse les changements stylistiques intervenus dans l'histoire de la musique entre les époques baroque et moderne, s'attachant à la manière dont les idées musicales se construisent à travers l'interaction entre les données du langage et les formes de représentation. A partir de tout un ensemble d'exemples musicaux, il montre comment le sens musical se constitue, se différencie et se transforme. Pour Charles Rosen, il n'existe pas de contradiction entre forme et expression, entre intelligibilité et émotion. Une leçon précieuse pour les interprètes comme pour les auditeurs. Les sept chapitres de ce vaste essai constituent une traversée de la musique depuis Bach jusqu'à nos jours, tout en se présentant comme une histoire des affects et de la façon de les représenter, qui renvoie à la nature des liens entre les hommes. Dans un mélange de pragmatisme et de culture soutenu par une connaissance exhaustive du répertoire, Charles Rosen fait apparaître les mutations du sens musical en rapport avec celles du langage et les questions qu'elles posent. Ces conférences sont prolongées par les autres textes de ce volume. Dans l'un, Charles Rosen étudie la relation entre originalité et convention, mettant en jeu le rapport à la tradition ; dans un autre, il pose la question des rapports entre notation et interprétation, soulevant la question de l'avenir de la musique classique occidentale. Dans les deux derniers textes, il s'attache à deux oeuvres d'Elliott Carter qu'il a beaucoup jouées en tant que pianiste, l'une concertante, l'autre solo. On y retrouve la même démarche éclairante et essentielle qui consiste à "donner un sens aux signes complexes" . La double compétence d'interprète et de musicologue de Charles Rosen, liée à une érudition impressionnante, confère à ses écrits une importance toute particulière : l'auteur nous fait entrer au coeur des oeuvres, nous faisant comprendre ce qui constitue un style, nous rendant attentif à ses mécanismes internes, tout en dégageant de ses observations minutieuses les réflexions les plus stimulantes. C'est cette approche magistrale, dans un langage d'une grande clarté, loin de tout jargon pour spécialiste, qui a fait le succès et la renommée de ses ouvrages de référence comme Le style classique ou Génération romantique (traduits en français chez Gallimard). Les textes du présent volume traitent pour une part importante de la musique des XVIIIe et XIXe siècles - et à ce titre, cet ouvrage prend place dans le catalogue des éditions Contrechamps aux côtés du livre de Carl Dahlhaus, L'idée de la musique absolue, bien que le propos en soit très différent.
Rosen Charles ; Temerson Catherine ; Rosenfield Is
Résumé : "De toute façon, comme l'a dit Schnabel, il n'y a pas d'exécution définitive : une sonate de Beethoven sera toujours supérieure à l'exécution que l'on peut en faire. Il y a plusieurs façons de se tenir à la partition : elles mènent à des interprétations complètement différentes. C'est justement la tension qui existe entre texte et exécution qui est intéressante, et qui disparaît si l'interprète s'éloigne trop de la partition. Toute la difficulté est là : parvenir à jouer d'une façon très personnelle, très inventive, mais en s'appuyant complètement sur le texte." Si Charles Rosen considère que la musique occidentale ne peut être comprise qu'en passant par l'analyse et l'histoire culturelle d'une oeuvre ou d'un style, il rappelle que l'étonnement poétique est la clé d'entrée dans une partition. Ces entretiens sont ainsi une excellente introduction à sa conception de l'analyse stylistique et de l'interprétation d'une oeuvre. Mais Catherine Temerson sait aussi l'emmener sur des territoires plus personnels : il retrace pour elle son chemin, de l'apprentissage avec Moriz Rosenthal aux concerts dans le monde entier ; il parle du lien physique qu'il éprouve avec son piano ; entre la théorie et l'intime, il nous offre une master class sur les plaisirs de l'interprétation musicale.
Résumé : Charles Rosen, musicologue, professeur et pianiste, avait analysé de façon magistrale, dans Le Style classique, les moyens pas lesquels Haydn, Mozart et Beethoven bouleversèrent le statut de la musique, la dotant d'un prestige à peu près sans précédent en Occident. La Génération romantique en est, en quelque sorte, une suite. C'est tout le bouillonnement du romantisme naissant que retrouve l'auteur dans ses analyses détaillées et originales d'?uvres de Chopin, Schubert, Schumann, Liszt, Mendelssohn, Bellini, Meyerbeer et Berlioz. Au gré des exemples musicaux - qu'on retrouvera pour certains interprétés par lui, sur le CD joint à ce volume -, Charles Rosen montre comment ces compositeurs, réagissant aux nouveaux courants de pensée venus des sciences, des arts plastiques, de la littérature, de la philosophie, inventent une multitude de solutions personnelles, souvent uniques et contradictoires : tel adapte la forme sonate à de nouveaux desseins en se servant de Bach ou de l'opéra italien, tel autre bouleverse les bases de la composition en se fondant sur le son de l'instrument, tel autre encore tire parti d'une bizarrerie pour produire une sensation d'inachevé... En très peu de temps, moins de vingt ans, entre la mort de Beethoven et celle de Schumann, une génération, la première pour qui l'art soit devenu un point d'interrogation, a tout changé. La Génération romantique, magnifiquement, déchiffre et illumine ce moment.
Quiconque s'empare d'un livre sur la forme sonate pense probablement en connaître le sujet. Depuis que la forme sonate a été définie par des théoriciens du XIXe siècle sur les bases des pratiques en cours à la fin du XVIIIe siècle, elle constitue la forme musicale la plus prestigieuse. ( ... ) J'imagine que " les mélomanes " aimeraient qu'un livre sur la forme sonate leur révèle ce qu'elle était vraiment et quelle a été son histoire - son origine, son développement, son destin. ( ... ) Ces questions supposent que l'on puisse définir la forme sonate comme un reflet précis des ?uvres de l'ensemble du XVIIIe siècle, alors qu'il semble difficile de définir une forme sonate unique qui en couvrirait simplement la dernière décennie. Elles supposent qu'une forme a une histoire : mais si une forme " change " on ne sait pas clairement jusqu'à quel moment elle reste la même forme ni à partir de quand il faut la considérer comme une forme nouvelle."
Plaisir à la fois intellectuel et physique, la musique se trouve aux confins du sens et du non-sens. Plus encore que la littérature ou les arts visuels, la musique ne peut se limiter à aucun système d'analyse ou d'interprétation, qu'il soit musical ou historique. Il est bien naturel de chercher hors de la musique, ou au-delà, ce qui peut pour un temps lui faire porter une signification précise. Mais la musique ne reconnaîtra jamais la primauté du contexte auquel on la subordonne trop commodément, fût-il social, historique ou biographique. En paraphrasant la mise en garde grandiose de Goethe aux savants, on peut dire : ne cherchez pas derrière les notes, elles sont elles-mêmes la doctrine.