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Henri Irénée Marrou. Historien engagé
Riché Pierre
CERF
42,00 €
Épuisé
EAN :9782204070799
Henri Marrou [1904-1977] fut un homme assez exceptionnel, comme on en voit rarement en une génération. De l'École normale supérieure à l'Institut, un passant par l'École de Rome et la Sorbonne, il eut une très halle carrière. Plus encore, il fut un grand savant. Ses livres sur la culture intellectuelle et religieuse de l'Antiquité tardive, ses travaux sur les Pères de l'Église, particulièrement sur saint Augustin, ses réflexions sur la "connaissance historique" et la "théologie de l'histoire", lui valurent une réputation internationale et lui attirèrent de nombreux disciples. Ami d'Emmanuel Mounier, il collabora dès 1933 à la revue Esprit. Ami également de Paul Vignaux, fondateur du syndicat SGEN, il présenta des plans de réformes pour l'enseignement public dont on pourrait encore s'inspirer aujourd'hui. Membre de l'académie Charles-Cros, il donna sous le nom de Davenson du nombreux écrits sur la théorie musicale, les ?uvres anciennes et modernes et la chanson dite "populaire". A Lyon, pendant la guerre, il s'engagea dans la Résistance avec Témoignage chrétien et intervint en faveur des juifs; à Paris, pendant la guerre d'Algérie, il dénonça la torture et ?uvra pour la paix. Sa foi profonde et ses connaissances théologiques lui permirent de jouer un rôle important dans l'Église, avant et après le Concile. Il n'accepta ni l'intégrisme ni le progressisme et convertit bien des jeunes laïcs à une solide culture religieuse. Tous les amis et disciples de Henri Marrou ont pu témoigner de son rayonnement intellectuel et spirituel. C'est à partir de ces témoignages et de l'?uvre du maître que l'un de ses disciples présente tous les aspects d'une riche personnalité.
Gerbert "fut un philosophe et un savant curieux de tout, passionné de mathématiques comme d'astronomie, aussi bon connaisseur de la science arabe que de la culture antique. Elevé à Saint-Géraud d'Aurillac et formé en Catalogne, écolâtre de la cathédrale de Reims (c'est-à-dire responsable de l'un des, tout premiers centres d'enseignement en Occident), il fut le plus grand" intellectuel "de son temps. Abbé du très riche monastère italien de Bobbio, archevêque de Reims, puis de Ravenne, avant d'occuper le trône de saint Pierre de 999 à 1003 sous le nom de Sylvestre II, ce simple moine auvergnat à la personnalité très affamée sut être, au terme d'une surprenante ascension sociale, un homme d'influence et de pouvoir. Grand politique, il fut le précepteur et l'ami de l'empereur Otton III, et l'élection d'Hugues Capet ne se serait pas faite sans son intervention auprès du haut clergé franc... Enfin, c'est grâce à ses initiatives que virent le jour les Eglises nationales de Hongrie et de Pologne qui sont aujourd'hui parmi les plus florissantes. Qu'il s'agisse des affaires politiques, des problèmes religieux, du débat des idées, il a imprimé sur la fin du XIe siècle sa marque indélébile. Le premier pape français est bien l'homme clé de l'an mil."
e texte présenté ici date de la fin du XVe siècle. Le Manuale T Scolarium a été écrit par un auteur inconnu sous forme de dialogues. Depuis l'Antiquité, bien des discussions et des conversations ont été écrites. Ce genre littéraire est particulièrement utilisé pour les traités pédagogiques : dialogues entre un père et son j fils, un maître et son élève, un roi et son héritier, etc. Mais les dialogues entre deux jeunes gens, moines ou étudiants, sont j bien plus rares. On connaît, pour le IXe siècle, celui qu'a écrit Alcuin qui présente deux jeunes disciples, un franc et un saxon qui conversent à propos de la grammaire. Au XIe siècle, le "Colloque" d'Aelfric Bata écrit un dialogue entre quelques jeunes moines anglo-saxons. Pour le siècle suivant, nous n'avons pas de dialogue entre jeunes gens, avant ce Manuale Scolarium. Ce texte est un témoignage vivant de la vie des étudiants à l'université d'Heidelberg et offre un regard sur les relations des étudiants entre eux et sur leur appréciation de la vie universitaire.
Pierre Riché est professeur émérite d'histoire médiévale à l'université de Paris X-Nanterre. Au VIIe siècle, alors que s'affrontent encore les héritages celte, gréco-romain et germanique, la première unité européenne voit le jour. Elle est l'?uvre des Carolingiens, une famille aristocratique qui mène une habile et patiente stratégie d'alliances avec les territoires voisins. Maîtres de l'Austrasie, puis de la Gaule, ils créent un empire qui regroupe pendant un siècle une grande partie de l'Occident. Cet empire engendre à son tour les royaumes et les principautés ancêtres des nations modernes. Les Carolingiens mettent en place les institutions politiques,sociales et religieuses qui caractérisent le Moyen Âge: conception religieuse de la royauté, État pontifical, vassalité, etc. Cette remise en ordre unificatrice s'accompagne d'un renouveau culturel et artistique. Il est au fondement de la civilisation occidentale.
Résumé : Paul Veyne raconte ici ses années de formation, les débuts de sa carrière, ce qui motiva son choix de Rome comme objet d'étude. Mais ce livre d'entretiens révèle aussi un formidable pan d'histoire intellectuelle, où défilent les grands noms de l'université française, où Veyne approfondit ce qui le sépara d'Aron comme ce qu'il doit à Foucault. Le plus philosophe de nos historiens livre ainsi quelques-unes de ses réflexions sur la nature de l'histoire ainsi que sur les permanences et les ruptures dans les sociétés humaines. Il révèle aussi plusieurs de ses passions, la peinture, la musique, la littérature, avec des aveux plus graves sur l'amitié, l'amour ou les croyances qui nous permettent d'exister. il éclaire ainsi d'un jour nouveau son amitié et son voisinage de René Char, auquel il consacra un beau livre.
Michelle Perrot est une des plus grandes historiennes contemporaines. Ses travaux, pionniers en matière d'histoire sociale, d'histoire des marges, des femmes et du genre, ont puissamment contribué à renouveler la discipline et ses objets. Les trois séquences qui rythment ce volume correspondent à ses thèmes de prédilection : ouvriers, marges et murs, femmes.S'intéressant à travers eux à des figures de dominés, longtemps ignorés par les chercheurs, elle explore les traces à demi effacées de vies ordinaires qui, elles aussi, ont fait l'histoire : celles des ouvriers en grève ou des détenus du XIXe siècle, celles des enfants des rues, vagabonds ou autres Apaches de la Belle Époque. Celles enfin des femmes, toujours inscrites dans la diversité de leurs parcours et saisies dans la variété de leurs lieux de vie : la chambre, l'atelier, l'usine, la maison bourgeoise, la rue.Longtemps étouffées ou inaudibles, les voix de ces femmes, ouvrières (" mot impie ", selon Michelet) ou autrices (au premier rang desquelles George Sand), militantes ou anonymes, aux corps assujettis ou triomphants, exploités et désirés, sont restituées par la force d'un style singulier. Toutes semblent se rejoindre in fine dans la figure de Lucie Baud, " révoltée de la soie ", meneuse de grève en Isère et inspiratrice de Mélancolie ouvrière, saisissant livre-enquête ici reproduit en intégralité.Michelle Perrot a elle-même assuré la sélection, l'agencement et la présentation des textes retenus, portant un regard résolument lucide et personnel sur plus d'un demi-siècle de recherche et d'engagement. Ce volume permet d'en mesurer toute l'ampleur.
Fukuyama Francis ; Védrine Hubert ; Canal Denis-Ar
Résumé : Depuis sa première parution en 1992, ce livre a suscité de nombreuses polémiques. On a cru le réfuter, avec facilité. N'annonçait-il pas la "fin de l'Histoire" et le triomphe mondial de la démocratie libérale ? Or, si l'on a vu s'effondrer les derniers totalitarismes, la victoire idéologique, géopolitique et historique de l'Occident que semblait prophétiser Fukuyama n'a pas eu lieu. Sans doute, et le philosophe le sait bien. Son propos est autre : sa perspective est mondialiste ; l'idéal de la démocratie libérale, affirme-t-il, ne peut être amélioré sur le plan des principes. Au coeur de sa réflexion, la conviction qu'il faut continuer de penser l'histoire de l'humanité comme cohérente et orientée. Le devenir de la démocratie mérite qu'on médite les réflexions de Fukuyama : plus subtiles que l'image schématique qui s'est imposée d'elles, elles aident à penser un monde chaotique.
Histoire de l'Histoire, l'historiographie analyse la manière dont chaque époque écrit l'Histoire, la comprend et l'utilise. Cet ouvrage permet de suivre l'évolution du rôle que l'Histoire a joué au cours des siècles. Il montre l'importance de sa fonction politique dans l'exaltation de la grandeur des rois, de la nation, puis de la République. Il met en évidence les lignes de continuité - et les ruptures - dans la manière dont s'est écrite l'histoire, ainsi que dans les progrès accomplis dans les méthodes critiques. Enfin, le rôle de l'historiographie dans la construction - parfois difficile - de l'image que la société a d'elle-même est mis en lumière. L'intérét pour l'historiographie s'affirme plus que jamais comme le montrent le dernier chapitre et les annexes qui présentent une synthèse des vingt dernières années d'écriture de l'Histoire. Cet ouvrage permet de comprendre l'évolution du rôle de l'étude de l'histoire en France de la période médiévale à nos jours et présente les plus récentes orientations d'analyse historique : l'histoire comme "roman national" , les migrations, le genre dans l'histoire... Un livre indispensable pour découvrir les grands mouvements historiographiques et les grandes figures qui ont marqué la discipline et pour mesurer le poids de l'histoire dans la construction politique et idéologique de la France au fil des siècles.