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Cordelia ou l'Angleterre
Rémy Pierre-Jean
GALLIMARD
11,20 €
Épuisé
EAN :9782070287635
Cordelia a vingt ans. Elle a les yeux bleus, la peau très blanche et les cheveux très noirs. Lorsqu'elle parle, elle rougit et elle baisse les yeux, regarde ses pieds: elle est alors très belle et on peut l'aimer à la folie... L'Angleterre, c'est celle d'hier et d'aujourd'hui. Le Londres des pubs et des longues soirées passées à parler avec des journalistes, des comédiens, des écrivains, des marchands de peinture: on boit sec et on s'écoute, on s'observe. On est entre soi, entre nous, entre amis. Et puis il y a la campagne anglaise autour. Ces villages que le siècle a à peine effleurés, ces parcs dessinés par des architectes-poètes sur les ruines d'abbayes perdues dans des prairies. L'un des derniers havres de paix, de grâce et de repos où il nous soit encore donné de vivre. Cordelia, ou l'Angleterre: voilà ce que Richard Muller, le héros de cette nouvelle éducation sentimentale d'un homme de quarante ans va donc tout à la fois découvrir et redécouvrir. L'amour fou d'une très jeune fille et la joie de parcourir en tous sens une ville, un pays qu'il a déjà aimés. Aventure délicate et mondaine, dès lors? Marivaudages élégants et nostalgiques dans la vieille Angleterre? Oui. D'abord... Et puis, insidieusement, le ton change. D'un peu terne et falot, Richard Muller se sent lentement devenir, au contact de Cordelia, un homme neuf, brillant, qui ne se reconnaît plus lui-même. Tandis qu'une à une les portes autour de lui se ferment. Ses amis lui tournent le dos, ses "affaires" - quelles affaires? - périclitent: comme si, aimant Cordelia, il avait enfreint une règle cachée. Ayant arraché Cordelia aux siens, il avait dérobé quelque bien mystérieux. Et dès lors les événements vont se précipiter. Le groupe des "amis" deviendra société hostile, cruelle, fermée. Société secrète? Les couleurs claires du début du récit s'assombriront pour virer franchement à celles du roman noir. Et si Cordelia ou l'Angleterre devenait alors une manière de conte fantastique, l'un de ces romans que les Anglais appellent "gothiques"? Un roman noir, donc, angoissant, souterrain... A moins, bien sûr, que Richard Muller n'ait rêvé. Et que tout ce qui lui est arrivé - cette passion violente, le désir qu'il a eu de la raconter, les personnages étranges qu'il a pu croiser - n'ait été que le fruit de son rêve. Et que l'Angleterre - sans Cordelia - soit seulement ce pays vert et clair, Londres cette ville rose et verte où les souvenirs s'effacent aussi vite que courent dans le ciel les nuages d'après la pluie.
Dans un monastère du XI ? siècle peut-être trop bien restauré en domaine de rêves, deux hommes s'affrontent : David Berger, un écrivain - l'Ecrivain -, et Augustus Donne, un architecte - l'Architecte. Le premier, fatigué, vieillissant, malade, a demandé au second, au faîte de sa gloire et de son talent, de redessiner le domaine des Brandes, au coeur des Alpilles. D'en faire le lieu idéal où lui, l'un des écrivains les plus importants de sa génération, pourra retrouver les fils perdus de l'écriture. Donne, le colosse bâtisseur, a accepté. Il va donc passer quelques semaines à errer seul dans l'ancien monastère et sur les crêtes blanches des Alpilles, ou à parler, parler infiniment avec Berger, au milieu des statues et des emblèmes de pierre qui marquent les lieux. Et peu à peu, la force de l'un faisant respirer l'autre, Berger, l'écrivain, se remettra à écrire... Au rythme d'une histoire presque policière, c'est la parabole de l'écriture. La naissance d'un livre.
Et si le chevalier de La Barre n'était pas mort à vingt ans sous la hache du bourreau en la bonne ville d'Amiens le 1?? juillet 1766 ? Et si par hasard et par un tour de passe-passe, par les vertus aussi d'onguents et de baumes magiques, ce saint entre les saints de notre Panthéon laïque s'était retrouvé sur les côtes anglaises doté du don d'éternité ? C'est la fable incroyable, énorme, délirante, qu'un vieil écrivain anglais propose à l'un de ses amis de croire - et d'écrire après lui. L'ami, bien sûr, de se dérober. Mais comment résister aux vertiges de l'écriture, surtout lorsqu'une admirable assistante, Sandra, est là pour vous aider ? Dès lors, et à travers toute l'Angleterre et l'Irlande, le pays de Galles, l'Ecosse du XVIIIe siècle - puis du XIXe et de notre siècle à nous enfin - nous suivrons à la trace Jean-François Lefebvre, chevalier de La Barre. Il séduit les femmes et les très jeunes filles, détruit les foyers, sème la ruine et la désolation derrière lui - mais pourtant, aussi, quelle forme d'espoir ! Manipulé, simple jouet entre les mains de ceux qui l'ont sauvé de l'échafaud, il mûrit et apprend. Il apprend le plaisir, puis la pitié, l'amour ensuite, et la douleur : la haine, alors. Flanqué d'un valet qui le suit comme une ombre, de femme en femme il caracole, débauché et cynique, délicieux et vengeur. Dans son sillage, c'est un tourbillon d'enfants-femmes, de petites ladies, de gamines en haillons, de gitanes amoureuses et de grandes dames trop habiles. Dans l'ombre bleue d'Olivia, elles s'appellent Belinda, Judith ou Sonemara, mais il y en a tant d'autres. Petites filles, petites soeurs, nous les avons toutes aimées, ces sirènes mortelles, tour à tour victimes ou succubes, puisque nous naviguons aussi dans les limbes de la magie noire.
Résumé : En apparence, tout est très simple. Un homme rencontre une femme. Elle est viennoise et chanteuse de mélodies allemandes, elle a une petite fille et des amants. Lui a été professeur, il est marié et vit confortablement à Paris auprès d'une épouse-femme d'affaires riche et active. Entre eux, ce sera une manière de coup de foudre réfléchi. Mais comme il est un peu lâche et qu'elle-même court le monde, il leur faudra le temps d'un hiver pour se retrouver. L'hiver que lui passera dans la maison de son enfance, en Auvergne, tandis qu'elle veille sa mère qui meurt lentement à Vienne. Pendant le temps de cet hiver de neige occupé peut-être à achever une étude sur Hölderlin, mais davantage à écouter de la musique, des lieder, et à retrouver une paysage perdu, plus encore à écrire à Vienne, le narrateur reverra tous les visages de femmes qu'il a pu croiser, tous les regards de femmes qui ont fait baisser le sien. D'autres silhouettes, encore, passeront, qu'il n'a même pas rencontrées mais qui le hantent. Un à un, ces regards, ces visages s'inscrivent dans la trame romanesque comme autant de brefs moments, voire de courtes nouvelles, chacune indépendante des autres mais parfaitement inscrite dans le corps du récit, à la manière des lieder allemands qui forment les grands cycles de mélodie de Schumann ou de Schubert : L'amour et la vie d'une femme, Le voyage d'hiver, Le chant du cygne. Et c'est à travers ces visages passés, grâce à eux aussi, que le narrateur prendra la mesure de son amour et arrivera jusqu'à Vienne et à cette femme qu'il aime.
Poursuivant l'autobiographie imaginaire commencée dans Rêver la vie, Pierre-Jean Remy raconte la jeunesse de trois hommes réunis dans une grande maison de Londres, au-dessus d'un parc. Ainsi se déroulent les récits alternés d'un narrateur né en 1913, de son neveu Michel à peine âgé de quarante ans, et de Patrice, qui a vingt ans aujourd'hui. Les images d'une jeunesse dans un Paris des années vingt se reflètent dans celles d'autres jeunesses des années cinquante et soixante-dix. Ce sont dès lors les évocations de nos premières amours et de nos premières journées de classe, le lycée Condorcet et la guerre d'Algérie, le parc Monceau et ses jolies étrangères, les petites bergères de nos étés auvergnats. Une mère qui passe, très belle, et qui s'en va, Arsène Lupin revu par Supervielle, les surprises-parties du temps de Dien Bien Phu, et des jeunes filles habillées en garçonnes qui dansent le charleston tandis qu'Aristide Briand ou Stresemann tentent d'imaginer la paix... Les poèmes aussi qu'on écrit à seize ans dans la fièvre, et le regard qu'on a en les lisant vingt ans après. Ainsi les rencontres, les souvenirs, les plaisirs et les jours - nos amours et nos livres - se répondent dans le temps pour finir par se ressembler, voire par se mêler, passé et présent confondus, dans les mêmes aventures improbables et trois fois répétées.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.