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Bouvard et Pécuchet, le savoir et la sagesse
Poyet Thierry
KIME
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841746101
Violente satire de la bêtise bourgeoise ou hymne à une intelligence laissée en jachère par une humanité qui manquerait du courage et de l'obstination manifestés par Bouvard et Pécuchet ? Roman d'un vieil écrivain aigri par ses échecs éditoriaux et théâtraux, la mort de ses amis les plus proches et sa propre ruine financière ou pamphlet porté tout au long d'une vie et qui vient enfin à maturité pour être jeté à la face d'un public incapable même de le lire ? Avec Bouvard et Pécuchet, son "testament" comme il l'annonce, Flaubert rend en guise de dernière copie un texte complexe et protéiforme qui répond à une triple ambition, à la fois projet de vie, projet philosophie et projet littéraire. L'écriture se suit alors comme une aventure qui interroge la nature du genre romanesque en discutant la nécessité même des personnages, en revenant sur les principes esthétiques de structure pyramidale chers à l'auteur et en occupant in fine une place toute singulière dans la production flaubertienne, forte de ses si nombreuses spécificités au nombre desquelles l'inachèvement n'est que la plus visible. En proposant une conception souvent contradictoire du Savoir, l'écrivain-intellectuel mêle à sa critique de la Bêtise une remise en cause violente de la société où l'humour, le grotesque et l'ironie apparaissent comme les armes les plus redoutables. Fort d'une posture de misanthrope assumée, Flaubert s'empare du Savoir comme d'un masque fait pour un écrivain définitivement supérieur. Par son dernier roman, c'est bien l'avenir de la littérature que Haubert interroge : le discrédit jeté sur la parole humaine autorise-t-il encore une parole littéraire et la dénonciation des réalismes prétendus au profit des thèses de "l'art pour l'art" n'est-elle pas autre chose qu'un plaidoyer nihiliste ? Où situer une telle oeuvre dans toute la littérature et de fait comment envisager encore des héritiers à une forme romanesque si novatrice quand elle ne peut que condamner au silence les futurs Beckett, Cioran et autres Ionesco...
1830, Normandie. Un enfant comme un autre : il n'aime pas l'école et y commet quelques bêtises. On le sermonne, on le renvoie, il se réfugie dans l'imaginaire et s'invente des rôles... Et puis les années passent. Alors il découvre l'amitié et l'amour mais il doit d'abord patienter : la liberté n'est autorisée qu'aux adultes ! Pourtant, cet adolescent un peu rebelle ne ressemble à aucun autre. Comme un ours, il vit replié sur lui-même. Et il va rêvant des terres les plus lointaines... Sur des cahiers intimes, il écrit ses premiers récits pour échapper à sa famille, un père chirurgien, un frère à qui il ne veut rien devoir... Comment devenir adulte sans se trahir ? Et puis ne risquerait-il pas de passer pour un vrai monstre si sa différence ne faisait de lui un garçon exceptionnel ? Peut-être le bonheur, la célébrité et la réussite sont-ils au bout de son chemin... Avec ce récit de la jeunesse de Flaubert, Thierry Poyet propose de redécouvrir les conditions de la naissance d'un grand écrivain. En s'affranchissant des approches universitaires, l'auteur éclaire la seule vraie condition de l'être-artiste : un sentiment d'humanité à fleur de peau. Sans autre prétention que le souci de rendre accessible une page d'histoire littéraire, il nous offre une image "grand public" de Gustave Flaubert.
Saint-Etienne, 26 mai 1944. Plus de mille bombes s'écrasent sur la ville, les morts se comptent par centaines. Parmi eux, deux frères de huit et quinze ans. Comment surmonter l'horreur ? Brigitte, leur jeune soeur, va grandir dans le souvenir, le chagrin et l'espoir. Sortir de l'enfance, découvrir le monde, connaître ses premières amours : la fin des années 40, les années 50 se donnent à elle comme une seconde chance. Mais y a-t-elle droit ? Et que lui faut-il faire de sa vie dans cette ville ouvrière où les portes semblent toutes fermées à qui n'est pas né du bon côté ? Un mariage, un enfant... mais le bonheur ne niche pas toujours où on va le chercher et il faudrait déjà recommencer sa vie...
Auteur de quelques-uns des plus grands romans du XIXe siècle, inventeur de la modernité en littérature, admiré par Zola, Proust, Gide, Sarraute et tous les écrivains actuels, Flaubert n'en finit plus d'attirer les regards. Alors qu'on croit tout connaître de sa vie, de ses oeuvres et de leurs conditions d'écriture, se révèlent au contraire un individu complexe, un écrivain aux facettes multiples et un homme de lettres adulé, décoré et invité dans les plus beaux salons. La présente biographie ne recèle aucune découverte surprenante, sinon celle d'une parole libre proférée par l'écrivain non seulement dans ses livres, publiés ou pas, ses documents de travail mais aussi dans une correspondance que son gigantisme (des milliers de lettres) empêche souvent de lire in extenso. Il s'agit donc de donner à entendre sa voix, magistrale, à lire sa pensée, souvent révoltée, sa conception du monde, toujours singulière, et de se placer au plus près de l'homme et de l'écrivain, dans leur réalité. Une réalité sans fard et sans masque pour mieux renouer avec le Flaubert que ses amis ont connu, un être entier qui n'a jamais renoncé à ses idéaux. Nous avons voulu une biographie entre réalisme et romantisme, à l'intersection même des deux cultures qui ont construit l'homme et fondé l'oeuvre. Une seule ambition, donc : rendre la parole à Flaubert pour le restituer en "force qui va".
Résumé : Il n'y a pas de bibliothèque plus idéale que celle de tous les livres qu'on aimerait avoir lus. Non seulement une conception de la culture en dépend mais il en va encore d'une manière de comprendre le monde, de le penser et d'en être. Une telle bibliothèque transforme son lecteur à jamais. Car les milliers de pages qu'elle contient l'aident à devenir ce qu'il est au fond de lui. Les 100 plus grandes oeuvres recensent les volumes essentiels de la littérature française sans lesquelles l'honnête homme n'est pas. Pour les résumer, en présenter les thèmes principaux et les replacer dans leur contexte et leur actualité, cet ouvrage se donne à lire à la fois comme un aide-mémoire pratique et une commode invite à la (re-)découverte de tous les chefs-d'oeuvre de la littérature française.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.