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Au berceau des lendemains
Pépin Ernest
ATLANTIQUES DEC
15,00 €
Épuisé
EAN :9782492182150
Quatorze poèmes inédits et cinq anciennement parus, dont le long poème "J'ai fait voeu d'un pays" qui clôt l'ouvrage. Des textes d'une langue foisonnante qui alternent hommages poétiques à de grandes figures de l'Atlantique noir (de Césaire à Mandela en passant par Toni Morrison), célébrations des peuples et des terres de la Caraïbe et sentiments d'amour et de fraternité. Une force poétique assise sur une ferme volonté de bâtir des futurs enchantés en s'affranchissant des douleurs du passé. Né en 1950 à Lamentin, en Guadeloupe, Ernest Pépin est un écrivain dont l'oeuvre s'insère dans le mouvement littéraire de la créolité. Poète, avant d'être romancier et auteur pour la jeunesse, il écrit des textes auxquels il insuffle un puissant imaginaire caribéen et dans lesquels s'entremêlent le français et le créole. Ses trois premiers romans, "L'Homme au bâton" (Prix littéraire des Caraïbes en 1993), "Tambour-Babel" (sélectionné en 1996 pour les prix Goncourt et Renaudot) et "Le Tango de la haine", publiés chez Gallimard, ont touché un large lectorat après avoir reçu un accueil élogieux de la critique. Son oeuvre poétique a notamment reçu la mention spéciale du jury du Prix Casa de las Americas en 2016.
Sujet: L'auteur raconte son enfance à la Guadeloupe. Les vacances chez les grands-parents: profiter d'une certaine liberté, les baignades rafraîchissantes, jouer au docteur... mais aussi subir la purge, la rougeole, ou le rituel du dimanche. Il parle aussi de sa mère, de son père qui revient de l'En-France après plusieurs années d'absence, et fait revivre tous ces souvenirs enluminés, colorés et parfumés. Commentaire: En quelques paragraphes situés à la fin du récit, l'auteur dépeint son amour des livres et comment il a germé en lui. Son goût d'écrire se perçoit entre les lignes du roman, rédigé avec talent dans une langue pleine de finesse. Mais ce vocabulaire, riche et souvent inconnu des métropolitains peut être un réel obstacle à la lecture. Si certaines phrases sont entièrement traduites, le corps du texte est émaillé d'expressions créoles souvent savoureuses, qui rendent l'accès difficile à de jeunes lecteurs, mais restituent les odeurs, les couleurs et les sensations. Ce retour sur lui-même de l'auteur séduira en revanche les adultes.
Posée sur l'arc des Petites Antilles, la Guadeloupe en est l'île la plus étendue, battue par l'Atlantique et bercée par la mer des Caraïbes. Mais la Guadeloupe, ce sont en réalité sept îles, à commencer par "Karukéra", son nom créole, l'île principale qui a la forme d'un gigantesque papillon végétal. Longues plages blanches de Sainte-Anne, plages noires de Trois-Rivières, anses bordées de mangroves et de cocotiers, violence du cyclone, présence tutélaire du volcan... La Guadeloupe offre mille visages. Ce "confetti d'empire" est un monde à part et à part entière, à l'histoire tourmentée et souvent douloureuse. Pourtant la vie y semble aujourd'hui "menteusement souriante": les temples de la consommation se multiplient, le carnaval, les concours de miss, les piscines entretiennent l'illusion d'un paradis "moderne". Voyage au plus près de l'âme d'un archipel écartelé entre les diverses composantes de sa mutation en compagnie de Gilbert de Chambertrand, Saint-John Perse, Gisèle Pineau, Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé, Max Rippon, Daniel Maximin et bien d'autres...
Derrière son apparente simplicité, L'Envers du décor est un roman complexe qui veut rompre avec les clichés d'une Guadeloupe exotique pour faire l'éloge d'une identité guadeloupéenne assumée hors de toute dimension coloniale. C'est donc une fable où l'on voit se défaire le rêve d'un "métropolitain" qui nourrit le projet de lancer un restaurant bien "français". Hélas, Jean-Paul se heurte aux difficultés du réel au point de déchoir en "blanc gâché" qui se retrouve manoeuvre sur le marché de Pointe-à-Pitre. C'est là qu'il rencontre Anadine, une vieille guadeloupéenne qui non seulement le prend en pitié mais plus encore l'initie aux subtilités de la vie créole. Commence alors pour lui un véritable apprentissage des valeurs, des coutumes et de l'histoire du pays qui vont lui permettre de comprendre que vit là une humanité bafouée mais qui a su réinventer les armes miraculeuses de sa survie collective.
Résumé : En Guadeloupe, le lewoz est un rassemblement de joueurs de tambour virtuoses. Les "tanbouyès" , comme on les appelle, font résonner leurs instruments toute la nuit. Ils sont alors les grands prêtres de la mémoire collective. En s'inspirant de cette tradition héritée de l'Afrique, tour à tour préservée et enrichie par les descendants des esclaves, l'auteur retrace l'épopée d'un peuple qui a su convertir sa souffrance initiale en chant de vie, de résistance et d'espoir. Ce roman inspiré et baroque transforme la langue française en musique créole. Loin d'enfermer, les rites et les rythmes du lewoz s'adressent à toute l'humanité avec la générosité de ceux qui savent que les cultures sont comme une main tendue... Le lecteur de Tambour-Babel est convié à une cérémonie initiatique où les tambours créent "une langue pour remplacer toutes les langues" .
Poésie en prose, poésie en vers ; deux textes pour permettre au lectorat francophone d'accéder à cette partie de l'oeuvre de Lyonel Trouillot qu'il écrit directement en créole haïtien. Une poésie au plus près de l'humain, de ses failles, de ses espérances et de son soulèvement. Poète et intellectuel engagé, Lyonel Trouillot, né en 1956 en Haïti où il vit toujours aujourd'hui, est l'auteur de nombreux romans tous distingués par la critique. Journaliste et professeur de littératures française et créole, il a fondé et anime à Port-au-Prince le collectif d'écriture Atelier Jeudi Soir.
Jacques Roumain fut à la fois un immense poète, un grand écrivain et un homme engagé de tout son être dans la lutte politique. Fondateur du Parti communiste haïtien, il lutta jusqu'à son dernier souffle pour la liberté du peuple haïtien contre l'occupation états-unienne, pour la justice sociale, contre tous les impérialisme et tous les fascismes. Ses analyses et ses appels à la résistance contre toutes les oppressions présentent un double intérêt pour le lecteur d'aujourd'hui : aborder la période des années 30 à travers le regard d'un homme issu d'un pays d'immense culture au carrefour de trois continents et retirer les leçons, au présent, des combats passés d'un guerrier perpétuel pour la dignité et l'agrandissement de l'âme humaine. Le livre, qui offre une sélection de ses textes les plus importants, les replace dans leur contexte de l'époque et dans le parcours de cet homme-météore dont l'oeuvre littéraire ne peut être comprise qu'à l'éclairage de son engagement politique.
Le 17 thermidor an III (4 août 1795), Boissy d'Anglas - membre de la commission chargée par la Convention thermidorienne de rédiger un projet de nouvelle constitution - présente son rapport et son projet d'articles constitutionnels relatifs aux colonies. Il théorise, à cette occasion, le concept d'" assimilationA " et propose la première départementalisation des colonies françaises. L'assimilation n'est donc pas une invention des IIe et IIIe Républiques et du second empire colonial français ; la départementalisation, elle, ne date pas de 1946 et de la IVe. Ce concept et son application ont une histoire bien plus ancienne, méconnue ou ignorée. Loin d'être un concept philanthropique, la théorie de l'assimilation marque d'abord une rupture avec les deux déclarations des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et de 1793 - en établissant un ségrégationnisme climatique des droits politiques - et entreprend de restaurer une politique de puissance visant à empêcher toute souveraineté des peuples des colonies. Reprise par les régimes républicains successifs des XIXe et XXe siècles, l'assimilation a été mise en oeuvre par tous les gouvernements républicains qui se sont succédés jusqu'à nos jours. L'étude de ce texte du XVIIIe siècle offre, par conséquent, une grille de lecture pour les temps présents.
Ce livre entend revenir sur les raisons de l'échec des mouvements sociaux dans leur confrontation à un pouvoir qui ne transige plus. Cet échec interroge tous les citoyens qui n'entendent pas se résigner à la domination sans partage d'un pouvoir qui a fait sécession. Ce livre entend démontrer que cet échec est essentiellement politique en analysant sans complaisance les logiques qui empêchent la formation d'un vaste mouvement populaire, majoritaire. Prisonniers de schémas dépassés, incapables d'identifier clairement la logique des nouvelles formes d'usurpation de la démocratie, nous réactivons de façon souvent fantomatique des luttes qui divisent plutôt qu'elles ne rassemblent, des modes d'action incantatoires plutôt que des modes opératoires et effectifs. Loin de vouloir décourager ceux qui se battent, il s'agit de comprendre pourquoi nous perdons et pourquoi nous perdrons encore demain si nous refusons de coller au réel et d'analyser les raisons de la défaite de la majorité.