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Indochine années vingt : le proconsulat "socialiste" d'Alexandre Varenne. Les aléas du réformisme co
Morlat Patrice
INDES SAVANTES
35,00 €
Épuisé
EAN :9782846544658
Cet ouvrage achève le cycle de quatre tomes, que nous avons consacré à l'histoire de l'Union indochinoise, couvrant la période de 1918 à 1928. Le choix de la date de clôture avait été fait, dès le départ, en fonction même de la fin de la mission parlementaire d'Alexandre Varenne en Indochine. Le proconsulat de Varenne en Indochine correspond à la dernière cartouche du projet colonial associatif et progressiste, lancé par le Congrès radical de 1907, et animé par des gouverneurs généraux éclairés comme Paul Beau, Albert Sarraut, Maurice Long, puis enfin Alexandre Varenne. Mais comme souvent, une fin préfigure un renouveau, elle inaugure en même temps la naissance de la doctrine socialiste en matière de politique coloniale. L'ouvrage étudie plusieurs aspects du gouvernement Varenne : la personnalité même du nouveau gouverneur général, et les conditions de sa nomination, son oeuvre réformatrice, la lutte politique qu'il sera amené à engager contre toutes les formes de conservatisme en Indochine ; mais aussi à Paris au sein du département des Colonies, et me me au Conseil des ministres. Pour faire échouer le projet réformateur de Varenne, un certain nombre d'aigrefins réactionnaires de la politique, et de la presse coloniale, n'hésiteront pas à déclencher contre lui une campagne de dénonciation de prétendus scandales, tous plus tapageurs les uns que les autres, et qui à la fin ne déboucheront sur rien. On ne peut s'empêcher de penser que l'oeuvre de Varenne est aussi une ébauche de ce que pourrait être une politique coloniale socialiste. Le travail réalisé par lui, n'aurait-il pas servi de base de réflexion pour les socialistes qui arriveront au pouvoir en 1936 ?
La politique d'association proposée par la République impériale aux élites indochinoises au début des années vingt vise, par ce que l'on appelle alors la politique indigène, à faire partager aux populations colonisées le grand dessein assigné par la métropole à sa grande possession d'Asie: devenir le Balcon de la France, sur le Pacifique.La France, victorieuse militairement sur le continent européen, sort vaincue financièrement, démographiquement et économiquement de la Grande Guerre. Elle se retrouve de surcroît isolée diplomatiquement de ses alliés d'hier et confrontée à l'affirmation, dans le Pacifique extrême-oriental, de nouvelles puissances impérialistes comme le Japon et les Etats-Unis. A cela s'ajoute la crise des instituts bancaires qui devaient y soutenir ses intérêts: entre autres, le fameux krach de la Banque Industrielle de Chine.Aussi la France, qui n'a plus les moyens de tenir son rôle de grande puissance en Asie, doit-elle trouver un relais, une métropole seconde susceptible d'affirmer sa position dans les domaines politique, diplomatique, militaire et surtout économique. Dès lors, l'Indochine, joyau de l'Empire colonial français, appelée à pallier les difficultés de la République en Extrême-Orient, va s'efforcer de faire face aux nouveaux impérialismes ainsi qu'à la montée en puissance du Komintern, de la révolution chinoise et du militarisme japonais.Confrontée à ces bouleversements, l'Indochine se mue progressivement de balcon sur le Pacifique en bastion sur le Pacifique. Patrice Morlat, tout en brossant un tableau général de la présence française en Extrême-Orient, le démontre dans cet ouvrage magistral.
L'Indochine, la "perle de l'Orient" de l'Empire colonial français, était, selon l'expression d'Alexandre Varenne, gouverneur général, comparable à une bijouterie située dans un quartier mal famé... En cette fin de 1927, la belle colonie va basculer dans la tempête de la crise politique puis économique. Des protagonistes vont alors s'y affronter de façon implacable, dans une lutte à mort : les patriotes vietnamiens qui, communistes ou nationalistes, las du joug colonial veulent s'en émanciper. Ensuite, les grands barons de la finance, regroupés autour de la Banque de l'Indochine et ses alliés, qui vont mener une guerre économique sans merci pour le contrôle des plantations, d'hévéas. Sont également en jeu les grandes manoeuvres politiques et diplomatiques, souvent nauséabondes, entre Hanoi, le Yunnan et Shanghai, face à la deuxième révolution chinoise du Guomindang et du Parti communiste chinois, qui vient menacer l'Indochine à ses portes. Plongée au sein de ce maelstrom d'une infinie complexité, l'équipe du commissaire de police spécial de sûreté indochinoise Ours Antoine Campanella, composée de son fidèle adjoint l'inspecteur principal Ange Mancini, deux "pays" de la belle Corse, d'Albert, le tueur vietnamien sadique et de Lang, le révolutionnaire retourné, nous entraîne dans les méandres de l'Indochine des années vingt. Ces flics de choc devront lutter à la fois contre les réseaux communistes de Nguyên Ai Quôc, le futur Hô Chi Minh, contre les faux-monnayeurs, les trafiquants d'opium et les proxénètes, de Saigon à Hanoi et à Shanghai. Truculent à l'image de San Antonio, épique à celle de Malraux, mais aussi policière à l'inspiration d'un Jean-Patrick Manchette ou d'un James Ellroy, L'Indochine des tempêtes est également un manuel d'histoire complet et véridique de cette période de l'histoire de France en Extrême-Orient.
La situation politique et économique contemporaine du Vietnam prend racine dans la situation qui a été faite au pays durant l'époque coloniale. Pourquoi le parti communiste vietnamien parvient-il à s'imposer aux autres tendances politiques ? Pour quoi le pays se trouva-t-il plongé dans d'incessants conflits ? Pourquoi connut-il tant de difficultés sur le plan économique ? La réponse à ces questions doit être en partie cherchée du côté du mode de colonisation du pays par les Français.
Quatre années dans l'enfer : d'Artois en Champagne, de Verdun à la Somme, du Chemin des Dames aux derniers assauts allemands, une telle présence fait du médecin charentais Frédéric Massonnet un précieux témoin de l'indicible, lui qui fut chargé avec son "ambulance" d'évacuer blessés et morts-vivants des champs de bataille. Militaires apeurés ou excités-épileptiques, médecins orgueilleux ou loqueteux, état-major aux ordres inopérables, en passant par ses propres camarades, aumôniers au sacré caractère, soldats passifs et abrutis, le témoignage de l'aide-major Massonnet n'épargne personne. Pas de gloire ni de louange aux troupes, c'est ce qui fait de ce récit unique un manifeste contre la guerre car il existe peu d'écrits de poilus qui, à chaud, ont partagé ce point de vue, emportés qu'ils étaient dans la frénésie de l'engagement au "combat juste".
Elles ont régné, elles ont écrit, elles ont inventé, elles ont résisté, elles ont sauvé des vies... En France et dans les Charentes et le Poitou, les femmes ont toujours joué un rôle important dans la société. Actrices de l'histoire, active dans tous les domaines de la vie publique, au fil des siècles et notamment ces deux derniers, elles se sont affirmées. Si l'ouvrage dessine une "condition féminine" en évolution, il montre aussi l'hétérogénéité, la diversité des statuts, des appartenances sociales, culturelles... Par leur personnalité extraordinaire, les deux cents femmes réunies dans cet ouvrage ont eu un destin déterminant pour l'histoire régionale. Femmes d'art, de lettres, de pouvoir, de savoir, d'action ou de foi, elles font chacune l'objet d'une biographie qui illustre leur singularité et un index favorise leur consultation rapide. Dans la Résistance, elles se sont révélées très active et efficaces, payant comme les hommes un lourd tribut. De nombreuses figures féminines émergent, d'Aliénor d'Aquitaine à Isabelle Autissier, en passant par Madeleine Chapsal et Colette Besson. Véritable panorama des grandes femmes, ce livre propose une histoire de la région au féminin.
Quand deux personnes se rencontrent dans un escalier, celle qui descend porte des souliers vernis et celle qui monte des sabots pleins de paille. Cet aphorisme était fort prisé dans les salons de la petite bourgeoisie des bourgs charentais au début du XXe siècle. Il illustre l'angoisse d'une classe sociale en déclin. Et Les Valentin en sont une magnifique expression littéraire. Il s'agit du premier roman de Pierre-Henri Simon, tout juste sorti de Normale Sup'. Il a 28 ans lors de sa publication. Son thème est l'histoire d'une famille déchirée dans une Saintonge marquée par la crise de l'entre-deux-guerres. Remarquables descriptions de notables ruraux dépassés par leur temps, atmosphère de gros bourg parfaitement rendue avec ses rites immuables qui pourtant se craquellent de partout, portraits forts évocateurs de ceux qui montent comme de ceux qui descendent, de ceux qui tentent de s'en accommoder comme de ceux qui résistent, ce premier roman est une réussite qui augure pleinement de la profondeur de vision de l'?uvre à venir. Le personnage le plus saisissant est celui d'une petite Antigone de village qui, pour sauver quelques bribes de la tradition, se voit destinée par sa famille à un mariage qu'elle rejette de tout son être. Elle tente d'abord d'échapper à la situation, elle fuit pour " faire la morte ", puis se ressaisit et fait face courageusement. La maison de famille devient alors un symbole de résistance et non plus un simple destin matériel.