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L'Indochine des tempêtes (1927-1931)
Morlat Patrice
INDES SAVANTES
24,99 €
Épuisé
EAN :9782846545334
L'Indochine, la "perle de l'Orient" de l'Empire colonial français, était, selon l'expression d'Alexandre Varenne, gouverneur général, comparable à une bijouterie située dans un quartier mal famé... En cette fin de 1927, la belle colonie va basculer dans la tempête de la crise politique puis économique. Des protagonistes vont alors s'y affronter de façon implacable, dans une lutte à mort : les patriotes vietnamiens qui, communistes ou nationalistes, las du joug colonial veulent s'en émanciper. Ensuite, les grands barons de la finance, regroupés autour de la Banque de l'Indochine et ses alliés, qui vont mener une guerre économique sans merci pour le contrôle des plantations, d'hévéas. Sont également en jeu les grandes manoeuvres politiques et diplomatiques, souvent nauséabondes, entre Hanoi, le Yunnan et Shanghai, face à la deuxième révolution chinoise du Guomindang et du Parti communiste chinois, qui vient menacer l'Indochine à ses portes. Plongée au sein de ce maelstrom d'une infinie complexité, l'équipe du commissaire de police spécial de sûreté indochinoise Ours Antoine Campanella, composée de son fidèle adjoint l'inspecteur principal Ange Mancini, deux "pays" de la belle Corse, d'Albert, le tueur vietnamien sadique et de Lang, le révolutionnaire retourné, nous entraîne dans les méandres de l'Indochine des années vingt. Ces flics de choc devront lutter à la fois contre les réseaux communistes de Nguyên Ai Quôc, le futur Hô Chi Minh, contre les faux-monnayeurs, les trafiquants d'opium et les proxénètes, de Saigon à Hanoi et à Shanghai. Truculent à l'image de San Antonio, épique à celle de Malraux, mais aussi policière à l'inspiration d'un Jean-Patrick Manchette ou d'un James Ellroy, L'Indochine des tempêtes est également un manuel d'histoire complet et véridique de cette période de l'histoire de France en Extrême-Orient.
Parallèlement à son engagement en métropole dans la construction d'un Etat laïque, totalement séparé de toutes les formes d'Eglises, le Grand Orient de France essaima des loges dans toutes les parties de l'Empire colonial français, et cela dès 1738, date à laquelle La Parfaite Union allumait ses feux à " l'Orient " de Saint-Pierre, en Martinique. En 1936 la loge Phénicia à Rayak au Liban, alluma les siens, et ce sera le dernier atelier à le faire, avant la Seconde Guerre mondiale. L'Obédience devait ensuite entrer dans les voies de l'exil, de la persécution et de la clandestinité. Le nombre maximum de loges actives relevé, fut atteint au début des années 1910, et juste avant la Première Guerre mondiale. Le GODF comptait alors 63 ateliers actifs au sein de l'Empire. Le plus grand nombre de loges se trouvait en Algérie, mais il en existait également dans pratiquement toutes les autres possessions françaises. Une large partie du livre est consacrée à une étude serrée de la composition des loges coloniales. On y trouve les lieux d'initiations, la durée des mandats des vénérables, les présidents de loges, les métiers des Maçons. Cette étude montrera que les frères maçons exerçaient pratiquement toutes les formes de métiers et que les initiations, n'étaient pas réservées à une élite sociale, mais au contraire à une élite du coeur et à la vertu républicaine".
Après Le Crime de la rue Barbier. Saigon 1929, l'auteur poursuit son exploration romanesque de l'Indochine et de la Chine des années 1920-1930 : évocation, haute en couleur, de la concession française de Shanghai où trafic de la piastre indochinoise et commerce de l'opium font bon ménage, entre policiers français compréhensifs - ou participants actifs - et la fameuse triade chinoise de la Bande verte. Les faits constituant ce récit sont authentiques, bien qu'ils puissent paraître invraisemblables car tellement " énormes ", de même que les personnages, à peine déguisés par l'auteur. Comme dans son ouvrage précédent, Patrice Morlat construit son récit sur de solides références tirées des archives coloniales françaises. La séparation entre histoire romancée et Histoire est bien ténue...
Résumé : Avec ce nouvel ouvrage, l'auteur poursuit son exploration de la pensée coloniale dans la République impériale. Cette dernière, couvrant ce qui est convenu d'appeler la IIIe République et qui s'étend de 1870 à 1940, est celle où la France se dote d'un empire colonial aux quatre coins du globe ; le deuxième après celui du Royaume-Uni. Comme pour mes précédents travaux - consacrés à la pensée au Grand Orient de France dans la République impériale - il ne s'agit pas ici d'une réflexion globale sur la colonisation, mais simplement d'une étude précise de la Ligue des droits de l'homme et du citoyen ; de ce que furent ses idées et son action aux colonies. La Ligue naît de facto durant le procès d'Emile Zola. Ce rassemblement se mue ensuite en une " Ligue des droits de l'homme et du citoyen ", qui est officiellement enregistrée le 4 juin 1898, soit quatre années après la condamnation du capitaine Dreyfus. L'Institution se dote dès les débuts, d'un solide groupe d'avocats et de juristes. La Ligue ne veut pas " créer du droit, mais protéger le droit ". Elle regroupe dans ses rangs des politiciens de premier plan, radicaux et socialistes mais également un grand nombre d'intellectuels et d'écrivains comme Anatole France, Marcel Proust et d'autres. Après la Grande Guerre, la réflexion des ligueurs va essentiellement se porter vers le statut politique et social des colonies. Le premier élan, en compagnies des Maçons et des socialistes, va les pousser à importer la République dans les colonies ; mais surtout pour les Européens ! Quel statut alors pour les indigènes ? La Ligue va mener un combat incessant en faveur de la définition d'un statut clair et le plus libéral possible en leur faveur. Que ce soit concernant les droits fonciers, ceux en matière de justice et de défense dans les tribunaux indigènes, mais aussi de la presse et ceux de vote, essentiellement en Algérie pour ce dernier point ! L'idéal pour elle aurait été de pouvoir assimiler les masses autochtones, par l'éducation et l'amélioration de leurs conditions de vie et de les rapprocher des conditions des citoyens. La Ligue évoluera ainsi vers la recherche d'un statut du " citoyen indigène ", habitant d'un " pays en devenirs ", au sein d'une sphère mondiale française, comparable au Commonwealth. Les colonisés enfin, les indigènes, que pensaient-ils de tout cela ? Voulaient-ils devenir Français ? Voulaient-ils devenir prospères en appartenant à une superpuissance mondiale francophone, ou bien vivre plus chichement, mais librement, dans un pays qui leur appartenait ? En fait, ils ne se levèrent pas en masse contre les partis indépendantistes ou communistes pour imposer leur volonté de rester ou devenir Français. Il est d'ailleurs important de signaler que ce sont les mouvements patriotiques qui se trouveront à l'origine des grandes réflexions réformistes coloniales de la métropole, comme pour le cas du Riff et de la Syrie en 1925 et de l'Indochine en 1930. Après cette date, le pouvoir colonial perdra l'initiative et le Front populaire, malgré la vaste enquête sur les colonies de la Commission Guernut, fille de la Ligue, ne pourra rien y changer.
Biographie de l'auteur Cet inédit est présenté et annoté par deux historiens genevois, Dieter et Heidi Gembicki ; ils en tirent une analyse qui éclaire de façon lumineuse le voyage du frère Fries, tout en le resituant dans l histoire intellectuelle et religieuse de l Europe. Originaire de Hambourg, Dieter Gembicki a suivi des études d histoire à Francfort, parachevées à Genève avec une thèse dans le domaine de l historiographie française. Spécialiste du XVIIIe siècle, il aborde des sujets tels que Voltaire historien, la terminologie des Lumières et lors d'une année sabbatique passée en Pennsylvanie, il rédige une étude sur les frères moraves. Depuis il publie des recherches sur ce mouvement piétiste qui révèle un aspect extrêmement vivant du siècle des Lumières. Heidi Gembicki-Achtnich, historienne elle aussi, est issue d une famille de tradition morave, et a été déléguée au synode européen de l Unité des frères. Les deux chercheurs ont pu profiter de leurs compétences linguistiques et paléographiques et de leurs réseaux pour mener à bien l édition d une source qui, à plusieurs égards, posait des défis.
Plus de deux siècles après, l'idée folle de reconstruire à l'identique l'illustre frégate l'Hermione se réalise. L'Angoumois et le Périgord renouent ainsi avec l'époque glorieuse où les canons de la Marine, faits du fer, du bois et des eaux du haut bassin versant de la Charente, rejoignaient au fil du fleuve l'arsenal de Rochefort. Histoire passionnante que celle-ci, elle fait renaître des pans entiers d'une tradition locale trop oubliée qui a pourtant marqué ces provinces de son empreinte et structure aujourd'hui encore nombre de leurs paysages. C'est aussi l'histoire de ces canons qui, des côtes américaines à celles des Indes, vont faire trembler la flotte anglaise. Une véritable épopée où se croisent les destins du marquis de La Fayette, de George Washington et de ces glorieux marins que sont Latouche-Tréville à Rochefort ou Suffren à Toulon. Ce livre, parfaitement documenté et illustré, est le résultat de plusieurs années de recherches et de reconstitutions historiques menées par un groupe issu de la " Route des tonneaux et des canons ", en liaison avec l'association " Hermione-La Fayette ". C'est avec fougue qu'il raconte une prodigieuse aventure humaine où son lecteur devient le compagnon de ces hommes de haute race ou d'humble condition qui tous participent à une vaste entreprise : redonner son rang à la marine française et par là-même, grâce à ses " canons de la Liberté ", participer à la première victoire des Droits de l'Homme.
Quatre années dans l'enfer : d'Artois en Champagne, de Verdun à la Somme, du Chemin des Dames aux derniers assauts allemands, une telle présence fait du médecin charentais Frédéric Massonnet un précieux témoin de l'indicible, lui qui fut chargé avec son "ambulance" d'évacuer blessés et morts-vivants des champs de bataille. Militaires apeurés ou excités-épileptiques, médecins orgueilleux ou loqueteux, état-major aux ordres inopérables, en passant par ses propres camarades, aumôniers au sacré caractère, soldats passifs et abrutis, le témoignage de l'aide-major Massonnet n'épargne personne. Pas de gloire ni de louange aux troupes, c'est ce qui fait de ce récit unique un manifeste contre la guerre car il existe peu d'écrits de poilus qui, à chaud, ont partagé ce point de vue, emportés qu'ils étaient dans la frénésie de l'engagement au "combat juste".
Biographie de l'auteur Pierre-Henri Simon (1903-1972), membre de l Académie française, est l écrivain le plus pénétrant auquel les Charentes ont donné naissance. Il réussit là un roman d une intense vigueur, qui marie la modernité à la raison classique. Il s y montre ici d une clairvoyance extrême sur ce qui fonde toute vie intelligemment conduite : le tiraillement entre un humanisme jamais assez conciliant et sa nécessaire mise en doute.