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Orients extrêmes. Les loges coloniales du Grand Orient de France (1870-1940)
Morlat Patrice
INDES SAVANTES
30,00 €
Épuisé
EAN :9782846545754
Parallèlement à son engagement en métropole dans la construction d'un Etat laïque, totalement séparé de toutes les formes d'Eglises, le Grand Orient de France essaima des loges dans toutes les parties de l'Empire colonial français, et cela dès 1738, date à laquelle La Parfaite Union allumait ses feux à " l'Orient " de Saint-Pierre, en Martinique. En 1936 la loge Phénicia à Rayak au Liban, alluma les siens, et ce sera le dernier atelier à le faire, avant la Seconde Guerre mondiale. L'Obédience devait ensuite entrer dans les voies de l'exil, de la persécution et de la clandestinité. Le nombre maximum de loges actives relevé, fut atteint au début des années 1910, et juste avant la Première Guerre mondiale. Le GODF comptait alors 63 ateliers actifs au sein de l'Empire. Le plus grand nombre de loges se trouvait en Algérie, mais il en existait également dans pratiquement toutes les autres possessions françaises. Une large partie du livre est consacrée à une étude serrée de la composition des loges coloniales. On y trouve les lieux d'initiations, la durée des mandats des vénérables, les présidents de loges, les métiers des Maçons. Cette étude montrera que les frères maçons exerçaient pratiquement toutes les formes de métiers et que les initiations, n'étaient pas réservées à une élite sociale, mais au contraire à une élite du coeur et à la vertu républicaine".
Le krach de la Banque Industrielle de Chine en 1921 est l'occasion pour l'auteur d'exposer les montages financiers imaginés par les groupes bancaires occidentaux pour exploiter les ressources de l'Extrême-Orient. Mais ces alliances de banquiers et d'industriels vont également exporter en Asie leurs rivalités et leurs affrontements sans pitié. La Chine et l'Indochine (française) sont les scènes de ces combats, bien que les protagonistes majeurs soient en Europe, dans les sièges des grandes banques et des institutions financières. Les relations de ces dernières avec le pouvoir politique sont toujours étroitement imbriquées dans ce jeu qui intéresse au plus haut point la diplomatie française en Asie. Cet ouvrage est l'indispensable complément de la quadrilogie que Patrice Morlat est en train de compléter (Indochine années vingt). Il éclaire également de manière très neuve les pratiques capitalistes en Chine à l'époque.
Résumé : Avec ce nouvel ouvrage, l'auteur poursuit son exploration de la pensée coloniale dans la République impériale. Cette dernière, couvrant ce qui est convenu d'appeler la IIIe République et qui s'étend de 1870 à 1940, est celle où la France se dote d'un empire colonial aux quatre coins du globe ; le deuxième après celui du Royaume-Uni. Comme pour mes précédents travaux - consacrés à la pensée au Grand Orient de France dans la République impériale - il ne s'agit pas ici d'une réflexion globale sur la colonisation, mais simplement d'une étude précise de la Ligue des droits de l'homme et du citoyen ; de ce que furent ses idées et son action aux colonies. La Ligue naît de facto durant le procès d'Emile Zola. Ce rassemblement se mue ensuite en une " Ligue des droits de l'homme et du citoyen ", qui est officiellement enregistrée le 4 juin 1898, soit quatre années après la condamnation du capitaine Dreyfus. L'Institution se dote dès les débuts, d'un solide groupe d'avocats et de juristes. La Ligue ne veut pas " créer du droit, mais protéger le droit ". Elle regroupe dans ses rangs des politiciens de premier plan, radicaux et socialistes mais également un grand nombre d'intellectuels et d'écrivains comme Anatole France, Marcel Proust et d'autres. Après la Grande Guerre, la réflexion des ligueurs va essentiellement se porter vers le statut politique et social des colonies. Le premier élan, en compagnies des Maçons et des socialistes, va les pousser à importer la République dans les colonies ; mais surtout pour les Européens ! Quel statut alors pour les indigènes ? La Ligue va mener un combat incessant en faveur de la définition d'un statut clair et le plus libéral possible en leur faveur. Que ce soit concernant les droits fonciers, ceux en matière de justice et de défense dans les tribunaux indigènes, mais aussi de la presse et ceux de vote, essentiellement en Algérie pour ce dernier point ! L'idéal pour elle aurait été de pouvoir assimiler les masses autochtones, par l'éducation et l'amélioration de leurs conditions de vie et de les rapprocher des conditions des citoyens. La Ligue évoluera ainsi vers la recherche d'un statut du " citoyen indigène ", habitant d'un " pays en devenirs ", au sein d'une sphère mondiale française, comparable au Commonwealth. Les colonisés enfin, les indigènes, que pensaient-ils de tout cela ? Voulaient-ils devenir Français ? Voulaient-ils devenir prospères en appartenant à une superpuissance mondiale francophone, ou bien vivre plus chichement, mais librement, dans un pays qui leur appartenait ? En fait, ils ne se levèrent pas en masse contre les partis indépendantistes ou communistes pour imposer leur volonté de rester ou devenir Français. Il est d'ailleurs important de signaler que ce sont les mouvements patriotiques qui se trouveront à l'origine des grandes réflexions réformistes coloniales de la métropole, comme pour le cas du Riff et de la Syrie en 1925 et de l'Indochine en 1930. Après cette date, le pouvoir colonial perdra l'initiative et le Front populaire, malgré la vaste enquête sur les colonies de la Commission Guernut, fille de la Ligue, ne pourra rien y changer.
Le rôle du Grand Orient dans l'instauration et l'évolution de la IIIe République Plus ancienne obédience maçonnique française datant de 1773, le Grand Orient de France, sous la IIIe République, est engagé dans les principales luttes politiques de son temps - pour l'enseignement public, laïc et obligatoire ; pour la séparation des Eglises et de l'Etat ; contre le Concordat, etc. Les maçons oeuvrent alors à la naissance des grandes lois républicaines et laïques et se font en outre " architectes de l'Empire ", jouant un rôle essentiel dans l'expansion coloniale. Patrice Morlat, fort de sa grande connaissance du sujet et grâce à de nombreuses archives jusque-là inédites, examine le rôle et l'influence des loges dans l'évolution des possessions coloniales, leur mise en valeur et le sort des colonisés, mais aussi les relations privilégiées qu'elles entretenaient avec les autorités républicaines. Une somme originale sur un sujet qui continue de faire couler beaucoup d'encre.
Quand deux personnes se rencontrent dans un escalier, celle qui descend porte des souliers vernis et celle qui monte des sabots pleins de paille. Cet aphorisme était fort prisé dans les salons de la petite bourgeoisie des bourgs charentais au début du XXe siècle. Il illustre l'angoisse d'une classe sociale en déclin. Et Les Valentin en sont une magnifique expression littéraire. Il s'agit du premier roman de Pierre-Henri Simon, tout juste sorti de Normale Sup'. Il a 28 ans lors de sa publication. Son thème est l'histoire d'une famille déchirée dans une Saintonge marquée par la crise de l'entre-deux-guerres. Remarquables descriptions de notables ruraux dépassés par leur temps, atmosphère de gros bourg parfaitement rendue avec ses rites immuables qui pourtant se craquellent de partout, portraits forts évocateurs de ceux qui montent comme de ceux qui descendent, de ceux qui tentent de s'en accommoder comme de ceux qui résistent, ce premier roman est une réussite qui augure pleinement de la profondeur de vision de l'?uvre à venir. Le personnage le plus saisissant est celui d'une petite Antigone de village qui, pour sauver quelques bribes de la tradition, se voit destinée par sa famille à un mariage qu'elle rejette de tout son être. Elle tente d'abord d'échapper à la situation, elle fuit pour " faire la morte ", puis se ressaisit et fait face courageusement. La maison de famille devient alors un symbole de résistance et non plus un simple destin matériel.
L'auteur raconte l'histoire culturelle du travail selon les variations du regard que l'homme porte sur sa propre nature du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Il indique les voies par lesquelles cette vision de l'homme et de son labeur sont devenus des normes juridiques. Le foisonnement des doctrines pour définir le travail mais encore pour instaurer un ordre social qui face sa place à celui-ci est tel qu'il est difficile de trouver des césures chronologiques claires, étant posé une fois pour toute que la Grande Révolution ne fut pas un bloc. En deux siècles, le travail change de base aussi sûrement que l'homme change ses propres assises.
Biographie de l'auteur Cet inédit est présenté et annoté par deux historiens genevois, Dieter et Heidi Gembicki ; ils en tirent une analyse qui éclaire de façon lumineuse le voyage du frère Fries, tout en le resituant dans l histoire intellectuelle et religieuse de l Europe. Originaire de Hambourg, Dieter Gembicki a suivi des études d histoire à Francfort, parachevées à Genève avec une thèse dans le domaine de l historiographie française. Spécialiste du XVIIIe siècle, il aborde des sujets tels que Voltaire historien, la terminologie des Lumières et lors d'une année sabbatique passée en Pennsylvanie, il rédige une étude sur les frères moraves. Depuis il publie des recherches sur ce mouvement piétiste qui révèle un aspect extrêmement vivant du siècle des Lumières. Heidi Gembicki-Achtnich, historienne elle aussi, est issue d une famille de tradition morave, et a été déléguée au synode européen de l Unité des frères. Les deux chercheurs ont pu profiter de leurs compétences linguistiques et paléographiques et de leurs réseaux pour mener à bien l édition d une source qui, à plusieurs égards, posait des défis.