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Les forbans de la piastre
Morlat Patrice
INDES SAVANTES
21,00 €
Épuisé
EAN :9782846543613
Après Le Crime de la rue Barbier. Saigon 1929, l'auteur poursuit son exploration romanesque de l'Indochine et de la Chine des années 1920-1930 : évocation, haute en couleur, de la concession française de Shanghai où trafic de la piastre indochinoise et commerce de l'opium font bon ménage, entre policiers français compréhensifs - ou participants actifs - et la fameuse triade chinoise de la Bande verte. Les faits constituant ce récit sont authentiques, bien qu'ils puissent paraître invraisemblables car tellement " énormes ", de même que les personnages, à peine déguisés par l'auteur. Comme dans son ouvrage précédent, Patrice Morlat construit son récit sur de solides références tirées des archives coloniales françaises. La séparation entre histoire romancée et Histoire est bien ténue...
Le krach de la Banque Industrielle de Chine en 1921 est l'occasion pour l'auteur d'exposer les montages financiers imaginés par les groupes bancaires occidentaux pour exploiter les ressources de l'Extrême-Orient. Mais ces alliances de banquiers et d'industriels vont également exporter en Asie leurs rivalités et leurs affrontements sans pitié. La Chine et l'Indochine (française) sont les scènes de ces combats, bien que les protagonistes majeurs soient en Europe, dans les sièges des grandes banques et des institutions financières. Les relations de ces dernières avec le pouvoir politique sont toujours étroitement imbriquées dans ce jeu qui intéresse au plus haut point la diplomatie française en Asie. Cet ouvrage est l'indispensable complément de la quadrilogie que Patrice Morlat est en train de compléter (Indochine années vingt). Il éclaire également de manière très neuve les pratiques capitalistes en Chine à l'époque.
Cet ouvrage achève le cycle de quatre tomes, que nous avons consacré à l'histoire de l'Union indochinoise, couvrant la période de 1918 à 1928. Le choix de la date de clôture avait été fait, dès le départ, en fonction même de la fin de la mission parlementaire d'Alexandre Varenne en Indochine. Le proconsulat de Varenne en Indochine correspond à la dernière cartouche du projet colonial associatif et progressiste, lancé par le Congrès radical de 1907, et animé par des gouverneurs généraux éclairés comme Paul Beau, Albert Sarraut, Maurice Long, puis enfin Alexandre Varenne. Mais comme souvent, une fin préfigure un renouveau, elle inaugure en même temps la naissance de la doctrine socialiste en matière de politique coloniale. L'ouvrage étudie plusieurs aspects du gouvernement Varenne : la personnalité même du nouveau gouverneur général, et les conditions de sa nomination, son oeuvre réformatrice, la lutte politique qu'il sera amené à engager contre toutes les formes de conservatisme en Indochine ; mais aussi à Paris au sein du département des Colonies, et me me au Conseil des ministres. Pour faire échouer le projet réformateur de Varenne, un certain nombre d'aigrefins réactionnaires de la politique, et de la presse coloniale, n'hésiteront pas à déclencher contre lui une campagne de dénonciation de prétendus scandales, tous plus tapageurs les uns que les autres, et qui à la fin ne déboucheront sur rien. On ne peut s'empêcher de penser que l'oeuvre de Varenne est aussi une ébauche de ce que pourrait être une politique coloniale socialiste. Le travail réalisé par lui, n'aurait-il pas servi de base de réflexion pour les socialistes qui arriveront au pouvoir en 1936 ?
La situation politique et économique contemporaine du Vietnam prend racine dans la situation qui a été faite au pays durant l'époque coloniale. Pourquoi le parti communiste vietnamien parvient-il à s'imposer aux autres tendances politiques ? Pour quoi le pays se trouva-t-il plongé dans d'incessants conflits ? Pourquoi connut-il tant de difficultés sur le plan économique ? La réponse à ces questions doit être en partie cherchée du côté du mode de colonisation du pays par les Français.
Quand deux personnes se rencontrent dans un escalier, celle qui descend porte des souliers vernis et celle qui monte des sabots pleins de paille. Cet aphorisme était fort prisé dans les salons de la petite bourgeoisie des bourgs charentais au début du XXe siècle. Il illustre l'angoisse d'une classe sociale en déclin. Et Les Valentin en sont une magnifique expression littéraire. Il s'agit du premier roman de Pierre-Henri Simon, tout juste sorti de Normale Sup'. Il a 28 ans lors de sa publication. Son thème est l'histoire d'une famille déchirée dans une Saintonge marquée par la crise de l'entre-deux-guerres. Remarquables descriptions de notables ruraux dépassés par leur temps, atmosphère de gros bourg parfaitement rendue avec ses rites immuables qui pourtant se craquellent de partout, portraits forts évocateurs de ceux qui montent comme de ceux qui descendent, de ceux qui tentent de s'en accommoder comme de ceux qui résistent, ce premier roman est une réussite qui augure pleinement de la profondeur de vision de l'?uvre à venir. Le personnage le plus saisissant est celui d'une petite Antigone de village qui, pour sauver quelques bribes de la tradition, se voit destinée par sa famille à un mariage qu'elle rejette de tout son être. Elle tente d'abord d'échapper à la situation, elle fuit pour " faire la morte ", puis se ressaisit et fait face courageusement. La maison de famille devient alors un symbole de résistance et non plus un simple destin matériel.
Plus de deux siècles après, l'idée folle de reconstruire à l'identique l'illustre frégate l'Hermione se réalise. L'Angoumois et le Périgord renouent ainsi avec l'époque glorieuse où les canons de la Marine, faits du fer, du bois et des eaux du haut bassin versant de la Charente, rejoignaient au fil du fleuve l'arsenal de Rochefort. Histoire passionnante que celle-ci, elle fait renaître des pans entiers d'une tradition locale trop oubliée qui a pourtant marqué ces provinces de son empreinte et structure aujourd'hui encore nombre de leurs paysages. C'est aussi l'histoire de ces canons qui, des côtes américaines à celles des Indes, vont faire trembler la flotte anglaise. Une véritable épopée où se croisent les destins du marquis de La Fayette, de George Washington et de ces glorieux marins que sont Latouche-Tréville à Rochefort ou Suffren à Toulon. Ce livre, parfaitement documenté et illustré, est le résultat de plusieurs années de recherches et de reconstitutions historiques menées par un groupe issu de la " Route des tonneaux et des canons ", en liaison avec l'association " Hermione-La Fayette ". C'est avec fougue qu'il raconte une prodigieuse aventure humaine où son lecteur devient le compagnon de ces hommes de haute race ou d'humble condition qui tous participent à une vaste entreprise : redonner son rang à la marine française et par là-même, grâce à ses " canons de la Liberté ", participer à la première victoire des Droits de l'Homme.
Cet ouvrage est le troisième de quatre volumes, dont les deux premiers sont parus en 2019 et 2020. Le premier, intitulé "l'Inde entrevue" , est consacré aux deux Compagnies, celle de Colbert et celle de Law, aux comptoirs et à leur commerce, à la politique de Dupleix et à la rivalité franco-britannique, qui se termine par la mainmise de l'East India Company et à l'éviction complète des intérêts français dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, des officiers napoléoniens qui administrent le royaume sikh du Punjab et des missionnaires catholiques entretiennent une présence française dans un pays où la France ne joue plus aucun rôle. Elle végète dans ses misérables comptoirs jusqu'au Second Empire quand, grâce aux progrès du libre-échange au Royaume-Uni, grâce à l'essor de l'émigration indienne aux colonies à sucre, grâce à son industrie textile, Pondichéry connaît un spectaculaire renouveau. Le second volume traite de la politique d'assimilation de la Troisième République dans ses comptoirs, dont tous les habitants sont dès 1871 proclamés citoyens et électeurs sans distinction de couleur, de religion ni de caste. Imposée sans concertation préalable par le pouvoir central, cette politique qui se veut décentralisatrice produit des effets désastreux, conférant le pouvoir à un parti indien réactionnaire et anti-français, puis, à partir de 1906, à de véritables maffias politiques. Les effets de l'assimilation se font sentir jusqu'au dernier moment : héritière de sa devancière, la IVe République ne peut céder ses établissements à l'Inde de Nehru sans consulter leurs habitants qui sont des citoyens français. Or, le parti du Congrès ne veut pas d'un référendum. Le troisième et le quatrième volumes sont consacrés aux regards et aux influences croisés. Les représentations de l'Inde en France, l'image et l'influence de la France en Inde, les perceptions du nationalisme indien en France et les relations bilatérales après l'indépendance de l'Union indienne jusqu'à nos jours. Le quatrième volume " Les relations bilatérales " est la suite du troisième et reprend la bibliographie et un index général. Jacques Weber, professeur émérite d'Histoire contemporaine à l'université de Nantes, membre de l'Académie des Sciences d'outre-mer, grand spécialiste de l'Inde à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages, et de l'histoire coloniale. Il a publié aux Indes savantes : Les Relations entre la France et l'Inde de 1673 à nos jours ; Littérature et Histoire coloniale (ouvrage collectif) ; Le Siècle d'Albion. L'empire britannique au XIXe siècle (1815-1914) ; Les Elections législatives et sénatoriales outre-mer (1848-1981) avec L. Jalabert et B. Joly".