Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La nature du capital. Politique et ontologie chez le jeune Marx
Monferrand Frédéric
AMSTERDAM
22,00 €
Épuisé
EAN :9782354802783
Comment le capitalisme compose-t-il un monde à son image ? La crise socio-écologique du capitalisme produit de profonds effets sur la pensée contemporaine, qui semble prise d'un véritable vertige ontologique. Face aux catastrophes en cours, on voit se multiplier les travaux qui s'inquiètent de la réalité de la nature et de la manière dont s'y inscrivent les sociétés, tout se passant comme si la philosophie et les sciences sociales cherchaient à recomposer en pensée un monde que l'accumulation du capital tend à décomposer. Cet ouvrage constitue une intervention marxiste dans ces controverses ontologiques. Il propose une interprétation nouvelle des Manuscrits de 1844, le texte dans lequel, pour la première fois, Marx analyse la nature du capital : son essence ou sa définition et le type de rapport qu'on y entretient à la terre et à ses habitants. Frédéric Monferrand montre que le jeune Marx articule trois perspectives complémentaires sur le capitalisme : une phénoménologie de l'expérience prolétarienne qui vise à le critiquer du point de vue de ses effets sur les conditions de travail et de vie des classes dominées ; une théorie de la propriété privée comme appareil de capture et de mise au travail des forces qui animent les corps et les milieux ; enfin, une ontologie sociale naturaliste pour laquelle les sociétés se distinguent les unes des autres par la manière dont elles donnent forment à la nature, humaine et non humaine. L'appropriation matérielle de la nature, parce qu'elle est constitutive de toute vie sociale, représente à la fois le lieu stratégique d'une transformation radicale du monde où nous vivons et l'enjeu historique d'une libération du monde dont nous vivons.
Jaillie de la nuit des âges, la vigne cultive par excellence un art du temps. Elle s'est forgée au cours des siècles par la lente constitution d'un terroir, l'élaboration patiente et tâtonnante de vins, mais aussi en tant qu'objet culturel, mis en relation dès l'Antiquité avec des arts, des lettres. Cet art du temps plonge dans nos racines viticoles, s'y abreuve, pour mieux nous interroger aujourd'hui sur la pérennité de la vigne et du vin." Florence Monferran nous propose de cheminer ensemble au milieu de vins et de cépages, de conduites biologiques pionnières, adossées à une histoire en perpétuel mouvement. Elle aborde la notion du vin et du temps dans différentes acceptations (temps historique, météorologique, prendre son temps, éprouver l'accélération d'évènements climatiques). Le propos oscille entre le particulier et la portée générale, l'exemple et la synthèse, qui se nourrissent les uns les autres. Ils apportent un éclairage sur l'évolution de la viticulture, à travers des chroniques parues au fil des jours, au plus près du vivant, au cours de la décennie 2012-2022. L'expérimentation qu'elle mène sur des pratiques d'excellence, retrouvées dans les archives, pénètre au coeur de patrimoines viticoles, les relie à un mode de production biologique comme deux versants d'une même préservation. Elles éclairent de concert l'apport de pratiques anciennes dans les nouveaux territoires du vin (biodynamie, nature, agroforesterie par exemple). De même, de la biodiversité ressurgit à une vinodiversité, l'intérêt se porte naturellement sur la réappropriation des cépages anciens, effacés dans la standardisation mondiale. Par ailleurs, un voyage dans les arts et lettres, et dans les vignes dans ce Languedoc qui lui est cher, complètent la recherche d'une culture multiforme. A l'heure d'enjeux cruciaux, l'ancienneté de notre viticulture comme la continuité de la pratique à travers les siècles nous confèrent une responsabilité : rechercher les voies d'un futur possible pour les générations qui nous suivent, à l'horizon 2030.
Fort militaire hier, bientôt quartier d'habitations, le fort d'lssy-les-Moulineaux fait partie de ces sites qui ont plusieurs vies. Construit tardivement dans les années 184o, il a traversé nombre d'événements historiques, de la guerre franco-prussienne de 187o à la Commune de Paris, avant de faire aujourd'hui peau neuve. Sous la houlette de cabinets tels que l'agence Architecture-Studio pour le compte d'un groupe de promoteurs, le renouveau est en marche. Cet ouvrage présente un panorama complet de l'histoire du fort, de sa construction à son actuelle transformation. Alors que la première partie replace le site dans une perspective historique claire et documentée, la seconde permet de saisir au mieux les enjeux des travaux entrepris en 2010 grâce aux propos éclairants d'AS.Architecture-Studio. A travers ce site, c'est toute la question de la place du patrimoine architectural qui est posée ici. En ce sens, le fort d'lssy est bel et bien un "patrimoine en devenir".
Oulipien, le XVIe siècle ? Reconnaissons du moins qu'il constitue pour la France une période singulière en matière de versification. On lui doit une part non négligeable des termes qui nous servent encore aujourd'hui à désigner des faits métriques (césure, décasyllabe, diérèse, hémistiche, quatrain, strophe...), comme l'introduction du sonnet, de l'alternance des rimes ou la "redécouverte" de l'alexandrin. Plus fondamentalement, on lui doit un grand nombre de débats, de réflexions et d'expérimentations de toutes sortes. Parmi d'autres, les poètes et les théoriciens cherchent ainsi à construire le partage entre vers et prose, à trouver les moyens pour la prosodie vernaculaire de conserver ou de restituer, par d'autres voies, les prestigieuses métriques anciennes. Ils cherchent encore à exploiter les possibilités expressives du vers et de la rime, adaptant ceux-ci, autant que faire se peut, au sujet ou au destinataire des poèmes par un processus mimétique qui veut que l'harmonie créée par les sons, les nombres et leurs rapports reproduise celle des objets du monde. Dans le prolongement de la lyrique médiévale et de son foisonnement, mais avec d'autres formes et d'autres cadres, le vers français à la Renaissance s'essaie alors tous azimuts. C'est ce moment, parfois sous-estimé, d'expérimentation et d'effervescence autour des possibles du vers et de la prosodie vernaculaire, dont les contributions de ce volume cherchent à rendre compte.
Quelle est cette étrange coutume qui veut que les responsables d'associations agissent selon leur intuition et leur bonne volonté, et que l'analyse et le contrôle soient vus comme des charges restreignant les énergies, alourdissant l'engagement des plus volontaires ? Il existe aujourd'hui des outils et postures adaptés à la performance des associations. Les résultats financiers et la transparence n'en sont pas, loin de là, les objectifs principaux : l'analyse des plus-values sociales, la détection de nouveaux créneaux pour entreprendre, l'évaluation des talents et potentiels des acteurs, l'usage de grilles d'analyse et de contrôle spécifiques et pourtant compatibles avec les exigences des partenaires, etc. • Cet ouvrage aborde tous les enjeux de l'analyse de l'association dans leur ensemble et leurs stratégies, sans exclusive d'aucun type. Il présente les techniques du diagnostic, de l'évaluation, de l'audit et du contrôle et met l'accent sur certaines des méthodes les plus récentes adaptées aux associations benchmarking, management qualité, analyse concurrentielle, marketing social, techniques d'enquête qualitatives et quantitatives, analyse logique. • Illustré par de nombreux exemples, ce manuel aide les dirigeants à bien choisir les outils et méthodes qu'ils recherchent, et à faire appel aux compétences internes et externes adéquates, sans nuire aux spécificités d'action et d'objectif propres à leur organisation.
La quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.