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Ornicar ? 61 Voir
Miller Jacques-Alain ; Gutermann-Jacquet Deborah
NAVARIN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782916124940
Voir" est partout, tout le temps, si prégnant qu'il en serait presque l'oublié de notre expérience quotidienne. Avec Lacan, pourtant, cette expérience sort de l'évidence. S'appuyant sur les observations de Merleau-Ponty, il disjoint la vision du regard et montre que le regard précède la vision. " "Ils ont des yeux pour ne pas voir". Pour ne pas voir quoi ? – justement que les choses les regardent ", comme Lacan le pointe dans son Séminaire XI. Le sujet de la vision se défend contre sa vérité d'objet posé sous le regard : il est une tache, et cette tache a une fonction. Qu'est-ce qu'une tache, un trompe-l'oeil, un voyeur, un tableau ? Qu'est-ce, au fond, que cet objet regard, qui peut, dans la névrose et notamment dans l'obsession, prendre une place si déterminante ? Ce sont à ces questions que les auteurs de ce numéro se confrontent. Jacques-Alain Miller choisit pour en approcher le coeur de se saisir des personnages de Diane et Actéon. Les invités d'"Ornicar ? ", le cinéaste Luc Dardenne, l'historien Michel Pastoureau, nous donnent des témoignages cruciaux sur le traitement singulier de cet objet qu'est le regard et de ce voile qu'est la vision. La rubrique consacrée aux références de Lacan poursuit aussi son exploration à travers ses Séminaires pour donner à lire et à voir un peu de la matière dont il alimentait ses réflexions. Cette fois quelques références sont prélevées dans le Séminaire XIV, "La Logique du fantasme". Pour l'occasion, Ornicar ? a invité des mathématiciens. Enfin, un dossier est consacré à " l'avenir des institutions ". Il pose la question de la pratique de la psychanalyse et de l'écoute de la souffrance des sujets dans la cité. Auteurs du Champ freudien : Jacques-Alain Miller, Deborah Gutermann-Jacquet, Catherine Lazarus-Matet, Philippe Hellebois, Yves Depelsenaire, Gérard Wajcman, Pierre Ebtinger, Aurelie Pfauwadel, Marie-Françoise De Munck, Sophie Marret-Maleval, etc. Des auteurs de disciplines affines : (cinéma, peinture, littérature, histoire, philosophie, mathématiques, etc.) : Michel Briand, Luc Dardenne, Michel Delon, Marie-José Durand-Richard, Thomas Hausberger, David Lemler, Paul Magendie, Michel Pastoureau.
Résumé : Réveiller, secouer, fendre les carapaces, culbuter les idoles, apostropher les patapoufs, dégonfler les baudruches, dissiper les brouillards, souffler sur le feu, scannériser les idées, les passer au fil du rasoir d'Occam, être vrai, " vivre trois secondes en une ", argumenter (" tout bon raisonnement offense "), être conséquent, mettre au clair, mettre à nu, transpercer, percer jusqu'à l'os, s'incliner devant le réel, servir plus grand que soi - telles furent quelques-unes des pulsions et ambitions du jeune Jacques Miller, fils d'un radiologue parisien. Névrose ordinaire, ravalement de la vie amoureuse, caractère insolent sadico-anal, humeur maniaco-dépressive, modestie foncière. Ce recueil de textes de jeunesse donne un aperçu des années d'apprentissage d'un personnage qui défraya la petite chronique du Quartier latin dans les années 60, et qui s'était éclipsé de la scène publique depuis près de vingt ans, avant de solliciter à nouveau l'attention du public cultivé par une polémique passionnée. On trouve ici son entretien avec Jean-Paul Sartre en 1960, ses " réflexions intempestives " de lycéen, son premier exposé au Séminaire de Jacques Lacan, ses premières tentatives logico-philosophiques, son essai sur l'Utile. Le volume s'achève avec son retour auprès de Lacan et son entrée en analyse.
Non pas un pamphlet, mais une satire. Non pas des ennemis, mais des ridicules. Un psychanalyste filme le mouvement de la vie intellectuelle et politique au début du vingt et unième siècle. Ce n'est pas sa spécialité, et c'est justement ce qui donne à son style une " vigueur hybride ". Le point de départ : la première page du Monde. Le 21 novembre 2002, elle est consacrée aux " nouveaux réactionnaires ". Cela, en l'honneur du tout petit livre (96 pages) d'un inconnu, Daniel Lindenberg : il " brouille les familles intellectuelles ", assure le journal. JAM trouve cela étrange. Il lit l'ouvrage, y découvre son nom, se pique au jeu, tire le fil jour après jour. Dans l'élan, il réfléchit sur l'actualité, la gauche, la droite, la guerre, publie dans la presse, commente toute une littérature d'hier et d'aujourd'hui. Quête obstinée, à tâtons dans les ténèbres. Elle débouche sur l'invention d'une " Académie des sciences immorales et politiques ", la rédaction d'un canular normalien, et un étrange dialogue avec lui-même. L'auteur croit avoir traversé les apparences. Il se retrouve, non sans gaieté, au pays des merveilles.
Clotilde Leguil nous dévoile les coulisses de l?élaboration lacanienne de la psychanalyse à partir d?une corrélation secrète et paradoxale avec la philosophie sartrienne de l?existence. Si le rapport de Lacan à Sartre est de l?ordre d?une liaison dangereuse, c?est qu?il y a risque de méprise et de malentendu: la philosophie existentielle sartrienne nie la dimension de l?inconscient et la perspective lacanienne introduit le structuralisme en psychanalyse pour repenser l?inconscient freudien. Lacan ne recule pas devant les dangers de cette corrélation antinomique. Tout en critiquant Sartre, il réinvestit ses concepts. Ainsi métamorphose-t-il le désir, le manque d?être ou la contingence pour les mettre au service d?une psychanalyse structuraliste. C?est dire combien le structuralisme lacanien se détache singulièrement du mouvement structuraliste: il est question de structure certes, mais aussi de désir et de sujet, sans lesquels la psychanalyse se résorberait dans les sciences humaines. L?on saisira comment Lacan détourne les concepts de la philosophie existentielle pour leur faire jouer une nouvelle partition, qui éclaire l?expérience analytique en tant qu?expérience subjective.
On fait croire que lautisme se répand ; on décrit une épidémie ; on crie haro sur la psychanalyse. De quoi sagit-il ? De vous faire consommer des produits qui ne servent à rien ni à personne, pas aux autistes en particulier. Agnès Aflalo démonte la stratégie marketing de Big Pharma : dévoyer les cautions scientifiques et les agences "indépendantes" dévaluation, afin de booster ses ventes. Tout affect devient une maladie. Lhyperactivité a été fabriquée pour rentabiliser la pilule de lobéissance. Lextension des "troubles du spectre autistique" vise à généraliser les tests et la rééducation intensive des enfants proies faciles par des techniques cognitivo-comportementales. Le surdiagnostic suivi de lhyperprescription produisent déjà des ravages aux Etats Unis. Face à cette négation de la parole singulière des jeunes sujets, les psys français seraient-ils plus visés dêtre moins dociles ?
Enfants violents ! ", dit-on de ces "fauteurs de troubles" qui font de l'obstruction, mutilent leur corps, harcèlent leurs pairs, se révoltent contre les maîtres ! Mais qui sont-ils, ces "petits monstres" qui refusent de se laisser gouverner, éduquer, soigner ? Comment expliquer cette violence dès l'enfance, et comment parvenir à l'aborder ? Cet ouvrage examine cette "chose violente" comme un fait premier, étrangement intime à chaque être parlant. Les auteurs, des praticiens, en suivent les percussions et les répercussions chez les enfants, filles et garçons, qui y sont confrontés. La violence pousse à la rupture des liens, mettant à l'épreuve les proches et aussi la position du praticien. Ces jeunes ne demandent rien, semblent ne rien pouvoir dire de ce qui leur arrive. Il s'agit d'entendre les dires des enfants, tout petits ou déjà adolescents, auprès des professionnels qui les accueillent, en privé ou en institutions, orientés par les enseignements de Freud et de Lacan. Quand cette violence trouve un lieu où s'adresser, elle peut se révéler une force féconde pour l'enfant. Ouvrir les chemins du dire requiert de l' invention !
L'autisme fait question, aujourd'hui plus que jamais. Tout ce qui a été élaboré jusqu'ici est soumis à une critique radicale. On clame qu'il y a eu erreur, tromperie, on invoque la génétique pour écarter l'idée d'une causalité psychique. La cause génétique de l'autisme est-elle aussi établie qu'on nous le dit ? Il faut aller y voir de plus près. Ariane Giacobino et François Ansermet nous expliquent de manière simple et vivante les résultats de ces recherches de pointe. Le code génétique ne livre pas de causalité univoque. Au contraire : si chaque autiste est génétiquement déterminé, ces déterminants sont variables, multiples, hétérogènes. Ces recherches butent sur ce qui fait le propre de chaque cas. La psychanalyse, elle, pose la singularité de chacun, autiste ou non, au coeur de sa pratique. Voilà un croisement bien inattendu entre génétique et psychanalyse que tout semblait opposer !