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IAD - Somnambulisme et médiumnité tome 1 Le défi du magnétisme. 01
Méheust Bertrand
EMPECHEURS
30,00 €
Épuisé
EAN :9782359250831
1784 : le marquis de Puységur, colonel d'artillerie et grand seigneur, occupe son loisir à soulager ses gens en les magnétisant selon les principes de la doctrine mesmérienne, plongeant même un jeune homme dans un état de somnambulisme magnétique , ou artificiel . L'enquête de B. Méheust se propose de faire la chronique et l'analyse de ce choc dans la culture, en racontant le conflit impitoyable qui a opposé, de Puységur à Charcot, le monde savant aux partisans du magnétisme animal.Avril 1784 : Armand Marie Jacques de Chastenet, marquis de Puységur, colonel d'artillerie et grand seigneur terrien, occupe son loisir à soulager ses gens en les magnétisant selon les principes de la doctrine mesmérienne. C'est alors que, tout à fait inopinément, il plonge un jeune paysan dans un état de conscience inconnu. La personnalité du patient se modifie : un autre moi surgit, qui semble surplomber sa conscience vigile ; mais il y a plus : le jeune homme prévoit à l'avance le déroulement de sa maladie, en fixe les étapes et semble capable de lire les pensées de son maître. Stupéfait, le marquis constate, en multipliant les expérience sur d'autres patients, que l'on peut assez régulièrement reproduire l'étrange état. Par analogie avec le somnambulisme naturel, connu depuis l'antiquité, il baptise cet état le somnambulisme magnétique , ou artificiel . L'année suivante, il publie ses observations, dans un mémoire qui fait l'effet d'une bombe. Les somnambules magnétiques se répandent dans tout le royaume, et une vaste polémique se lève, qui va traverser tout le XIXe siècle et toucher la haute culture.L'enquête de Bertrand Méheust se propose de faire la chronique et l'analyse de ce choc dans la culture , en prenant pour fil conducteur le conflit impitoyable qui a opposé, de Puységur à Charcot, le monde savant aux partisans du magnétisme animal. Dans ce premier tome, l'auteur commence par décrire les faits revendiqués par les magnétiseurs, et par restituer leurs conceptions oubliées : puis il observe la montée en puissance du magnétisme dans la première moitié du XIXe siècle, et repère les dispositifs mis en place par l'institution scientifique pour parer à cette menace. À ces fins, il suit dans le détail le déroulement des batailles académiques, entre 1826 et 1842, jusqu'à l'éviction officielle du magnétisme par l'Académie de médecine. Enfin, en étudiant la phase de réappropriation ouverte par Charcot en 1878, il montre comment la menace magnétique a été récupérée, filtrée, recalibrée.Table des matières : Prologue : L'événement PuységurPréalablesI / Première approche de l'enjeu : l'alternative de 1885 et ses conséquencesII / L'oubli du magnétisme comme problème-obstacleIII / Discours anthropologique, habitus, sens commun et lucidité magnétiqueIV / Deuxième approche de l'enjeu : l'indécidabilité et ses conséquencesV / Le décrire-construireVI / Le décrire-construire, la vérité, l'objectivitéVII / Pluralité conflictuelle et hybridation des décrire-construireVIII / Thèse générale, méthode, planPremière sectionLe monde engloutiFaits, pratiques, théories, débats du magnétismeI / En aval de Puységur : cartographie des courants du magnétismeLes courants du magnétismeLa production du somnambulisme et le rapport magnétiqueLe sens interneII / La phénoménologie magnétiquePréalablesHyperesthésiesPrévision des accèsEndoscopie et exoscopieSympathie des douleurs spontanéesSympathie des douleurs provoquéesTransposition des sensVision à travers les corps opaquesou sans le secours des yeuxVoyage mental et voyanceSuggestion mentaleFaculté de prévisionIII / Deux principes fondamentaux... et régulièrement méconnusLa Raison aux avant-postesL'éthique avant la connaissanceIV / Un nouveau thème de réflexion : les résistances au magnétismeRésistances au magnétisme : la puissance des empreintes mentalesOubli et retour cyclique du magnétisme : le difficile cheminement des véritésLa prudence tactique et la ruse au service du magnétismeV / De quelques réflexions novatrices suscitées par le somnambulismeLe caractère " météorologique " de la phénoménologie somnambuliqueL'interaction observateur - observé, ou l'objectivité classique mise à l'épreuveLe somnambulisme magnétique est-il un état pathologique ?Etendue et limites des facultés somnambuliquesHyperveille et autonomie : une nouvelle alliance avec la transeVI / Volonté, imagination, idéoplastieRésurgences de l'imagination créatrice au XIXe siècleUne alliée bien encombranteLes imaginationnistesEn quête des pères fondateursImaginationnistes et psychofluidistes : divergences et intuitions communesVII / Le psychofolklore, ou la " politique extérieure " du courant magnétisteDeuxième sectionL'édification de la ligne Dubois, 1826-1842I / 1814-1826 : le conflit couveRenaissance du magnétisme sous l'Empire et au début de la RestaurationInfiltration discrète et conversions spectaculairesII / 1826-1831 : la commission Husson reconnaît les phénomènes magnétiquesLe mémoire du docteur Foissac et la précommission de 1825Les expériences de la commission Husson et le rapport scandaleux de 1831III / L'édification de la Ligne Dubois. Les premiers travaux1832-1837 : la croisade antimagnétique de Dubois (d'Amiens)1837 : le docteur Berna et le " complot de la dinde truffée "IV / L'affaire Pigeaire et la mise à mort académique du magnétisme animalLe prix Burdin. Premiers demêlés de Pigeaire avec la commissionLes séances préparatoiresL'affaire du bandeauLes défis du docteur FrapartEpilogueTroisème sectionLa reappropriation,1878-1895I / Caricaturés, calomniés et spoliésReconstruire le passé. Des Pères fondateurs rétroactifs et putatifsS'accaparer les découvertes des magnétiseurs. Redécouvertes involontaires et pillages délibérésDéclarer les magnétiseurs indignes de leurs découvertesMonopoliser les pratiques magnétiques après les avoir démarquéesII / L'alternative de 1885 et le remodelage de la phénoménologie magnétiqueAdopter enfin les bons procédés, ou sélectionner les méthodes les plus néfastes ?Découvrir un ordre réel, ou imposer un ordre imaginaire ? L'hypertrophie scientiste de la taxinomie et les pièges de la suggestion mentalePathologiser le somnambulisme, ou la solution finale de la question magnétiqueÉvacuer les " phénomènes magnétiques supérieurs "Annexe n° 1Les procès-verbaux de BousquetAnnexe n° 2Les lettres magnétiques d'Alexandre Dumas.
Alors que Charcot et ses disciples s'emploient à digérer le magnétisme animal et à réduire le somnambulisme aux vues de la science positive, les sciences psychiques se développent en Angleterre et, quelques années plus tard, aux Etats-Unis, à l'Harvard, avec l'entrée en lice du philosophe William James. Une enquête historique passionnante, qui s'attache à montrer par quelles solutions de compromis la culture dominante a géré la menace " psychique " au début du XXe siècle. Alors que Charcot et ses disciples s'emploient à digérer le magnétisme animal et à réduire le somnambulisme aux vues de la science positive, les sciences psychiques se développent en Angleterre, au coeur de l'intelligentsia, dans le milieu universitaire de Cambridge et, quelques années plus tard, aux Etats-Unis, à l'université de Harvard, avec l'entrée en lice du philosophe William James. Les "psychistes" britanniques et américains se situent dans la voie ouverte par Puységur : tout en se réclamant de la science, ils prétendent objectiver des phénomènes susceptibles de modifier l'idée que l'homme en occident se fait de lui-même ; portés par la vague spirite, ils entreprennent d'étudier les phénomènes médiumniques en mettant en général de côté les croyances spirites. Refusant les vues rétrospectives classiques, Bertrand Méheust reconstitue ce conflit en prenant au sérieux le discours et les travaux des métapsychistes. Il montre la fécondité heuristique de leurs recherches et analyse la signification culturelle de l'oubli "opportun" dans lequel elles sont tombées. Traversant une vaste documentation, il s'attache à montrer par quelles solutions de compromis la culture dominante a géré la menace "psychique". Enfin, il s'emploie à relever, dans l'oeuvre d'artistes, d'écrivains, de philosophes, de sociologues, de psychiatres, et jusque dans les textes de Freud, les empreintes que les recherches psychiques ont laissées dans la culture de la première moitié du vingtième siècle.
L'approche contemporaine de la divination est aujourd'hui traversée par un paradoxe: quand elle estétudiée par des historiens et des anthropologues, et porte sur des formes antiques ou non occidentales, elle constitue un objet prestigieux. En revanche, lorsque les parapsychologues et les métapsychistes se penchent sur les pratiques des voyants contemporains, ici même, en Occident, leur démarche est considérée comme suspecte et leur objet est taxé d'illusoire. Le positivisme et le scientisme ont beau être officiellement passés de mode, c'est à travers leur prisme l'on continue de voir le problème posé à notre culture par la persistance des pratiques divinatoires. La divination antique ne doit être étudiée que comme laboratoire de la future rationalité. Quant à la question de la réalité de la voyance elle n'est plus abordée parce qu'implicitement on la tient pour réglée. Pour nos historiens et nos anthropologues, il va sans dire que les devins ou les voyants n'ont pas accès à des réalités cachées, qu'ils ne peuvent prédire l'avenir ou voir à distance, et que leur pratique s'épuise en effets de sens. C'est ce consensus que l'auteur conteste. Aujourd'hui encore, en Occident, des hommes et des femmes savent se mettre dans un état de conscience spécial afin de se porter vers des « cibles » éloignées dans le temps et l'espace pour en ramener des informations vérifiables. La signification donnée à ces expériences par les intéressé(e)s et ceux qui les analysent est évidemment propre à notre temps, mais le fait de la métagnomie demeure. Une fonction mentale semble bien transcender les variations culturelles et persister sous des formes sans cesse renouvelées. Or la psychologie occidentale a fait jusqu'à présent l'impasse sur cette dimension de l'esprit. Mais si on fait l'hypothèse de sa réalité, on débouche sur une compréhension nouvelle de la vie psychique.
Lowenhaupt Tsing Anna ; Pignarre Philippe ; Stenge
Anna Tsing parcourt les forêts tropicales indonésiennes ravagées par le capitalisme. L'affrontement suppose des alliances étonnantes entre indigènes habitant les forêts, ONG internationales et étudiants défenseurs de l'environnement. Ne nous laissons pas intimider par l'idée d'une globalisation invincible. C'est la friction avec une surface qui fait qu'une roue tourne ; envoyée en l'air, elle ne va nulle part. La friction de deux morceaux de bois produit de la chaleur et de la lumière ; un morceau de bois seul n'est qu'un morceau de bois. Sans friction, pas de mouvement, pas d'action, pas d'effet. Mettant en cause l'idée qui veut que la globalisation signifie le choc des cultures, l'anthropologue Anna Tsing fait de la friction une métaphore des multiples imbroglios socio-épistémiques qui font voyager partout dans le monde ce à quoi nous attribuons le pouvoir de globaliser ce monde. Tsing a parcouru les forêts tropicales indonésiennes où le capitalisme a redessiné les paysages en les transformant en zones-frontières où entrepreneurs légaux et illégaux s'emparent des terres des peuples indigènes, exploitant et détruisant sans vergogne toutes les ressources. En réaction, des mouvements environnementalistes ont pris la défense des forêts et des populations qui y vivent. L'affrontement mobilise des scientifiques, des opérateurs de la finance internationale, des idéaux d'émancipation ou de défense de la nature, comme aussi de prospérité par le développement. Mais cet affrontement ne traduit pas le heurt local d'enjeux valables partout. Ce qui anime les épargnants canadiens, les investisseurs des pays dits développés, les industries prédatrices, les experts des agences internationales, les anciens des villages de Bornéo, les étudiants de Djakarta amoureux de la nature, n'est ni local ni global mais toujours pris dans des reprises locales particulières de ce qui se présente comme cause globalement reconnue. Même ceux qui font alliance pour défendre la gestion communautaire des forêts le font pour des raisons différentes, souvent sur la base de malentendus. Mais ces malentendus sont justement parfois ce qui permet de gagner. Plutôt que de se laisser fasciner par le spectre d'une globalisation invincible, Anna Tsing appelle à une attention pragmatique à des collaborations engagées, situées, qui tirent leur force de références globales tout en les particularisant. Anna Tsing renouvelle les méthodes de l'ethnographie. Elle multiplie les modes d'approches qui permettent de saisir le rôle, fructueux ou désastreux, des différences culturelles dans le processus même de ce que l'on appelle trop facilement la globalisation. Elle nous offre un récit politique, ethnographique et poétique bouleversant.
Comment garder la force que nous ont transmise les femmes dont on n'attendait rien d'autre que d'être une maîtresse de maison - épouse, mère? Ces femmes qui, bravant le ridicule, de manière parfaitement désintéressée (elles ne pouvaient nourrir aucun espoir de carrière), ont résisté à l'objection doucereuse de leur père: « Mais, ma chérie, tu ne manques de rien... » et ont cherché par tous les moyens à créer et à vivre. L'Université leur était alors interdite et Virginia Woolf mettait leurs filles en garde: n'allez jamais rejoindre la procession « des hommes chargés d'honneurs et de responsabilités ». Qu'avons-nous appris, nous, les filles infidèles de Virginia, qui avons, de fait, rejoint les rangs des « hommes cultivés »? Nous avons le sentiment d'assister à la fin d'une époque: celle où nous pouvions nous réjouir de voir des jeunes femmes (et des jeunes hommes aussi) prendre goût à la recherche, devenir capables de cette liberté dont nous avons profité. Désormais, à l'Université comme partoutailleurs, il s'agit de manifester sa flexibilité, d'apprendre à donner les bons signaux et à écouter ceux qui proviennent du marché, bref de donner les gages requis de motivation et de sérieux. Comment vivre cette fin d'époque sur un mode qui ne soit ni cynique ni nostalgique? Comment échapper au « chacun pour soi » qui devient la règle à l'Université comme ailleurs? Comment faire aujourd'hui relais au cri de Woolf, « Penser nous devons »? Il nous fallait rencontrer des femmes chez qui nos questions faisaient écho et qui pourraient leur donner des dimensions imprévues, appeler à prolonger ainsi le cri de Virginia Woolf. Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Laurence Bouquiaux, Barbara Cassin, Mona Chollet, Emilie Hache, Françoise Sironi, Marcelle Stroobants, Benedikte Zitouni, ont accepté de témoigner des anecdotes, des événements discrets ou des perplexités qui ont marqué le chemin par lequel chacune a découvert ce que pouvait signifier « penser » et passer ainsi du refus à la création. Mêmes si les portes de l'Université se sont ouvertes aux femmes, cela ne signifie pas qu'elles s'y soient senties « à leur place ».
Depuis la terrible expérience du confinement, les Etats comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au " monde d'avant " grâce à une " reprise " aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - ; à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ? A Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.
Vous ne percevrez plus la mort comme avant ! Philosophe et psychologue, l’auteure nous dévoile de nombreux témoignages de “ceux qui restent”. Selon elle, “faire son deuil” consiste davantage à faire vivre nos morts à travers nous qu’à les enterrer une bonne fois pour toute. Après tout, comme le disait George Sand, “L’oubli est le vrai linceul des morts”.