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IAD - Somnambulisme et médiumnité tome 2 Le choc des sciences psychiques. 02
Méheust Bertrand
EMPECHEURS
30,00 €
Épuisé
EAN :9782359250848
Alors que Charcot et ses disciples s'emploient à digérer le magnétisme animal et à réduire le somnambulisme aux vues de la science positive, les sciences psychiques se développent en Angleterre et, quelques années plus tard, aux Etats-Unis, à l'Harvard, avec l'entrée en lice du philosophe William James. Une enquête historique passionnante, qui s'attache à montrer par quelles solutions de compromis la culture dominante a géré la menace " psychique " au début du XXe siècle. Alors que Charcot et ses disciples s'emploient à digérer le magnétisme animal et à réduire le somnambulisme aux vues de la science positive, les sciences psychiques se développent en Angleterre, au coeur de l'intelligentsia, dans le milieu universitaire de Cambridge et, quelques années plus tard, aux Etats-Unis, à l'université de Harvard, avec l'entrée en lice du philosophe William James. Les "psychistes" britanniques et américains se situent dans la voie ouverte par Puységur : tout en se réclamant de la science, ils prétendent objectiver des phénomènes susceptibles de modifier l'idée que l'homme en occident se fait de lui-même ; portés par la vague spirite, ils entreprennent d'étudier les phénomènes médiumniques en mettant en général de côté les croyances spirites. Refusant les vues rétrospectives classiques, Bertrand Méheust reconstitue ce conflit en prenant au sérieux le discours et les travaux des métapsychistes. Il montre la fécondité heuristique de leurs recherches et analyse la signification culturelle de l'oubli "opportun" dans lequel elles sont tombées. Traversant une vaste documentation, il s'attache à montrer par quelles solutions de compromis la culture dominante a géré la menace "psychique". Enfin, il s'emploie à relever, dans l'oeuvre d'artistes, d'écrivains, de philosophes, de sociologues, de psychiatres, et jusque dans les textes de Freud, les empreintes que les recherches psychiques ont laissées dans la culture de la première moitié du vingtième siècle.
Résumé : En 1842, Alexis Didier, à peine âgé de 16 ans, commence à stupéfier ses contemporains par ses dons de clairvoyant magnétique : on vient déjà de Londres pour consulter le jeune prodige. Il concentre sur sa personne tous les dons que l'on attribue aux somnambules magnétiques : diagnostic médical, perception des pensées d'autrui, vision à distance ou à travers des corps opaques, lecture dans des livres fermés, perception épigastrique, etc. Sa renommée se répand dans les salons de l'aristocratie. Pendant quinze ans, il va ainsi régulièrement s'efforcer de faire la preuve de ses dons présumés, déclenchant polémiques et fascination. Alexis est une sorte de héros balzacien. Il incarne une figure nouvelle : celle du " héros magnétique ". Il se croit investi d'une mission et veut prouver par des moyens expérimentaux l'immortalité de l'âme. Il se dépense tant dans cette tâche qu'il y ruine sa santé fragile, se retirant à l'âge de 30 ans. Paradoxalement, le plus célèbre des voyants du XIXe siècle n'avait jamais fait l'objet d'une étude approfondie, malgré la vogue actuelle d'ouvrages sur la voyance. Ce livre propose une nouvelle manière de comprendre et de rendre compte des phénomènes magnétiques et de voyance qui intriguent tant le public.
Résumé : Les démocraties modernes possèdent-elles les ressorts nécessaires pour prévenir et affronter la catastrophe écologique due au réchauffement climatique ? Comme l'explique Bertrand Méheust, ce n'est pas de l'écologie libérale et du "développement durable" que viendra la réponse : ces discours consistent à graver dans l'esprit du public l'idée que l'écologie est compatible avec la croissance et même mieux, qu'elle la réclame, afin de masquer l'incompatibilité entre la société globalisée dirigée par le marché et la préservation de la biosphère. Un univers mental ne renonce jamais à lui-même si des forces extérieures ne l'y contraignent pas. Le système a saturé tout l'espace disponible et est à l'origine de tensions de plus en plus fortes. Pour les masquer ceux qui nous gouvernent pratiquent la politique de l'oxymore. Forgés artificiellement pour paralyser les oppositions potentielles, les oxymores font fusionner deux réalités contradictoires développement durable "marché civilisationnel", "flexisécurité", "moralisation du capitalisme", etc. Ils favorisent la destruction des esprits, deviennent des facteurs de pathologie et des outils de mensonge. Plus l'on produit d'oxymores et plus les gens sont désorientés et inaptes à penser. Utilisés à doses massives, ils rendent fou. Plus la crise s'aggrave, plus le réchauffement climatique nous menace et plus nous assistons à la production et à l'usage cynique, sans précédent dans la démocratie française, d'oxymores à grande échelle.
La voyance: un sujet sulfureux qui diviserait irrémédiablement rationalistes et illuminés? Cette enquête montre que la question est loin d'être aussi tranchée. Si beaucoup de scientifiques refusent a priori de se pencher sur dés -phénomènes inexpliqués, certains, au contraire, considèrent qu'il existe des pouvoirs de l'esprit qu'il est absurde de vouloir Ignorer. Ce livre reprend les récits de tous les prodigieux voyants recensés au cours des derniers siècles. Les témoignages se recoupent et en troubleront plus d'un. L'hypothèse de la tricherie s'évanouit Quelle que soit finalement l'explication de ces phénomènes (qu'aujourd'hui personne ne détient), ils constituent un véritable défi pour la raison.
Il y a maintenant presque huit ans, je me suis retrouvée de façon inattendue éperdument amoureuse d'une chienne rouge piment que j'ai appelée Cayenne. " C'est en partant des gestes les plus ordinaires du quotidien et non pas de grands principes que Donna Haraway nous invite à penser notre relation aux espèces compagnes. Ces espèces avec lesquelles nous " partageons le pain ", depuis les micro-organismes qui nous peuplent jusqu'aux animaux de compagnie. Cet enchevêtrement nous conduit auprès de bouledogues français à Paris, à des projets concernant les prisonniers du Midwest, à des analyses coûts-bénéfices dans la culture marchande autour des chiens, à des souris de laboratoire et des projets de recherche en génétique, sur des terrains de baseball et d'agility, auprès de baleines munies de caméras au large de l'Alaska, sur des sites industriels d'élevage de poulets, etc. Il s'agit ici non pas de domestication, de contrôle ou de rachat de la dette mais de contact. Quelle est la valeur ajoutée du contact ? Que nous apprennent à sentir et à faire les " zones de contact " ? Loin de tout retour romantique à une rencontre sauvage, dénuée d'intérêts et de contamination biopolitique, prendre soin du contact entre espèces " entraîne " à un perpétuel zigzag entre ce qui nous affecte, nous rattache, nous rend interdépendants, simultanément robustes et vulnérables.
Comment garder la force que nous ont transmise les femmes dont on n'attendait rien d'autre que d'être une maîtresse de maison - épouse, mère? Ces femmes qui, bravant le ridicule, de manière parfaitement désintéressée (elles ne pouvaient nourrir aucun espoir de carrière), ont résisté à l'objection doucereuse de leur père: « Mais, ma chérie, tu ne manques de rien... » et ont cherché par tous les moyens à créer et à vivre. L'Université leur était alors interdite et Virginia Woolf mettait leurs filles en garde: n'allez jamais rejoindre la procession « des hommes chargés d'honneurs et de responsabilités ». Qu'avons-nous appris, nous, les filles infidèles de Virginia, qui avons, de fait, rejoint les rangs des « hommes cultivés »? Nous avons le sentiment d'assister à la fin d'une époque: celle où nous pouvions nous réjouir de voir des jeunes femmes (et des jeunes hommes aussi) prendre goût à la recherche, devenir capables de cette liberté dont nous avons profité. Désormais, à l'Université comme partoutailleurs, il s'agit de manifester sa flexibilité, d'apprendre à donner les bons signaux et à écouter ceux qui proviennent du marché, bref de donner les gages requis de motivation et de sérieux. Comment vivre cette fin d'époque sur un mode qui ne soit ni cynique ni nostalgique? Comment échapper au « chacun pour soi » qui devient la règle à l'Université comme ailleurs? Comment faire aujourd'hui relais au cri de Woolf, « Penser nous devons »? Il nous fallait rencontrer des femmes chez qui nos questions faisaient écho et qui pourraient leur donner des dimensions imprévues, appeler à prolonger ainsi le cri de Virginia Woolf. Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Laurence Bouquiaux, Barbara Cassin, Mona Chollet, Emilie Hache, Françoise Sironi, Marcelle Stroobants, Benedikte Zitouni, ont accepté de témoigner des anecdotes, des événements discrets ou des perplexités qui ont marqué le chemin par lequel chacune a découvert ce que pouvait signifier « penser » et passer ainsi du refus à la création. Mêmes si les portes de l'Université se sont ouvertes aux femmes, cela ne signifie pas qu'elles s'y soient senties « à leur place ».
Lowenhaupt Tsing Anna ; Pignarre Philippe ; Stenge
Anna Tsing parcourt les forêts tropicales indonésiennes ravagées par le capitalisme. L'affrontement suppose des alliances étonnantes entre indigènes habitant les forêts, ONG internationales et étudiants défenseurs de l'environnement. Ne nous laissons pas intimider par l'idée d'une globalisation invincible. C'est la friction avec une surface qui fait qu'une roue tourne ; envoyée en l'air, elle ne va nulle part. La friction de deux morceaux de bois produit de la chaleur et de la lumière ; un morceau de bois seul n'est qu'un morceau de bois. Sans friction, pas de mouvement, pas d'action, pas d'effet. Mettant en cause l'idée qui veut que la globalisation signifie le choc des cultures, l'anthropologue Anna Tsing fait de la friction une métaphore des multiples imbroglios socio-épistémiques qui font voyager partout dans le monde ce à quoi nous attribuons le pouvoir de globaliser ce monde. Tsing a parcouru les forêts tropicales indonésiennes où le capitalisme a redessiné les paysages en les transformant en zones-frontières où entrepreneurs légaux et illégaux s'emparent des terres des peuples indigènes, exploitant et détruisant sans vergogne toutes les ressources. En réaction, des mouvements environnementalistes ont pris la défense des forêts et des populations qui y vivent. L'affrontement mobilise des scientifiques, des opérateurs de la finance internationale, des idéaux d'émancipation ou de défense de la nature, comme aussi de prospérité par le développement. Mais cet affrontement ne traduit pas le heurt local d'enjeux valables partout. Ce qui anime les épargnants canadiens, les investisseurs des pays dits développés, les industries prédatrices, les experts des agences internationales, les anciens des villages de Bornéo, les étudiants de Djakarta amoureux de la nature, n'est ni local ni global mais toujours pris dans des reprises locales particulières de ce qui se présente comme cause globalement reconnue. Même ceux qui font alliance pour défendre la gestion communautaire des forêts le font pour des raisons différentes, souvent sur la base de malentendus. Mais ces malentendus sont justement parfois ce qui permet de gagner. Plutôt que de se laisser fasciner par le spectre d'une globalisation invincible, Anna Tsing appelle à une attention pragmatique à des collaborations engagées, situées, qui tirent leur force de références globales tout en les particularisant. Anna Tsing renouvelle les méthodes de l'ethnographie. Elle multiplie les modes d'approches qui permettent de saisir le rôle, fructueux ou désastreux, des différences culturelles dans le processus même de ce que l'on appelle trop facilement la globalisation. Elle nous offre un récit politique, ethnographique et poétique bouleversant.
Hustak Carla ; Myers Natasha ; Pignarre Philippe ;
On connaît Darwin comme fondateur de la théorie de l'évolution. Ce que l'on sait moins, c'est que la grande passion de sa vie a été l'étude des orchidées dont il possédait une extraordinaire collection. Il s'est particulièrement intéressé à leur fécondation par des insectes. Sans les guêpes, y aurait-il encore des orchidées ? Ces dernières ont développé des "stratagèmes" pour attirer les guêpes mâles et les séduire. Les guêpes ne se contentent pas de transporter du pollen, elles font littéralement "jouir" les orchidées. Ces travaux viennent compléter la théorie de l'évolution par une théorie de "l'involution". Les branches de l'arbre de l'évolution viennent se croiser, se mêler. L'orchidée ne peut pas perdurer sans ses liens avec une autre espèce. Loin d'être un cas singulier, ce pourrait être la règle : les arbres et les champignons, les humains et les milliards de bactéries qui les peuplent... Cette nouvelle biologie, initiée par Lynn Margulis, s'oppose au "néodarwinisme", ou théorie du "gène égoïste", pour qui la "concurrence", et non la collaboration ou le lien, est le mécanisme de base. On sait comment cette théorie a essaimé, en particulier dans les sciences économiques, mais aussi en sociologie. La biologie de l'involution multiplie les découvertes. Les auteures poursuivent en présentant les travaux les plus récents sur le langage chimique des plantes, par exemple sur les plants de tabac... Une nouvelle biologie indispensable à l'heure du nouveau régime climatique qui exige que nous connaissions ce à quoi et par quoi nous sommes attachés.