Vous ne percevrez plus la mort comme avant ! Philosophe et psychologue, l’auteure nous dévoile de nombreux témoignages de “ceux qui restent”. Selon elle, “faire son deuil” consiste davantage à faire vivre nos morts à travers nous qu’à les enterrer une bonne fois pour toute. Après tout, comme le disait George Sand, “L’oubli est le vrai linceul des morts”.
Faire son deuil", tel est l'impératif, presque banal, qui s'impose désormais à tous ceux qui se trouvent confrontés au décès d'un proche. Mais cela va-t-il de soi ? Se débarrasser de ses morts est-il un idéal indépassable auquel nul ne saurait échapper s'il ne veut pas trop souffrir ? Les choses se passent-elles ainsi dans la vraie vie ? La philosophe Vinciane Despret a enquêté. Elle a résolument abandonné toutes les méthodes universitaires habituelles, en particulier la psychologie. Elle a commencé à écouter ce que les gens racontent dans leur vie la plus quotidienne. "Je leur disais : je mène une enquête sur la manière dont les morts entrent dans la vie des vivants, chez nous, aujourd'hui ; je travaille sur l'inventivité des morts et des vivants dans leurs relations." Et une histoire en a amené une autre. Soudain il n'était plus jamais question de faire son deuil ! "J'ai une amie qui porte les chaussures de sa grand-mère afin qu'elle continue à arpenter le monde. Une autre est partie gravir une des montagnes les plus hautes avec les cendres de son père pour partager avec lui les plus beaux levers de soleil. A l'anniversaire de son épouse défunte, un de mes proches prépare le plat qu'elle préférait, etc." Un conseil de lecture, un film, une série télévisée en ont appelé d'autres. L'auteure s'est laissé instruire par les manières d'être qu'explorent les morts et les vivants, ensemble ; elle a su apprendre de la manière dont les vivants qu'elle a croisés se rendent capables d'accueillir la présence de leurs défunts. Elle a ainsi pu constater l'intelligence que manifestent ceux qui en font l'expérience et le soin avec lequel ils la racontent. Chemin faisant, elle montre comment échapper au dilemme entre "cela relève de l'imagination" et "c'est tout simplement vrai et réel". Depuis un certain temps les morts s'étaient faits discrets, perdant toute visibilité. Aujourd'hui, il se pourrait que les choses changent et que les morts soient à nouveau plus actifs. Ils viennent parfois réclamer, plus fréquemment proposer leur aide, soutenir ou consoler... Ils le font avec tendresse, souvent avec humour. L'erreur serait de ne pas les prendre au sérieux. Quelle pourrait être la leçon de cette exploration ? On dit trop rarement à quel point certains morts peuvent nous rendre heureux !
Résumé : Dans le désert du Néguev, l'ornithologue Amotz Zahavi étudie les cratéropes écaillés, ou passereaux d'Arabie, des oiseaux qui se regroupent à la tombée de la nuit ou au lever du jour pour danser. Pourquoi le font-ils ? Et que signifie le fait qu'ils s'offrent des cadeaux ? Peut-on penser, comme le propose Zahavi, qu'ils sont intéressés par des questions de prestige ? Pour Vinciane Despret, philosophe, qui s'est jointe à l'équipe de chercheurs, il y avait là une occasion tout à fait extraordinaire de comprendre comment on observe les animaux mais aussi comment les chercheurs construisent des théories rendant compte de leurs comportements. Faut-il étudier les animaux en les soumettant à des dispositifs expérimentaux artificiels, ou les suivre sur le terrain et rassembler tous les indices possibles ? Les théories évolutionnistes sont-elles dépendantes du contexte d'observation, de l'environnement ou de l'obligation de " faire science " ? Ce sont toutes ces questions qui vont permettre à l'autrice de dresser un tableau de l'éthologie et de ce qu'elle nous enseigne sur un monde que nous n'habitons pas seuls, et qu'il nous faut apprendre à mieux partager. Un monde où les oiseaux dansent et s'offrent des cadeaux et où les chercheurs deviennent inventifs à force de les observer ne pourrait-il pas nous aider à remettre en cause le grand partage entre humains et non-humains ?
Une fois qu'ils ne sont plus là, pourquoi devrait-on apprendre à vivre sans nos morts ? D'ailleurs, au fond, ne sont-ils vraiment plus là, une fois qu'ils sont morts ? Ce livre ne parle ni d'au-delà, ni de fantômes, mais simplement de la place symbolique que nous laissons aux morts dans notre vie, pour notre plus grand bonheur : les emmener avec nous en balade, leur poser des questions, leur rendre un petit service, ... Avec humour et fraîcheur, Vinciane Despret a écouté le récit de celles et ceux qui laissent les morts exister à leurs côtés. Ce livre en est le résultat et il fait un bien considérable.
Les animaux ont bien changé au cours des dernières années. Les babouins mâles qui semblaient tellement préoccupés de hiérarchie et de compétition nous disent à présent que leur société s'organise autour de l'amitié avec les femelles. Les corbeaux, qui avaient si mauvaise réputation, nous apprennent que, quand l'un d'eux trouve de la nourriture, il en appelle d'autres pour la partager. Les moutons, dont on pensait qu'ils étaient si moutonniers, n'ont aujourd'hui plus rien à envier aux chimpanzés du point de vue de leur intelligence sociale. Et nombre d'animaux qui refusaient de parler dans les laboratoires behavioristes se sont mis à entretenir de véritables conversations avec leurs scientifiques. Ces animaux ont été capables de transformer les chercheurs pour qu'ils deviennent plus intelligents et apprennent à leur poser, enfin, de bonnes questions. Et ces nouvelles questions ont, à leur tour, transformé les animaux... Depuis la première édition de ce livre, les uns et les autres ont continué à se surprendre et un chapitre inédit nous fait découvrir leurs avatars les plus récents. Aujourd'hui, des rats rient dans leurs laboratoires, des perroquets australiens apprennent, avec leurs scientifiques, à mieux collaborer. Quant aux babouins, on découvre que certains auraient domestiqué des chiens et apprivoisé des chats ! Ce livre fourmille de mille exemples et histoires et nous invite à nous demander si tous ces êtres ne sont pas occupés à nous poser une question politique.
Les singes savent-ils vraiment singer ? Les animaux se voient-ils comme nous les voyons ? À quoi s'intéressent les rats dans les expériences ? Pourquoi dit-on que les vaches ne font rien ? Ce livre pose vingt-six questions qui remettent en cause nos idées reçues sur ce que font, veulent et même " pensent " les animaux. Elles permettent de raconter les aventures amusantes ou stupéfiantes qui sont arrivées aux animaux et aux chercheurs qui travaillent avec eux, mais aussi aux éleveurs, aux soigneurs de zoo et aux dresseurs.À la lecture de ces récits désopilants, on se demande si les animaux n'ont pas un sens de l'humour bien à eux : ils semblent parfois trouver un malin plaisir à créer des situations qui aboutissent à ce que les plus savants des spécialistes soient désarçonnés, obligés de faire de nouvelles hypothèses risquées et, toujours, de constater que les animaux ne sont pas si bêtes que ça...On se délectera de ces histoires incroyables qui nous invitent à faire de l'éthologie et de la philosophie. Après avoir lu ce livre, on ne regardera plus son chien de la même manière !Table des matières : UsageA comme ArtistesBête comme un peintre ?B comme BêtesLes singes savent-ils vraiment singer ?C comme CorpsEst-ce bien dans les usages d'uriner devant les animaux ?D comme DélinquantsLes animaux peuvent-ils se révolter ?E comme ExhibitionnistesSe voient-ils comme nous les voyons ?F comme Faire-scienceLes animaux ont-ils le sens du prestige ?G comme GéniesAvec qui les extraterrestres voudront-ils négocier ?H comme HiérarchiesLa dominance des mâles ne serait-elle pas un mythe ?I comme ImprévisiblesLes animaux sont-ils des modèles fiables de moralité ?J comme JusticeLes animaux font-ils des compromis ?K comme KilosExiste-t-il des espèces tuables ?L comme LaboratoireÀ quoi s'intéressent les rats dans les expériences ?M comme MenteursLa tromperie serait-elle une preuve de savoir-vivre ?N comme NécessitéPeut-on conduire un rat à l'infanticide ?O comme ?uvresLes oiseaux font-ils de l'art ?P comme PiesComment faire aimer les miroirs aux éléphants ?Q comme QueerLes pingouins sortiraient-ils du placard ?R comme RéactionLes chèvres sont-elles d'accord avec les statistiques ?S comme SéparationsPeut-on mettre un animal en panne ?T comme TravailPourquoi dit-on que les vaches ne font rien ?U comme UmweltLes bêtes connaissent-elles les usages du monde ?V comme VersionsLes chimpanzés sont-ils morts comme nous ?W comme WatanaQui a inventé le langage et les mathématiques ?X comme XénogreffesPeut-on vivre avec un c?ur de cochon ?Y comme YoutubeLes animaux sont-ils les nouvelles stars ?Z comme ZoophilieLes chevaux devraient-ils consentir ?Précisions d'usages.
Depuis la terrible expérience du confinement, les Etats comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au " monde d'avant " grâce à une " reprise " aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - ; à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ? A Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.
Bird Rose Deborah ; Courtois-l'Heureux Fleur ; van
Comment résister à la peur et à l'impuissance que provoquent aujourd'hui les extinctions de masse dans la grande " famille des vivants " ? Deborah Bird Rose nous propose ici de penser, sentir et imaginer à partir d'un terrain concret et situé : les manières de vivre et de mourir avec les chiens sauvages d'Australie, les dingos, cibles d'une féroce tentative d'éradication. En apprenant des pratiques aborigènes, de leurs manières de se connecter aux autres vivants, elle active une puissance que la Raison occidentale a dévolue aux seuls humains : l'amour. Que devient cette capacité de répondre à l'autre, cette responsabilité, quand elle s'adresse à tous les terrestres ? En s'attachant à des bribes d'histoires logées dans nos grands récits moraux et philosophiques, elle fait sentir que le non-humain continue d'insister silencieusement et que cet appel, perçu par Lévinas dans les yeux d'un chien rencontré dans un camp de prisonniers en Allemagne nazie, n'en a pas fini de nous saisir et de nous transformer. Il s'agit de faire sentir et aimer la fragilité des mondes qui se font et se défont, au sein desquels des vivants hurlent contre l'inexorable faillite, tressent des chants inoubliables. Les faits parlent d'eux-mêmes, disent parfois les scientifiques de laboratoire. Ici, ils nous parlent.
Les animaux ont bien changé au cours des dernières années. Les babouins mâles qui semblaient tellement préoccupés de hiérarchie et de compétition nous disent à présent que leur société s'organise autour de l'amitié avec les femelles. Les corbeaux, qui avaient si mauvaise réputation, nous apprennent que, quand l'un d'eux trouve de la nourriture, il en appelle d'autres pour la partager. Les moutons, dont on pensait qu'ils étaient si moutonniers, n'ont aujourd'hui plus rien à envier aux chimpanzés du point de vue de leur intelligence sociale. Et nombre d'animaux qui refusaient de parler dans les laboratoires behavioristes se sont mis à entretenir de véritables conversations avec leurs scientifiques. Ces animaux ont été capables de transformer les chercheurs pour qu'ils deviennent plus intelligents et apprennent à leur poser, enfin, de bonnes questions. Et ces nouvelles questions ont, à leur tour, transformé les animaux... Depuis la première édition de ce livre, les uns et les autres ont continué à se surprendre et un chapitre inédit nous fait découvrir leurs avatars les plus récents. Aujourd'hui, des rats rient dans leurs laboratoires, des perroquets australiens apprennent, avec leurs scientifiques, à mieux collaborer. Quant aux babouins, on découvre que certains auraient domestiqué des chiens et apprivoisé des chats ! Ce livre fourmille de mille exemples et histoires et nous invite à nous demander si tous ces êtres ne sont pas occupés à nous poser une question politique.
Lowenhaupt Tsing Anna ; Pignarre Philippe ; Stenge
Anna Tsing parcourt les forêts tropicales indonésiennes ravagées par le capitalisme. L'affrontement suppose des alliances étonnantes entre indigènes habitant les forêts, ONG internationales et étudiants défenseurs de l'environnement. Ne nous laissons pas intimider par l'idée d'une globalisation invincible. C'est la friction avec une surface qui fait qu'une roue tourne ; envoyée en l'air, elle ne va nulle part. La friction de deux morceaux de bois produit de la chaleur et de la lumière ; un morceau de bois seul n'est qu'un morceau de bois. Sans friction, pas de mouvement, pas d'action, pas d'effet. Mettant en cause l'idée qui veut que la globalisation signifie le choc des cultures, l'anthropologue Anna Tsing fait de la friction une métaphore des multiples imbroglios socio-épistémiques qui font voyager partout dans le monde ce à quoi nous attribuons le pouvoir de globaliser ce monde. Tsing a parcouru les forêts tropicales indonésiennes où le capitalisme a redessiné les paysages en les transformant en zones-frontières où entrepreneurs légaux et illégaux s'emparent des terres des peuples indigènes, exploitant et détruisant sans vergogne toutes les ressources. En réaction, des mouvements environnementalistes ont pris la défense des forêts et des populations qui y vivent. L'affrontement mobilise des scientifiques, des opérateurs de la finance internationale, des idéaux d'émancipation ou de défense de la nature, comme aussi de prospérité par le développement. Mais cet affrontement ne traduit pas le heurt local d'enjeux valables partout. Ce qui anime les épargnants canadiens, les investisseurs des pays dits développés, les industries prédatrices, les experts des agences internationales, les anciens des villages de Bornéo, les étudiants de Djakarta amoureux de la nature, n'est ni local ni global mais toujours pris dans des reprises locales particulières de ce qui se présente comme cause globalement reconnue. Même ceux qui font alliance pour défendre la gestion communautaire des forêts le font pour des raisons différentes, souvent sur la base de malentendus. Mais ces malentendus sont justement parfois ce qui permet de gagner. Plutôt que de se laisser fasciner par le spectre d'une globalisation invincible, Anna Tsing appelle à une attention pragmatique à des collaborations engagées, situées, qui tirent leur force de références globales tout en les particularisant. Anna Tsing renouvelle les méthodes de l'ethnographie. Elle multiplie les modes d'approches qui permettent de saisir le rôle, fructueux ou désastreux, des différences culturelles dans le processus même de ce que l'on appelle trop facilement la globalisation. Elle nous offre un récit politique, ethnographique et poétique bouleversant.
Il y a peu, Juliet a perdu sa mère. Pour surmonter son deuil, l'écriture devient son seul refuge. Inlassablement, elle lui écrit des lettres même si elle sait que ces dernières sont vouées à demeurer sans réponse. Jusqu'au jour où Declan, qui fait des travaux d'intérêts généraux au cimetière, trouve une de ses lettres et a l'audace de lui répondre... Un roman d'amour bouleversant à la fois tragique et optimiste. A mettre entre les mains de toutes les incorrigibles romantiques. A partir de 15 ans
Après le remarqué Ariane, Myriam Leroy nous revient en force avec ce récit âpre et glaçant, servi par un humour noir détonant. Ce roman, bien ancré dans l’ère des réseaux sociaux , dénonce – après d’apparents débuts de drague banale - un harcèlement virtuel inexorable, d’une ampleur démesurée et d’une dimension suffocante. Elle montre de façon limpide la virulence de l’attaque, son caractère sexiste, encore amplifiés par son caractère impalpable. L’on sent viscéralement dans Les yeux rouges l’impuissance et la frustration de ne pas être prise au sérieux, qui peuvent mener à la folie. Le style percutant et affûté de l’auteure, très personnel, fait ressentir au plus près le tragique de la situation. Salutaire.
Un beau roman qui fait voyager des Indes jusqu'à San Francisco. On y "sent" toutes les couleurs, les odeurs, les sensations... A aucun moment, l'autrice ne juge les traditions indiennes, tout est raconté avec le plus grand respect !
Classique indémodable, le petit prince est un ouvrage qui conviendra tant aux enfants qu’aux adultes. Par le biais des aventures d’un petit garçon venu d’un autre monde, le livre met en exergue certaines incohérences typiquement humaines et nous donne une magnifique leçon sur l’importance de vivre l’instant présent, de poursuivre ses rêves, de créer des liens, et d’aimer sans modération.