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Les ego-archives. Traces documentaires et recherche de soi
Marcilloux Patrice
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753522640
Les trente dernières années du XXe siècle ont connu un phénomène de diffusion et de dispersion du mot "archives", traditionnellement au pluriel ou néologiquement au singulier, qui aboutit à un paradoxe : la présence terminologique des archives dans la société contemporaine est devenue nettement plus forte que celle de l'administration des archives elle-même. Ce décalage amène à formuler l'hypothèse d'une diversification des usages et d'une reconfiguration des demandes d'archives, dans ou en dehors de l'institution archivistique. L'enquête, volontairement affranchie des frontières nationales, des périmètres professionnels et des limites disciplinaires, finit par assigner une place inédite pour les archives dans la culture contemporaine. Nouvelle histoire locale, généalogie, psychogénéalogie, psychohistoire, archivages autobiographiques, accès aux documents administratifs, consultations des dossiers médicaux, accès aux origines personnelles, ouverture des données publiques, partage des images d'archives, archivages militants ou communautaires, engouement des artistes contemporains, affirmation des archives des droits de l'homme, sollicitation des archives de police dans les processus de transitions démocratiques : tous ces usages, toutes ces demandes d'archives ont en commun une orientation individuelle et la recherche de soi. Le concept d'ego-archives désigne autant les documents que les logiques d'usage qui permettent aux individus d'asseoir les stratégies de formation de leur individualité. Les archives y sont érigées en espace intermédiaire entre l'individu et la société. La question n'est plus celle de la place des archives dans la société de l'information mais dans celle de l'individu. Un nouveau droit est en gestation : celui de découvrir et de lire ses traces archivistiques personnelles, ses ego-archives, où qu'elles se trouvent.
Depuis le début des années 1970, le système archivistique français doit s'adapter à d'importantes transformations juridiques et administratives, faire face à l'émergence de nouvelles demandes sociales tout en s'appropriant les mutations technologiques. Dans ce contexte, l'Association des archivistes français – principale association professionnelle du secteur – parvient, à la faveur d'un processus d'ouverture progressif, à être représentative de l'ensemble des acteurs tant publics que privés. Pour autant cette ouverture s'accompagne de résistances internes et s'effectue au prix d'une complexification de la structure associative. Sur la base d'un modèle associatif unitaire, l'association réussit, par ses activités à alimenter la doctrine archivistique française en lien, puis en marge, du réseau institutionnel des archives. La réalisation d'un modèle de compétences caractérise bien l'activité de l'association et contribue à la positionner en prescripteur de critères de professionnalité. Tandis qu'elle s'attache à s'affranchir de la tutelle administrative, scientifique et technique de la direction des Archives de France, l'AAF tente de peser dans les débats qui touchent la profession. Mais peu encline aux techniques de communication et d'influence, et risquant les limites de sa propre unité face à un ensemble de problématiques dichotomiques, l'association en vient à être dépassée par des communautés partenaires qui maîtrisent mieux qu'elle ces méthodes.
Après la Seconde Guerre mondiale, le château de Longchamp a été un laboratoire de pédiatrie sociale pendant cinquante ans. Le Centre International de l'enfance y avait son siège. Dans la seconde moitié du XXe siècle, il a joué un rôle majeur, auprès des spécialistes comme de l'opinion publique. On lui doit notamment la promotion de recherches pluridisciplinaires à une époque où le croisement des approches n'était pas à la mode. Fondé par Robert Debré, le CIE a assuré le développement de recherches diverses, à la fois séminaires et enquêtes de terrain, de formations professionnelles et d'initiatives diverses. 1999 a sonné le glas de cette singulière institution. L'ensemble constitue une première approche du Comité International de l'Enfance, où se croisent l'histoire des sciences et de la médecine, l'histoire de la colonisation et de la décolonisation, l'histoire des organisations internationales et du rôle de la France dans lesdites, l'histoire des réseaux associatifs où se côtoie hommes politiques, intellectuels influents et grands commis de l'Etat.
Grailles Bénédicte ; Marcilloux Patrice ; Neveu Va
Pourquoi s'intéresser à la question du don au regard de ces objets particuliers que sont les archives et les bibliothèques ? La théorie maussienne du don leur est-elle mécaniquement applicable ? Inversement, en quoi l'environnement qui reçoit - bibliothèques ou services d'archives -, le contenu matériel et symbolique de ce qui est échangé peuvent-ils apporter des éléments nouveaux aux théories du don ? Quelles sont les stratégies d'affirmation de soi et de transmission à l'oeuvre et observables ? Quelles sont les intentions et a contrario les attentes ? L'analyse de la transaction peut-elle amener à réévaluer les pratiques des archivistes et des bibliothécaires ? Telles sont les questions auxquelles s'efforce de répondre cet ouvrage qui, ni manuel ni encyclopédie du don patrimonial, a l'ambition de replacer le geste du don de documents dans le contexte plus général du don comme créateur de lien social, à l'envisager dans sa dynamique de circulation dans la société et à s'interroger sur la nature symbolique de la relation qui se noue entre donateurs et donataires. Dépouillé de ses habits juridiques, le don d'archives ou de bibliothèques se révèle partiellement singulier. Le donateur s'y défait d'un bien en faveur d'un bénéficiaire collectif et anonyme, un bénéficiaire plus potentiel que réalisé ; l'établissement bénéficiaire - donataire apparent - est réellement le médiateur du don, lieu de conservation et de transmission de l'objet donné vers son destinataire réel, le public.
Résonances est une collection qui entend offrir l'essentiel des connaissances indispensables et incontournables permettant l'approche et l'étude efficace d'oeuvres littéraires.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.