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Tout là-bas avec Capolino
Lovay Jean-Marc
ZOE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782881826535
Espérant que mes yeux n'étaient pas devenus des fenêtres qui seraient bientôt ouvertes d'un coup par un brutal préposé à leur ouverture, je pouvais entendre encore plus que sentir le cliquetis des os des minuscules doigts qui picotaient et tapotaient mes joues dans la même cadence que celle de la machine qui avait un jour pris les mesures de ma tête millimètre par millimètre, en déversant avec une trompe baladeuse jusqu'au fond de mes oreilles une musique champêtre avec la certitude d'apaiser mon esprit déjà lointain et de le transporter loin du monde de l'autonomie des machines, tout en croyant lui permettre de se croire encore fraternellement et naturellement proche de la machine autonome dont une voix qui aurait pu être la voix de l'épouse d'un morceau d'aluminium nommait chaque centimètre carré de mon crâne avec des noms de fleurs des champs.
Un cordonnier de village comprend qu'il est haï et part à la recherche d'une parenté : c'est peut-être sur une ancienne souche que naîtrait un aujourd'hui moins sombre. Il voyage comme il peut. Il affronte les intempéries et les administrations, les métiers de hasard et les caprices des gens, les fausses situations, les tremblements de terre et d'incertaines amours. Il remonte même jusqu'à la vie animale, mais pas n'importe quel animal. Il n'est guère dupe, il voit la cruauté de l'univers, il la subit et il y participe (on est tous des étrangleurs). Mais il découvre les sources de la tendresse. On est dépaysé par la brutalité des faits et des sensations et pourtant on les reconnaît. Les événements se bousculent et pourtant la vie prend une lenteur épique. La puissante présence du héros n'éclipse pas les singularités de ses comparses. Sa lucidité n'entrave pas son entêtement. On est gagné par la tristesse mais aussi par le courage. Les malheurs n'entament pas la santé de l'âme ni la joie des choses. Il y a là une espérance qui ressemble à celle du Taciturne". Jean Grosjean.
Résumé : Né à Sion, en Suisse, en 1948, autodidacte, Jean-Marc Lovay a parcouru le monde avant de se fixer dans les montagnes du Valais. Les Régions céréalières dépeignent un univers étatique de grands Domaines agricoles hors de fonction et au milieu desquels se traînent des gardiens incommunicables. Le narrateur est chargé par le Centre d'Archives gouvernemental d'inventorier avec minutie le passé des Domaines. Titubant avec sérénité dans les labyrinthes d'une documentation équivoque et d'une topographie inextricable et grandiose, l'observateur maniaque s'enfonce dans la toute-puissance d'un univers du refus à la fois enraciné dans l'âme humaine et dans le temps. Humour grinçant, désespoir : il n'y a pas de salut dans la victoire, mais seulement dans un provisoire et éternel abandon de poste.
Irrémédiable destin que celui de ce joyeux médecin qui, pour guérir son plus fidèle patient, épouse son triste mal en sachant qu'il ne le sauvera jamais. A l'entrée d'hiver du jardin zoologique fermé depuis trente ans, le narrateur, après avoir passé devant " la statue du renard blanc érigée en mémoire de la blancheur éternelle des goupils transportés dans la transe des enragés ", franchit le seuil de la clinique Azoug où il est attiré par l'avis d'une pancarte : unique patient cherche volontaire pour le visiter. Hypnotisé par le lieu où la Doctorine Azoug l'attend depuis très longtemps, il avance à la recherche de ce patient avec la douceur du terrible désespoir inconscient. Le patient Hazoug est le peintre attitré de la Doctorine, tenu de faire son autoportrait tout en sachant qu'il mourra le jour où, pour son malheur, il aurait achevé l'?uvre où elle reconnaîtrait leurs deux visages enfin confondus.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.
Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur. Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s'apercevoir enfin que c'est de notre quotidien qu'il s'agit.
Il faut se pénétrer de l'idée que l'Aide, dans l'univers de l'informatique grand public, est purement factice. Elle fait penser à ces aliments en plastique ou en carton-pâte qui permettent aux petites filles de jouer à l'épicière. Mais les petites filles savent bien qu'elles ne peuvent pas manger ces objets. " Ici, l'auteur raconte les découvertes et mésaventures de l'usager moyen, et se demande comment faire pour que l'informatique et Internet, inventions géniales, ne servent pas à fabriquer des ignares et des aliénés. Comment éviter d'être les esclaves de ces machines. Bref, comment faire de l'ordinateur un domestique plutôt qu'un tyran.
Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "