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Les Régions céréalières
Lovay Jean-Marc
GALLIMARD
11,35 €
Épuisé
EAN :9782070294688
Né à Sion, en Suisse, en 1948, autodidacte, Jean-Marc Lovay a parcouru le monde avant de se fixer dans les montagnes du Valais. Les Régions céréalières dépeignent un univers étatique de grands Domaines agricoles hors de fonction et au milieu desquels se traînent des gardiens incommunicables. Le narrateur est chargé par le Centre d'Archives gouvernemental d'inventorier avec minutie le passé des Domaines. Titubant avec sérénité dans les labyrinthes d'une documentation équivoque et d'une topographie inextricable et grandiose, l'observateur maniaque s'enfonce dans la toute-puissance d'un univers du refus à la fois enraciné dans l'âme humaine et dans le temps. Humour grinçant, désespoir : il n'y a pas de salut dans la victoire, mais seulement dans un provisoire et éternel abandon de poste.
Ayant décidé de suivre l'instinct qui le poussait à s'enfuir du lieu confus de ses origines, Julot ignorait s'il succombait à une obscure fascination du suicide ou s'il obéissait à un puissant désir de renaître ailleurs. Après avoir osé franchir une monstrueuse muraille-frontière il se retrouvait à Tecnos, la Cité-Molosse dirigée par les défenseurs de l'Argument des Mille Productions. Et avant ce qui serait peut-être encore une renaissance ou déjà une deuxième mort, complice lui-même de la merveilleuse et fatale énergie qui l'emmènerait inexorablement au pied d'une nouvelle muraille, Julot adhérait à la révolution et découvrait qu'elle n'était qu'une des milliards d'autres révolutions, mais qu'au c?ur de cette révolution pour lui à jamais unique flamboyaient ce que les humains parfois nommèrent " le premier amour et la fraternité dans toute leur innocence ".
Résumé : Le narrateur et Hector vivent dans une "hutte" entre la cité, les vieilles fabriques de tonneaux et la manufacture à lunettes. Tout proche, la "hutte" de deux fillettes. Entre les deux huttes : un seul point d'eau. Hector est guetté par les hiboux et fait des transports avec une camionnette. C'est l'hiver, sans commencement et sans fin. Une des deux fillettes meurt, l'autre se rapproche des deux hommes. Le narrateur s'acharne aux besognes ménagères avec frénésie. Il est envoûté par les ustensiles. Ensemble ils mangent la polenta, la farine de maïs. Manger et boire et trouver d'autres bouteilles, et traverser l'hiver. Le piège à hiboux fonctionne mal. Hector se casse la jambe et le narrateur ne se souvient pas s'il a vraiment essayé de l'empoisonner. Ils boivent ; boivent encore. La suspicion s'empare de cette intimité et l'idée de meurtre s'installe dans les deux huttes. Le narrateur essaie de contrôler son délire et la neige continue de tomber.
L'ancien meilleur apprenti pleureur final Krapotze espérait encore être élu Grand Suicideur, pendant qu'il emmenait son fidèle complice chez Frauline-l'Illuminatrice, là où elle ne pourrait donner naissance à l'unique brodeur de linceul pour oiseaux, le grand Rapetissé, qu'après avoir refusé d'en pleurer la future disparition et rendu sa liberté à l'unique larme encore prisonnière de son âme. Et quand devenus traqueur et poursuiveur de voleurs et de truqueurs de rêves, Krapotze et son complice réussiront à n'être ni grandis ni perdus par leur sublime vanité à vouloir incarner les prodigieuses ombres acharnées à poursuivre l'ombre noire de l'Arracheur de mémoire, personne ne pourra plus les empêcher d'entrevoir encore une fois la Sauveuse, revenue des confins du seul vrai rêve qu'aura été leur vie, pour leur souffler d'oublier que c'était grâce à elle qu'ils étaient nés pour disparaître et qu'ils comprendraient enfin pourquoi elle connaissait toujours tout sans jamais rien reconnaître. Depuis la publication des Régions céréalières (Gallimard, 1976), "l'écriture de JEAN-MARC LOVAY fait exister un univers mental hanté par la folie, un monde de machinations fantastiques et d'agressions obsédantes dont l'exploration est conduite avec rigueur, humour et dans une cohérence angoissante" (Charles Méla). Ainsi dans "Berceuse", le premier des deux chapitres de Réverbération, neuvième roman de Lovay, le personnage central est précipité au c?ur même d'une campagne électorale pour faire miroiter des "suicides généralisés avec ou sans enrichissement de sommeil".
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Le Traité du Narcisse - Le Voyage d'Urien - La Tentative amoureuse - Paludes - Les Nourritures terrestres - Les Nouvelles nourritures - Le Prométhée mal enchaîné - El Hadj ou Le Traité du faux prophète - L'Immoraliste - Le Retour de l'enfant prodigue - La Porte étroite - Isabelle - Les Caves du Vatican - La Symphonie pastorale - Les Faux-monnayeurs - L'École des femmes - Robert - Geneviève ou La confidence inachevée - Thésée. Introduction de Maurice Nadeau. Notices et bibliographie par Yvonne Davet et Jean-Jacques Thierry.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.