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Un demi-siècle d'histoire de la folie. Suivi de Foucault en Italie
Lorenzini Daniele ; Sforzini Arianna
KIME
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841746347
L'Histoire de la folie l'âge classique de Michel Foucault a produit, au montent de sa publication, une onde de choc. Cet ouvrage, foisonnant, baroque, labyrinthique, est apparu aussitôt comme insituable. S'agissait-il d'histoire, de philosophie, de littérature, de sociologie ? Les partages disciplinaires traditionnels furent emportés par le courant impétueux de ce livre impossible. Mais il n'y eut pas que les cercles universitaires pour se trouver inquiétés par ces thèses tumultueuses (l'exclusion de la folie par l'âge classique, l'hypocrisie atroce de la libération des fous par les médecins modernes, etc). Le récit épique de l'enfermement des fous dans les prisons de l'ordre moral, des nouveaux partages imposés par les révolutionnaires, altérait la bonne conscience d'une psychiatrie qui se pensait, fondamentalement, et par la vertu d'une fondation originaire jamais interrogée, humaniste. histoire de la folie préparait ainsi les révoltes de l'anti-psychiatrie. Cinquante ans après la parution de ce qui, au départ, était une simple thèse de doctorat, l'éclat de la rupture est intact. Ce livre continue à troubler, fasciner, irriter. Notre culture ne l'a toujours pas digéré. On découvre sans cesse de nouvelles apories, de nouveaux problèmes, de nouvelles perspectives pour interroger l'avenir. Ces rencontres, provoquées à l'occasion de cet anniversaire ne sont pas des commémorations. Il ne s'agit pas d'établir scientifiquement ici ce que Foucault a vraiment voulu dire, mais d'entendre jusqu'à quel point, encore aujourd'hui, ce texte réinvente notre rapport à la folie.
Résumé : La sexualité est l'un des derniers grands chantiers ouverts par Michel Foucault. L'Histoire de la sexualité est une entreprise immense, qui marqua profondément le champ des sciences humaines : dans les deux volumes portant sur l'Antiquité, Michel Foucault allait proposer de nouveaux epistemai aux spécialistes pour aborder les sociétés grecque et romaine, et un nouveau cadre épistémologique pour penser l'érotisme et le processus par lequel l'individu est amené à se reconnaître comme sujet de son désir et de sa propre existence. Qu'en est-il, trente ans après ? Comment définir l'impact dans le champ des sciences humaines des travaux de Michel Foucault sur la sexualité et l'Antiquité, au moment où paraît le volume Subjectivité et vérité - le premier cours de Michel Foucault au Collège de France entièrement consacré à l'Antiquité gréco-romaine ? Et quel est l'usage qu'en font actuellement les anthropologues des mondes grec et romain, vingtcinq ans après l'ouvrage pionnier Before Sexuality : The Construction of Erotic Experience in the Ancient Greek World ? Dans cet ouvrage, il s'agit de comprendre comment les travaux de Michel Foucault ont infléchi les réflexions des chercheur-e-s et des intellectuel-le-s qui s'appuient aujourd'hui sur l'Antiquité dans les champs nombreux que sont l'éthique, les études de genre, la philosophie, l'histoire, l'anthropologie, la politique et la psychanalyse.
Résumé : C'est l'histoire célèbre et merveilleuse d'Ulysse, l'homme aux mille ruses, qui, pour reprendre sa place parmi les siens après la guerre de Troie, affronte les pièges semés par Poséidon, le dieu des océans. Il rencontrera, au fil de son périple en Méditerranée, de bien étranges créatures : le cyclope Polyphème, les effrayants Lestrygons, Circé la magicienne, le peuple des Lotophages et son mystérieux lotus, les sirènes et leur chant envoûtant...
Zanzotto Andrea ; Lorenzini Niva ; Demarcq Jacques
Venise, peut-être recueille les textes qu'Andrea Zanzotto a consacrés à Venise et à la Vénétie. Mais il s'agit d'une autre Venise, peut-être : à la fois vue de très près et comme vue du ciel, prise dans un cadre plus vaste ? une ville reliée, inscrite dans le temps intime et historique, dans la matière et dans l'espace. Venise n'est pas un joyau détaché, elle doit s'approcher de l'extérieur, ne se comprend qu'à travers sa lagune et son ancrage dans sa région, la Vénétie, site de terribles batailles de la première guerre mondiale et, plus tard, haut lieu de la lutte partisane. Venise, peut-être témoigne d'une certaine idée de l'écologie, du paysage et de l'habitation, où l'homme et la nature interagissent et se confrontent, où ville et nature sont le lieu d'une passion et d'un combat intimes et politiques.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.