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Venise, peut-être
Zanzotto Andrea ; Lorenzini Niva ; Demarcq Jacques
NOUS
16,00 €
Épuisé
EAN :9782370840929
Venise, peut-être recueille les textes qu'Andrea Zanzotto a consacrés à Venise et à la Vénétie. Mais il s'agit d'une autre Venise, peut-être : à la fois vue de très près et comme vue du ciel, prise dans un cadre plus vaste ? une ville reliée, inscrite dans le temps intime et historique, dans la matière et dans l'espace. Venise n'est pas un joyau détaché, elle doit s'approcher de l'extérieur, ne se comprend qu'à travers sa lagune et son ancrage dans sa région, la Vénétie, site de terribles batailles de la première guerre mondiale et, plus tard, haut lieu de la lutte partisane. Venise, peut-être témoigne d'une certaine idée de l'écologie, du paysage et de l'habitation, où l'homme et la nature interagissent et se confrontent, où ville et nature sont le lieu d'une passion et d'un combat intimes et politiques.
Tout au long de sa vie, comme Pier Paolo Pasolini, Eugenio Montale ou Italo Calvino, Andrea Zanzotto a multiplié les essais critiques sur des auteurs étrangers ou italiens ressentis comme proches : Michel Leiris, Henri Michaux, Antonin Artaud, Fernando Pessoa, Joseph Conrad, Félix Guattari, Gilles Deleuze, Jacques Lacan, Giuseppe Ungaretti, Giacomo Leopardi, Umberto Saba, la science-fiction, etc. Loin de tout académisme, le poète y reconnaît le noyau spécifique de chaque oeuvre prise en compte. D'une acuité et d'une originalité étonnante, le point de vue du poète surprend par la justesse de son propos, la richesse de son information, l'étendue de sa curiosité et son encyclopédisme. Dans ces essais, nous pouvons également, parfois, identifier des déclarations de poétique transversales. Ces réflexions ont aidé à la réalisation de l'oeuvre poétique du poète italien. Au-delà, dans l'affligeante insuffisance des outils critiques disponibles sur la littérature et la poésie italiennes, cet ensemble constitue un précieux viatique pour le lecteur français soucieux d'approcher cette tradition.
Idiome constitue le troisième volet de la trilogie du poète entamée avec Le Galaté au bois et continuée avec Phosphènes. Le premier plan s'articulait autour de l'opposition nature/culture à travers les métaphores de la forêt et des règles de bienséance posant du même coup un sud aux riches sédiments historiques ; le second reconduisait l'espace du dedans de tradition pétrarquiste assigné à un nord peu effleuré par l'histoire à travers les images du gel et de la liquéfaction. Idiome, dernier segment du dessein trinitaire s'articule autour du bourg natal de l'auteur, Pieve di Soligo, et prend pour thème ce mouvement de longue durée qui édifie la langue entre érosion et germination, d'idioties (son niveau le plus bas) en idiomatisme (son niveau le plus haut). On peut entamer la lecture de l'ensemble par n'importe quel bout. Sans hiérarchie aucune, des poèmes écrits en italien et des poèmes en dialecte haut-trévisan se succèdent sur la page évoluant à des niveaux de littérarité diffé-rents : du plus humble au plus recherché. Il y est question des petits métiers d'autrefois, de la résistance aux troupes nazies, de personnages pittoresques, des attentats des années de plomb mais également des espaces sidéraux difficilement imaginables car plusieurs niveaux de réalité, attestés par différents niveaux de langages, se chevauchent. Entre personnification, et abstraction, le recueil fourmille, vibrionne de tableautins et de silhouettes contradictoires d'hier et d'aujourd'hui. Est ainsi décrit le mouvement destructeur et généalogique qui ensevelit et met bas les langues et langages de poncifs éculés en hapax hardis.
Le poète italien le plus intense... depuis Montale. Pasolini et Fellini, entre autres, l'ont célébré. Depuis son village de Vénétie, c'est son intimité, la nature, l'enfance, la culture populaire ou savante, et le quotidien malmené par l'histoire, qui fusent en un tourbillon de styles, du terrible au comique. Une poésie complexe parce que dynamique, et entraînante.
C'est le recueil central du poète vénitien, le point d'aboutissement de ses recherches verbales. Le poète met à contribution des citations savantes de la tradition littéraire, de Virgile à Hölderlin, mais aussi des onomatopées et le babil des enfants, appelé "pétel" en vénitien. Andrea Zanzotto nous donne des vers empreints d'une très grande fraîcheur et d'une délicatesse exquise noués autour du thème de la beauté féminine et artistique. Une trame sonore et rythmique enivrante conjugue avec bonheur les registres les plus disparates. Il parvient à rajeunir et à revigorer le discours poétique de façon aussi douce que surprenante. C'est le plus grand poète italien depuis Leopardi.
Pasolini Pier Paolo ; Chiesi Roberto ; Atzei Patri
La rage est un poème filmique en prose et en vers, un essai polémique mêlant radicalité et lyrisme. On y trouve le Pasolini le plus âpre et le plus clairvoyant. Traduit en français pour la première fois, La rage est le texte littéraire le plus explicitement politique de Pasolini. En interrogeant les événements et la société de son temps, avant l'avènement définitif de l'uniformisation, La rage éclaire aussi, d'une façon saisissante, notre temps. La joie de l'Américain qui se sent identique à un autre million d'Américains dans l'amour de la démocratie : voilà la maladie du monde futur ! Quand le monde classique sera épuisé - quand tous les paysans et les artisans seront morts - quand l'industrie aura rendu inarrêtable le cycle de la production et de la consommation - alors notre histoire prendra fin. La classe propriétaire de la richesse. Parvenue à une telle familiarité avec la richesse, qu'elle confond la nature et la richesse. Si perdue dans le monde de la richesse qu'elle confond l'histoire et la richesse. Si touchée par la grâce de la richesse qu'elle confond les lois et la richesse. Si adoucie par la richesse qu'elle attribue à Dieu l'idée de la richesse.
Aspe Bernard ; Atzei Patrizia ; Balaud Léna ; Casa
Occupation, hégémonie, féminisme, poésie... Cet exemple numéro 4 peut apparaître comme un hétéroclite assemblage. Nous ne renonçons pas à l'hétéroclite, nous voulons seulement qu'il nourrisse les certitudes les plus tranchées. Celles qui permettent de tisser une alliance. Y voir clair : telle est la première exigence. Et le premier obstacle : notre embarras, notre habitude à nous éprouver ainsi : encombrés de nous-mêmes. Englués dans une réflexion" plus ou moins esseulée, qui nous a donné ce pli : sur tout ce qui peut concerner l'existence, et l'existence politique, il faut tout d'abord hésiter, ne pas savoir, avouer que l'on ne comprend pas tout, que l'on n'est pas à la hauteur. Nous voulons en finir avec cette modestie. Revient le temps des manifestes. Le temps des affirmations, des prises de parti, le temps où il nous faut tirer les conséquences. Nous ne voulons plus de ce monde de tiédeur douceâtre, qui régente même nos manières d'être ensemble. Nous voulons le retour de l'incandescence. Nous voulons que brûlent des feux nouveaux.
Le corpus des 149 lettres de Kafka A Milena est ici restitué pour la première fois dans son intégralité et dans sa véritable chronologie, suivant le tout récent établissement du texte original en allemand. Cette nouvelle traduction s'efforce de se tenir au plus près de la langue de Kafka : sèche, précise, rythmée, évitant soigneusement de "faire du style". Traces de l'"amour de loin" de Franz Kafka et Milena Jesenskâ, ces lettres inscrivent l'intensité de leur passion fulgurante, faite de manque, d'attente, de quelques éclairs de bonheur et, surtout, de peur. A Milena n'est pas une simple correspondance, c'est un objet littéraire fascinant, central dans l'oeuvre de Kafka et indispensable à sa compréhension.
Dire cela est une traversée dans l'oeuvre de Robert Creeley, un nouveau choix de poèmes qui met en lumière tout un versant secret chez l'auteur américain. Les poèmes, dont certains n'avaient jamais été traduits en français, sont accompagnés d'entretiens inédits de l'auteur avec Jean Daive.