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La plainte de Natura. De planctu Naturae
Lille Alain de ; Delègue Yves
MILLON
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841372898
La plainte de Natura inspira Jean de Meung pour la deuxième partie du Roman de la rose. Reprenant sur le ton de la plainte le lieu commun bien connu, Alain dénonce vigoureusement l'étendue du mal en ce bas-monde, la corruption des moeurs. Mais comment ne pas remarquer que cette dimension satirique vient en surimpression, dirait-on, et comme pour l'étouffer, ce qu'expose longuement la fantasmagorie qui occupe le coeur de la "narratio", pour reprendre le terme insistant par lequel Natura définit son aventure. Voilà en effet que ce personnage allégorique quitte sur son char l'Olympe céleste et apparaît soudain à Alain que la surprise fait s'écrouler en extase mystique, à demi-mort. Une fois revenu à lui-même, il interroge cette "semi déesse" avec insistance, parce qu'il veut connaître les raisons qui ont bouleversé, dénaturé l'ordre du monde voulu et agencé par Dieu. Dès lors, l'affaire n'est plus de dénoncer le mal, mais de savoir quelle en est l'origine. Alain de Lille dont l'épitaphe dit qu'"il a su tout ce que l'homme pouvait savoir" est à lui seul un résumé des intérêts multiples de son temps. Sa pensée est le point de rencontre des grands courants philosophico-théologiques du XIIe siècle ; au fait des dernières avancées techniques dans les arts libéraux, il demeure en mène temps un parfait témoin de l'humanisme littéraire.
Bien avant l'organisation de l'Université, Alain de Lille (c. 1120-1202) proposait sous forme allégorique, dans son poème Anticlaudianus, le parcours intellectuel idéal du théologien. L'esprit réfléchi de celui-ci, Phronesis, monté sur le char des Arts libéraux et des sciences de l'Antiquité, traverse l'espace de la Nature jusqu'à la demeure de Dieu. Là ; il doit avancer seul, soutenu par la foi, vers Dieu lui-même. Celui-ci fait donner par l'Esprit (Noys) une âme nouvelle, qu'il ramène vers la terre, où il retrouve en homme nouveau la Nature, les vertus, la Raison et les sciences, mais où il doit affronter le combat des vices et des vertus, dont il sortira vainqueur. Dans cette vision platonisante, l'auteur pare le sens intellectuel du poème de mises en scène et de descriptions fort diverses, vives, colorées et souvent délicates, avec une joie et une facilité d'expression en complet contraste avec l'âpre amertume du De planctu Naturae, son précédent poème. Ce n'est pas une des moindres raisons du succès de l'Anticlaudianus jusqu'à la Renaissance.
Potage des brasseurs, cuisses de lapereaux à la cervoise, carbonades, waterzoï: voici quelques-unes des meilleures recettes à la bière que Pierre Coucke et Patrick Villechaize partagent avec nous dans cet ouvrage. Complices notamment dans l'émission culinaire de France 3 Nord-Pas-de-Calais-Picardie Goûtez-moi ça, les chefs nous proposent un florilège de recettes dont l'ingrédient principal est cette boisson ancestrale et populaire, qui, qu'elle soit blonde, rousse ou brune, légère et chantante ou généreuse et grave, permet toujours à ces plats traditionnels de pétiller de plaisir et d'invention.
Mots de la ville ou mots de l'urbanisme ? En ouvrant cette question, le présent volume enquête sur la spécialisation du lexique urbain. Depuis le XIXe siècle, l'apparition de néologismes, de jargons parfois, a accompagné le processus d'aménagement des villes. Ce mouvement s'est appuyé sur la considérable mutation que celles-ci ont connue ainsi que sur l'affirmation progressive de nouvelles compétences professionnelles et techniques. Aux nouveaux quartiers, aux nouvelles méthodes de fabrication des villes, aux projets, répond l'apparition de termes - parfois inventés, parfois issus de lexiques existants étrangers aux questions urbaines - qui se couvrent de nouvelles significations. La dimension internationale à laquelle cet ouvrage consacre une large place est essentielle, tant les échanges sont ici nombreux et recherchés. Dans toutes les langues, les mots de la ville et de l'urbanisme conservent souvent un ancrage dans la langue commune, qu'ils en proviennent ou qu'ils la rejoignent, et ceci même lorsqu'ils sont le produit de processus techniques aussi forts que la création d'acronymes. L'"appropriation" de la ville par ses habitants ne passe-t-elle pas également par le langage ?
Reprenant l'édition de ces lettres anonymes, Françoise Hudry nous propose, au terme d'une minutieuse enquête, de les attribuer à Alain de Lille, ce qui rendrait compte également de l'ancienne identification de celui-ci avec Alain de Canterbury qui fut ensuite abbé de Tewkesbury. Ainsi interprétées, par une analyse à la fois historique et littéraire, ces lettres contribuent à redessiner une partie de l'histoire culturelle du XIIe siècle: elles élucident des pans d'ombre de la biographie d'Alain de Lille, précisent ses liens avec Pierre de Blois ou Richard de Saint-Victor, éclairent le contexte dans lequel Alain écrivit un De planctu Naturae plein d'amertume; elles permettent également de mieux comprendre les relations entre différents textes de cette période, suggérant par exemple des rapports subtils et complexes entre la satire de Nigel de Longchamp et l'?uvre d'Alain de Lille... Le dossier est à présent entre les mains des lecteurs, avec le drame humain qu'il dessine, quel que soit le protagoniste
Au début du XXe siècle, la préhistoire est une science en gestation, et les affaires de faux sont à l'origine de vives controverses qui divisent une partie de la communauté scientifique, puis le grand public, avec de nombreux épisodes judiciaires et des querelles d'experts. Deux grands débats d'authenticité ont dominé la recherche préhistorique : l'affaire de Piltdown et celle de Glozel. André Vayson de Pradenne qui avait participé activement aux deux polémiques, sans doute par crainte d'un procès en diffamation, ne les évoque pas dans son livre. Sous sa plume défilent les plus célèbres affaires de faux du XIXe et début du XXe : c'est l'affaire qui dura huit ans des autographes du géomètre Chasles abusé par Vrain-Lucas, celles des silex de Pile de Riou, du trésor de Curium imaginé et imposé par Luigi Palma di Cesnola, de la tiare de Saïtapharnès, acquise par le musée du Louvre en 1896... On s'étonne avec l'auteur que des simulations, le plus souvent grossières, aient pu tant de fois égarer de véritables savants. Cet ouvrage, paru en 1932, reste le document de référence sur les fraudes préhistoriques.
Résumé : Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c?ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c?ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.