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ANTICLAUDIANUS
ALAIN DE LILLE
VRIN
36,00 €
Épuisé
EAN :9782711680009
Bien avant l'organisation de l'Université, Alain de Lille (c. 1120-1202) proposait sous forme allégorique, dans son poème Anticlaudianus, le parcours intellectuel idéal du théologien. L'esprit réfléchi de celui-ci, Phronesis, monté sur le char des Arts libéraux et des sciences de l'Antiquité, traverse l'espace de la Nature jusqu'à la demeure de Dieu. Là ; il doit avancer seul, soutenu par la foi, vers Dieu lui-même. Celui-ci fait donner par l'Esprit (Noys) une âme nouvelle, qu'il ramène vers la terre, où il retrouve en homme nouveau la Nature, les vertus, la Raison et les sciences, mais où il doit affronter le combat des vices et des vertus, dont il sortira vainqueur. Dans cette vision platonisante, l'auteur pare le sens intellectuel du poème de mises en scène et de descriptions fort diverses, vives, colorées et souvent délicates, avec une joie et une facilité d'expression en complet contraste avec l'âpre amertume du De planctu Naturae, son précédent poème. Ce n'est pas une des moindres raisons du succès de l'Anticlaudianus jusqu'à la Renaissance.
En publiant ce volume de textes en latin inédits d'Alain de Lille, Marie-Thérèse d'Alverny propose une double contribution à l'étude de l'un des auteurs les plus prolifiques du XIIe siècle : outre l'établissment critique de traités ou de sermons depuis longtemps oubliés, le lecteur y trouvera en effet, en guise de première partie, une notice introductive d'une grande richesse, contenant des indications biographiques qui éclairent la vie souvent méconnue d'Alain de Lille par des témoignages de disciples ou des souvenirs de ses contemporains, ainsi qu'une présentation détaillée de ses oeuvres. Tout en suivant la distinction artificielle mais traditionnelle entre les oeuvres littéraires et les oeuvres théologiques, l'auteur propose ici une étude détaillée du versant théologique, en considérant successivement les Sommes, les Commentaires bibliques et liturgiques, les oeuvres de théologie pratique et d'apologétique, et certains ouvrages anonymes qui se voient ici confirmés dans leur anthenticité.
Résumé : Il est fascinant de constater la réapparition dans le psychisme, de traits et de figures venues des grands-parents, vecteurs d'une tradition héritée du passé. Cette transmission, à travers les générations, a suscité de nombreuses publications. Alain de Mijolla s'insurge contre les conceptions quelque peu magiques qui veulent qu'une influence " transgénérationnelle ", directement " d'inconscient à inconscient ", se voit généralement privilégiée. Il montre comment les voies de la transmission intergénérationnelle peuvent se montrer moins impénétrables qu'il n'y paraît, à qui est animé de la pulsion de recherche, et l'enrichissement que trouve la clinique psychanalytique à en déceler les moyens et les détours. Préhistoires de famille illustre une psychanalyse vivante, animée, profonde, où la théorie, tient, sans emphase, la place qui doit lui revenir : issue de la réflexion clinique pour éclairer la pratique psychanalytique de tous les jours.
Les "Règles" ont pour but d'aligner la théologie sur les autres disciplines du savoir en lui appliquant des règles d'évidence et en la soumettant à la notion de causalité afin de préciser en termes rationnels les données de la foi. Le "Sermon" illustre la règle 7 pour laquelle " Dieu est la sphère intelligible dont le centre est partout et la circonférence nulle part ".
Françoise Hudry, archiviste-paléographe et ingénieur de recherche au CNRS (IRHT, UPR 76), a publié entre autres Le Livre des vingt-quatre philosophes (versions ancienne et médiévale), la traduction des Règles de théologie d'Alain de Lille, ainsi que l'édition et traduction de Lettres familières anonymes qui pourraient concerner Alain de Lille.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.