Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La philosophie de Saint Bonaventure
Gilson Etienne
VRIN
62,00 €
Épuisé
EAN :9782711602919
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Etienne Gilson se propose ici de résumer l'aspect le moins étudié de la mystique cistercienne : ce que l'on pourrait nommer sa systématique. " Bernard ne fut aucunement un métaphysicien, mais il devra aussi rester un théologien que sa puissance de synthèse et sa vigueur spéculative apparentent aux plus grands. Sans doute, sa théologie mystique est essentiellement la science d'une pratique, mais j'espère montrer que c'est bien une science et qu'il était difficile de pousser plus loin la rigueur de la synthèse. Les principes et la langue de l'auteur une fois connus, ses traités, et même ses sermons, s'expliquent aussi exactement et techniquement que les pages les plus denses de saint Anselme ou de saint Thomas d'Aquin. Nul ne commettra la faute d'oublier l'âme du mystique ; je pense qu'on la connaître mieux, au contraire, si l'on oublie moins à l'avenir la pensée du théologien ".
Pour ses contemporains, Bernard était " l'homme qui conduisait vers Dieu ". Du pape aux étudiants parisiens, tout le monde recourait à lui avec la certitude d'être compris, avec l'assurance d'être aidé. Pour nous, chrétiens du XXIe siècle, qui souvent croyons Dieu lointain parce que nous sommes surtout loin de nous-mêmes, saint Bernard demeure un guide fraternel et clairvoyant, un guide qui nous apprend à vivre avec ce qu'il y a de meilleur en nous. Tout en sachant très bien la place que tient le péché dans la vie de l'homme, ce livre témoigne de l'optimisme le plus chrétien. Cinq siècles avant Pascal, saint Bernard a écrit : " Personne ne peut vous chercher, qu'il ne vous ait déjà trouvé. "
Je suis celui qui suis : tel est le Nom de Dieu révélé par le livre de l'Exode. " Dieu est Amour " affirme par ailleurs saint Jean. Comment concilier l'Etre suprême et la Miséricorde infinie, la transcendance du Dieu de Moïse et sa proximité en Jésus-Christ ? Telle est la question abordée par Etienne Gilson dans ce livre méconnu, réédité pour la première fois depuis sa parution à Montréal, en 1947. Prenant appui notamment sur les Confessions, les Sermons 6 et 7, le Traité 38 sur Jean, ainsi que le Commentaire du Psaume 51, Etienne Gilson montre que pour saint Augustin, Dieu n'est pas " que " l'Etre pur, subsistant comme intouchable : Il est encore le " Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ", comme le révèle également le récit de l'Exode, le Dieu qui Est, mais " qui est avec toi ". En Dieu, le nom de la substance et le nom de la miséricorde coïncident. Ce n'est plus seulement la tradition aristotélicienne qui voit son entreprise philosophique confirmée, mais aussi la voie platonicienne, pour laquelle Dieu est le Bien. Etre et Bien que saint Augustin voit réunis dans une Personne : le Verbe divin ; dans un Nom : Jésus-Christ. Deux textes de saint Augustin viennent compléter cet essai d'Etienne Gilson : la Lettre 18, traduite par Marie-Anne Vannier, et le sermon Contre les païens, retrouvé par François Dolbeau en 1990 à Mayence, traduit ici pour la première fois en français par Eric Rebillard, chercheur au CNRS.
L'objet de cet essai n'est pas de faire de la finalité une notion scientifique, ce qu'elle n'est pas, mais de faire voir qu'elle est une inévitabilité philosophique et, pour cela même, une constante de la biophilosophie, ou philosophie de la vie. Il ne s'agira donc pas de théologie; s'il y a de la finalité dans la nature, le théologien a droit de s'appuyer sur ce fait pour en tirer les conséquences qui, à ses yeux, en découlent touchant l'existence de Dieu, mais l'existence de la finalité dans l'univers sera l'objet d'une réflexion philosophique propre, qui n'aura aucun autre but que d'en confirmer ou infirmer la réalité. Le présent ouvrage ne parlera pas d'autre chose: la raison interprétant l'expérience sensible conclut-elle ou non qu'il existe de la finalité dans la nature? Il n'est pas certain que toute vérité touchant la nature soit scientifiquement démontrable; il ne l'est pas non plus que la raison n'ait rien à dire de valide sur ce que l'expérience suggère sans pouvoir le démontrer. Ainsi entendue, l'existence de la finalité naturelle semble être une de ce constantes philosophiques dont on ne peut que constater, dans l'histoire, l'inépuisable vitalité."
Ce livre n'est pas un exposé de la métaphysique cartésienne, mais s'attache à la pensée qui l'anime et qui cherche en elle son expression. Ce mot "expression" introduit un premier postulat : une philosophie n'a de sens que par référence à une certaine vision du monde dont précisément elle veut être l'expression. A l'origine il y a un esprit qui regarde l'univers, l'homme, Dieu et qui s'étonne de les voir comme on ne les a encore jamais vus. Qui dit "expression" dit donc volonté de communication. La vision du monde - c'est le second postulat - n'est en aucune façon une sorte d'essence intemporelle et elle ne peut être séparée de son "environnement" historique. Ainsi tout texte a deux contexte : l'ensemble ordonné d'idées duquel il tient son sens et un certain dialogue qu'il doit rendre propice à la transmission de ce sens.
Résumé : Et si nous vivions dans une société bavarde où le dialogue n'existe plus ? Marylin Maeso, jeune philosophe camusienne, y voit un vrai danger. Polémiques systématiques, procès d'intention, culture de l'esquive... : médias et réseaux sociaux menacent la fluidité des débats et tendent à délégitimer l'adversaire plutôt que d'écouter ses arguments. Dans cet ouvrage décapant, Marylin Maeso analyse les mécanismes et les enjeux de ce phénomène. Pour elle, le fait que notre époque soit à la fois celle de l'hyper-connectivité et celle de la substitution de la polémique au dialogue n'est pas le moindre de ses paradoxes !
La science manipule les choses et renonce à les habiter. Elle s'en donne des modèles internes et, opérant sur ces indices ou variables les transformations permises par leur définition, ne se confronte que de loin en loin avec le monde actuel. Elle est, elle a toujours été, cette pensée admirablement active, ingénieuse, désinvolte, ce parti pris de traiter tout être comme «objet en général», c'est-à-dire à la fois comme s'il ne nous était rien et se trouvait cependant prédestiné à nos artifices.Mais la science classique gardait le sentiment de l'opacité du monde, c'est lui qu'elle entendait rejoindre par ses constructions, voilà pourquoi elle se croyait obligée de chercher pour ses opérations un fondement transcendant ou transcendantal. Il y a aujourd'hui - non dans la science, mais dans une philosophie des sciences assez répandue - ceci de tout nouveau que la pratique constructive se prend et se donne pour autonome, et que la pensée se réduit délibérément à l'ensemble des techniques de prise ou de captation qu'elle invente. Penser, c'est essayer, opérer, transformer, sous la seule réserve d'un contrôle expérimental où n'interviennent que des phénomènes hautement «travaillés», et que nos appareils produisent plutôt qu'ils ne les enregistrent. De là toutes sortes de tentatives vagabondes. Jamais comme aujourd'hui la science n'a été sensible aux modes intellectuelles. Quand un modèle a réussi dans un ordre de problèmes, elle l'essaie partout. Notre embryologie, notre biologie sont à présent toutes pleines de gradients dont on ne voit pas au juste comment ils se distinguent de ce que les classiques appelaient ordre ou totalité, mais la question n'est pas posée, ne doit pas l'être. Le gradient est un filet qu'on jette à la mer sans savoir ce qu'il ramènera. Ou encore, c'est le maigre rameau sur lequel se feront des cristallisations imprévisibles. Cette liberté d'opération est certainement en passe de surmonter beaucoup de dilemmes vains, pourvu que de temps à autre on fasse le point, qu'on se demande pourquoi l'outil fonctionne ici, échoue ailleurs, bref que cette science fluente se comprenne elle-même, qu'elle se voie comme construction sur la base d'un monde brut ou existant et ne revendique pas pour des opérations aveugles la valeur constituante que les «concepts de la nature» pouvaient avoir dans une philosophie idéaliste.
Résumé : La notion de l'autorité a été écrit en 1942, peu avant l'Esquisse d'une phénoménologie du droit, avec lequel il entretient d'étroits rapports. "Chose curieuse, le problème et la notion de l'autorité ont été très peu étudiés" , note Kojève en ouverture de ce qu'il appelle lui-même un "exposé sommaire" . "L'essence même de ce phénomène a rarement attiré l'attention". Soixante ans après le constat garde sa validité, en dépit de quelques contributions notables. C'est ce qui fait le prix de cet essai d'élucidation philosophique. Kojève procède à la décomposition du phénomène, en dégageant quatre types purs d'autorité humaine qu'il met chacun en correspondance avec une théorie : le Père (la scolastique), le Maître (Hegel), le Chef (Aristote), le Juge (Platon). Les formes concrètes de l'autorité représentent des combinaisons de ces types purs. Loin des circonstances qui ont présidé à son élaboration, et que François Terré rappelle dans sa présentation, ce petit livre arrive à point nommé dans le débat d'aujourd'hui autour de la disparition de l'autorité dont la nature reste toujours aussi énigmatique.
Résumé : "Réactionnaire, disent-ils. Le moment m'a donc semblé venu de faire le point et de retracer mon parcours sans faux-fuyants ni complaisance. Il ne s'agit en aucune façon pour moi de rabattre la connaissance sur la confession et de défendre une vérité purement subjective. Je ne choisis pas, à l'heure des comptes, de me retrancher dans la forteresse imprenable de l'autobiographie. Je joue cartes sur table, je dis d'où je parle, mais je ne dis pas pour autant : "A chacun sa vision des choses". Le vrai que je cherche, encore et toujours, est le vrai du réel : son élucidation reste à mes yeux prioritaire. Cependant, comme l'a écrit Kierkegaard : "Penser est une chose, exister dans ce qu'on pense est autre chose". C'est cet "autre chose" que j'ai voulu mettre au clair en écrivant, une fois n'est pas coutume, à la première personne". Alain Finkielkraut.