Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La parole et le lieu. Le cinéma selon Manoel de Oliveira
Lavin Mathias
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753506374
Commencée à une époque où de façon majoritaire le cinéma était encore muet, l'oeuvre de Manoel de Oliveira représente près de quatre-vingt ans d'activité. Dès ses premiers films, Douro faina fluvial et Aniki-Bobo, le talent du cinéaste est reconnu mais la dictature salazariste entrave la réalisation de la plupart de ses projets jusqu'aux années 1970. Alors, de façon presque miraculeuse, à l'âge où la plupart des créateurs terminent leur oeuvre, celle d'Oliveira s'emballe et, depuis Les Cannibales en 1988, s'est enrichie tous les ans d'au moins un titre nouveau qui s'impose, à chaque fois, comme une contribution essentielle à l'art de notre temps. Si le nom d'Oliveira est connu et honoré bien au-delà des frontières du Portugal, notamment grâce aux acteurs célèbres qu'il a dirigés, son oeuvre reste peu commentée et n'est pas encore appréciée à sa juste valeur. Il fallait donc permettre la connaissance de cette production d'une grande variété placée sous le signe du paradoxe. Une attention minutieuse est ainsi portée à tous les films signés par le réalisateur de Val Abraham en insistant sur le rôle crucial joué par la parole et le lieu qui orientent l'essentiel de son travail, sans en oublier d'autres aspects déterminants (la conception de l'histoire, le statut du comédien, la représentation du corps ou le rapport à la littérature). Cet ouvrage est le premier en français à proposer une analyse d'ensemble d'une création où la plus haute exigence artistique voisine avec l'ironie et le refus des certitudes. Biographie de l'auteur Mathias Lavin est docteur en esthétique du cinéma et enseignant (Paris 3). Collaborateur régulier des revues de cinéma Trafic, Vertigo ou Décadrages, il anime également la revue de littérature Action Restreinte.
Résumé : Nous étions sidérés : la pandémie de la Covid-19 avait monopolisé nos existences, nos relations, nos espaces. Elle réquisitionnait nos pensées, nos corps, nos institutions. L'hôpital, le musée et l'université traversaient cette épidémie en se réorganisant pour trouver de nouvelles façons d'exister dans un espace-temps incertain. Dans ce contexte, célébrer le bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur (1822-2022) offrait l'occasion de suivre le fil qui mène des découvertes microbiologiques d'un chimiste à celles du corona-virus, non seulement pour ressaisir une histoire scientifique, mais plus fondamentalement pour mieux comprendre comment le visible et l'invisible tissent ensemble le monde symbiotique de nos existences. L'exposition "Prendre soin", dont ce livre est la trace et le prolongement, propose de renouer visible et invisible, science et sollicitude, art et médecine, pour comprendre comment toutes ces dimensions convergent vers un care, un soin ouvert aux relations multiples. Elle met en scène ces convergences et ouvre "un moment du soin". Frédéric Worms nomme ainsi ce nouveau cadre interprétatif qui revisite notre monde et notre temps à partir des choses concrètes, des corps et des personnes, tout en les éclairant d'une intelligence et d'une attention ouvertes à la vulnérabilité constitutive de l'existence.
Pourquoi au cinéma la neige possède-t-elle ce curieux pouvoir de rester en mémoire jusqu'à se substituer parfois au souvenir du film lui-même ? C'est en partant de cette question que l'ouvrage tente d'explorer quelques modalités de la neige filmée, élément privilégié d'une météorologie du septième art qui n'est pas exactement superposable à celle du monde empirique. A partir d'une vingtaine d'exemples pris dans des époques variées, de Murnau à Hou Hsiao-hsien, de Borzage à Fellini, de Renoir à Resnais, il s'agit de déployer les aspects majeurs du motif retenu qui constitue une modalité du paysage filmique autant qu'un facteur de perturbation interne au plan. En raison de sa blancheur comme de son pouvoir réfléchissant, la neige permet un traitement singulier de la lumière et de la couleur. Qu'elle couvre ou traverse la surface de l'image, elle participe en outre à un effetécran. Utilisée pour la mobilité de ses flocons, sur des rythmes changeants, la neige exalte aussi une mobilité qui renvoie directement au principe du cinéma, en tendant parfois vers l'informe et la dissolution de la figure. De la sorte, on constate qu'elle constitue une dimension majeure de la matière même de l'image cinématographique, conduisant à évoquer le lien entre neige et fiction. Un tel parcours montre que la neige est, à la fois, au coeur de la dynamique propre aux images mobiles et qu'elle souligne, de manière sensible, leur aspect insaisissable qui renvoie à leur dimension temporelle.
Quelles sont les puissances de la parole filmée ? La parole au cinéma reste trop souvent inaudible, et il faut donc préciser certaines de ses facultés en s'appuyant sur un corpus appartenant à des époques variées, tout en se mettant à l'écoute des films. L'attention portée aux oeuvres permet alors de constituer la parole et la voix comme des éléments déterminants de la figuration filmique pensée dans sa dimension audio-visuelle. La parole concerne également un aspect fondamental et problématique de l'humanité que le cinéma donne, et n'a cessé de donner à entendre. En effet, avec le cinéma, l'homme est non seulement devenu visible, comme l'affirmait Béla Balázs dans les années 1920, il est aussi devenu audible. Dès lors, la perspective esthétique, qui oriente les analyses singulières, est nécessairement enrichie par un questionnement anthropologique et politique qui ne cesse d'interroger l'énigme du corps parlant.
Nelson Pereira dos Santos (1928-2018) est notamment connu en France comme le réalisateur de Sécheresse, présenté à Cannes en 1964 où il emporta le Prix du meilleur film pour la jeunesse et le Prix des Cinémas d'art et d'essai. Au Brésil, il était déjà célèbre pour la réalisation de Rio 40 Degrés (1954), le film qui a révolutionné la façon de représenter le peuple brésilien à l'écran, et qu'André Bazin a eu l'opportunité de regarder lors d'un séjour en Amérique du Sud. Cependant, avant même de devenir réalisateur, Nelson Pereira dos Santos avait déjà réfléchi au concept de " cinéma national brésilien a, rédigeant une liste de revendications présentée au Premier Congrès Paulista de Cinéma, en 1952. Cette réflexion — où il proposa aux réalisateurs brésiliens de s'inspirer de littérature, d'histoire et de la vie réelle du peuple pour composer leurs scénarios — est autant importante que ces deux films pour l'analyse de l'histoire du cinéma brésilien, surtout en ce qui concerne le mouvement Cinema Novo. Pour l'ensemble de son oeuvre et pour tout ce qu'elle a apporté au Cinéma brésilien, il est devenu en 2006 le premier réalisateur élu à l'Académie Brésilienne de Lettres.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.