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Prendre soin
Lavin Amélie
MARE MARTIN
28,01 €
Épuisé
EAN :9782362220739
Nous étions sidérés : la pandémie de la Covid-19 avait monopolisé nos existences, nos relations, nos espaces. Elle réquisitionnait nos pensées, nos corps, nos institutions. L'hôpital, le musée et l'université traversaient cette épidémie en se réorganisant pour trouver de nouvelles façons d'exister dans un espace-temps incertain. Dans ce contexte, célébrer le bicentenaire de la naissance de Louis Pasteur (1822-2022) offrait l'occasion de suivre le fil qui mène des découvertes microbiologiques d'un chimiste à celles du corona-virus, non seulement pour ressaisir une histoire scientifique, mais plus fondamentalement pour mieux comprendre comment le visible et l'invisible tissent ensemble le monde symbiotique de nos existences. L'exposition "Prendre soin", dont ce livre est la trace et le prolongement, propose de renouer visible et invisible, science et sollicitude, art et médecine, pour comprendre comment toutes ces dimensions convergent vers un care, un soin ouvert aux relations multiples. Elle met en scène ces convergences et ouvre "un moment du soin". Frédéric Worms nomme ainsi ce nouveau cadre interprétatif qui revisite notre monde et notre temps à partir des choses concrètes, des corps et des personnes, tout en les éclairant d'une intelligence et d'une attention ouvertes à la vulnérabilité constitutive de l'existence.
Val Abraham demeure une des oeuvres les plus complexes de Manoel de Oliveira. Le film est souvent considéré comme une adaptation de Madame Bovary alors qu'il s'inspire d'un roman de Bessa-Luis; parfois il est réduit à la fascination pour son actrice principale en négligeant la question du personnage, ou encore il est désigné comme un éloge intemporel de la beauté alors qu'il repose sur une conception du temps faite d'anachronismes. Val Abraham propose une variation sur l'énigme du personnage (de film). Comme le fit Bunuel dans Cet obscur objet du désir, Oliveira a partagé le rôle principal entre deux actrices. Par ailleurs, en présentant une Ema éternellement jeune, malgré un récit couvrant plusieurs décennies, le cinéaste relie l'interrogation sur le personnage au travail sur le temps. Le film conduit à se demander ce que signifie être contemporain. Qu'est-ce qu'être présent à soi, et, à un autre niveau, à quelle époque appartenons-nous ? Cela revient à s'interroger sur la beauté dans un monde qui la réduit à des clichés ou des formules creuses. Avec ironie, et malgré la douleur liée au passage du temps, c'est à un éloge de l'illusion artistique que nous convie Oliveira.
Pourquoi au cinéma la neige possède-t-elle ce curieux pouvoir de rester en mémoire jusqu'à se substituer parfois au souvenir du film lui-même ? C'est en partant de cette question que l'ouvrage tente d'explorer quelques modalités de la neige filmée, élément privilégié d'une météorologie du septième art qui n'est pas exactement superposable à celle du monde empirique. A partir d'une vingtaine d'exemples pris dans des époques variées, de Murnau à Hou Hsiao-hsien, de Borzage à Fellini, de Renoir à Resnais, il s'agit de déployer les aspects majeurs du motif retenu qui constitue une modalité du paysage filmique autant qu'un facteur de perturbation interne au plan. En raison de sa blancheur comme de son pouvoir réfléchissant, la neige permet un traitement singulier de la lumière et de la couleur. Qu'elle couvre ou traverse la surface de l'image, elle participe en outre à un effetécran. Utilisée pour la mobilité de ses flocons, sur des rythmes changeants, la neige exalte aussi une mobilité qui renvoie directement au principe du cinéma, en tendant parfois vers l'informe et la dissolution de la figure. De la sorte, on constate qu'elle constitue une dimension majeure de la matière même de l'image cinématographique, conduisant à évoquer le lien entre neige et fiction. Un tel parcours montre que la neige est, à la fois, au coeur de la dynamique propre aux images mobiles et qu'elle souligne, de manière sensible, leur aspect insaisissable qui renvoie à leur dimension temporelle.
À partir du XVIIIe siècle, le mot « naturisme » désigne des pratiques thérapeutiques nouvelles fondées sur l?utilisation des éléments naturels (eau, soleil, mer) et sur des pharmacopées à base de plantes. Le terme est ensuite associé au tournant du XXe siècle aux mouvements utopistes de rénovation sociale en Allemagne et en Suisse, qui tentent de rompre avec l?urbanisation et l?industrialisation croissantes pour promouvoir une philosophie panthéiste de retour à la nature. En France, plusieurs lieux de pratique remarquables se constituent dès l?entre-deux-guerres (le Sparta Club, Physiopolis sur l'île de Platais, Héliopolis sur l'île du Levant, le CHM de Montalivet, le Cap d?Agde).Cet ouvrage permettra de contextualiser l?apparition de ce mouvement mais aussi de montrer comment il rencontre nos questionnements actuels. Face à la diversité des corps et des milieux, les pratiquants du naturisme défendent très tôt des valeurs écologiques et égalitaires?: être ensemble implique le respect de l?intégrité corporelle de chacun et chacune, le partage d?expériences et de milieux naturels, la recherche d?une santé durable. Des valeurs qu?on retrouve aujourd?hui dans l?engouement croissant pour les médecines alternatives, pour l?alimentation bio, et le mouvement body-positive, qui lutte pour l?acceptation et l?appréciation de tous les types de corps.
Auguste Pointelin appartient à la génération d'artistes de la seconde moitié du XIXe siècle qui affirme la toute-puissance de la nature et la fascination du paysage. Peintre farouchement attaché à son indépendance, il fut, de façon assez paradoxale pour nous, accepté de 1866 à sa mort en 1933, au si contesté Salon parisien : "Tous mes tableaux sont empruntés au Jura, [...] et n'étant pas encore parvenu à réaliser en cela mon idéal, je continue et continuerai jusqu'au bout de m'y efforcer, quitte à laisser croire chez moi à une sorte d'impuissance de faire autre chose". Il trouva son épanouissement dans la représentation de la ligne ciselée des plateaux, combes ou vallons de sa terre natale. Pointelin est proche des impressionnistes, artistes de la nature pure, qu'enchantent les campagnes presque urbaines et la fraîcheur des vibrations joyeusement ensoleillées ; lui, en revanche, préfère les aubes et d'ineffables crépuscules. Comme tous, inlassablement, il parcourt la campagne, mais peint ensuite de mémoire dans son atelier parisien ou jurassien. L'amateur contemporain - cet esprit moderne dont rêvait Baudelaire - lucide, sensible, ironique, dans un siècle qui en a tant vu, sera sans doute touché par cet artiste discret entre tous. L'authenticité de son obstination pour l'essentiel réussit d'étranges paysages au-delà de toute représentation, et approche la "peinture pure". Landes désertes, arbres solitaires et décharnés, lumières d'ailleurs. Comme chez Friedrich, Rothko ou Benrath, par le silence abstrait et sensuel de la nature transfigurée, se lève, absent de tout bouquet, le parfum sublime et insaisissable de l'éternité. Par la diversité des contributions et par son iconographie très riche, ce livre fait état de la recherche menée sur Auguste Pointelin depuis plus de vingt-cinq ans et sert également de catalogue aux expositions qui lui sont consacrées ainsi qu'à ses proches par les musées du territoire jurassien.
De nombreux couples ont participé aux mouvements artistiques de la première moitié du XXe siècle. Paris en a accueilli, inspiré et lancé certains qui ont marqué l'entre-deux-guerres. A Montmartre, Montparnasse, Saint-Germain-des-Prés, ils ont fréquenté les mêmes ateliers, cabarets, cafés, bals, théâtres et cinémas. Emportés par leurs attirances et leur passion, ces hommes et ces femmes ont vécu leur liaison en toute liberté. La plupart venaient de pays étrangers : tous se sont rencontrés dans la Ville Lumière. Muses ou modèles, peintres, auteurs et photographes... tous participent au fabuleux brassage intellectuel de l'époque.
Mickeler Eric ; Geneste Eric ; Michaelson Jonathan
Les birdstones, petites sculptures préhistoriques en pierre façonnées par les Amérindiens, sont connues pour leur simplicité et leur beauté. Objets mythiques des collections d'art premier, ces artefacts zoomorphes entretiennent des similitudes avec l'art préhistorique européen, mais aussi avec la genèse de la sculpture du XXe siècle. Au travers de ce livre inédit, écrit en français et en anglais, Eric Geneste et Eric Mickeler, spécialistes de l'art amérindien, vousferont découvrir l'origine, les fonctions et les techniques lapidaires de cet art ancien des Indiens d'Amérique du Nord.