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Zilsel N° 7, juin 2020
Lamy Jérôme ; Saint-Martin Arnaud
CROQUANT
19,00 €
Épuisé
EAN :9782365122320
Composé entre un mouvement social affectant notamment la recherche et l'enseignement supérieur en France et une pandémie meurtrière planétaire, ce numéro témoigne des tensions et des débats qui animent les milieux académiques. Dans ces conditions particulière, la diversité des enquêtes et des interventions reste un aiguillon autant qu'une exigence. On y lira, entre autres, une prise de position forte en faveur de l'autonomie scientifique en guise d'éditorial invité, une enquête sur la conversion de militants de la gauche radicale en défenseurs de la science industrielle en Angleterre, une sociologie historique de l'émergence du label disciplinaire de l'ethnomusicologie, une approche des conditions de travail pas toujours heureuses d'universitaires "? peu ou pas publiants ? " . Le numéro comprend en outre un dossier portant sur les relations entre les science studies et les animal studies.
Science, technique, société : c'est un espace étendu dont la revue semestrielle de sciences humaines et sociales Zilsel propose de cartographier à la fois les régions surpeuplées, les confins méconnus, les espaces désertés et les frontières parfois ignorées. Cette première livraison donne le ton. Elle est composée d'analyses originales basées sur des enquêtes et des réflexions amples, d'essais critiques sur la philosophie d'Alain Badiou, de rééditions de textes classiques, d'un entretien avec l'historien Roger Chartier sur les transformations contemporaines du livre et de l'écrit et, enfin, d'une série de notes critiques d'ouvrages récents. Ces contributions sont documentées, critiques, engageantes et, pour certaines, clivantes. Chacune à sa manière, elles partagent une même ambition, qui est de faire bouger les lignes et les fronts de recherche, d'instiller le doute contre toutes les formes de dogmatisme et d'ouvrir des brèches, pas seulement dans les limites aujourd'hui rognées des mondes universitaires et de la recherche.
Comment saisir un établissement savant dans ses changements, ses évolutions et ses modifications? Quel point de vue adopter pour comprendre les continuités et les ruptures dans l'histoire d'une institution scientifique ? Ce livre entreprend l'archéologie d'un espace savant, l'observatoire de Toulouse aux XVIIIe et XIXe siècles, examiné dans ses multiples dimensions: scientifiques et techniques, sociales et économiques, politiques et culturelles. L'observatoire n'est pas seulement un espace clos sur lui-même, érigé en vue du déploiement de la raison scientifique. C'est aussi une architecture, une collection d'instruments, un lieu de vie pour les astronomes, un symbole pour les acteurs politiques, une surface d'inscription des pratiques savantes, ainsi qu'un point nodal dans un ensemble de réseaux. Ces éléments sont tous travaillés en profondeur par de grands régimes de savoirs qui définissent, pour une époque donnée, la place de la science dans la société. L'observatoire de Toulouse est ainsi tour à tour l'incarnation de la science aristocratique à la recherche de la distinction individuelle au XVIIIe siècle, l'élément quadrillé d'une administration puissante dans la première partie du XIXe siècle, le symbole républicain d'une pratique scientifique orientée vers la production massive de données numériques après 1870. Ces modifications successives de l'observatoire ne sont ni abruptes ni mécaniques; elles se combinent à des exigences, des contraintes et des singularités locales. Les variations d'échelles entre un mode d'être général des pratiques scientifiques et son usage dans la cité garonnaise dessinent à chaque fois un régime de savoirs spécifique à Toulouse.
Cette nouvelle livraison de Zilsel propose une variété de recherches portant sur les sciences et les technique. Elle comprend un dossier sur les "savoirs pratiques" , non directement classées dans la rubrique de la science la plus pure, mais pas moins intéressants en ce qu'ils construisent autant de prises sur le monde (pédagogie antiautoritaire, boxe, pratique abortive militante, fab lab, gantiers-parfumeurs, etc.). Le sommaire compte également une correspondance inédite entre Norbert Elias et Pierre Bourdieu, qui permettra de découvrir la progressive construction d'une relation scientifique et amicale entre deux géants des sciences sociales. Un entretien avec le mathématicien et économiste E. Roy Weintraub permet d'approcher les coulisses de l'histoire de la pensée économique et ses rapports avec les études sociales des sciences et techniques. Une série d'études critiques clôt ce numéro 9, alternant entre l'exercice de la restitution et la disputatio.
Cette huitième livraison de Zilsel poursuit le travail d'inventaire critique des transformations contemporaines des sciences et techniques. Qu'il s'agisse de l'essor de la psychologie évolutionniste ou de l'emprise de l'évaluation comptable sur la recherche médicale en France, le propos des articles publiés est de rendre raison de phénomènes émergents et instables, qui suscitent le questionnement dans et à l'extérieur du champ scientifique. L'éditorial invité est signé par le virologue Bruno Canard. Spécialiste des coronavirus, il met en relief l'importance du temps long dans les processus de recherche. Un dossier "Frictions" est consacré au problème du "narcissisme". Il met en perspective la construction du narcissisme via les catégories "psy", les "jugements de personnalité" et les rapports de genre. Un entretien avec l'historienne des sciences Antonella Romano permet de revenir sur des fronts de recherche de la discipline, et son histoire récente en France. De nouvelles pièces sont ensuite versées dans le dossier des classiques à (re)lire, notamment un texte du sociologue Johan Galtung sur le "colonialisme scientifique", qu'il analyse a travers le projet Camelot (1964-1965). Des essais critiques complètent ce numéro, aussi éclectique que frondeur.
La question de l'identité est omniprésente dans notre pays et un peu partout en Europe, que ce soit dans le champ social, économique ou politique. Elle est parfois l'expression de replis d'ordre communautariste. Pourtant il y a des communautés qui échappent à cette déviance. C'est le cas des professionnels de la santé en général, car ils ne sont pas centrés sur eux-mêmes, mais davantage concernés par les autres, l'ensemble de la population, sans distinction de classe, de race ou de culture. Les infirmières prennent leur part dans cette mission citoyenne au service des personnes qu'elles soignent. Et la population a une façon de les voir, tantôt appréciées ou critiquées, ce qui rend compte de leur identité perçue. Mais que sont réellement ces infirmières (et infirmiers) aujourd'hui, alors qu'elles viennent d'être secouées parla réforme 2009 dite des études universitaires, leur accordant le grade de licence professionnelle ? Sont-elles à l'aise dans cette nouvelle posture ou sont-elles encore nostalgiques d'un passé récent ? Des infirmières regroupées au sein du Collectif de Recherche infirmière Qualitative en Santé (CRIQS), formées avant et après cette réforme, ont réalisé une démarche introspective à l'intérieur de leur corps professionnel, pour dire qui elles sont, examiner les convergences, le cas échéant certaines divergences difficilement avouables et définir leur identité professionnelle, telle qu'elles peuvent la revendiquer dans la modernité sociale ambiante. Chacun pourra apprécier, s'il ya lieu, l'écart entre l'identité attribuée parles personnes que nous soignons et celle que nous revendiquons pour nous-mêmes. Cette clarification de l'identité infirmière en phase avec une reconnaissance réclamée doit servir à l'évolution des pratiques professionnelle pour mieux soigner. Ce livre s'adresse par conséquent à celles et ceux qui s'intéressent à la profession infirmière pour ses enjeux sociétaux et pédagogiques : les étudiants infirmiers, les nouveaux diplômés, les formateurs, mais aussi les décideurs qui pourront se rendre compte du niveau de responsabilisation du corps infirmier, ainsi que de l'évolution de leurs modes d'investissement. Et surtout les patients, curieux de découvrir ce que leurs infirmières disent d'elles-mêmes.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
La catastrophe climatique a commencé. Ce désastre annoncé s'accompagne aujourd'hui d'un véritable effondrement politique de notre monde. Tout concourt à la course à l'abîme de l'Humanité : la folie aveugle des pouvoirs et de la finance, l'institutionnalisation de la corruption, l'explosion des inégalités et l'extrême brutalité des relations sociales, la désagrégation des Etats dans l'extension de la guerre et la destruction de la planète. La logique prédatrice d'un capitalisme financier et numérisé emporte les Etats eux-mêmes. Les espoirs révolutionnaires du siècle dernier ont fait naufrage. La démocratie représentative est à la dérive. Grande est alors la tentation du sauve-qui-peut généralisé, qu'il soit individuel ou collectif, du populisme et de l'apartheid climatique. Chacun sait qu'il y a urgence. Nous n'avons plus le temps. d'attendre des décisions qu'aucun gouvernement ne prendra, plus le temps de construire patiemment des stratégies électorales sur des échéances pluriannuelles. L'enjeu d'aujourd'hui n'est pas de sauver coûte que coûte la démocratie représentative mais de faire face ensemble, en commun, à l'apocalypse qui vient. Cette urgence vitale est le moteur des soulèvements contemporains : en 2019 en France avec les Gilets Jaunes, au Chili, en Irak, au Liban, à Hong Kong, en Algérie, en Iran, en Equateur, au Pérou.... Une autre fin du Monde est peut-être possible, celle d'une intervention directe des peuples dans les affaires du Monde et d'une démocratie radicale à la hauteur des défis de l'époque que nous vivons.
A travers la construction de divers objets anthropologiques relatifs à la ville, les contributeurs à cet ouvrage développent une réflexion épistémologique sur les spécificités méthodologiques et heuristiques de leur discipline, et ce, presque vingt-cinq ans après la publication de Chemins de la ville. Enquêtes ethnologiques (CTHS, 1987), sous la direct ion de J. Gutwirth et de C. Pétonnet. Sans être un bilan à proprement parler, ce livre fait état, à travers la diversités des objets traités, des multiples regards ethnologiques portés su r un monde qui, en un quart de siècle, a considérablement changé. La pratique disciplinaire y est interrogée, tout comme la place de l'ethnologue dans sa propre société à l'heure où les sciences humaines et sociales sont politiquement ostracisées plus au nom de leur rentabilité économique hypothétique que de leur pertinence scientifique véritable. Les étudiants et les jeunes chercheurs y trouveront les échos des multiples difficultés qu'ils rencontrent sur leurs terrains respectifs, tout comme les lecteurs attentifs aux gestations de la globalisation du monde actuel feront leur miel des diverses connaissances dont témoignent ces recherches.