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Comprendre, expliquer, est-ce excuser ? Plaidoyer pour les sciences humaines et sociales
Rebuschi Manuel ; Voléry Ingrid
CROQUANT
12,00 €
Épuisé
EAN :9782365122245
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Personne ne nierait que les chats se ressemblent sous un grand nombre de rapports, ni ne douterait du fait qu'ils ressemblent plus aux chiens qu'aux bactéries ou aux matchs de tennis. En réalité, il semble légitime de croire que c'est en vertu de cette similarité d'ensemble que nous pouvons dire que certains individus appartiennent à une même espèce, qu'ils sont tous des chats. Ces intuitions partagées suggèrent que la notion de ressemblance joue un rôle crucial sur le plan épistémique. Elle serait ce qui sous-tend nos classifications et taxonomies, ce qui nous permet d'identifier des régularités naturelles, et ce qui se trouve à la source des raisonnements analogiques et inductifs, parmi d'autres fonctions cognitives. Cette place prééminente de la ressemblance dans le discours ordinaire et scientifique appelle, en retour, une explication métaphysique. Pour beaucoup de philosophes, nos jugements de ressemblance seraient ultimement dépendants de (et justifiés par) une organisation intrinsèque de la réalité. Comment cependant fonder une telle intuition ? Réalistes, nominalistes et théoriciens des tropes ont entretenu de vifs débats quant à savoir si les faits concernant la ressemblance entre particuliers devaient être expliqués ou non en termes de propriétés partagées. On place également au premier plan des discussions relatives aux "espèces naturelles" et plus généralement à l'essentialisme la notion de ressemblance, la question étant de savoir si elle y joue ou non un rôle définitionnel ou explicatif. Il n'y a pas jusque dans la métaphysique des modalités où ce concept n'ait été largement discuté, puisqu'il est possible de rendre compte de la vérité des assertions contrefactuelles en devisant une théorie des "contreparties" qui repose crucialement sur la notion de similarité relative. Enfin, le concept de ressemblance est central pour rendre compte de la notion de représentation et de dépiction. On a souvent soutenu que la ressemblance est ce qui constitue la principale différence entre descriptions et dépictions, langages et images. Mais de quelle nature est cette ressemblance ? Assurément, la ressemblance n'est pas une condition suffisante de la représentation. Mais en est-elle même une condition nécessaire ? Il est clair que si la ressemblance est un concept central de l'esthétique, les problèmes relatifs à sa définition logique (symétrie, réflexivité, transitivité) ressurgissent sous une autre modalité. A cet égard, la position de Goodman - selon laquelle la représentation n'a rien à voir avec une quelconque ressemblance perceptuelle - est la plus radicale. Mais depuis la parution de Langages de l'art, bon nombre de philosophes ont essayé d'amender cette position dans un sens qui la rende plus compatible avec le sens commun. Voici, dès lors, quelques-unes des questions que nous aimerions examiner dans ce numéro thématique de Philosophia Scientae : existe-t-il des formes et degrés de ressemblance, ou peut-on en formuler une conception englobante ou "cosmique" , pour reprendre le mot de Quine ? La ressemblance entre particuliers, métaphysiquement parlant, consiste-t-elle simplement dans le fait qu'ils partagent des propriétés ? La similarité, globale ou aspectuelle, est-elle fondée sur des faits objectifs ? Est-elle éliminable ? Avons-nous une intuition innée de la ressemblance ? Comment rendre compte du caractère "vague" de la ressemblance ? Quel rôle la similarité joue-t-elle sur le plan épistémique ? Devons-nous rendre compte de nos classifications et taxonomies, ainsi que de la notion d' "espèce" (biologique, chimique, naturelle) à l'aide de la notion de similarité ? Quel(s) rôle(s) la ressemblance joue-t-elle dans les sciences ? La ressemblance permet-elle de définir la notion de dépiction ?
La psychose, c'est ce devant quoi un analyste ne doit reculer en aucun cas" affirmait Lacan. Pourtant, aux dires de ceux qui errent sans relâche dans son temps immobile, la folie est une recherche sur la petite et la grande histoire qui n'intéresse pas souvent leurs soignants. Dans ce livre, le philosophe Wittgenstein intervient comme principal acteur de cette investigation des psychoses. À une époque de banalisation des traitements de choc, parfois avec la complicité de la psychanalyse, il réveille les échos des grands thérapeutes du XXe siècle qui ont défendu la parole de la folie, au siècle des totalitarismes, grâce à l'outil du transfert et à l'implication du therapôn, le second au combat. Cette voix de Wittgenstein continue d'interférer pour nous rappeler que, en dépit des diagnostics pessimistes pour les personnes atteintes de troubles de la personnalité, il est possible de remettre le temps en marche avec l'espoir de s'émanciper des discours qui effacent les traces et les sujets.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.
La catastrophe climatique a commencé. Ce désastre annoncé s'accompagne aujourd'hui d'un véritable effondrement politique de notre monde. Tout concourt à la course à l'abîme de l'Humanité : la folie aveugle des pouvoirs et de la finance, l'institutionnalisation de la corruption, l'explosion des inégalités et l'extrême brutalité des relations sociales, la désagrégation des Etats dans l'extension de la guerre et la destruction de la planète. La logique prédatrice d'un capitalisme financier et numérisé emporte les Etats eux-mêmes. Les espoirs révolutionnaires du siècle dernier ont fait naufrage. La démocratie représentative est à la dérive. Grande est alors la tentation du sauve-qui-peut généralisé, qu'il soit individuel ou collectif, du populisme et de l'apartheid climatique. Chacun sait qu'il y a urgence. Nous n'avons plus le temps. d'attendre des décisions qu'aucun gouvernement ne prendra, plus le temps de construire patiemment des stratégies électorales sur des échéances pluriannuelles. L'enjeu d'aujourd'hui n'est pas de sauver coûte que coûte la démocratie représentative mais de faire face ensemble, en commun, à l'apocalypse qui vient. Cette urgence vitale est le moteur des soulèvements contemporains : en 2019 en France avec les Gilets Jaunes, au Chili, en Irak, au Liban, à Hong Kong, en Algérie, en Iran, en Equateur, au Pérou.... Une autre fin du Monde est peut-être possible, celle d'une intervention directe des peuples dans les affaires du Monde et d'une démocratie radicale à la hauteur des défis de l'époque que nous vivons.
A travers la construction de divers objets anthropologiques relatifs à la ville, les contributeurs à cet ouvrage développent une réflexion épistémologique sur les spécificités méthodologiques et heuristiques de leur discipline, et ce, presque vingt-cinq ans après la publication de Chemins de la ville. Enquêtes ethnologiques (CTHS, 1987), sous la direct ion de J. Gutwirth et de C. Pétonnet. Sans être un bilan à proprement parler, ce livre fait état, à travers la diversités des objets traités, des multiples regards ethnologiques portés su r un monde qui, en un quart de siècle, a considérablement changé. La pratique disciplinaire y est interrogée, tout comme la place de l'ethnologue dans sa propre société à l'heure où les sciences humaines et sociales sont politiquement ostracisées plus au nom de leur rentabilité économique hypothétique que de leur pertinence scientifique véritable. Les étudiants et les jeunes chercheurs y trouveront les échos des multiples difficultés qu'ils rencontrent sur leurs terrains respectifs, tout comme les lecteurs attentifs aux gestations de la globalisation du monde actuel feront leur miel des diverses connaissances dont témoignent ces recherches.