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Zilsel N° 9, octobre 2021 : Savoirs pratiques
Lamy Jérôme ; Saint-Martin Arnaud
CROQUANT
19,00 €
Épuisé
EAN :9782365123181
Cette nouvelle livraison de Zilsel propose une variété de recherches portant sur les sciences et les technique. Elle comprend un dossier sur les "savoirs pratiques" , non directement classées dans la rubrique de la science la plus pure, mais pas moins intéressants en ce qu'ils construisent autant de prises sur le monde (pédagogie antiautoritaire, boxe, pratique abortive militante, fab lab, gantiers-parfumeurs, etc.). Le sommaire compte également une correspondance inédite entre Norbert Elias et Pierre Bourdieu, qui permettra de découvrir la progressive construction d'une relation scientifique et amicale entre deux géants des sciences sociales. Un entretien avec le mathématicien et économiste E. Roy Weintraub permet d'approcher les coulisses de l'histoire de la pensée économique et ses rapports avec les études sociales des sciences et techniques. Une série d'études critiques clôt ce numéro 9, alternant entre l'exercice de la restitution et la disputatio.
Chaque livraison de Zilsel est l'occasion de nouveaux tests et ajustements critiques. La formule se stabilise (toujours) dans l'improvisation et l'urgence, et ce numéro 6 d'ajouter à ces tâtonnements. Le sommaire comporte des enquêtes sur l'histoire sociologique de l'économie agraire en Roumanie, la saisie d'une dispute épistémologique entre Jean-Claude Gardin et Jean-Claude Passeron, l'étude de la structuration des réseaux de "Normale Sup'". Une synthèse bibliographique sur les ingénieries de l'environnement en Afrique complètes ces tentatives d'épuisement. Le dossier fait le point sur l'émergence du problème de l'intégrité scientifique, à partir d'un cas particulièrement retentissant ces dernières années - ce que divers médias ont construit comme "l'affaire Olivier Voinnet". Pour envisager cette question dans tous ses aspects, y compris les plus controversés, la revue risque un positionnement scientifique et politique sur la crête, notamment en intégrant une contribution réflexive du premier intéressé. Ce double registre de l'analyse scientifique et de l'intervention politique sur le devenir des sciences anime également l'éditorial invité, qui porte sur les menaces que fait peser le capitalisme sur le travail des femmes et hommes de science. En plus de ces articles, ce numéro intègre des "Libres échanges" avec le sociologue Nicolas Dodier, qui sont l'occasion de reconstituer les fils d'une carrière et de contributions importantes au domaine STS. On trouvera également un texte inédit en français de Ludwik Fleck, pionnier des études sociales des sciences et techniques, "A propos de la crise de la "réalité"" (1929), ainsi que des critiques d'ouvrages portant sur des sujets aussi variés que les ondes gravitationnelles, la cybernétique en France, le gouvernement de la pollution industrielle, les soi-disant racines philosophiques du "macronisme", l'eugénisme et le racisme pop d'un "expert médiatique" qui s'est essayé au roman de science fiction, l'ethnographie ethnographiée par la police politique secrète sous l'ère communiste en Roumanie. On l'aura compris, ce Zilsel 6 n'est pas résumable, il part dans de multiples sens, et c'est pourquoi la rédaction est particulièrement heureuse de le mettre en circulation. Un 6 soit-il.
Explorer les fronts les plus "chauds" de la recherche sur les sciences et les techniques, confronter les analyses contradictoires, parfois à front renversé, revisiter des contributions importantes et volontiers frondeuses : ce nouveau numéro de la revue Zilsel ne manque pas de matière. Qu'il s'agisse de l'ethnographie des datacenters ou de l'évaluation des prétentions mirobolantes du "neurodroit", la stratégie consiste à dégonfler les baudruches, d'aller y voir de plus près : d'enquêter. Un dossier entier est consacré au néolibéralisme, sur la base d'un long texte de l'historien des sciences économiques Philip Mirowski, qui a le chic pour prendre le contrepied d'à peu près toutes les opinions du moment. Parmi les pièces à verser à l'histoire vive des sciences humaines et sociales, le sommaire comprend également une traduction d'un texte classique d'Edgar Zilsel, dans lequel l'auteur propose une approche neuve et documentée de l'essor de la science moderne. C'est à lire, en plus de relectures fouillées des oeuvres de Pierre Bourdieu et de Michel Foucault. L'un comme l'autre - mais selon des modalités particulières - ont été marqués par le regard anthropologique. Une série de notes critiques, tour à tour favorables ou sceptiques, clôt l'ensemble. On l'aura compris, la revue est désormais lancée, elle navigue à plein régime. Et le voyage ne fait que commencer. Contre vents et marées.
Cette huitième livraison de Zilsel poursuit le travail d'inventaire critique des transformations contemporaines des sciences et techniques. Qu'il s'agisse de l'essor de la psychologie évolutionniste ou de l'emprise de l'évaluation comptable sur la recherche médicale en France, le propos des articles publiés est de rendre raison de phénomènes émergents et instables, qui suscitent le questionnement dans et à l'extérieur du champ scientifique. L'éditorial invité est signé par le virologue Bruno Canard. Spécialiste des coronavirus, il met en relief l'importance du temps long dans les processus de recherche. Un dossier "Frictions" est consacré au problème du "narcissisme". Il met en perspective la construction du narcissisme via les catégories "psy", les "jugements de personnalité" et les rapports de genre. Un entretien avec l'historienne des sciences Antonella Romano permet de revenir sur des fronts de recherche de la discipline, et son histoire récente en France. De nouvelles pièces sont ensuite versées dans le dossier des classiques à (re)lire, notamment un texte du sociologue Johan Galtung sur le "colonialisme scientifique", qu'il analyse a travers le projet Camelot (1964-1965). Des essais critiques complètent ce numéro, aussi éclectique que frondeur.
Nous n'y avons pas coupé : cette cinquième livraison de Zilsel envisage la question pressante de l'Intelligence Artificielle. La contribution, en marge mais pionnière et conséquente, des Sciences and Technology Studies à cette question fait l'objet du dossier central, augmenté d'articles exploratoires sur le machine learning ou la fabrication des algorithmes. Par contraste avec l'emballement contemporain autour des promesses de VIA, la stratégie consiste ici à baisser d'un ton, à mettre en perspective le phénomène sur le temps long et à explorer de prés - y compris dans l'élaboration directe de techniques apparentées à VIA. Les enquêtes qui ouvrent le numéro traitent de thèmes aussi disputés que l'évaluation des critères de scientificité des revues de sciences humaines et sociales, l'émergence de la biocriminologie, l'avènement multi-situé de la sociologie mondiale ou l'oblitération de la psychologie sociale du baron Gustavo Tosti, pensée au tournant de 1900, ou encore l'histoire sociale et intellectuelle de la revue Genèses. Une longue conversation avec Liliane Hilaire-Pérez offre des aperçus précieux sur son oeuvre féconde et, au passage, sur les développements de l'histoire des techniques, à distance des STS. Ce numéro comprend en outre la traduction d'un article classique de Dorothy Stimson, paru en 1935, portant sur les relations entre le puritanisme et l'essor de la science dans l'Angleterre du 17 siècle. Des essais critiques font le point sur des publications récentes et bouclent cette nouvelle boucle. A recevoir cinq sur cinq.
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
Du passé, je ne veux pas faire table rase. le souhaite au contraire, crûment, vous le dévoiler. Dans ces moments d'évanouissement de pans entiers de notre histoire, à l'époque d'un présent déifié débarrassé de toute mise en perspective, à l'ère de l'anachronisme triomphant, au moment où l'information et la transmission sont noyées, emportées par le tsunami du "presque rien" dont parlait Bourdieu, je veux vous mener, avec mon regard, en des terres souvent méconnues, ignorées ou oubliées et je souhaite les ressusciter. Là, dans ces années de guerre et d'Occupation se tissèrent les mondes d'aujourd'hui. En tant que journaliste et acteur militant de ces combats d'hier qui impriment leur marque sur notre univers d'aujourd'hui, je veux vous parler de moi. Non par vanité, mais comme une incitation, par le biais de ces chroniques de continents disparus, à humer des parfums oubliés, à percevoir des ambiances surprenantes, enthousiastes ou angoissantes, à participer à des combats victorieux ou étouffés. le veux aider à comprendre ce nouveau monde et les raisons de son advenue. Et je veux répondre à cette question reprise par des millions de voix : pourquoi être ou avoir été communiste ?
La question de l'identité est omniprésente dans notre pays et un peu partout en Europe, que ce soit dans le champ social, économique ou politique. Elle est parfois l'expression de replis d'ordre communautariste. Pourtant il y a des communautés qui échappent à cette déviance. C'est le cas des professionnels de la santé en général, car ils ne sont pas centrés sur eux-mêmes, mais davantage concernés par les autres, l'ensemble de la population, sans distinction de classe, de race ou de culture. Les infirmières prennent leur part dans cette mission citoyenne au service des personnes qu'elles soignent. Et la population a une façon de les voir, tantôt appréciées ou critiquées, ce qui rend compte de leur identité perçue. Mais que sont réellement ces infirmières (et infirmiers) aujourd'hui, alors qu'elles viennent d'être secouées parla réforme 2009 dite des études universitaires, leur accordant le grade de licence professionnelle ? Sont-elles à l'aise dans cette nouvelle posture ou sont-elles encore nostalgiques d'un passé récent ? Des infirmières regroupées au sein du Collectif de Recherche infirmière Qualitative en Santé (CRIQS), formées avant et après cette réforme, ont réalisé une démarche introspective à l'intérieur de leur corps professionnel, pour dire qui elles sont, examiner les convergences, le cas échéant certaines divergences difficilement avouables et définir leur identité professionnelle, telle qu'elles peuvent la revendiquer dans la modernité sociale ambiante. Chacun pourra apprécier, s'il ya lieu, l'écart entre l'identité attribuée parles personnes que nous soignons et celle que nous revendiquons pour nous-mêmes. Cette clarification de l'identité infirmière en phase avec une reconnaissance réclamée doit servir à l'évolution des pratiques professionnelle pour mieux soigner. Ce livre s'adresse par conséquent à celles et ceux qui s'intéressent à la profession infirmière pour ses enjeux sociétaux et pédagogiques : les étudiants infirmiers, les nouveaux diplômés, les formateurs, mais aussi les décideurs qui pourront se rendre compte du niveau de responsabilisation du corps infirmier, ainsi que de l'évolution de leurs modes d'investissement. Et surtout les patients, curieux de découvrir ce que leurs infirmières disent d'elles-mêmes.
Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua⦠La liste s'allonge des pays vivant un tournant autoritaire. Répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d'un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd'hui affecter les démocraties les plus anciennes et les plus solides. L'ambition de cet ouvrage est de renouveler la question de l'autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfigurationA : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d'Etat), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d'une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d'abuser du pouvoir.