Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Zilsel N° 8, février 2022
Lamy Jérôme ; Saint-Martin Arnaud
CROQUANT
19,00 €
Épuisé
EAN :9782365122818
Cette huitième livraison de Zilsel poursuit le travail d'inventaire critique des transformations contemporaines des sciences et techniques. Qu'il s'agisse de l'essor de la psychologie évolutionniste ou de l'emprise de l'évaluation comptable sur la recherche médicale en France, le propos des articles publiés est de rendre raison de phénomènes émergents et instables, qui suscitent le questionnement dans et à l'extérieur du champ scientifique. L'éditorial invité est signé par le virologue Bruno Canard. Spécialiste des coronavirus, il met en relief l'importance du temps long dans les processus de recherche. Un dossier "Frictions" est consacré au problème du "narcissisme". Il met en perspective la construction du narcissisme via les catégories "psy", les "jugements de personnalité" et les rapports de genre. Un entretien avec l'historienne des sciences Antonella Romano permet de revenir sur des fronts de recherche de la discipline, et son histoire récente en France. De nouvelles pièces sont ensuite versées dans le dossier des classiques à (re)lire, notamment un texte du sociologue Johan Galtung sur le "colonialisme scientifique", qu'il analyse a travers le projet Camelot (1964-1965). Des essais critiques complètent ce numéro, aussi éclectique que frondeur.
Chaque livraison de Zilsel est l'occasion de nouveaux tests et ajustements critiques. La formule se stabilise (toujours) dans l'improvisation et l'urgence, et ce numéro 6 d'ajouter à ces tâtonnements. Le sommaire comporte des enquêtes sur l'histoire sociologique de l'économie agraire en Roumanie, la saisie d'une dispute épistémologique entre Jean-Claude Gardin et Jean-Claude Passeron, l'étude de la structuration des réseaux de "Normale Sup'". Une synthèse bibliographique sur les ingénieries de l'environnement en Afrique complètes ces tentatives d'épuisement. Le dossier fait le point sur l'émergence du problème de l'intégrité scientifique, à partir d'un cas particulièrement retentissant ces dernières années - ce que divers médias ont construit comme "l'affaire Olivier Voinnet". Pour envisager cette question dans tous ses aspects, y compris les plus controversés, la revue risque un positionnement scientifique et politique sur la crête, notamment en intégrant une contribution réflexive du premier intéressé. Ce double registre de l'analyse scientifique et de l'intervention politique sur le devenir des sciences anime également l'éditorial invité, qui porte sur les menaces que fait peser le capitalisme sur le travail des femmes et hommes de science. En plus de ces articles, ce numéro intègre des "Libres échanges" avec le sociologue Nicolas Dodier, qui sont l'occasion de reconstituer les fils d'une carrière et de contributions importantes au domaine STS. On trouvera également un texte inédit en français de Ludwik Fleck, pionnier des études sociales des sciences et techniques, "A propos de la crise de la "réalité"" (1929), ainsi que des critiques d'ouvrages portant sur des sujets aussi variés que les ondes gravitationnelles, la cybernétique en France, le gouvernement de la pollution industrielle, les soi-disant racines philosophiques du "macronisme", l'eugénisme et le racisme pop d'un "expert médiatique" qui s'est essayé au roman de science fiction, l'ethnographie ethnographiée par la police politique secrète sous l'ère communiste en Roumanie. On l'aura compris, ce Zilsel 6 n'est pas résumable, il part dans de multiples sens, et c'est pourquoi la rédaction est particulièrement heureuse de le mettre en circulation. Un 6 soit-il.
A la croisée des méthodes de l'anthropologie et des sources mobilisées par les historiens et historiennes, s'est développée, à partir des années 1970, une voie singulière, celle de l'anthropologie historique. Ni discipline autonome, ni simple spécialité, elle a constitué un moment fécond dans l'histoire des sciences sociales, en France (autour de la revue Annales et des séminaires de l'Ecole des hautes études en sciences sociales), mais aussi aux Etats-Unis (historical anthropology), en Italie (microstoria) ou en Allemagne (Alltagsgeschichte). Portée par les héritages du structuralisme, cette démarche a déplacé les regards vers des objets longtemps tenus à l'écart de l'analyse historique : mythes et rituels, gestes du quotidien, corps et sensibilités, croyances, images, traces du passé. A travers ces enquêtes, c'est une autre manière d'écrire l'histoire qui s'affirme attentive aux formes de pensée, aux structures profondes et aux représentations qui façonnent l'ordinaire. En retraçant l'histoire intellectuelle et institutionnelle de ce courant, cet ouvrage explore les principaux terrains qu'il a investis : la famille, le corps et la sexualité, les rythmes du quotidien, les émotions et les sensibilités, le pouvoir et la violence, les images et les croyances, les savoirs et leur transmission. Il donne ainsi à voir ce que produit le croisement, fécond, entre histoire et anthropologie : de nouvelles façons d'interroger le passé, et de renouveler les cadres de compréhension du monde social.
La sociologie historique des sciences et des techniques est, davantage qu'une discipline, une pratique et une mise en oeuvre d'un ensemble varié de méthodes historiques et sociologiques croisées. Cet ouvrage propose donc une approche méthodologique et empirique de ce segment de recherche aux riches potentialités. Deux problématiques structurent le livre. Il s'agit tout d'abord d'enquêter sur la production et la circulation des concepts dans des contextes variés (marxisme, épistémè foucaldienne). Ensuite, parce que la sociologie historique des sciences et des techniques offre une potentialité d'expressions théoriques larges, l'ouvrage avance la proposition d'une conceptualisation du rapport entre savoir et pouvoir autour d'un régime régulatoire des sciences et des techniques. Le cadrage par le droit, la professionnalisation de certaines activités savantes, les effets de la bureaucratisation et la mobilisation de valeurs spécifiques délimitent un ensemble de pratiques scientifiques et techniques déployé par et pour l'Etat. La mise à l'épreuve historique de ce schéma théorique permet de signaler, depuis le XVIe siècle, les grandes inflexions d'une science destinée à soutenir et organiser l'action rationnelle du pouvoir.
Comment saisir un établissement savant dans ses changements, ses évolutions et ses modifications? Quel point de vue adopter pour comprendre les continuités et les ruptures dans l'histoire d'une institution scientifique ? Ce livre entreprend l'archéologie d'un espace savant, l'observatoire de Toulouse aux XVIIIe et XIXe siècles, examiné dans ses multiples dimensions: scientifiques et techniques, sociales et économiques, politiques et culturelles. L'observatoire n'est pas seulement un espace clos sur lui-même, érigé en vue du déploiement de la raison scientifique. C'est aussi une architecture, une collection d'instruments, un lieu de vie pour les astronomes, un symbole pour les acteurs politiques, une surface d'inscription des pratiques savantes, ainsi qu'un point nodal dans un ensemble de réseaux. Ces éléments sont tous travaillés en profondeur par de grands régimes de savoirs qui définissent, pour une époque donnée, la place de la science dans la société. L'observatoire de Toulouse est ainsi tour à tour l'incarnation de la science aristocratique à la recherche de la distinction individuelle au XVIIIe siècle, l'élément quadrillé d'une administration puissante dans la première partie du XIXe siècle, le symbole républicain d'une pratique scientifique orientée vers la production massive de données numériques après 1870. Ces modifications successives de l'observatoire ne sont ni abruptes ni mécaniques; elles se combinent à des exigences, des contraintes et des singularités locales. Les variations d'échelles entre un mode d'être général des pratiques scientifiques et son usage dans la cité garonnaise dessinent à chaque fois un régime de savoirs spécifique à Toulouse.
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Du passé, je ne veux pas faire table rase. le souhaite au contraire, crûment, vous le dévoiler. Dans ces moments d'évanouissement de pans entiers de notre histoire, à l'époque d'un présent déifié débarrassé de toute mise en perspective, à l'ère de l'anachronisme triomphant, au moment où l'information et la transmission sont noyées, emportées par le tsunami du "presque rien" dont parlait Bourdieu, je veux vous mener, avec mon regard, en des terres souvent méconnues, ignorées ou oubliées et je souhaite les ressusciter. Là, dans ces années de guerre et d'Occupation se tissèrent les mondes d'aujourd'hui. En tant que journaliste et acteur militant de ces combats d'hier qui impriment leur marque sur notre univers d'aujourd'hui, je veux vous parler de moi. Non par vanité, mais comme une incitation, par le biais de ces chroniques de continents disparus, à humer des parfums oubliés, à percevoir des ambiances surprenantes, enthousiastes ou angoissantes, à participer à des combats victorieux ou étouffés. le veux aider à comprendre ce nouveau monde et les raisons de son advenue. Et je veux répondre à cette question reprise par des millions de voix : pourquoi être ou avoir été communiste ?
La catastrophe climatique a commencé. Ce désastre annoncé s'accompagne aujourd'hui d'un véritable effondrement politique de notre monde. Tout concourt à la course à l'abîme de l'Humanité : la folie aveugle des pouvoirs et de la finance, l'institutionnalisation de la corruption, l'explosion des inégalités et l'extrême brutalité des relations sociales, la désagrégation des Etats dans l'extension de la guerre et la destruction de la planète. La logique prédatrice d'un capitalisme financier et numérisé emporte les Etats eux-mêmes. Les espoirs révolutionnaires du siècle dernier ont fait naufrage. La démocratie représentative est à la dérive. Grande est alors la tentation du sauve-qui-peut généralisé, qu'il soit individuel ou collectif, du populisme et de l'apartheid climatique. Chacun sait qu'il y a urgence. Nous n'avons plus le temps. d'attendre des décisions qu'aucun gouvernement ne prendra, plus le temps de construire patiemment des stratégies électorales sur des échéances pluriannuelles. L'enjeu d'aujourd'hui n'est pas de sauver coûte que coûte la démocratie représentative mais de faire face ensemble, en commun, à l'apocalypse qui vient. Cette urgence vitale est le moteur des soulèvements contemporains : en 2019 en France avec les Gilets Jaunes, au Chili, en Irak, au Liban, à Hong Kong, en Algérie, en Iran, en Equateur, au Pérou.... Une autre fin du Monde est peut-être possible, celle d'une intervention directe des peuples dans les affaires du Monde et d'une démocratie radicale à la hauteur des défis de l'époque que nous vivons.
Face à l'urgence actuelle de changer ce monde. comment lutter et avec qui ? Peut-on se battre comme femme sans trahir sa culture ? Comment s'organiser simultanément en tant que Noir e et prolétaire ? Doit-on vraiment dénoncer à la fois le racisme, le capitalisme et le patriarcat ? Et surtout, quelles solidarités, quelles alliances construire. autour de quels projets ? Imbrication décortique la complexité des identités, des loyautés et des intéréts de chacun-e dans les mouvements sociaux. L'ouvrage présente l'histoire de luttes guerrillères (Salvador), Indiennes-paysannes (mouvement zapatiste au Mexique) ou Noires (Brésil, République Dominicaine, USA). ainsi que les mouvements de femmes, féministes et lesbiennes du continent. Les femmes des Amériques et des Carabes nous tendent un miroir exceptionnel pour mieux comprendre "l'intersectionnalité" à un moment de foisonnement des luttes, parfois déroutant. Partant du quotidien des mouvements pour parvenir à une véritable "science des opprimées", ce livre s'adresse aussi bien au public curieux qu'aux activistes et au monde de la recherche. l