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L'observatoire de Toulouse aux XVIIIe et XIXe siècles. Archéologie d'un espace savant
Lamy Jérôme
PU RENNES
28,01 €
Épuisé
EAN :9782753504233
Comment saisir un établissement savant dans ses changements, ses évolutions et ses modifications? Quel point de vue adopter pour comprendre les continuités et les ruptures dans l'histoire d'une institution scientifique ? Ce livre entreprend l'archéologie d'un espace savant, l'observatoire de Toulouse aux XVIIIe et XIXe siècles, examiné dans ses multiples dimensions: scientifiques et techniques, sociales et économiques, politiques et culturelles. L'observatoire n'est pas seulement un espace clos sur lui-même, érigé en vue du déploiement de la raison scientifique. C'est aussi une architecture, une collection d'instruments, un lieu de vie pour les astronomes, un symbole pour les acteurs politiques, une surface d'inscription des pratiques savantes, ainsi qu'un point nodal dans un ensemble de réseaux. Ces éléments sont tous travaillés en profondeur par de grands régimes de savoirs qui définissent, pour une époque donnée, la place de la science dans la société. L'observatoire de Toulouse est ainsi tour à tour l'incarnation de la science aristocratique à la recherche de la distinction individuelle au XVIIIe siècle, l'élément quadrillé d'une administration puissante dans la première partie du XIXe siècle, le symbole républicain d'une pratique scientifique orientée vers la production massive de données numériques après 1870. Ces modifications successives de l'observatoire ne sont ni abruptes ni mécaniques; elles se combinent à des exigences, des contraintes et des singularités locales. Les variations d'échelles entre un mode d'être général des pratiques scientifiques et son usage dans la cité garonnaise dessinent à chaque fois un régime de savoirs spécifique à Toulouse.
Science, technique, société : c'est un espace étendu dont la revue semestrielle de sciences humaines et sociales Zilsel propose de cartographier à la fois les régions surpeuplées, les confins méconnus, les espaces désertés et les frontières parfois ignorées. Cette première livraison donne le ton. Elle est composée d'analyses originales basées sur des enquêtes et des réflexions amples, d'essais critiques sur la philosophie d'Alain Badiou, de rééditions de textes classiques, d'un entretien avec l'historien Roger Chartier sur les transformations contemporaines du livre et de l'écrit et, enfin, d'une série de notes critiques d'ouvrages récents. Ces contributions sont documentées, critiques, engageantes et, pour certaines, clivantes. Chacune à sa manière, elles partagent une même ambition, qui est de faire bouger les lignes et les fronts de recherche, d'instiller le doute contre toutes les formes de dogmatisme et d'ouvrir des brèches, pas seulement dans les limites aujourd'hui rognées des mondes universitaires et de la recherche.
Explorer les fronts les plus "chauds" de la recherche sur les sciences et les techniques, confronter les analyses contradictoires, parfois à front renversé, revisiter des contributions importantes et volontiers frondeuses : ce nouveau numéro de la revue Zilsel ne manque pas de matière. Qu'il s'agisse de l'ethnographie des datacenters ou de l'évaluation des prétentions mirobolantes du "neurodroit", la stratégie consiste à dégonfler les baudruches, d'aller y voir de plus près : d'enquêter. Un dossier entier est consacré au néolibéralisme, sur la base d'un long texte de l'historien des sciences économiques Philip Mirowski, qui a le chic pour prendre le contrepied d'à peu près toutes les opinions du moment. Parmi les pièces à verser à l'histoire vive des sciences humaines et sociales, le sommaire comprend également une traduction d'un texte classique d'Edgar Zilsel, dans lequel l'auteur propose une approche neuve et documentée de l'essor de la science moderne. C'est à lire, en plus de relectures fouillées des oeuvres de Pierre Bourdieu et de Michel Foucault. L'un comme l'autre - mais selon des modalités particulières - ont été marqués par le regard anthropologique. Une série de notes critiques, tour à tour favorables ou sceptiques, clôt l'ensemble. On l'aura compris, la revue est désormais lancée, elle navigue à plein régime. Et le voyage ne fait que commencer. Contre vents et marées.
Chaque livraison de Zilsel est l'occasion de nouveaux tests et ajustements critiques. La formule se stabilise (toujours) dans l'improvisation et l'urgence, et ce numéro 6 d'ajouter à ces tâtonnements. Le sommaire comporte des enquêtes sur l'histoire sociologique de l'économie agraire en Roumanie, la saisie d'une dispute épistémologique entre Jean-Claude Gardin et Jean-Claude Passeron, l'étude de la structuration des réseaux de "Normale Sup'". Une synthèse bibliographique sur les ingénieries de l'environnement en Afrique complètes ces tentatives d'épuisement. Le dossier fait le point sur l'émergence du problème de l'intégrité scientifique, à partir d'un cas particulièrement retentissant ces dernières années - ce que divers médias ont construit comme "l'affaire Olivier Voinnet". Pour envisager cette question dans tous ses aspects, y compris les plus controversés, la revue risque un positionnement scientifique et politique sur la crête, notamment en intégrant une contribution réflexive du premier intéressé. Ce double registre de l'analyse scientifique et de l'intervention politique sur le devenir des sciences anime également l'éditorial invité, qui porte sur les menaces que fait peser le capitalisme sur le travail des femmes et hommes de science. En plus de ces articles, ce numéro intègre des "Libres échanges" avec le sociologue Nicolas Dodier, qui sont l'occasion de reconstituer les fils d'une carrière et de contributions importantes au domaine STS. On trouvera également un texte inédit en français de Ludwik Fleck, pionnier des études sociales des sciences et techniques, "A propos de la crise de la "réalité"" (1929), ainsi que des critiques d'ouvrages portant sur des sujets aussi variés que les ondes gravitationnelles, la cybernétique en France, le gouvernement de la pollution industrielle, les soi-disant racines philosophiques du "macronisme", l'eugénisme et le racisme pop d'un "expert médiatique" qui s'est essayé au roman de science fiction, l'ethnographie ethnographiée par la police politique secrète sous l'ère communiste en Roumanie. On l'aura compris, ce Zilsel 6 n'est pas résumable, il part dans de multiples sens, et c'est pourquoi la rédaction est particulièrement heureuse de le mettre en circulation. Un 6 soit-il.
A la croisée des méthodes de l'anthropologie et des sources mobilisées par les historiens et historiennes, s'est développée, à partir des années 1970, une voie singulière, celle de l'anthropologie historique. Ni discipline autonome, ni simple spécialité, elle a constitué un moment fécond dans l'histoire des sciences sociales, en France (autour de la revue Annales et des séminaires de l'Ecole des hautes études en sciences sociales), mais aussi aux Etats-Unis (historical anthropology), en Italie (microstoria) ou en Allemagne (Alltagsgeschichte). Portée par les héritages du structuralisme, cette démarche a déplacé les regards vers des objets longtemps tenus à l'écart de l'analyse historique : mythes et rituels, gestes du quotidien, corps et sensibilités, croyances, images, traces du passé. A travers ces enquêtes, c'est une autre manière d'écrire l'histoire qui s'affirme attentive aux formes de pensée, aux structures profondes et aux représentations qui façonnent l'ordinaire. En retraçant l'histoire intellectuelle et institutionnelle de ce courant, cet ouvrage explore les principaux terrains qu'il a investis : la famille, le corps et la sexualité, les rythmes du quotidien, les émotions et les sensibilités, le pouvoir et la violence, les images et les croyances, les savoirs et leur transmission. Il donne ainsi à voir ce que produit le croisement, fécond, entre histoire et anthropologie : de nouvelles façons d'interroger le passé, et de renouveler les cadres de compréhension du monde social.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.