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Au fondement de l'éthique. Autostance et relation
Labarrière Pierre-Jean
KIME
15,30 €
Épuisé
EAN :9782841743483
La science morale se présente, le plus souvent, comme une réflexion portant sur la nature de la conscience et de son rapport à la loi. Le présent ouvrage entend montrer combien plus fondamentale est une visée éthique qui, tout en ne méconnaissant pas cette exigence, se montre attentive aux problèmes de déontologie qui se posent dans telle ou telle branche de l'activité humaine. Mais elle s'attache surtout à un traitement logique de la question très ancienne du même et de l'autre : de la relation, en somme, entre un je singulier et les conditionnements qui naissent de l'inscription de ce "sujet" dans un ensemble inter-humain. Autostance et relation : cet ouvrage s'efforce de montrer que la singularité de chacun - son "autostance", ou le fait qu'il lui faille "tenir debout par lui-même" - ne s'inscrit pas en marge des rapports qui sont ceux de tout sujet singulier avec la totalité de son environnement humain. Le solipsisme du sujet ne peut être conjuré que s'il accepte d'agir à partir de la relation qu'il entretient avec l'autre. Dans un acte de double "reconnaissance", et de soi-même et de l'autre.
Greisch Jean ; Labarrière Pierre-Jean ; Meschonnic
La poésie ne s'impose plus, elle s'expose " : c'est ce qu'écrivait le poète Paul Celan le 26 mars 1969, exactement trente ans avant les célébrations du premier " Printemps des poètes ". Ce qui vaut de la poésie vaut évidemment aussi de la philosophie et de la mystique : elles aussi ne s'imposent plus depuis longtemps. Est-ce à dire qu'elles aient cessé d'exister ou soient condamnées à disparaître à plus ou moins brève échéance ? Refusant d'assigner comme seule tâche à la philosophie l'analyse des concepts, en rejetant le dire poétique dans la pure expressivité et le dire mystique dans l'Ineffable, trois philosophes, une spécialiste de la littérature mystique médiévale et un des principaux théoriciens français de la poétique donnent ici leur réponse personnelle à ces interrogations.
1807 : au sortir de l'époque révolutionnaire et en pleine tourmente napoléonienne, Hegel, prenant la mesure des temps nouveaux qui s'annoncent, se dresse contre les deux dangers de l'heure la séduction de l'immédiat qui relève d'un certain romantisme philosophique ou religieux, et la croyance en la toute-puissance d'une idée réduite à l'intériorité subjective. Dualisme et formalisme barrent en effet la route au penser concret dont l'époque a besoin, un penser capable d'unir réflexivement intériorité et extériorité, sujet et objet, logique et histoire. La Phénoménologie de l'esprit expose cette méthode, en déployant un chemin d'expérience de la conscience depuis son savoir premier (certitude sensible) jusqu'à son accomplissement sous la figure de la liberté (savoir absolu). La raison secrète qui justifie une telle lecture des représentations communes, c'est le négatif qui habite l'homme, véritable outil conceptuel pour une clarification de son savoir. De la conscience à la science, cet ouvrage épouse donc les méandres d'une logique à l'oeuvre derrière les phénomènes auxquels l'homme doit se mesurer dans sa vie culturelle, politique et religieuse.
Croire, comprendre. S'agit-il d'une alternative qui dessinerait une double voie d'accès au réel ? Ou bien de deux modes de connaissance de portée différente, l'une s'imposant en relais de l'autre, pour suppléer son incapacité quand il en va du vrai ? Ces deux actes de l'esprit demandent bien plutôt à être honorés de concert, selon leur foncière présupposition mutuelle. Car il n'est pas d'adhésion de foi sans un engagement de l'intelligence garant de liberté et d'universalité ; et pas de quête de la raison qui n'appelle une décision, option qui relève toujours d'une foi et qui l'inscrit dans une détermination d'histoire. Cette recherche, qui a pour point de départ une certaine intelligence du christianisme, tente de montrer comment les dimensions de la réflexion et de l'adhésion, en tout homme et en toute tradition, s'articulent l'une à l'autre dans un véritable " humanisme mystique ".
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.