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Maurice Blanchot et la tradition juive
Hoppenot Eric ; Marty Eric
KIME
35,00 €
Épuisé
EAN :9782841746989
Dans l'oeuvre critique de Blanchot, l'intertexte biblique occupe une place singulière puisque "tout livre est d'essence théologique". A travers l'étude des archives de Blanchot, la présente recherche analyse la manière dont il s'approprie plusieurs intertextes de la tradition juive. Il apparaît qu'au-delà du commentaire de ces oeuvres, Blanchot gomme fréquemment les frontières entre son discours et les intertextes cités, il tend à une hétérogénéité masquée qui se réclame d'une écriture de l'anonymat. Outre cet effet d'exogreffe, la tradition juive est l'objet d'un incessant questionnement à partir duquel se constitue une véritable mythographie du juif : la naissance du langage, le sacrifice, le nomadisme, l'exil, l'exode, la révélation, l'interprétation de la loi. Par ailleurs, les derniers textes de Blanchot, particulièrement les écrits fragmentaires laissent entrevoir une pensée messianique qui subvertit radicalement notre pensée du temps.
J'écris maintenant à nouveau ce que j'ai entendu, ce qui m'a été confié. Pourtant cela ne m'a pas été confié comme un secret que je devrais garder, seule m'a été immédiatement confiée la voix qui a parlé, le reste n'est pas un secret, plutôt de la poussière de paille ; et ce qui s'envole de tous côtés quand le travail est fait, c'est cela qui peut être communiqué, car cela n'a pas la force de rester tranquille, dans un abandon silencieux, lorsque ce qui lui a donné la vie s'est dissipé en fumée.
Résumé : Paris, 1612. Un jeune peintre, qui ne sait pas qu'il deviendra le grand Nicolas Poussin. Un maître reconnu, François Porbus. Et face à eux, Frenhofer, un vieil artiste, envoûtant et inquiétant, qui cache jalousement le chef-d'oeuvre de sa vie. Poussin et Porbus découvriront-ils le tableau de Frenhofer ? Et qu'y verront-ils vraiment ? La nouvelle de Balzac pose avec force la question de la création artistique, aux antipodes du marché médiatique moderne. Une approche vivante : - L'auteur, le contexte et les repères historiques à la portée des élèves ; - Des questions d'histoire littéraire ; - Une frise chronologique. Des outils complets : - Des questionnaires avec des textes écho sur les scènes clés ; - Les thèmes de l'oeuvre ; - Des groupements de textes ; - Un sujet de BAC ; - Des approches thématiques : L'oeuvre en débat : Un manifeste pour la peinture moderne ? Question d'actualité: "Alors, c'est de l'art, ça ?" ; - Un lexique. Interview exclusive d'Adrien Goetz, écrivain et historien d'art. Analyse d'images : Un dossier iconographique en couleurs sur la peinture impressionniste.
Totalité et infini (1961), oeuvre majeure d'Emmanuel Levinas, est l'exposé de l'éthique de l'altérité qui a fait de lui l'une des figures les plus marquantes de la philosophie du XXe siècle. Dans la trace de lectures multiples (Husserl, Heidegger, Descartes, Platon ou encore Rosenzweig), il y déploie une philosophie éthique qui se départit de tout fondement ontologique. Si Totalité et infini est bien une "oeuvre de ruptures", c'est qu'elle se donne pour projet de rompre avec l'histoire de la philosophie qui donne le primat au même et à la totalité. Penser l'existence, l'advenue au monde et sa signification, à partir de la présence d'autrui, tel est l'ambitieux projet d'Emmanuel Levinas. Ne plus inscrire le "Je" comme fondement de la pensée, tel est son geste révolutionnaire. La relance du motif fondamental de l'"il y a", les gestes de rupture avec la figure de la totalité et certaines traditions de la phénoménologie, de l'épistémologie, voire de la philosophie analytique, l'actualité de l'oeuvre et l'apport pratique de Totalité et infini à l'interprétation du monde contemporain (justice, politique, éducation), le dialogue entre Totalité et infini et des pensées qui ont nourri ou qui ont croisé certains motifs de la pensée de Levinas - Henri Bergson, René Girard, Maurice Blanchot : tels sont les enjeux explorés dans ce livre.
Je suis un labyrinthe, et j'y suis enfermé. Méandres et Néant est le relevé des empreintes de pas d'une aventure spirituelle, celle qui consiste à accepter que l'existence n'est pas un chemin mais un enchevêtrement de boucles, à accepter que notre seule profondeur est, puisque l'on ne fait que tourner en rond, l'usure du sol, et que le Néant se trouve juste en dessous, et que le sol n'est pas très épais, à accepter que ce relevé d'empreintes de pas, débutant sur la prise de conscience de l'implacable temporalité, ne nous conduise qu'à notre point de départ, la prise de conscience de l'implacable temporalité. Les mots de cette phrase, ne servant qu'à cerner les blancs qui partout cernent les mots de cette phrase, me cernent dans la boucle où se creusent mes cernes... Je suis un labyrinthe, et j'y suis enfermé. " Stéphane Sangral. "Il faut lire la poésie de Sangral, elle nous invite à explorer les vertiges d'une conscience qui se voit se voir; ce n'est pas la sienne, c'est la nôtre, lorsque nous consentons à quitter les rivages pour nous exposer au déséquilibre." Eric Hoppenot.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.