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Méandres et néant
Sangral Stéphane ; Hoppenot Eric
GALILEE
9,00 €
Épuisé
EAN :9782718608860
Je suis un labyrinthe, et j'y suis enfermé. Méandres et Néant est le relevé des empreintes de pas d'une aventure spirituelle, celle qui consiste à accepter que l'existence n'est pas un chemin mais un enchevêtrement de boucles, à accepter que notre seule profondeur est, puisque l'on ne fait que tourner en rond, l'usure du sol, et que le Néant se trouve juste en dessous, et que le sol n'est pas très épais, à accepter que ce relevé d'empreintes de pas, débutant sur la prise de conscience de l'implacable temporalité, ne nous conduise qu'à notre point de départ, la prise de conscience de l'implacable temporalité. Les mots de cette phrase, ne servant qu'à cerner les blancs qui partout cernent les mots de cette phrase, me cernent dans la boucle où se creusent mes cernes... Je suis un labyrinthe, et j'y suis enfermé. " Stéphane Sangral. "Il faut lire la poésie de Sangral, elle nous invite à explorer les vertiges d'une conscience qui se voit se voir; ce n'est pas la sienne, c'est la nôtre, lorsque nous consentons à quitter les rivages pour nous exposer au déséquilibre." Eric Hoppenot.
Pour envisager les rapports entre le soi et l'autre, l'auteur sollicite l'éthique, la justice, la politique, la mondialisation, la discrimination identitaire, le nationalisme, la religion, l'argent, le sexe ou encore l'amour. Son entreprise intellectuelle consiste à désacraliser le groupe et l'individu et à comprendre comment tout mène à la fois à soi et à l'autre.
Creusant ces matériaux que sont la pensée et le langage avec ces outils que sont le langage et la pensée, Stéphane Sangral creuse également, dans cette boucle infernale et fascinante, une brèche. Peut-être peut-on résumer ce livre, peut-être même toute l'oeuvre sangralienne, à l'exploration minutieuse de cette brèche...
A l'hôpital de la Conception, à Marseille, où Rimbaud est mort, un foetus s'exprime - et s'informe, s'instruit, dispute ! - avant de décider s'il débarquera un ou non dans ce bas monde... Tels sont les effets imprévus, et indésirables, d'une expérience de clonage humain. Quoique censément interdite, donc clandestine, la voici ébruitée et aussitôt "peopolisée" par journaux, radios et télés... Le narrateur arrive bien trop tard pour faire sienne la voix du foetus babillard. S'agirait-il d'un conte satirique ?
Au fil d'une sorte de journal rédigé en 1948-49 par un garçon de 17 ans s'égrènent ici les mauvais souvenirs d'une enfance sous l'Occupation. Dans un "bon vieux lycée" d'autrefois, strictement masculin et discipliné, le jeune garçon vivre une période de sa vie propice à des camaraderies et des inimitiés "viriles" chahutant les codes établis. Ce sera le temps de l'initiation amoureuse dans un monde de ségrégation sexuelle où l'avortement est encore hors-la-loi.
Démocrite fut dans la Grèce antique un philosophe matérialiste fêté, qui parcourut le monde. Lors de son périple jusqu'en Inde, il a constaté la vilenie des hommes, à la suite de quoi il fit construire une petite cabane au fond de son jardin pour y finir en sage le restant de ses jours. Je nomme tentation de Démocrite et recours au forêt ce mouvement de repli sur son âme dans un monde détestable. Le monde d'avant-hier, c'est celui d'aujourd'hui, ce sera aussi celui de demain: les intrigues politiques, les calamités de la guerre, les jeux de pouvoir, la stratégie cynique des puissants, l'enchaînement des trahisons, la complicité de la plupart des philosophes, les gens de Dieu qui se révèlent gens du Diable, la mécanique des passions tristes ? envie, jalousie, haine, ressenti-ment le triomphe de l'injustice, le règne de la cri-tique médiocre, la domination des renégats, le sang, les crimes, le meurtre... Le repli sur son âme consiste à retrouver le sens de la terre, autrement dit, à se réconcilier avec l'essentiel: le mouvement des astres, la logique de la course des planètes, la coïncidence avec les éléments, le rythme des saisons qui apprennent à bien mourir, l'inscription de son destin dans la nécessité de la nature. Fatigué des misères de ce temps qui sont les ancestrales souffrances du monde, il faut planter un chêne, le regarder pousser, débiter ses planches, les voir sécher et s'en faire un cercueil dans lequel on ira prendre sa place dans la terre, c'est-à-dire dans le cosmos.
La publication d'un Carnet soviétique écrit lors d'un voyage effectué en URSS en 1983 est l'occasion de critiquer ce que je nomme la gauche bifide - l'une libérale, l'autre robespierriste -, au nom d'une autre gauche : celle de l'individualisme libertaire. Pour ce faire, il faut penser l'impensé de la gauche. Penser l'impensé de la gauche, est-ce vouloir la fin de la gauche ? C'est vouloir plutôt la fin de cette gauche bifide et promouvoir une gauche qui en est très exactement l'antipode : celle de l'individualisme libertaire, forte de singularités qui installent dans l'Histoire leur révolte et leur rébellion, leur insoumission véritable et leur indocilité concrète au nom de la liberté. Doline avait bien raison - c'était la leçon de sa Révolution inconnue qui fut mon livre de chevet lors de ce séjour en URSS, c'est son esprit libertaire qui m'a animé et m'anime encore jusqu'à cette heure où je vois les Gilets Jaunes mourir d'avoir été mordus par Macron puis étouffés par les anneaux constricteurs de Mélenchon.