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Helvetia Park
Gonseth Marc-Olivier ; Laville Yann ; Mayor Grégoi
MEN
46,00 €
Épuisé
EAN :9782880780357
Catalogue de l'exposition Helvetia Park - conçue en collaboration avec la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia - qui interroge les points de contact et de friction entre différentes conceptions de la culture en Suisse aujourd'hui, cet ouvrage est richement illustré et agrémenté d'articles rédigés par des anthropologues, des muséologues, des historiens, des écrivains et des journalistes. Le propos s'articule autour de onze attractions d'une fête foraine conçus pour voyager et faire sens individuellement. Leur forme esthétique répond étroitement à celle des baraques foraines classiques mais développe des récits contrastés en lien avec le thème de la culture, ses multiples définitions et les enjeux de pouvoir qui la travaillent. Ainsi le jeu de massacre permet-il d'évoquer l'aspect cathartique de la culture critique, incarnée notamment par les humoristes, caricaturistes et autres bouffons modernes ; les auto-tamponneuses désignent les glissements et télescopages permanents entre divers domaines et systèmes de définition ; le tir-pipes aborde le thème du goût et de la distinction sociale ainsi que l'intérêt croissant portés aux produits dérivés par de nombreuses institutions culturelles ; le carrousel évoque le cycle des rites calendaires, l'illusion qu'ils sont immuables et la croyance qu'ils renvoient aux origines de la société; une baraque de voyante permet aux experts de dérouler leurs prophéties et de distribuer leurs conseils généralement payants ; un palais des glaces met en abîme l'individu et son rapport au paysage, donné pour naturel mais en réalité construit de A à Z ; un train fantôme dresse un bilan des crises artistiques ayant jalonné l'histoire du pays et suscité de vifs débats quant à son image internationale ; un petit cinéma juxtapose le glamour potentiel et l'austérité effective du cinéma suisse ; et un "freakshow" interroge la manière dont s'établissent les frontières entre normalité et monstruosité, ceci tant à l'égard des personnes que des objets. Le parcours d' Helvetia Park permet de se confronter à la variété des formes, des constructions et des croyances culturelles qui nous environnent, et de mieux se positionner face à elles.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de travail des collaborateurs du Musée d'ethnographie de Neuchâtel afin de produire une synthèse des connaissances disponibles à son propos au moment de fêter le Centenaire de l'Institution. Une première partie évoque les origines du Musée, du Cabinet d'histoire naturelle du Général Charles Daniel de Meuron (XVIIIe siècle) à la création par Jean Gabus du concept de "musée-spectacle" (années 1950), en passant par l'inauguration du Musée dans son périmètre actuel (1904), l'étude du bâtiment et de ses transformations, l'époque coloniale, la mission angolaise des années trente, le développement du Musée et de l'Institut d'ethnologie qui partage son espace et son destin, ainsi que les personnalités qui ont marqué le lieu comme Charles Knapp, Théodore Delachaux et Jean Gabus (conservateurs successifs) ou comme Gustave Jéquier et Arnold van Gennep (savants proches du Musée). L'analyse d'une série d'objets des collections qui sont autant de coups de coeur pour des auteurs extérieurs clôt cette partie initiale. La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée aux expositions qui ont fait le succès du lieu, de la démarche pionnière de Théodore Delachaux à la mise sur orbite des expositions temporaires prestigieuses par Jean Gabus, suivie par les années de rupture avec la muséographie classique développée par Jacques Hainard et Marc-Olivier Gonseth. L'ouvrage s'achève sur une série de regards extérieurs posés sur l'institution par des chercheurs proches de l'ethnologie, de la muséologie et de la communication.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
Le poids des collections ethnographiques fait problème. Le musée d'ethnographie n'est plus le laboratoire indispensable aux recherches de terrain qu'il fut jusque dans les années soixante. Devenu musée d'histoire des sociétés autres et des rapports que nous avons entretenus avec elles, il tend aujourd'hui à figer des formes, à juxtaposer des styles, à présenter des segments d'altérité sous forme de dioramas ou à commémorer les grandes missions passées. Il ne parvient plus à toucher le grand public qu'en misant sur le caractère esthétique des chefs-d'oeuvre légitimés par l'histoire, les institutions s et les collectionneurs. Dans cette optique, l'équipe du MEN a invité une série de collègues et amis à réfléchir à un nouveau programme pour la discipline, qu'il s'agisse de revitaliser les anciens paradigmes ou d'en proposer de nouveaux. Loin d'entériner un enterrement de l'ethnographie, leurs contributions prouvent à quel point celle-ci peut se révéler pertinente dès qu'elle est mise en pratique avec imagination et esprit critique.
Gonseth Marc-Olivier ; Laville Yann ; Mayor Grégoi
Sous le titre Figures de l'artifice, l'équipe du MEN propose une réflexion sur le rapport que les sociétés de ce début du XXIe siècle entretiennent avec les technologies de pointe susceptibles de modifier dans un proche avenir la carte et les frontières de l'humain. Abordant tour à tour l'écart Homme-Homme, Homme-dieu, Homme-animal et Homme-machine, elle associe des figures choisies tant dans le domaine des pratiques sociales et des recherches scientifiques que dans celui des récits mythiques et populaires. Désir narcissique de remodeler les corps par une approche esthétique de moins en moins discrète, rêve démiurgique de donner vie aux objets et aux corps inanimés, pouvoir de pénétrer au coeur du codage génétique et d'en modifier la carte en mélangeant les genres, volonté obstinée de réparer et d'augmenter les ressources corporelles confrontées aux obstacles de l'infirmité et de la compétition, tentation de s'extraire du corps pour devenir pur esprit capable de pénétrer les réseaux d'information, telles sont quelques-unes des directions explorées par l'exposition et présentées dans cet ouvrage. L'exposition s'appuie pour ce faire sur le destin d'un personnage appartenant à la mythologie grecque, qui suit une trajectoire complexe dans le domaine de la recherche et de ses applications : Dédale, à la fois sculpteur, architecte, ingénieur, voire roboticien, ainsi que meurtrier impulsif et stratège roublard, sachant tirer parti mais également s'extraire de ses propres créations. Devenu nom commun, le dédale est aussi ce parcours initiatique que tout individu doit parcourir en affrontant ses peurs enfouies et ses espoirs déçus, et dont il ne croit s'évader qu'en développant de nouvelles aptitudes repoussant les contraintes de sa condition. Le coeur de l'exposition permet à cet effet de poser ouvertement la question du sens de nos parcours et de nos choix dans un contexte où l'instant présent et la navigation à vue tiennent lieu d'horizon mental et de mode d'orientation. Catalogue de l'exposition, cet ouvrage richement illustré est enrichi de schémas, de notes manuscrites, de photos et de plans conceptuels des différentes phases de conception de l'exposition.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
Des auteurs appartenant à différents domaines du savoir ont accepté de participer à l'élaboration du livre qui accompagne le volet MEN de l'exposition La grande illusion. Un espace de liberté total leur a été offert. Ils ont pu ainsi développer à leur guise une facette de la thématique leur tenant à coeur et sur laquelle ils ont accepté de poser un regard incisif et réflexif. L'ouvrage qui en résulte aborde une bonne partie des domaines explorés parallèlement par les muséologues : approche analytique et poétique, réflexion éthique et esthétique, mise en perspective anthropologique et historique.
Les musées ont-ils un "mal nécessaire" ? En même temps qu'ils prolifèrent de manière presque inquiétante et sous les formes les plus antagonistes, les musées, en ce dernier quart du XXe siècle, soulèvent des débats particulièrement animés. Si répandue qu'elle soit, l'institution procède d'une conception spécifiquement occidentale du temps qui passe, impliquant une dimension de l'espace nécessaire à son déroulement, à quoi s'oppose celle du temps qui dure des civilisations "archaïques" et "primitives" . Le repli nostalgique que manifeste la multiplication des musées est signe d'une angoisse face à l'avenir, d'où sans doute la crise qu'ils semblent traverser actuellement. Conservatoires incomplets et imparfaits d'un passé qui fuit, troublés par la perte de consensus du temps présent, impuissants à saisir le futur, ils subissent la critique tant des modernistes que des classiques.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
L'expérience muséographique qui a donné lieu au présent ethnopoche constitue une première mondiale : un musée québécois, un musée français et un musée suisse s'associent pour assembler trois volets d'une réflexion ethnologique présentée au MEN en 1995, au Musée dauphinois de Grenoble en 1996 et au Musée de la Civilisation de Québec en 1997. L'équipe du MEN a choisi la voie pluridisciplinaire pour explorer les arcanes de la différence. Donnant carte blanche aux auteurs dont elle a sollicité la participation, elle a exploré en leur compagnie les limites du concept retenu, investissant l'écart qui sépare diversité et différence, description et jugement de valeur, science et sens commun, vie quotidienne et utopie. Dans son texte et dans ses marges, l'ouvrage ainsi constitué met à jour quelques particularités fondamentales de notre modernité, issues de la distance à la fois minimale et considérable qui sépare 0 de 1 : l'appel du vide, l'évanescence des signes, la perte des repères et l'hégémonie du virtuel.
L'équipe du Musée a porté son regard sur quelques dates de l'histoire suisse, trouvant là prétexte à parler des autres en puisant dans l'ensemble des collections. "Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le père, de la maison Dieu père fils Saint Esprit et Cie, pousse un immense soupir de satisfaction, aussitôt deux ou trois petits nuages subalternes éclatent avec obséquiosité et Dieu père s'écrie : "Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils bien aimé a la croix, ma maison est lancée !"" Jacques Prévert. 1947. Paroles. Paris : Point du Jour : p. 36.
Résumé : Dans cette arche de papier, ne seront sauvés ni un éléphant rose, ni une puce savante, ni un montre du loch Ness, ni un percheron invalide encore moins une vache laitière... Mais une blatte repoussante, un écureuil trop chéri, un porc réduit à sa carcasse, un ourson allaité au sein, un cochon d'Inde scientifiquement engraissé, un insecte comestible à défaut d'une pièce de boeuf à griller, une chauve-souris mystérieuse, un renard rivalisant avec son chasseur, un cheval prétexte, un scarabée à épingler et un chien familier... Et bien sûr, quelques savants, professeurs et chercheurs, ethnologues, naturalistes ou même collectionneurs ! Abordant sous plusieurs angles la relation homme-animal, les contributions des différents auteurs permettent de mieux cerner les rapports complexes qu'entretiennent ces deux mondes vivants, séparés mais étroitement solidaires. Ils dessinent une approche du droit à la différence et, en filigrane, posent la question si actuelle du spécisme.