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Le musée cannibale
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
MEN
16,50 €
Épuisé
EAN :9782880780272
Le poids des collections ethnographiques fait problème. Le musée d'ethnographie n'est plus le laboratoire indispensable aux recherches de terrain qu'il fut jusque dans les années soixante. Devenu musée d'histoire des sociétés autres et des rapports que nous avons entretenus avec elles, il tend aujourd'hui à figer des formes, à juxtaposer des styles, à présenter des segments d'altérité sous forme de dioramas ou à commémorer les grandes missions passées. Il ne parvient plus à toucher le grand public qu'en misant sur le caractère esthétique des chefs-d'oeuvre légitimés par l'histoire, les institutions s et les collectionneurs. Dans cette optique, l'équipe du MEN a invité une série de collègues et amis à réfléchir à un nouveau programme pour la discipline, qu'il s'agisse de revitaliser les anciens paradigmes ou d'en proposer de nouveaux. Loin d'entériner un enterrement de l'ethnographie, leurs contributions prouvent à quel point celle-ci peut se révéler pertinente dès qu'elle est mise en pratique avec imagination et esprit critique.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
Des auteurs appartenant à différents domaines du savoir ont accepté de participer à l'élaboration du livre qui accompagne le volet MEN de l'exposition La grande illusion. Un espace de liberté total leur a été offert. Ils ont pu ainsi développer à leur guise une facette de la thématique leur tenant à coeur et sur laquelle ils ont accepté de poser un regard incisif et réflexif. L'ouvrage qui en résulte aborde une bonne partie des domaines explorés parallèlement par les muséologues : approche analytique et poétique, réflexion éthique et esthétique, mise en perspective anthropologique et historique.
Gonseth Marc-Olivier ; Laville Yann ; Mayor Grégoi
Avec La marque jeune, l'équipe du MEN aborde les relations complexes qui s'instaurent entre la jeunesse, la contestation et la consommation. Elle interroge le discours d'insécurité qui prévaut aujourd'hui à l'aune des événements qui se sont produits depuis les années 1950 et des commentaires pour le moins répétitifs qu'ils ont suscités. Elle formule l'hypothèse que, loin de provoquer le chaos, la rébellion récurrente des plus jeunes contribue à dynamiser la société dans son ensemble. Elle souligne également l'importance paradoxale des figures et des rites de la révolte non seulement sur le plan de la consommation culturelle, dont ils sont manifestement l'un des moteurs principaux, mais également sur celui de la socialisation et de l'intégration sociale. Une quinzaine d'auteurs ont répondu à l'invitation visant à enrichir notre réflexion par des collaborations extérieures. Leurs contributions ont été intégrées dans l'espace conceptuel qui leur convenait le mieux. Elles offrent un prolongement immédiat et une relance bienvenue aux diverses thématiques abordées dans l'exposition. Le présent ouvrage offre ainsi tout à la fois un compte rendu, un catalogue et un recueil d'articles.
Gonseth Marc-Olivier ; Knodel Bernard ; Reubi Serg
Avec Retour d'Angola, l'équipe du MEN revient sur un épisode-clé de l'histoire de l'institution : la 2e Mission scientifique suisse en Angola (MSSA), qui fut menée par des chercheurs neuchâtelois de 1932 à 1933 et qui a fourni au Musée une part importante de ses collections africaines. En s'intéressant plus particulièrement à Théodore Delachaux (1879-1949), artiste, collectionneur, scientifique, membre de l'expédition et conservateur du Musée d'ethnographie de 1921 à 1945, ses "après-venants" questionnent aussi bien le propos de la Mission que les enjeux actuels liés à l'étude et à la conservation des matériaux récoltés. Du terrain aux réserves, entre objets "stars" et collections à peine déballées, s'esquissent tout à la fois les paradoxes inhérents aux pratiques ethnographique et muséale ainsi que les débats liés aux moyens nécessaires pour en assumer l'héritage. Un tel examen du passé requiert une approche critique, puisqu'il ne s'agit pas d'endosser naïvement les catégories de pensée en vigueur à l'époque, mais également une capacité de recul, puisqu'il ne s'agit pas non plus de juger les prédécesseurs à partir des postures intellectuelles contemporaines. Le dispositif choisi fait ressortir les singularités et les différences de sensibilité entre hier et aujourd'hui à partir des matériaux produits par les participants à la Mission eux-mêmes, la scénographie portant le regard critique de manière non péremptoire et le visiteur devenant le filtre à partir duquel le passé peut être à la fois compris et mis en perspective. Retour d'Angola offre par ailleurs à l'équipe du MEN l'occasion de faire découvrir un ensemble d'objets et de photographies unique au monde, dont la majeure partie n'a plus été montrée au public depuis les années 1940 et d'inaugurer une nouvelle sorte d'exposition temporaire de longue durée dédiée à la mise en valeur des collections du Musée. Dépassant le catalogue d'exposition classique, l'ouvrage Retour d'Angola ¬s'inscrit dans la lignée éditoriale ouverte avec Figures de l'artifice. Etroitement lié au déroulement narratif de l'exposition, il est construit selon la même articulation que les espaces d'exposition. Chaque chapitre comporte une documentation visuelle de l'exposition puis un catalogue des pièces exposées et enfin une ou plusieurs contributions développant ou discutant les thématiques abordées. Bien qu'il n'épuise pas l'étude et la compréhension de la 2e MSSA et de ses retombées, l'ouvrage est également l'occasion de présenter et d'exploiter des documents pour la plupart inédits.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
Cet ouvrage est le fruit de plusieurs années de travail des collaborateurs du Musée d'ethnographie de Neuchâtel afin de produire une synthèse des connaissances disponibles à son propos au moment de fêter le Centenaire de l'Institution. Une première partie évoque les origines du Musée, du Cabinet d'histoire naturelle du Général Charles Daniel de Meuron (XVIIIe siècle) à la création par Jean Gabus du concept de "musée-spectacle" (années 1950), en passant par l'inauguration du Musée dans son périmètre actuel (1904), l'étude du bâtiment et de ses transformations, l'époque coloniale, la mission angolaise des années trente, le développement du Musée et de l'Institut d'ethnologie qui partage son espace et son destin, ainsi que les personnalités qui ont marqué le lieu comme Charles Knapp, Théodore Delachaux et Jean Gabus (conservateurs successifs) ou comme Gustave Jéquier et Arnold van Gennep (savants proches du Musée). L'analyse d'une série d'objets des collections qui sont autant de coups de coeur pour des auteurs extérieurs clôt cette partie initiale. La deuxième partie de l'ouvrage est consacrée aux expositions qui ont fait le succès du lieu, de la démarche pionnière de Théodore Delachaux à la mise sur orbite des expositions temporaires prestigieuses par Jean Gabus, suivie par les années de rupture avec la muséographie classique développée par Jacques Hainard et Marc-Olivier Gonseth. L'ouvrage s'achève sur une série de regards extérieurs posés sur l'institution par des chercheurs proches de l'ethnologie, de la muséologie et de la communication.
Pourquoi "Les femmes" ? Un tel sujet d'exposition, un tel titre pour la publication qui l'accompagne, ne manquera pas d'étonner. Considérant que l'opposition homme/femme n'a de naturel que son fondement biologique, que les chercheurs de tous horizons ont abondamment traité des questions sociologiques et historiques fondamentales, et que les ethnologues sont des observateurs d'énoncés plus que des moralistes, les concepteurs de l'exposition et du livre qui l'accompagne ont opté pour la question, centrale, de la construction, de la reproduction et de l'évolution sociales des catégories de sexe. Y a-t-il effacement ou remplacement progressif de ces catégories dans une société où droit et bioéthique, génétique et technologie médicale participent d'une refonte complète de l'ancien système de balises, malgré la morale et la religion ; et si tel est le cas, quelles en seront les conséquences ? Derrière les divers points de vue adoptés par les seize auteurs participant à cet ouvrage collectif transparaît le malaise social qui s'instaure dès que les catégories se dissolvent ; le besoin d'ordre ne serait-il jamais aussi manifeste que lorsque les frontières s'estompent ?
Hainard Jacques ; Kaehr Roland ; Milliet Jacquelin
Cet ouvrage propose une réflexion sur la valeur et sur l'arbitraire du regard et réutilise au passage toutes les données préalablement traitées dans les expositions précédentes. L'association des mots "salon" et "ethnographie" a de quoi surprendre. Or tous les sens du mot "salon" sont liés à la notion d'exposer, bonne occasion de regarder à nouveau l'objet. Toutes les théories qui le concernent sont à la fois justes et fausses mais l'objet-témoin n'existe pas, pas plus que l'objet-vérité; la vérité d'aujourd'hui est souvent celle issue d'un consensus d'experts gérant le marché de l'art, démarche qui relève de l'arbitraire. La finalité de tout Salon, qui procède à une sélection pour choisir le "meilleur" , est de créer et accroître la valeur d'objets ou d'idées qui n'en possèdent pas ou qui en possèdent moins avant d'être accueillis dans le lieu magique qui les consacre. Puisque ce qui caractérise le Salon de notre époque est notamment le fait de produire de la valeur marchande, comment ne pas illustrer ce mécanisme trop souvent méconnu de constitution de valeurs économiques à partir de l'univers ethnographique ? Ainsi, les objets ethnographiques sont-ils d'abord appréhendés par des types d'acteurs distincts qui les déploient très différemment dans leur espace social. Ils sont ensuite transformés par le marché en biens de consommation courants alimentés par l'ethnographie. Mais ils peuvent également, et c'est là l'aspect novateur du propos, disparaître derrière les savoirs induits et laisser le champ libre à une vision opérationnelle de la discipline liée à l'entreprise et au marketing.