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Les femmes
Hainard Jacques ; Kaehr Roland
MEN
4,70 €
Épuisé
EAN :9782880780166
Pourquoi "Les femmes" ? Un tel sujet d'exposition, un tel titre pour la publication qui l'accompagne, ne manquera pas d'étonner. Considérant que l'opposition homme/femme n'a de naturel que son fondement biologique, que les chercheurs de tous horizons ont abondamment traité des questions sociologiques et historiques fondamentales, et que les ethnologues sont des observateurs d'énoncés plus que des moralistes, les concepteurs de l'exposition et du livre qui l'accompagne ont opté pour la question, centrale, de la construction, de la reproduction et de l'évolution sociales des catégories de sexe. Y a-t-il effacement ou remplacement progressif de ces catégories dans une société où droit et bioéthique, génétique et technologie médicale participent d'une refonte complète de l'ancien système de balises, malgré la morale et la religion ; et si tel est le cas, quelles en seront les conséquences ? Derrière les divers points de vue adoptés par les seize auteurs participant à cet ouvrage collectif transparaît le malaise social qui s'instaure dès que les catégories se dissolvent ; le besoin d'ordre ne serait-il jamais aussi manifeste que lorsque les frontières s'estompent ?
Cet ouvrage est le témoignage sur un ton léger d?un grand ethnologue contemporain. Jacques Hainard, fils de paysan, veut bien manier l?abstraction, mais seulement pour rabattre l?attention sur le monde concret. L?ethnologue ne saurait se contenter d?aller voir ailleurs. Sa démarche doit englober l?ensemble du monde dans lequel il vit. Pendant trente ans et au fil de dizaines d?expositions, Jacques Hainard a pratiqué rapprochements et télescopages d?images, d?objets, de pratiques puisées dans l?infini répertoire des sociétés humaines. Il a montré que le regard d?un ethnologue peut éclairer les choses de manière neuve et leur ajouter un surcroît de sens. Cent instantanés flanqués de cent commentaires restituent l?essentiel de cette précieuse expérience.
L'ancêtre est un mort qui a réussi, au terme d'une sévère élection. Vie exemplaire, "bon" trépas, funérailles conformes ne garantissent nullement l'accès au panthéon et le droit au culte. S'ils manifestent une présence particulièrement frappante dans les sociétés non occidentales, les ancêtres ne hantent pas que les espaces exotiques et peuvent prendre des formes insoupçonnées. Dans un domaine qui offre encore tant de champs de recherches, où les nations attendent d'être réellement définies, place est ainsi ouverte à l'expression la plus large et à des auteurs de divers horizons, non seulement ethnologues et sociologues, mais aussi critiques littéraires, écrivains ou philosophes : Chacun révèle sa propre approche de l'ancêtre, mais tous nous rappellent que si nous voyons peut-être un peu plus loin ce n'est pas parce que notre vue s'est améliorée mais parce que nous avons pris appui sur nos prédécesseurs.
Hainard Jacques ; Mathez Philippe ; Schinz Olivier
Résumé : Vodou : le terme provoque bien davantage l'imaginaire que la raison. Pourtant, derrière ce terme galvaudé par la projection des fantasmes occidentaux sur la "barbarie" et la "sauvagerie" présumées des "nègres" - ceux d'Afrique comme ceux, serviles, de l'espace caraïbe et des Amériques - se cachent des pratiques complexes et passionnantes de "services aux esprits". Le vodou haïtien touche à des domaines aussi variés que l'intercession avec le monde invisible, la guérison, la justice, la lutte pour la liberté, la transmission et l'interprétation de l'histoire - celle de l'esclavage notamment - ou, pour les sociétés secrètes, la protection de territoires. Ce volume, publié à l'occasion de l'exposition "Le vodou, un art de vivre" au Musée d'ethnographie de Genève, réunit une vingtaine d'auteurs - scientifiques, initiés, artistes - qui posent un regard original sur le vodou pratiqué en Haïti, dans la diaspora haïtienne et en Afrique. Ils montrent que le vodou ne peut se laisser contenir par des définitions trop strictes, tant la créativité et l'innovation sont au c?ur même de ce phénomène ; ils proposent des pistes d'interprétation permettant de mieux saisir les enjeux actuels d'une reconnaissance tardive du vodou par les autorités haïtiennes.
Les musées ont-ils un "mal nécessaire" ? En même temps qu'ils prolifèrent de manière presque inquiétante et sous les formes les plus antagonistes, les musées, en ce dernier quart du XXe siècle, soulèvent des débats particulièrement animés. Si répandue qu'elle soit, l'institution procède d'une conception spécifiquement occidentale du temps qui passe, impliquant une dimension de l'espace nécessaire à son déroulement, à quoi s'oppose celle du temps qui dure des civilisations "archaïques" et "primitives" . Le repli nostalgique que manifeste la multiplication des musées est signe d'une angoisse face à l'avenir, d'où sans doute la crise qu'ils semblent traverser actuellement. Conservatoires incomplets et imparfaits d'un passé qui fuit, troublés par la perte de consensus du temps présent, impuissants à saisir le futur, ils subissent la critique tant des modernistes que des classiques.
L'équipe du Musée a porté son regard sur quelques dates de l'histoire suisse, trouvant là prétexte à parler des autres en puisant dans l'ensemble des collections. "Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le père, de la maison Dieu père fils Saint Esprit et Cie, pousse un immense soupir de satisfaction, aussitôt deux ou trois petits nuages subalternes éclatent avec obséquiosité et Dieu père s'écrie : "Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils bien aimé a la croix, ma maison est lancée !"" Jacques Prévert. 1947. Paroles. Paris : Point du Jour : p. 36.
Les musées ont-ils un "mal nécessaire" ? En même temps qu'ils prolifèrent de manière presque inquiétante et sous les formes les plus antagonistes, les musées, en ce dernier quart du XXe siècle, soulèvent des débats particulièrement animés. Si répandue qu'elle soit, l'institution procède d'une conception spécifiquement occidentale du temps qui passe, impliquant une dimension de l'espace nécessaire à son déroulement, à quoi s'oppose celle du temps qui dure des civilisations "archaïques" et "primitives" . Le repli nostalgique que manifeste la multiplication des musées est signe d'une angoisse face à l'avenir, d'où sans doute la crise qu'ils semblent traverser actuellement. Conservatoires incomplets et imparfaits d'un passé qui fuit, troublés par la perte de consensus du temps présent, impuissants à saisir le futur, ils subissent la critique tant des modernistes que des classiques.
Hainard Jacques ; Kaehr Roland ; Milliet Jacquelin
Cet ouvrage propose une réflexion sur la valeur et sur l'arbitraire du regard et réutilise au passage toutes les données préalablement traitées dans les expositions précédentes. L'association des mots "salon" et "ethnographie" a de quoi surprendre. Or tous les sens du mot "salon" sont liés à la notion d'exposer, bonne occasion de regarder à nouveau l'objet. Toutes les théories qui le concernent sont à la fois justes et fausses mais l'objet-témoin n'existe pas, pas plus que l'objet-vérité; la vérité d'aujourd'hui est souvent celle issue d'un consensus d'experts gérant le marché de l'art, démarche qui relève de l'arbitraire. La finalité de tout Salon, qui procède à une sélection pour choisir le "meilleur" , est de créer et accroître la valeur d'objets ou d'idées qui n'en possèdent pas ou qui en possèdent moins avant d'être accueillis dans le lieu magique qui les consacre. Puisque ce qui caractérise le Salon de notre époque est notamment le fait de produire de la valeur marchande, comment ne pas illustrer ce mécanisme trop souvent méconnu de constitution de valeurs économiques à partir de l'univers ethnographique ? Ainsi, les objets ethnographiques sont-ils d'abord appréhendés par des types d'acteurs distincts qui les déploient très différemment dans leur espace social. Ils sont ensuite transformés par le marché en biens de consommation courants alimentés par l'ethnographie. Mais ils peuvent également, et c'est là l'aspect novateur du propos, disparaître derrière les savoirs induits et laisser le champ libre à une vision opérationnelle de la discipline liée à l'entreprise et au marketing.
L'ancêtre est un mort qui a réussi, au terme d'une sévère élection. Vie exemplaire, "bon" trépas, funérailles conformes ne garantissent nullement l'accès au panthéon et le droit au culte. S'ils manifestent une présence particulièrement frappante dans les sociétés non occidentales, les ancêtres ne hantent pas que les espaces exotiques et peuvent prendre des formes insoupçonnées. Dans un domaine qui offre encore tant de champs de recherches, où les nations attendent d'être réellement définies, place est ainsi ouverte à l'expression la plus large et à des auteurs de divers horizons, non seulement ethnologues et sociologues, mais aussi critiques littéraires, écrivains ou philosophes : Chacun révèle sa propre approche de l'ancêtre, mais tous nous rappellent que si nous voyons peut-être un peu plus loin ce n'est pas parce que notre vue s'est améliorée mais parce que nous avons pris appui sur nos prédécesseurs.