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Les ancêtres sont parmi nous
Hainard Jacques ; Kaehr Roland ; Sabelli Fabrizio
MEN
14,00 €
Épuisé
EAN :9782880780104
L'ancêtre est un mort qui a réussi, au terme d'une sévère élection. Vie exemplaire, "bon" trépas, funérailles conformes ne garantissent nullement l'accès au panthéon et le droit au culte. S'ils manifestent une présence particulièrement frappante dans les sociétés non occidentales, les ancêtres ne hantent pas que les espaces exotiques et peuvent prendre des formes insoupçonnées. Dans un domaine qui offre encore tant de champs de recherches, où les nations attendent d'être réellement définies, place est ainsi ouverte à l'expression la plus large et à des auteurs de divers horizons, non seulement ethnologues et sociologues, mais aussi critiques littéraires, écrivains ou philosophes : Chacun révèle sa propre approche de l'ancêtre, mais tous nous rappellent que si nous voyons peut-être un peu plus loin ce n'est pas parce que notre vue s'est améliorée mais parce que nous avons pris appui sur nos prédécesseurs.
Hainard Jacques ; Mathez Philippe ; Watts Johnatha
Mémoire de l'esclavage et moteur de résistance toujours actuel, le vodou est bien plus qu'une vision du monde. Omniprésent en Haïti, il étend son emprise dans tous les domaines de la vie pour donner sens au quotidien. Depuis plus de trente ans, Marianne Lehmann, une Suissesse installée en 1957 à Port-au-Prince, collectionne des objets vodous. Dans la cour de sa maison, dans les chambres et le jardin s'accumulent plus de 300 pièces d'un culture matérielle peu connue et pourtant étonnamment vivante. Des personnages à taille humaine issus des sociétés secrètes côtoient des représentations d'esprit, des drapeaux de nations vodou, des figures oniriques, d'immenses miroirs, des paquets-congo, des autels sur lesquels se serrent bouteilles vides, tasses à café, pierres archéologiques des cultures taino et arawak. C'est l'immense bric à brac du service aux esprits qui nous interpelle, la créativité infinie des artistes haïtiens qui nous laisse sans voix. Sauvés de la dispersion par les soins de la collectionneuse, les objets attendent les conditions de leur présentation au public haïtien sous les auspices de la Fondation pour la préservation, la valorisation et la production des ?uvres culturelles haïtiennes (FPVPOCH)Le catalogue présente plus de 300 pièces de la collection Lehmann, montrées en première mondiale au MEG à l'occasion "Le vodou, un art de vivre". Elles sont saisies par l'objectif de Jonathan Watts, lui-même guidé par la trame narrative de l'exposition. Ces photographies jouent sur les variations, détails, matières, accessoires, effets de groupes, inspirant des sentiments complexes et parfois contradictoires. Deux entretiens, avec la collectionneuse Marianne Lehmann et avec le houngan, prêtre vodou, Max Beauvoir, éclairent le contexte de la collection, tandis qu'un texte de l'anthropologue haïtienne Rachel Beauvoir-Dominique (FPVPOCH) met en évidence ce qui se joue à travers le vodou: la mémoire de la traversée des esclaves vers les Amériques et de leur lutte pour la liberté et l'indépendance, légitime objet de fierté, mais combat toujours inachevé.
Les musées ont-ils un "mal nécessaire" ? En même temps qu'ils prolifèrent de manière presque inquiétante et sous les formes les plus antagonistes, les musées, en ce dernier quart du XXe siècle, soulèvent des débats particulièrement animés. Si répandue qu'elle soit, l'institution procède d'une conception spécifiquement occidentale du temps qui passe, impliquant une dimension de l'espace nécessaire à son déroulement, à quoi s'oppose celle du temps qui dure des civilisations "archaïques" et "primitives" . Le repli nostalgique que manifeste la multiplication des musées est signe d'une angoisse face à l'avenir, d'où sans doute la crise qu'ils semblent traverser actuellement. Conservatoires incomplets et imparfaits d'un passé qui fuit, troublés par la perte de consensus du temps présent, impuissants à saisir le futur, ils subissent la critique tant des modernistes que des classiques.
Les portraits d'Yvrose sont révélateurs d'un essai, d'une tentative d'explorer la vie et c'est en cela que cette démarche touche à l'essentiel : essayer de se comprendre pour mieux comprendre.
Laranjeira Rodrigues de Areia Manuel ; Kaehr Rolan
Une part importante de toutes les collections abritées dans les musées d'ethnographie consiste en "armes indigènes" et, plus généralement, en objets utilisés par les détenteurs traditionnels du pouvoir. Un ensemble de bâtons sculptés, massues de parade, haches de commandement et de parade, épées, poignards et sièges est ici présenté. Recueilli dans les années 1930, notamment par la 2ème mission scientifique suisse en Angola, il provient entres autres des Cokwe, Kwanyama, Kwamatwi, Ngangela. Chaque pièce est décrite, illustrée, son bois analysé et le tout replacé dans son contexte d'utilisation.
Borel François ; Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Ja
Les musiques du moment constituent autant d'analyseurs privilégiés du fonctionnement des sociétés qui les jouent et sont jouées par elles, si tant est qu'on les considère comme des totalités socioculturelles et non comme des pratiques isolées de l'ensemble du social. Seize auteurs développent une réflexion sur les extraits ou les aspects à leurs yeux pertinents de la bande-son de notre époque et des pratiques sociales qui s'y rapportent, à partir de trois domaines fondamentaux : l'expression et la canalisation de l'émotion, investissant la dimension rituelle, du silence, à la transe en passant par la méditation et la liturgie ; la mise en scène de l'identité, renvoyant notamment à la construction de soi et à celle de l'autre, à l'emblématique et à la typification, à l'intégration et à la mise à l'écart ; et l'exercice du pouvoir, associé au déploiement de formes musicales particulières, reflétant un ordre précis, impliquant une hiérarchie, sanctionnant une différence ou soutenant une idéologie.
Gonseth Marc-Olivier ; Hainard Jacques ; Kaehr Rol
L'expérience muséographique qui a donné lieu au présent ethnopoche constitue une première mondiale : un musée québécois, un musée français et un musée suisse s'associent pour assembler trois volets d'une réflexion ethnologique présentée au MEN en 1995, au Musée dauphinois de Grenoble en 1996 et au Musée de la Civilisation de Québec en 1997. L'équipe du MEN a choisi la voie pluridisciplinaire pour explorer les arcanes de la différence. Donnant carte blanche aux auteurs dont elle a sollicité la participation, elle a exploré en leur compagnie les limites du concept retenu, investissant l'écart qui sépare diversité et différence, description et jugement de valeur, science et sens commun, vie quotidienne et utopie. Dans son texte et dans ses marges, l'ouvrage ainsi constitué met à jour quelques particularités fondamentales de notre modernité, issues de la distance à la fois minimale et considérable qui sépare 0 de 1 : l'appel du vide, l'évanescence des signes, la perte des repères et l'hégémonie du virtuel.
Pourquoi "Les femmes" ? Un tel sujet d'exposition, un tel titre pour la publication qui l'accompagne, ne manquera pas d'étonner. Considérant que l'opposition homme/femme n'a de naturel que son fondement biologique, que les chercheurs de tous horizons ont abondamment traité des questions sociologiques et historiques fondamentales, et que les ethnologues sont des observateurs d'énoncés plus que des moralistes, les concepteurs de l'exposition et du livre qui l'accompagne ont opté pour la question, centrale, de la construction, de la reproduction et de l'évolution sociales des catégories de sexe. Y a-t-il effacement ou remplacement progressif de ces catégories dans une société où droit et bioéthique, génétique et technologie médicale participent d'une refonte complète de l'ancien système de balises, malgré la morale et la religion ; et si tel est le cas, quelles en seront les conséquences ? Derrière les divers points de vue adoptés par les seize auteurs participant à cet ouvrage collectif transparaît le malaise social qui s'instaure dès que les catégories se dissolvent ; le besoin d'ordre ne serait-il jamais aussi manifeste que lorsque les frontières s'estompent ?