Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Des animaux et des hommes
Hainard Jacques ; Kaehr Roland
MEN
18,50 €
Épuisé
EAN :9782880780098
Dans cette arche de papier, ne seront sauvés ni un éléphant rose, ni une puce savante, ni un montre du loch Ness, ni un percheron invalide encore moins une vache laitière... Mais une blatte repoussante, un écureuil trop chéri, un porc réduit à sa carcasse, un ourson allaité au sein, un cochon d'Inde scientifiquement engraissé, un insecte comestible à défaut d'une pièce de boeuf à griller, une chauve-souris mystérieuse, un renard rivalisant avec son chasseur, un cheval prétexte, un scarabée à épingler et un chien familier... Et bien sûr, quelques savants, professeurs et chercheurs, ethnologues, naturalistes ou même collectionneurs ! Abordant sous plusieurs angles la relation homme-animal, les contributions des différents auteurs permettent de mieux cerner les rapports complexes qu'entretiennent ces deux mondes vivants, séparés mais étroitement solidaires. Ils dessinent une approche du droit à la différence et, en filigrane, posent la question si actuelle du spécisme.
Cet ouvrage est le témoignage sur un ton léger d?un grand ethnologue contemporain. Jacques Hainard, fils de paysan, veut bien manier l?abstraction, mais seulement pour rabattre l?attention sur le monde concret. L?ethnologue ne saurait se contenter d?aller voir ailleurs. Sa démarche doit englober l?ensemble du monde dans lequel il vit. Pendant trente ans et au fil de dizaines d?expositions, Jacques Hainard a pratiqué rapprochements et télescopages d?images, d?objets, de pratiques puisées dans l?infini répertoire des sociétés humaines. Il a montré que le regard d?un ethnologue peut éclairer les choses de manière neuve et leur ajouter un surcroît de sens. Cent instantanés flanqués de cent commentaires restituent l?essentiel de cette précieuse expérience.
Les musées ont-ils un "mal nécessaire" ? En même temps qu'ils prolifèrent de manière presque inquiétante et sous les formes les plus antagonistes, les musées, en ce dernier quart du XXe siècle, soulèvent des débats particulièrement animés. Si répandue qu'elle soit, l'institution procède d'une conception spécifiquement occidentale du temps qui passe, impliquant une dimension de l'espace nécessaire à son déroulement, à quoi s'oppose celle du temps qui dure des civilisations "archaïques" et "primitives" . Le repli nostalgique que manifeste la multiplication des musées est signe d'une angoisse face à l'avenir, d'où sans doute la crise qu'ils semblent traverser actuellement. Conservatoires incomplets et imparfaits d'un passé qui fuit, troublés par la perte de consensus du temps présent, impuissants à saisir le futur, ils subissent la critique tant des modernistes que des classiques.
Hainard Jacques ; Mathez Philippe ; Schinz Olivier
Résumé : Vodou : le terme provoque bien davantage l'imaginaire que la raison. Pourtant, derrière ce terme galvaudé par la projection des fantasmes occidentaux sur la "barbarie" et la "sauvagerie" présumées des "nègres" - ceux d'Afrique comme ceux, serviles, de l'espace caraïbe et des Amériques - se cachent des pratiques complexes et passionnantes de "services aux esprits". Le vodou haïtien touche à des domaines aussi variés que l'intercession avec le monde invisible, la guérison, la justice, la lutte pour la liberté, la transmission et l'interprétation de l'histoire - celle de l'esclavage notamment - ou, pour les sociétés secrètes, la protection de territoires. Ce volume, publié à l'occasion de l'exposition "Le vodou, un art de vivre" au Musée d'ethnographie de Genève, réunit une vingtaine d'auteurs - scientifiques, initiés, artistes - qui posent un regard original sur le vodou pratiqué en Haïti, dans la diaspora haïtienne et en Afrique. Ils montrent que le vodou ne peut se laisser contenir par des définitions trop strictes, tant la créativité et l'innovation sont au c?ur même de ce phénomène ; ils proposent des pistes d'interprétation permettant de mieux saisir les enjeux actuels d'une reconnaissance tardive du vodou par les autorités haïtiennes.
Pourquoi "Les femmes" ? Un tel sujet d'exposition, un tel titre pour la publication qui l'accompagne, ne manquera pas d'étonner. Considérant que l'opposition homme/femme n'a de naturel que son fondement biologique, que les chercheurs de tous horizons ont abondamment traité des questions sociologiques et historiques fondamentales, et que les ethnologues sont des observateurs d'énoncés plus que des moralistes, les concepteurs de l'exposition et du livre qui l'accompagne ont opté pour la question, centrale, de la construction, de la reproduction et de l'évolution sociales des catégories de sexe. Y a-t-il effacement ou remplacement progressif de ces catégories dans une société où droit et bioéthique, génétique et technologie médicale participent d'une refonte complète de l'ancien système de balises, malgré la morale et la religion ; et si tel est le cas, quelles en seront les conséquences ? Derrière les divers points de vue adoptés par les seize auteurs participant à cet ouvrage collectif transparaît le malaise social qui s'instaure dès que les catégories se dissolvent ; le besoin d'ordre ne serait-il jamais aussi manifeste que lorsque les frontières s'estompent ?
Pourquoi la nature est-elle fortement présente dans l'imaginaire humain ? Pourquoi s'acharne-t-on à la détruire ? Pourquoi s'acharne-t-on à la protéger ? Comment agir dans un domaine où la complexité règne en maître et où toute intervention agit sur l'ensemble du système ? Les solutions proposées ne sont-elles pas parfois pires dans leurs conséquences que les problèmes qu'elles sont censées résoudre ? Faut-il consentir à la perte d'une certaine idée de nature ? Quelle est la part de l'économie dans notre pouvoir et notre volonté d'agir en la matière ? Qu'en est-il des techniques et des coûts liés à une volonté croissante de consommer propre, sain et équitable ? A lire comme une invitation au débat, comme un appel à la réflexion critique sur un thème aujourd'hui plus que jamais central, cet ouvrage confronte les réflexions d'une vingtaine d'auteurs appartenant aux sciences naturelles, aux sciences humaines et à la littérature. Du fait de leur diversité de points de vue et de leurs différences théoriques, ces contributions démontrent, s'il le fallait encore, que la nature se pense avant de se construire et qu'elle se construit plutôt qu'elle ne tombe du ciel. Natures en tête en quelque sorte...
L'équipe du Musée a porté son regard sur quelques dates de l'histoire suisse, trouvant là prétexte à parler des autres en puisant dans l'ensemble des collections. "Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le père, de la maison Dieu père fils Saint Esprit et Cie, pousse un immense soupir de satisfaction, aussitôt deux ou trois petits nuages subalternes éclatent avec obséquiosité et Dieu père s'écrie : "Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils bien aimé a la croix, ma maison est lancée !"" Jacques Prévert. 1947. Paroles. Paris : Point du Jour : p. 36.