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Un adieu aux armes. Destins d'objets en situation de post-guerre
Harismendy Patrick ; Le Gall Erwan
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753575653
Les artefacts de guerre peuvent être définis comme des résidus de conflits armés aux matérialités fort diverses. Il y a bien évidemment les reliques, objets de fouilles plus ou moins légales ou trophées que l'on dispose sur et autour des monuments aux morts. Mais l'artefact sert aussi à combler le vide, vide de la destruction rempli par des fragments de ruines réemployés pour reconstruire du neuf, mais aussi vide du ou des membres perdus, remplacés par des prothèses. L'artefact peut enfin disposer d'une matérialité diffuse, comme dans le cas d'une proposition artistique qui, s'incarnant dans une réalité physique, matérialise avant tout un discours sur le sens de la guerre et traduit son omniprésence dans les sociétés du XXe siècle. Les vêtements de travail disent d'ailleurs bien cette persistance, aujourd'hui oubliée tant le périmètre de la sphère militaire est, en France au moins, singulièrement rogné sur l'autel de la professionnalisation des armées d'une part, de constantes coupes budgétaires d'une autre. C'est sans doute ce qui explique que l'artefact puisse être le support d'un discours touristique, pour ne pas dire commercial, déversé sur la trame de fond d'une mémoire historique bien sélective. Avec le soutien de l'université Rennes 2
Harismendy Patrick ; Robert Vincent ; Caron Jean-C
Résumé : Serait-on passé à côté d'autres " années trente " ? La liste est longue des indices, longtemps négligés, d'une ambiance de quête, d'urgence et d'invention que distillent les jeunes années de la monarchie de juillet. Entre l'immobilisme prudhommesque et la répétition lancinante de journées révolutionnaires s'opèrent bien des changements : humanisation des peines judiciaires, création de grandes institutions culturelles, jeux complexes avec le passé récent, mise en place de nouveaux instruments de surveillance ou d'appréciation des opinions, émergences de mesures prophylactiques, intrusion de l'expertise en diverses matières, besoins d'intégration nationale, interrogations sur le peuple et son travail... De fait et malgré les tramages hérités du Consulat et de l'Empire, une nouvelle France, ou peut-être une nouvelle vision de celle-ci, semble se dessiner qui commande des réformes et des ajustements. Une relecture de ces années s'imposait donc pour essayer de mieux comprendre cette convergence de phénomènes, éclos dans l'aval révolutionnaire, et trop vite imputés au changement de régime. La réalité, dont rendent compte les réflexions rassemblées ici, est ambivalente et dépasse la tension accoutumée entre Résistance et Mouvement. Se mêlent, en effet, les fruits mûris du réformisme de la Restauration finissante, l'imitation de ce qui s'expérimente ailleurs, le besoin irrépressible de ruptures, la crainte inverse de l'entraînement, mais aussi l'interrogation sur l'" esprit du temps ". Et les idées sont là qui se précisent : on parle de " système ", de culte national, on rêve catégories et nomenclatures, en même temps que le futur s'ensemence des travaux d'une génération appelée à durer. Bref, Etat et sociétés trouvent moyens et acteurs pour s'ordonner. Trait majeur, l'espace public devient médiatique et engendre l'opinion, ce qui explique, peut-être et paradoxalement, la glaciation des années 1840.
Hôtel. Le mot et le lieu paraissent si familiers dans nos vies, nos paysages et nos usages mentaux que nul ne s'en préoccupe vraiment. Les auteurs américains ont pourtant écrit qu'il résumerait à lui seul l'histoire des Etats-Unis. Pourquoi en irait-il autrement en Europe ? L'Etat s'y intéresse de loin en France, se contentant de vérifier un niveau de qualité certifié par des étoiles, mais intervenant peu pour soutenir l'hôtellerie, alors que celle-ci est un secteur clé de l'industrie du tourisme. Le problème commence dès qu'on veut qualifier l'hôtel. Sans remonter aux auberges du Lion d'or ou du Cheval blanc des temps modernes, ni au Terminus ou hôtel de la Gare des débuts du chemin de fer, qu'y a-t-il de commun entre le gîte rural, la chambre d'hôte, le couvent-hôtel des congrégations religieuses, la pension de famille équipée de deux ou trois chambres, le motel routier, le castel first class de Deauville ou le palace du Léman, propriété de grands groupes, dont les centaines de chambres font face à la mer ou au lac, et que les visiteurs traitent volontiers d'enseignes a mythiques e ? Au moment même où internet remet en cause un modèle que nous pensions immuable, sans même pouvoir le définir, ce livre fait le point sur trois siècles d'évolution entre le tenancier, le logeur, le cabaretier, l'aubergiste et l'hôtelier - petit entrepreneur ou capitaine d'industrie. Il décrit les lieux de leur activité, hybrides, polymorphes, plurifonctionnels, singuliers ou, au contraire, dupliqués à l'envi par les chaînes. Il observe leur aptitude à modeler la ville, leur influence sur les mobilités et plus largement leur contribution à une histoire de l'hospitalité dans les sociétés contemporaines.
Soixante-dix ans après l'événement fondateur du 18 juin 1940 et malgré plusieurs ouvrages marquants qui font suite à un cortège de mémoires d'acteurs de premier plan, la France Libre reste mal connue. Problèmes de définition, de chronologies, de méthodes, de sources; concurrences entre les résistances, qu'il s'agisse des réseaux, des hommes, des mémoires; multiplicités des trajectoires, des engagements mais aussi des ruptures et des désengagements sont des évidences trop longtemps passées sous silence. Tout ceci crée un écheveau complexe et souvent difficile à démêler. L'ambition de ce livre n'est donc pas de proposer un prêt à penser de la France Libre et encore moins une analyse définitive. Mais à partir de dossiers très neufs ou d'archives aussi inédites qu'exceptionnelles parfois, les auteurs rassemblés ici dessinent une histoire très renouvelée, toute en nuances et volontairement provisoire. Une attention toute particulière est cependant donnée aux entrées en résistance notamment sur le plan individuel ou administratif, mais aussi à certaines opérations ou certains milieux sans oublier les mécanismes mis en oeuvre par l'occupant pour lutter contre ces combattants d'un nouveau genre.
L'exaltation des richesses gastronomiques des terroirs précède la venue des touristes. Mais la solution de continuité entre alimentation quotidienne (ou populaire) des espaces investis et gastronomies touristiques n'est pas linéaire, pas plus qu'elle n'est figée dans le temps. Les goûts changent autant que les lieux gourmands ou leurs vecteurs. Etrangers aux pays (fonctionnaires notamment), voyageurs, villégiateurs, touristes enfin, n'ont ni les mêmes saisonnalités, ni les mêmes besoins ou aspirations: les uns cultivent un art consommé de l'économie - ou de l'identique -, les autres s'adonnent aux plaisirs recherchés de la table. Les guides enregistrent ces besoins de bonnes (et parfois moins bonnes) surprises. Mais si butinage et cabotage alimentaires prennent une place croissante dans l'invitation au voyage, le "terroir gourmand" peut-il, à lui seul, faire tourisme? Outre que la nationalisation des cuisines régionales est plus ou moins constante, l'artisanat gustatif est souvent devenu vitrine d'industries alimentaires. S'il existe donc bien une carte des saveurs - décor préalable au ravissement des papilles qui contribue à la construction des envies d'ailleurs -, la question est alors de savoir ce qu'il reste d'authentique dans une alimentation "des vacances", traversée de métissages et de bricolages. Au carrefour du local et du global, les frontières culturelles et culinaires ont-elles en définitive vocation à prévenir les situations de conflit au sein des identités régionales?
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour