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La France des années 1830 et l'esprit de réforme. Actes du colloque de Rennes (6-7 octobre 2005)
Harismendy Patrick ; Robert Vincent ; Caron Jean-C
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753503397
Serait-on passé à côté d'autres " années trente " ? La liste est longue des indices, longtemps négligés, d'une ambiance de quête, d'urgence et d'invention que distillent les jeunes années de la monarchie de juillet. Entre l'immobilisme prudhommesque et la répétition lancinante de journées révolutionnaires s'opèrent bien des changements : humanisation des peines judiciaires, création de grandes institutions culturelles, jeux complexes avec le passé récent, mise en place de nouveaux instruments de surveillance ou d'appréciation des opinions, émergences de mesures prophylactiques, intrusion de l'expertise en diverses matières, besoins d'intégration nationale, interrogations sur le peuple et son travail... De fait et malgré les tramages hérités du Consulat et de l'Empire, une nouvelle France, ou peut-être une nouvelle vision de celle-ci, semble se dessiner qui commande des réformes et des ajustements. Une relecture de ces années s'imposait donc pour essayer de mieux comprendre cette convergence de phénomènes, éclos dans l'aval révolutionnaire, et trop vite imputés au changement de régime. La réalité, dont rendent compte les réflexions rassemblées ici, est ambivalente et dépasse la tension accoutumée entre Résistance et Mouvement. Se mêlent, en effet, les fruits mûris du réformisme de la Restauration finissante, l'imitation de ce qui s'expérimente ailleurs, le besoin irrépressible de ruptures, la crainte inverse de l'entraînement, mais aussi l'interrogation sur l'" esprit du temps ". Et les idées sont là qui se précisent : on parle de " système ", de culte national, on rêve catégories et nomenclatures, en même temps que le futur s'ensemence des travaux d'une génération appelée à durer. Bref, Etat et sociétés trouvent moyens et acteurs pour s'ordonner. Trait majeur, l'espace public devient médiatique et engendre l'opinion, ce qui explique, peut-être et paradoxalement, la glaciation des années 1840.
Dans le court XXe siècle de l?âge des extrêmes, la part de l?acteur en tant que sujet constitue d?évidence une thématique privilégiée et des plus nécessaires en Histoire. Les formes justement extrêmes de l?aliénation, de l?acceptation ou de l?enfouissement comme les répliques inverses d?affranchissement, de libération ou d?extériorisation interrogent sur les besoins conjoncturels de faire groupe, ou sous-groupe, de se donner ou de se désinhiber. En mettant la focale sur les figures de l'engagement, à travers des portraits d'acteurs et des tableaux de groupes, c'est à une traversée du XXe siècle fait d'individus intervenant sur leur quotidien et celui de la collectivité, que ce volume convie. Mais, bien que le jalon des guerres soit présent ? de la Première guerre mondiale à la guerre d?Algérie en passant par la guerre froide ?, une lecture seconde apparaît, celle frappée au sceau de l?émancipation. Dans un siècle dernier marqué par les victimes et placé sous l'emprise du traumatisme, le passé des femmes et des hommes figurant dans ce tableau distille un air épris de liberté, d'action et d'autonomie. Ces destins se disent et se lisent à la mesure des possibles induits par des contextes empreints de fortes contraintes politiques, sociales et culturelles, mais aussi de résolutions à mener librement une existence, à conquérir et pouvoir affirmer une identité, voire à changer la vie. Les débats historiographiques transverses à ces deux thématiques et à ces portraits, précisent ou reprennent des discussions qui ont nourri l'histoire contemporaine sociale et politique ces vingt dernières années. En particulier, l'articulation entre histoire culturelle et histoire politique, études de genre et des féminismes, emboîtements d'échelles, histoire orale, mais aussi écriture de l'histoire avec témoins, mémoire de la résistance et de l'occupation trouvent ici place. Ce volume offert à Jacqueline Sainclivier forme ainsi une variation contemporaine en quatre mouvements autour d?une certaine conception de l?histoire.
Depuis quarante ans, la Bibliothèque municipale de Rennes détenait un curieux manuscrit comme on disait au XIXe siècle. Tellement curieux - et impressionnant d'ailleurs avec ses 1800 pages -, que cet ensemble formé des Cahiers d'écolier tenus par Edmond Vadot, secrétaire général de la mairie de Rennes de 1885 à 1909, était demeuré inédit. Et pourtant, il est bien question d'une histoire de la Ville, vue et vécue de l'intérieur par un observateur placé au croisement idéal pour en comprendre les ressorts. Pas moins de sept maires se succèdent dans cette chronique, faisant passerelle entre Edgar Le Bastard et Jean Janvier, ici réunis par un même désir de modernisation. On y perçoit aussi les effets très directs de l'affaire Dreyfus et les changements de majorités municipales qui en résultent, les relations souvent compliquées avec l'Etat à travers ses préfets, comme les tentations d'un fonctionnaire un peu trop entreprenant devant un pouvoir municipal incertain de lui-même. Mais c'est aussi à l'histoire d'une migration géographique et professionnelle, à une trajectoire sociale et à un itinéraire psychique qu'invite ce texte, déconcertant par son mode de composition, comme par son contenu. De fait, la vie de bureau laisse assez de loisirs, entre deux conversations, pour qu'à côté des portraits parfois acides et des délibérations municipales, l'esprit puisse divaguer. De la Bresse reconstruite par l'imaginaire aux plaisirs balnéaires des rivages de la Manche, des jalousies entre élus rennais aux aléas domestiques, en passant par l'expérience terrible de la guerre franco-prussienne de 1870, la langueur et les doutes de la Belle Epoque trouvent en Vadot un mémorialiste inattendu, aux confluences de l'extraordinaire et de la banalité. A l'apogée du scientisme bien des doutes subsistent en effet, auxquels savants, vulgarisateurs... et tables tournantes tentent de répondre à leur manière. Il fallait donc plusieurs yeux pour lire ces Cahiers et plusieurs mains pour les commenter. Issue d'un travail collectif ayant associé des étudiants puis des enseignants-chercheurs, cette édition volontairement partielle illustre la complexité des jeux sociaux et des identités politiques alors en ?uvre.
Biographie de l'auteur Patrick Harismendy, agrégé d'histoire, est Professeur d'Histoire contemporaine à l'université Rennes 2. Il a publié, entre autres, Sadi Carnot - L'ingénieur de la République (Perrin, 1995).
Lebaube Alain - Roger Patrick - Harismendy Patrick
Quelle France laisserons-nous demain à nos enfants ? Au fil des scénarios de rêve et de cauchemar, les journalistes Alain Lebaube et Patrick Roger dessinent les contours de la France de demain. Derrière des images volontairement provocatrices réalisées par des professionnels du trucage et de l'image numérique, ils soulignent les enjeux, les difficultés et les nécessités d'un développement soucieux des générations futures. Pour que Paris ne soit jamais plongée sous les eaux, pour que la Beauce ne devienne pas stérile, pour que les châteaux de la Loire ne finissent pas sous des cloches anti-pollution, Imagine la France de nos enfants nous invite à agir à notre niveau, dans l'intérêt social, économique et écologique des générations à venir.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?