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L'assiette du touriste. Le goût de l'authentique
Andrieux Jean-Yves ; Harismendy Patrick
RABELAIS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753528529
L'exaltation des richesses gastronomiques des terroirs précède la venue des touristes. Mais la solution de continuité entre alimentation quotidienne (ou populaire) des espaces investis et gastronomies touristiques n'est pas linéaire, pas plus qu'elle n'est figée dans le temps. Les goûts changent autant que les lieux gourmands ou leurs vecteurs. Etrangers aux pays (fonctionnaires notamment), voyageurs, villégiateurs, touristes enfin, n'ont ni les mêmes saisonnalités, ni les mêmes besoins ou aspirations: les uns cultivent un art consommé de l'économie - ou de l'identique -, les autres s'adonnent aux plaisirs recherchés de la table. Les guides enregistrent ces besoins de bonnes (et parfois moins bonnes) surprises. Mais si butinage et cabotage alimentaires prennent une place croissante dans l'invitation au voyage, le "terroir gourmand" peut-il, à lui seul, faire tourisme? Outre que la nationalisation des cuisines régionales est plus ou moins constante, l'artisanat gustatif est souvent devenu vitrine d'industries alimentaires. S'il existe donc bien une carte des saveurs - décor préalable au ravissement des papilles qui contribue à la construction des envies d'ailleurs -, la question est alors de savoir ce qu'il reste d'authentique dans une alimentation "des vacances", traversée de métissages et de bricolages. Au carrefour du local et du global, les frontières culturelles et culinaires ont-elles en définitive vocation à prévenir les situations de conflit au sein des identités régionales?
Résumé : Parmi les cathédrales françaises, Saint-Pierre de Rennes est longtemps restée méconnue, sans doute parce qu'elle n'est pas gothique. Commencée au XIIe siècle, l'ancienne cathédrale fut en effet démolie en deux temps : la façade en 1533, la nef en 1754. La nouvelle façade classique à cinq ordres de colonnes, ponctuée de deux tours et portant les armes du royaume de France, fut achevée en cent soixante-dix ans (1541-1703). La nouvelle nef, un vaste sanctuaire néo-antique, fut conçue et bâtie par Mathurin Crucy en 1786. Interrompu en 1790, le chantier fut repris en 1821 et achevé par Louis Richelot qui en dessina le mobilier néo-classique. Sacré évêque de Rennes en 1841, puis archevêque en 1859, Mgr Brossays Saint-Marc s'accommodait mal de ce dépouillement : ultramontain, proche de Pie IX, il voulait une église romaine dans laquelle fût exhibé le panthéon chrétien de la Bretagne. Chargé d'exécuter ce dessein en 1846, Charles Langlois créa un écrin tapissé de stucs-marbres sous une voûte ornée de caissons réguliers dans lequel vint prendre place, entre 1868 et 1878, le programme décoratif préraphaélite et nazaréen des peintres Alphonse Le Hénaff et Simon Langlois. Dans la brillance de ses ors restitués en 2014, la cathédrale Saint-Pierre abrite une sublime lumière eucharistique. Nouvelle basilique paléochrétienne, elle conserve un discret air d'Italie qui porte sur ses murs la mémoire de la dévotion mariale au temps de Vatican I (1869-1870). La litanie de ses saints, le culte voué à sainte Anne sont les chapitres d'un livre ouvert sur l'histoire de la Bretagne. Après l'inauguration en 2019 de son trésor dont la pièce maîtresse est un exceptionnel retable anversois, elle est aussi un grand musée de l'art français et flamand.
La beauté de l'abbaye du Thoronet n'a rien d'intemporel : elle est enracinée dans les convictions du XIIe siècle dont elle tire toute sa force. Mais elle n'a pas traversé les siècles indemne. Elle est aussi devenue, en partie, l'?uvre de ceux qui, en recevant pour charge de la restaurer depuis 1840, s'en sont emparé et ont conçu pour elle une seconde vie. Ce livre raconte les mésaventures anciennes et récentes du Thoronet et examine les traces plus ou moins apparentes qu'elles ont laissées - dont certaines sont inattendues et même incongrues. Elles ne déprécient en rien l'exceptionnelle qualité de son architecture et sont même indispensables pour en discerner les principes.
Erigé en 1862 à Paris, au coeur du nouveau quartier de l'Opéra, fondateur avec le Grand Hôtel du Louvre de la grande hôtellerie contemporaine en France, le Grand Hôtel instaure à Paris une nouveauté qui n'eut de cesse de se développer. A l'heure de son inauguration, le Grand Hôtel émerveille et devient l'un des théâtres privilégiés de la "Fête impériale". La table est un atout fondamental sur lequel repose le succès primitif de l'entreprise créée par les frères Pereire. Toutefois, l'émergence de nombreux concurrents fait que le Grand Hôtel perd progressivement son rang. Aussi, à l'orée du XXe siècle, l'arrivée aux commandes d'Arthur Millon, restaurateur d'origine modeste, insuffle au Grand Hôtel une nouvelle ligne entrepreneuriale et pose les bases d'une nouvelle réussite. Du .fait d'une activité incessante, il édifie un véritable empire dans le monde de la grande hôtellerie et de la restauration parisiennes que son fils André se fait fort d'étendre. Au total, Arthur et André Millon incarnent deux personnages centraux de l'histoire de cette industrie majeure du développement du tourisme parisien et national. Cependant, les mésententes familiales font que le Grand Hôtel, tout comme le reste de l'empire, passe sous bannière italienne en 1972. C'est à la découverte de la riche histoire du doyen des palaces parisiens que ce livre convie.
Le tubercule d'origine andine qui conquiert l'Europe par petites étapes à partir du XVIe siècle est devenu si commun qu'il est parfois décrit à l'aide d'images stéréotypées. Ce livre entend souligner qu'il est bien autre chose, par la richesse des approches qu'a fait naître un colloque international et pluridisciplinaire entièrement dédié à la pomme de terre, organisé et publié grâce au soutien du CNIPT. La publication des actes propose un renouvellement historiographique important, par les thématiques qui sont envisagées, les espaces abordés et les périodes chronologiques considérées. Le lecteur trouvera ainsi réunies des communications sur les Amériques, l'Europe et l'Asie. Pour comprendre sa diffusion, les voies de cette innovation alimentaire et l'évolution des formes de sa consommation, plusieurs champs ont été mobilisés. L'histoire rurale et l'histoire urbaine, l'histoire économique et l'histoire des techniques ou encore l'histoire alimentaire sont convoquées dans leurs approches pluriculturelles. L'économie d'une filière et la géographie d'une culture devenue aujourd'hui celle du quatrième produit alimentaire mondial apparaissent dans toute leur ampleur. Enrichi de l'ajout d'un CD audit pour inclure une belle sélection de chansons dédiées à la pomme de terre, l'ouvrage permet donc de dépasser la simple étude d'une ressource potagère et d'une industrie agro-alimentaire. On y retrouve la présence de la pomme de terre dans des millions d'assiettes, chaque jour, à travers le monde.
Résumé : Tous les produits alimentaires - nourriture ou boissons - sont à la fois sociaux, culturels, économiques et sensoriels, mais dans le cas du vin, ces traits ont été davantage sublimés. Si l'importance sociale et symbolique de sa consommation publique et/ou ostentatoire est attestée depuis l'Antiquité, la mise en discours - esthétique, savante et normative - de son point nodal entre production et consommation est historiquement récente et là encore, plus marquée que celle d'autres produits alimentaires transformés. Mais surtout, les pratiques discursives à son sujet sont foisonnantes, polémiques, intéressées, jamais définitives, émanant de sources multiples - et malgré cette profusion, la figure culturelle de l'oenophilie s'est détachée clairement et sa normativité inhérente s'est singularisée. Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'une micro-sociologie des pratiques alimentaires, mais à la différence de travaux qui portent sur les pratiques corporelles, il s'intéresse à la production du sens de ces pratiques en partant de la transmission d'injonctions explicites ou de normes implicites. Ce livre montre également comment s'opère un travail de subjectivation qui relie la pratique oenophilique à l'expérience sociale (centrée sur soi, sur la vie sociale ou sur l'objet- ici le vin). Le travail s'inscrit ainsi dans une discussion approfondie d'une sociologie du goût qu'il contribue à ouvrir et à renouveler.
Ce livre est un voyage à travers l'ivresse et l'ivrognerie dans la France d'Ancien Régime tous ceux que Diderot appelle avec humour les "inspirés de la gourde" sont présents. C'est aussi une innovation : c'est le premier livre à proposer une analyse historique rigoureuse et systématique de ce phénomène culturel. C'est une oeuvre d'histoire culturelle au sens large. Elle a une vocation d'histoire totale puisque les points de vue politiques, religieux, judiciaires, économiques, sociaux et culturels y sont analysés tant à l'échelle du royaume qu'à l'échelle locale. Cette analyse historique de l'ivresse et de l'ivrognerie met en évidence que les oppositions religieuse, politique, morale, économique et médicale qui se développent en France du XVIe au XVIIIe siècle ne parviennent pas à lutter efficacement contre l'ivresse dans le pays. Une "culture de l'enivrement" imbibe fortement l'ensemble du corps social, de la tête aux membres, des élites au peuple. Les oppositions s'avèrent pragmatiques et marquées par le compromis. L'opposition religieuse et politique directe n'est qu'illusoire et l'émergence d'une opposition morale, économique et médicale ne permet pas de résoudre davantage le problème. Une réflexion de Jean-Jacques Rousseau résume bien le positionnement adopté face à l'enivrement : "ne cherchons point la chimère de la perfection mais le mieux possible".