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La nation. Pour une définition philosophique
Guillamaud Patrice
KIME
15,00 €
Épuisé
EAN :9782380720501
Après Renan et Fichte, ce livre propose une nouvelle définition philosophique de la nation. Il s'agit de cerner ce qui fait d'une nation une nation. Il s'agit de montrer en quoi la nation se distingue à la fois de la famille et de la religion, de la tribu et de l'Empire, de la société et de l'Etat. Il s'agit surtout de montrer en quoi le nationalisme, loin d'être un régime social et politique parmi les autres, est la revendication d'une dimension fondamentale de l'existence humaine, en tant que celle-ci intègre le sens du sacrifice. Contre le matérialisme et contre la déconstruction de la nation, il s'agit de proposer une nouvelle conception spiritualiste de la nation. Contre le mondialisme, il s'agit de montrer en quoi la nation est le cadre par excellence de la véritable démocratie. Contre l'abstraction libérale de l'Etat de droit, il s'agit de revendiquer un nationalisme démocratique concret. Contre toute forme de totalitarisme, la position de l'auteur n'exclut pas une part pragmatique de républicanisme voire de libéralisme bien compris, ni même une part de monarchisme nostalgique. L'auteur défend plus précisément, par-delà toute structure institutionnelle, l'idée singulière d'un anarchisme national comme fondement de toute sociabilité humaine.
La pensée n'est pas une abstraction. Elle est au contraire une réalité concrète et cette réalité est un vécu, mais un vécu qui n'a rien à voir avec celui de l'intériorité affective. C'est ainsi sous le titre de la vie de la pensée que s'annonce ce livre. Ce dernier est plus exactement une étude des essences fondamentales de la pensée. Ces essences sont d'abord la conjonction paradoxale entre l'aspiration à l'absolu et le renoncement à ce même absolu. C'est ici ce que l'auteur appelle la renonciation comme processus de relativisation, laquelle est paradoxalement un accomplissement. L'étude montre ensuite que cette vie de la pensée est l'enchaînement ordonné des trois essences de l'aspiration, de l'action déterminatrice et relativisatrice et de l'accomplissement ultimement relativisateur. Cette étude a notamment l'utilité de proposer une interprétation de l'histoire de la philosophie. Cette dernière serait en effet l'incarnation diversement ordonnée de trois ontologies, à savoir de trois pensées de l'êtres irréductibles les unes aux autres mais s'annonçant dans la logique vitale d'une seule réalité.
Dans ce livre, Patrice Guillamaud expose une nouvelle logique. Il ne s'agit pas d'une logique mathématique, purement formelle, mais d'une logique philosophique et ontologique. En tant que telle, cette logique déploie les catégories fondamentales de la nouvelle science qu'est l'ousiologie. Tout étant certes en un sens, et comme toute logique, abstraite, la logique ousiologique est, en un autre sens, concrète. C'est ainsi qu'elle a l'ambition de rendre compte des catégories fondamentales de la réalité. Les trois premières catégories fondamentales sont l'absolu, l'essence et le rien. C'est le respect logique de la pluralité concrète du réel qui permet par ailleurs à l'ousiologie d'exposer d'une part la pluralité non seulement des essences mais des absolus. C'est ce même respect qui permet aussi, par la troisième catégorie fondamentale du rien, de penser la pure co-existence de ces mêmes absolus. La logique ousiologique est ainsi la pensée de l'être comme étant un co-être. Exister, c'est co-exister ou respecter. Telle est la vérité suprême ontologique de cette nouvelle logique. La logique ousiologique est enfin une méthode qui consiste à mettre en perspective interprétative les grandes logiques philosophiques de l'histoire occidentale, à savoir celles d'Aristote, de Kant, de Hegel et de Husserl.
Il y a une différence essentielle entre la vie et l'existence. Si la réussite relève de l'existence, à savoir de la superficialité consciente et dérisoire de la vie, l'accomplissement relève au contraire de la vie en tant que vie à savoir de la profondeur vitale. Mais quelle est l'essence même de cette profondeur ? Il s'agit ici de montrer que par essence, la profondeur concrète de la vie est une spontanéité affective, entendue comme non-libérée ou renonciation. Nous prévenons les âmes sensibles que la lecture de ce libre peut provoquer un étonnement. Le point de vue y est en effet purement cynique. Mais, c'est le cynisme même de l'analyse qui conduit à découvrir que la grandeur morale, loin d'être une exception ou une abstraction, est l'essence la plus concrète et la plus universelle de toute vie. Nous verrons en effet que, dans la vie des grandes ordures comme dans celle des grands saints et des grands médiocres, c'est une seule et même loi morale qui, loin d'être un idéal illusoire ou abstrait, gouverne réellement et absolument. Dans la fausse gloire du mal et du bien comme dans le faux anonymat de la médiocrité, c'est une seule et même grandeur de la vie et de l'humanité qui s'exprime, irrémédiablement.
Ce livre met en oeuvre la méthode philosophique de l'ousiologie pour l'étude de l'extériorité. Il s'agit de définir les trois essences de l'altérité comme autrui, chose et technique. La véritable tolérance, comme réalité et non comme simple idéal, ne concerne pas seulement la sphère d'autrui mais la coexistence d'autrui avec, d'abord, les choses, dans leur valeur notamment économique, et avec, ensuite, la technique. Dans une perspective autant inspirée par Aristote et Simondon que par Lévinas, il s'agit de garantir ou plutôt de reconnaître la dignité d'être et de valeur des différentes sphères du réel comme transcendance. La perversion consiste dans la confusion entre les essences, par exemple dans la confusion entre la chose et la technique. Derrière une analyse conceptuelle rigoureuse, ce livre cache une condamnation de la théorie abstraite et de la confusion systématique, un hymne respectueux à la pluralité du réel.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.