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La femme, l'esclave et le génie. Traité pour une réhabilitation philosophique des natures humaines
Guillamaud Patrice
KIME
33,00 €
Épuisé
EAN :9782841747580
Ce livre propose de penser ce qui ne l'a encore jamais été. Il étudie d'abord avec rigueur et précision la genèse philosophique de la théorie du genre. Il montre que, par-delà Beauvoir, Sartre, Foucault et Derrida, la théorie dont Judith Butler est la plus célèbre représentante plonge ses toutes premières racines chez Platon lui-même. Tout se passe comme si la confusion des natures était une menace à l'oeuvre dès la naissance de la philosophie. Contre cette menace originaire et contre l'opinion dominante de la modernité, il s'agit de comprendre de manière philosophique la profondeur morale et la vérité de la revendication grecque d'une pluralité des natures humaines intégrant la différence entre la féminité, l'esclavage et l'excellence. Dépassant cette conception ancienne, il s'agit notamment de comprendre ce que signifie la belle conception chrétienne de la féminité ainsi que ce que pourrait signifier la féminité comme nature suprême à savoir comme ce que Nietzsche appelait la sur-humanité. Il s'agit enfin ultimement de restaurer, en la comprenant de manière originale et nouvelle, la richesse de l'humanité. Il s'agit de restaurer, par-delà la nature du génie, la pluralité des essences humaines.
Ce livre est une psychanalyse essentielle et rigoureuse de la philosophie. L'histoire de la philosophie s'y annonce comme étant l'incarnation diversifiée de trois essences fondamentales de la pensée de l'être ou de trois ontologies. Ces ontologies sont aussi les trois moments de la vie renonciatrice de la pensée. La pensée aspire à l'absolu et relativise cette aspiration tout en s'accomplissant dans cette même relativisation. Le tome 1 montre que ces trois ontologies se déploient dans chacune des trois grandes pensées que sont la philosophie de Platon, celle de Descartes et celle de Kant. Le tome 2 montre que ces trois ontologies se déploient à travers trois triades philosophiques, Héraclite, Aristote et Spinoza, Plotin, Leibniz et Hegel, Husserl, Heidegger et Bergson. Ce second tome montre ainsi que tout se passe comme si un seul génie s'incarnait et ressurgissait à chaque fois à travers trois pensées philosophiques différentes. Tel est le mystère de la vie rationnelle de la pensée.
Ce livre est l'exposition d'une nouvelle théologie, d'une théologie qui a l'ambition d'être la revitalisation et l'accomplissement de la théologie chrétienne de la Trinité. Par la revendication d'un pluralisme fondamental, cette nouvelle théologie trinitaire a cela de novateur qu'elle vise à remettre en cause le concept théologique traditionnel de périchorèse. Comme englobement mutuel des trois instances de la Trinité, la périchorèse opère, selon l'auteur, la réduction rationaliste du trois à l'un et trahit par là l'intuition géniale ou plutôt divine du trois qui est en même temps et sous le même rapport un. Dans ce livre, Patrice Guillamaud expose et développe les principes ultimes de la nouvelle science qu'il définit comme étant l'ousiologie, la science des essences et des absolus. Ces principes ultimes sont à la fois théologiques et politiques. L'Etat y est en effet défini comme étant l'incarnation ultimement concrète du Dieu chrétien. Cette philosophie théologico-politique annonce plus exactement et paradoxalement un théisme trinitaire entendu comme théisme intégrant un athéisme purificateur. Elle annonce de même une conception politique et paradoxale de l'Etat qui prend le titre singulier d'anarchisme fondamental.
Il y a une différence essentielle entre la vie et l'existence. Si la réussite relève de l'existence, à savoir de la superficialité consciente et dérisoire de la vie, l'accomplissement relève au contraire de la vie en tant que vie à savoir de la profondeur vitale. Mais quelle est l'essence même de cette profondeur ? Il s'agit ici de montrer que par essence, la profondeur concrète de la vie est une spontanéité affective, entendue comme non-libérée ou renonciation. Nous prévenons les âmes sensibles que la lecture de ce libre peut provoquer un étonnement. Le point de vue y est en effet purement cynique. Mais, c'est le cynisme même de l'analyse qui conduit à découvrir que la grandeur morale, loin d'être une exception ou une abstraction, est l'essence la plus concrète et la plus universelle de toute vie. Nous verrons en effet que, dans la vie des grandes ordures comme dans celle des grands saints et des grands médiocres, c'est une seule et même loi morale qui, loin d'être un idéal illusoire ou abstrait, gouverne réellement et absolument. Dans la fausse gloire du mal et du bien comme dans le faux anonymat de la médiocrité, c'est une seule et même grandeur de la vie et de l'humanité qui s'exprime, irrémédiablement.
Résumé : Le livre est une étude portant sur le moi ou l'intériorité comme affectivité. Il met en oeuvre une nouvelle science philosophique définie comme ousiologie. Cette dernière est la science des essences. Dans ce livre, cette même science porte sur les essences constitutives de cette même intériorité. Tout en intégrant certains acquis de la philosophie de Michel Henry, elle en remet en cause certains aspects fondamentaux. L'intériorité est en effet définie comme étant immanence, à savoir comme étant à la fois une unité et une absence absolue de distance par rapport à soi ou une absence absolue de sortie de soi. Pourtant, cette unité est aussi paradoxalement reconnue comme étant une triplicité ou encore une trinité des essences internes. Elle est de même paradoxalement définie comme étant une sortie de soi qui reste pourtant au coeur de soi. C'est ce double paradoxe qui constitue l'essence du moi comme renonciation. La renonciation est plus exactement l'histoire interne, essentielle et universelle du moi qui passe par les trois essences de l'aspiration, de l'action et de l'accomplissement. Une combinatoire des trois essences affectives permet par ailleurs de définir une pluralité de natures affectives : la médiocrité, la liberté, la destinée, le dévouement, le génie et la sainteté. Cette définition des natures égologiques est aussi fondamentalement une remise en cause de l'affirmation sartrienne selon laquelle il n'y a pas de nature humaine.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?