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De la barbarie ordinaire. Essai sur le totalitarisme contemporain
Guillamaud Patrice
KIME
15,00 €
Épuisé
EAN :9782380721287
Ce livre est certes un manifeste fustigeant l'idéologie dominante de la contemporanéité comme progressisme et post-modernité. Il montre en effet en quoi cette même idéologie, alors même qu'elle veut déconstruire toutes les formes d'autorités et dénoncer toutes les formes d'enfermements totalitaires dans les préjugés idéologiques, est elle-même justement source d'un nouveau totalitarisme. C'est ainsi que, par-delà les totalitarismes nazi et stalinien, il y a paradoxalement le totalitarisme libéral. Il reste que, si ce même livre est original, c'est surtout par son analyse philosophique des deux principes du totalitarisme. Il s'agit d'une part de la pensée et d'autre part de la société. Si ces deux principes du totalitarisme relèvent par ailleurs de l'essence de l'humanité, s'ils sont par là-même, tous les deux, sources d'une barbarie très commune ou très ordinaire, cela se révèle être d'une gravité anthropologique extrême. C'est la gravité de ce défi que Guillamaud tente d'affronter et de relever. Il soutient cette gageure en exploitant des penseurs aussi différents qu'Hannah Arendt, Emmanuel Lévinas, Emile Durkheim, Karl Marx et surtout Jacques Ellul et Michel Henry.
Ce livre est une psychanalyse essentielle et rigoureuse de la philosophie. L'histoire de la philosophie s'y annonce comme étant l'incarnation diversifiée de trois essences fondamentales de la pensée de l'être ou de trois ontologies. Ces ontologies sont aussi les trois moments de la vie renonciatrice de la pensée. La pensée aspire à l'absolu et relativise cette aspiration tout en s'accomplissant dans cette même relativisation. Le tome 1 montre que ces trois ontologies se déploient dans chacune des trois grandes pensées que sont la philosophie de Platon, celle de Descartes et celle de Kant. Le tome 2 montre que ces trois ontologies se déploient à travers trois triades philosophiques, Héraclite, Aristote et Spinoza, Plotin, Leibniz et Hegel, Husserl, Heidegger et Bergson. Ce second tome montre ainsi que tout se passe comme si un seul génie s'incarnait et ressurgissait à chaque fois à travers trois pensées philosophiques différentes. Tel est le mystère de la vie rationnelle de la pensée.
Il y a une différence essentielle entre la vie et l'existence. Si la réussite relève de l'existence, à savoir de la superficialité consciente et dérisoire de la vie, l'accomplissement relève au contraire de la vie en tant que vie à savoir de la profondeur vitale. Mais quelle est l'essence même de cette profondeur ? Il s'agit ici de montrer que par essence, la profondeur concrète de la vie est une spontanéité affective, entendue comme non-libérée ou renonciation. Nous prévenons les âmes sensibles que la lecture de ce libre peut provoquer un étonnement. Le point de vue y est en effet purement cynique. Mais, c'est le cynisme même de l'analyse qui conduit à découvrir que la grandeur morale, loin d'être une exception ou une abstraction, est l'essence la plus concrète et la plus universelle de toute vie. Nous verrons en effet que, dans la vie des grandes ordures comme dans celle des grands saints et des grands médiocres, c'est une seule et même loi morale qui, loin d'être un idéal illusoire ou abstrait, gouverne réellement et absolument. Dans la fausse gloire du mal et du bien comme dans le faux anonymat de la médiocrité, c'est une seule et même grandeur de la vie et de l'humanité qui s'exprime, irrémédiablement.
Ce livre est une psychanalyse essentielle et rigoureuse de la philosophie. L'histoire de la philosophie s'y annonce comme étant l'incarnation diversifiée de trois essences fondamentales de la pensée de l'être ou de trois ontologies. Ces ontologies sont aussi les trois moments de la vie renonciatrice de la pensée. La pensée aspire à l'absolu et relativise cette aspiration tout en s'accomplissant dans cette même relativisation. Le tome 1 montre que ces trois ontologies se déploient dans chacune des trois grandes pensées que sont la philosophie de Platon, celle de Descartes et celle de Kant. Le tome 2 montre que ces trois ontologies se déploient à travers trois triades philosophiques, Héraclite, Aristote et Spinoza, Plotin, Leibniz et Hegel, Husserl, Heidegger et Bergson. Ce second tome montre ainsi que tout se passe comme si un seul génie s'incarnait et ressurgissait à chaque fois à travers trois pensées philosophiques différentes. Tel est le mystère de la vie rationnelle de la pensée.
Ce livre met en oeuvre la méthode philosophique de l'ousiologie pour l'étude de l'extériorité. Il s'agit de définir les trois essences de l'altérité comme autrui, chose et technique. La véritable tolérance, comme réalité et non comme simple idéal, ne concerne pas seulement la sphère d'autrui mais la coexistence d'autrui avec, d'abord, les choses, dans leur valeur notamment économique, et avec, ensuite, la technique. Dans une perspective autant inspirée par Aristote et Simondon que par Lévinas, il s'agit de garantir ou plutôt de reconnaître la dignité d'être et de valeur des différentes sphères du réel comme transcendance. La perversion consiste dans la confusion entre les essences, par exemple dans la confusion entre la chose et la technique. Derrière une analyse conceptuelle rigoureuse, ce livre cache une condamnation de la théorie abstraite et de la confusion systématique, un hymne respectueux à la pluralité du réel.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.