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Molière m'a tuer. L'homme des Accords déviants
Guemriche Salah
ALTAVA
20,00 €
Épuisé
EAN :9782494387003
Aux yeux de Kundera, tout personnage est un "ego expérimental" . Avec l'autofiction, l'équation s'inverse : c'est l'ego qui se fait personnage expérimental. Dans ces pages, l'auteur tente une expérience inédite : celle d'un personnage intermittent courant d'emploi en contre-emploi, au gré des offres de l'Agence Rôle-Emploi chargée des intermittents de la Fiction. Homme de théâtre, Larbi est un Algérien réfugié en France, suite à une fatwa lancée contre ses adaptations en arabe de Tartuffe et des Femmes savantes. Alors que son pays vient de commémorer les 60 ans de son indépendance, il se retrouve engoncé dans la peau d'un personnage obnubilé par la défense de la langue française qui l'engage dans une croisade surréaliste contre ce qu'il appelle les Accords déviants. La presse le surnommera "Le Fou de Molière" . Pendant qu'en Algérie, le régime lance son "Grand remplacement" (le français par l'anglais), en France, les élites sont au chevet de la langue française, menacée par le langage minimaliste des réseaux sociaux, mais pas seulement... Dans un improbable jeu de rôles, Larbi va traverser ce "roman qui ne veut pas en être un" (Adam Thirlwell), et s'incarner là où le lecteur ne l'attend pas... Tournant délibérément le dos à l'histoire de son pays, à peine évoquée entre dérision et réalisme, l'auteur expérimente, ici, un genre de fiction fragmenté, comme l'est l'Algérie depuis l'indépendance : une sorte de série-fiction. Pour reprendre la formule idoine de Kundera : "Il s'agit de nouvelles emboîtées (...) Une autre façon de dépasser la linéarité" .
Sur la base de 102 photos de la révolution algérienne du 22 février 2019, Salah Guemriche a écrit des textes libres, en lien avec le contexte. Il s'agit d'une uvre de témoignages, à visée documentaire et historique, illustrant le caractère original et inédit du mouvement, sa vigueur, ainsi que l'inventivité de ses acteurs. L'auteur aborde l'évènement pour en faire une uvre-témoin illustrée par les photos, à travers plusieurs thèmes : les marches, les slogans (banderoles et pancartes), et autres animations.
Résumé : Depuis que la Sécurité routière a lancé son slogan "Si t'as un Sam, t'as le swagg ; si t'as pas de Sam, t'as le seum", le public sait à peu près ce que seum et swagg veulent dire. Mais il n'est pas sûr que la publicité faite de ces deux mots ait été du goût de ses locuteurs habituels. Comme le soulignait déjà Victor Hugo : "L'argot cherche toujours à se dérober, sitôt qu'il se sent compris, il se transforme... Aussi va-t-il, se décomposant et se recomposant sans cesse." C'est, parmi des centaines d'autres, le cas de beur (devenu rebeu, rabza, rabzouz), de l'antique daron(ne) et du classique keuf. Ce petit dico est donc un instantané du "langage des jeunes des Cités", comme disent les médias qui oublient que le parler djeun's s'entend aujourd'hui à Trappes comme à Neuilly-sur-Seine. Ici et là, de airbags à zyva, ça rappe et ça zappe la langue de Molière à tout va ! Et à tout âge : l'ado, devenu lycéen puis étudiant, n'abandonne pas le parler de son "tiéquar".
Résumé : "Ce recueil couvre quatre décennies de mon immigration. Une immigration "choisie" non pas au sens où l'entendait Nicolas Sarkozy, mais au sens premier du terme : mon départ du pays, l'Algérie, ne fut ni une émigration économique ni un exil politique. Il fut dicté par un besoin impérieux d'un ailleurs, d'une quête existentielle. Comme si, l'indépendance ne suffisant plus, il me fallait la liberté. Celle de dire et de se dire. Suprême paradoxe : ce fut la langue qui décida de la destination... Ces chroniques retracent un parcours de vie, le cheminement d'une pensée, celle d'un immigré qui, sans rien céder de sa liberté et de son esprit critique, se découvre (sous le regard narquois de son propre fils, Français de souche... nouvelle) plus intégré qu'il ne se pensait." Salais Guemriche.
... Depuis ses années de lycée, toute première phrase de roman exerce sur lui un attrait quasi mystique. " Ainsi commence le livre de Salah Guemriche qui raconte l'histoire de Youssef, écrivain d'origine algérienne. Fasciné par la première phrase des romans de la littérature mondiale. Le jour où il signe sa première phrase à lui, Youssef ne sait pas encore qu'elle sera le fil conducteur d'une fatwa occulte. Après l'assassinat de son épouse, il fuit l'Algérie pour s'installer à Paris. Un Paris " décalé " par son regard d'exilé, lieu de rencontre où règnent aussi la suspicion et la haine. La boucle sera bouclée quand Youssef sera rattrapé par son destin dans une ville de province... par la faute d'une fatale première phrase. Bâti autour d'une extraordinaire idée - la collection très oulipienne des premières phrases de romans -, ce livre mêle la dérision au tragique pour dire l'immense noirceur des " événements ", le déchirement et les désillusions de l'exil.
Dans ce tome II, on découvre l'intimité des "fils du pauvre" qui ébranlent le parti unique en avril 80. Dans un pays aliéné par la violence endémique et les dogmes archaïques, des jeunes, armés de leur "fierté comme viatique" , construisent jour après jour et pierre par pierre un projet de société alternatif adossé à une identité niée et ouvert sur le monde dont ils scrutent idées et mutations. Kabylie, Algérie, Afrique du Nord, Méditerranée occidentale, la géopolitique des poupées russes structure une doctrine inédite. A la prise de pouvoir qui anima les combats de ses aînés, une génération substitue le pacifisme et se dédie à l'émancipation de la cité. Forum citoyen, sa revue clandestine Tafsut défie les médias officiels. Rigoureusement rapporté depuis sa genèse, le Printemps berbère d'avril 80, toujours occulté par l'histoire conventionnelle, reprend ici sa place parmi les grandes sources d'inspiration des luttes laïques et démocratiques du sous-continent nord-africain. Plus qu'un témoignage, ce livre est une invitation à greffer l'avenir sur la mémoire féconde.
Résumé : La haine aveugle qui s'abattit sur la génération d'après-guerre fut générale. Pour le régime, les jeunes qui contestèrent le mythe d'une nation otage du jacobinisme, du léninisme et, déjà, de l'intégrisme menaçaient la patrie. Les anciens opposants furent exaspérés par des prétentieux s'immisçant dans une scène réservée à l'aristocratie guerrière. Pour les islamistes, les laïcs souillaient la Oumma. Le courant socialiste français diabolisa des intrus réfutant la fable islamo-tiers-mondiste qui devait, sinon occulter, du moins relativiser ses coupables égarements. Exception notable : de son exil, le vieux Boudiaf observait l'antagonisme pouvoir-société. Sitôt rentré, il se voua à la nouvelle cité. Lui aussi fut rattrapé par la haine. Dans ce tome III, on suit l'émergence d'une génération atypique qui transcenda la peur, récusa la haine, osa les rêves d'une Algérie démocratique, d'une Afrique du nord réconciliée avec son histoire et d'une entente adulte avec l'Europe. Un projet qui manqua d'aboutir avec l'insurrection citoyenne de février 2019.
Aucune émotion n'est plus difficile à comprimer chez le voyageur que l'impatience d'aller à son point de chute. Descendre est plus exaltant que monter et c'est sur cette envie de retour chez soi que s'opère toute la mécanique de l'impatience. En un mot, les départs sont moins prenants que les arrivées". C'est dans cet élan de retrouvailles avec ses racines que se dessine l'épopée d'Obamy Diakité, un jeune auteur dont l'ascension fulgurante dans le monde littéraire international s'est brusquement trouvée éclipsée par l'orage du plagiat. Les murmures enflammés des cercles littéraires, émaillés des préjugés et des rivalités, semblaient clamer que la réussite d'un écrivain malien ne pouvait être authentique, et donc devait être frauduleuse. Le poison était à l'oeuvre. Mais au-delà de ces accusations, des procès juridiques et médiatiques et au-delà des ombres de doute qui ont obscurci son parcours, se profile une histoire tragi-comique de réparation et de résilience. Car le retour aux sources n'est pas simplement un acte de repentance, mais un voyage intérieur vers la rédemption. Dans les ruelles de son passé, Obamy Diakité entreprend une quête pour reconstruire non seulement son image ternie, mais surtout son être profond. C'est ainsi que se déploie le récit fascinant, jusqu'ici inconnu, d'un écrivain qui trouve finalement sa place dans l'apaisement de la littérature et la compréhension de sa propre histoire, pour devenir immortel. Un récit qui transcende un destin contrarié pour toucher à l'universalité de l'expérience humaine : celle de la chute, de la rédemption et, enfin, de l'élévation d'un homme.
La sérénité et l'innocence d'un enfant peuvent être perturbées par une simple insinuation, une banale paresse langagière, dans une France hantée par ses souches. Tout commence par une question, posée comme une sentence par son institutrice à Maleyka : "Tu viens d'où ? Tu es de quelle origine ? " La petite Maleyka, qui ne connait que Reims et la maison de ses parents, est confuse. On attend d'elle une réponse qu'elle n'a pas mais qu'elle doit donner pour cesser d'être un point d'interrogation. C'est alors qu'elle ramasse toutes les bribes d'informations qui peuplent sa tête pour se définir. Mais le malaise ne fait que commencer. Plus elle explore son identité et sa condition, plus elle est intranquille. Progressivement, elle s'invite dans le monde cruel des adultes avant de se retrouver, armée de son seul désir de vérité, au coeur d'une guerre mémorielle qui redouble sans cesse de férocité.