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La haine comme rivale. 1987-1997
Sadi Saïd
ALTAVA
30,00 €
Épuisé
EAN :9782494387010
La haine aveugle qui s'abattit sur la génération d'après-guerre fut générale. Pour le régime, les jeunes qui contestèrent le mythe d'une nation otage du jacobinisme, du léninisme et, déjà, de l'intégrisme menaçaient la patrie. Les anciens opposants furent exaspérés par des prétentieux s'immisçant dans une scène réservée à l'aristocratie guerrière. Pour les islamistes, les laïcs souillaient la Oumma. Le courant socialiste français diabolisa des intrus réfutant la fable islamo-tiers-mondiste qui devait, sinon occulter, du moins relativiser ses coupables égarements. Exception notable : de son exil, le vieux Boudiaf observait l'antagonisme pouvoir-société. Sitôt rentré, il se voua à la nouvelle cité. Lui aussi fut rattrapé par la haine. Dans ce tome III, on suit l'émergence d'une génération atypique qui transcenda la peur, récusa la haine, osa les rêves d'une Algérie démocratique, d'une Afrique du nord réconciliée avec son histoire et d'une entente adulte avec l'Europe. Un projet qui manqua d'aboutir avec l'insurrection citoyenne de février 2019.
La misère de la Seconde Guerre Mondiale écrasait encore les Algériens quand survint le premier novembre 54. Les enfants sont pris dans le drame de la colonisation qui impose ses codes à leurs jeux. A l'école, il faut capter le savoir tout en rejetant le Français qui le dispense. Avec l'indépendance, les adolescents découvrent que des hommes idéalisés peuvent infliger à leurs frères les abus qu'ils ont combattus. Un an et demi plus tard, la Kabylie revit les affres des tortures et des punitions collectives lors de la répression de l'insurrection du FFS. C'est dans cette succession de conflits que grandit Saïd SADI. Empathique mais lucide, le regard posé sur la condition des siens permet d'entrevoir les prémices de l'épopée d'avril 80. Ce premier tome de ses mémoires nous dit comment et pourquoi les "fils du pauvre" engageront, plus tard, l'improbable combat pacifique face à une violence endémique ; il nous explique également les soubassements de leur audace qui inspirera les générations soumises au dictat de la pensée unique et qui continue à nourrir en elles l'espoir d'une Algérie démocratique. Plus qu'un parcours de vie, ce récit est le premier grand témoignage sur l'enfance algérienne dans la guerre et l'après-guerre.
Depuis l'indépendance, Amirouche subit les mêmes accusations que celles dont l'accabla l'armée française. Il fut décrit, au mieux, comme un chef de guerre sans foi ni loi, au pire, comme un maquisard violent et sanguinaire, cultivant une détestation primaire contre les intellectuels, attributs qu'il tiendrait de prétendus penchants islamistes. Comme pour justifier ces anathèmes, Boumediene fit déterrer clandestinement ses ossements et ceux de son compagnon Haoues et ordonna de les séquestrer à jamais. Comment une telle forfaiture a-t-elle été possible? Pourquoi les élites l'ont-elles tue ou, pire, légitimée? Amirouche, une vie, deux morts, un testament invite à méditer sur un pouvoir qui a acclimaté le citoyen à l'horreur avant de l'engager dans le sens interdit de l'Histoire. Saïd Sadi est un politique qui a toujours refusé de succomber à la facilité et aux thèses faussement consensuelles. Pour lui, Amirouche, la légende vivante chantée par nos mères, ne pouvait pas, c'est un euphémisme, être le monstre que présentaient les services de Boussouf et de Boumediene. Une recherche menée durant des dizaines d'années révèle Amirouche comme un stratège militaire, rigoureux mais altruiste, ferme mais sage, privé de grandes études mais sacralisant le savoir. Doté d'une vraie culture politique, cet autodidacte d'exception avait un sens élevé de l'Etat. Ainsi dépeint, Amirouche retrouve enfin dans l'écrit le statut que lui a toujours réservé la littérature orale; ce qui n'ira pas sans quelques grincements de dents. Le colonel de la wilaya III se rendait à Tunis pour désamorcer la menace que faisaient peser sur la nation l'armée des frontières et le MALG quand il fut stoppé le 28 mars 1959 à Bou-Sâada par une armada déployée en renfort par le général Massu quelques jours auparavant. Sans concession ni rancoeur, cet ouvrage, riche en témoignages et documents de première main, est précieux: en interrogeant la mémoire, il parle à l'avenir.
Dans ce tome II, on découvre l'intimité des "fils du pauvre" qui ébranlent le parti unique en avril 80. Dans un pays aliéné par la violence endémique et les dogmes archaïques, des jeunes, armés de leur "fierté comme viatique" , construisent jour après jour et pierre par pierre un projet de société alternatif adossé à une identité niée et ouvert sur le monde dont ils scrutent idées et mutations. Kabylie, Algérie, Afrique du Nord, Méditerranée occidentale, la géopolitique des poupées russes structure une doctrine inédite. A la prise de pouvoir qui anima les combats de ses aînés, une génération substitue le pacifisme et se dédie à l'émancipation de la cité. Forum citoyen, sa revue clandestine Tafsut défie les médias officiels. Rigoureusement rapporté depuis sa genèse, le Printemps berbère d'avril 80, toujours occulté par l'histoire conventionnelle, reprend ici sa place parmi les grandes sources d'inspiration des luttes laïques et démocratiques du sous-continent nord-africain. Plus qu'un témoignage, ce livre est une invitation à greffer l'avenir sur la mémoire féconde.
La sérénité et l'innocence d'un enfant peuvent être perturbées par une simple insinuation, une banale paresse langagière, dans une France hantée par ses souches. Tout commence par une question, posée comme une sentence par son institutrice à Maleyka : "Tu viens d'où ? Tu es de quelle origine ? " La petite Maleyka, qui ne connait que Reims et la maison de ses parents, est confuse. On attend d'elle une réponse qu'elle n'a pas mais qu'elle doit donner pour cesser d'être un point d'interrogation. C'est alors qu'elle ramasse toutes les bribes d'informations qui peuplent sa tête pour se définir. Mais le malaise ne fait que commencer. Plus elle explore son identité et sa condition, plus elle est intranquille. Progressivement, elle s'invite dans le monde cruel des adultes avant de se retrouver, armée de son seul désir de vérité, au coeur d'une guerre mémorielle qui redouble sans cesse de férocité.
Le tome IV des mémoires de Saïd Sadi, Le pouvoir comme défi (1997-2007), révèle, de l'intérieur du régime, toute la mécanique de l'addiction au pouvoir qui paralyse la vie politique algérienne. Il s'interroge sur des hommes, dont le bilan, à tous égards dévastateur pour le pays et la région, s'exonèrent de toute évaluation et perpétuent leur emprise sur l'Algérie avec pour seul et unique viatique l'entretien de la guerre après la guerre contre la France. Le récit montre aussi un personnel politique français qui, par cynisme, intérêt vénal, opportunisme ou lâcheté, a baissé pavillon devant cette stratégie puérile et toxique. Une complaisance voire complicité qui a aggravé la déstabilisation de la rive sud de la Méditerranée occidentale... et précipité la pollution des banlieues françaises. En parallèle, l'histoire quotidienne de l'Algérie citoyenne, celle qui aspire à vivre dans une matrice nord-africaine affranchie des démons de l'intolérance et désireuse de construire un destin fécond avec la France et, plus généralement, l'Europe, est rapportée dans ce quatrième tome avec réalisme, quelques fois rudesse, mais toujours lucidité.
Jusque-là, Adam mène une vie paisible. Il se perd vertigineusement dans son monde sans passion. Un matin, un événement inattendu vient chambouler sa routine. Tout perd alors son sens à ses yeux et il se résout à se contenter de ce que lui offrent les mains paresseuses du destin. Mais sa rencontre inopinée avec Don Pablo va progressivement le faire revenir à la vie à travers des chemins inexplorés aussi passionnants les uns que les autres. Commencent alors pour lui des aventures existentielles, jalonnées de rencontres fantastiques et de magie, qui le révèlent à lui-même et lui font découvrir le miracle de la littérature. En s'engouffrant dans un monde où la réalité et la fiction se confondent jusqu'à ne plus se distinguer, où la frontière entre le présent et le passé, le bien et le mal, la vie et la mort, devient de plus en plus fine, Adam découvre la force de son regard et sa capacité à reformuler le monde en fonction de son imagination et de ses propres goûts. Subtile mise en abîme, Les vies (multiples) d'Adam est un engrenage où toutes les évidences et les lieux communs volent en éclat et où le monde perd son sens propre pour n'être plus qu'une insaisissable métaphore.