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Une histoire pour deux
Faik Abasiyanik Sait ; Pinhas-Delpuech Rosie
BLEU AUTOUR
1,00 €
Épuisé
EAN :9782912019646
Derrière ce nom, encore inconnu en France, et cette vie brève, à la charnière de l'Empire ottoman et de la jeune République turque, se cache un rôdeur affamé d'humanité dans les bas quartiers cosmopolites d'Istanbul. « Écrivain des troisièmes classes », Sait Faik est sans doute, avec son art abrupt de la nouvelle, le plus grand auteur de la modernité turque. Un art qui obéit à une urgence vitale : dans l'attente d'un bateau, entre terre et mer, libre, il a des fulgurances pour atteindre chez l'être humain la peur de l'amour et de la mort, la solitude, le passager... Témoin cette Histoire pour deux.Les éditions Bleu autour inaugurent leur projet, dirigé par Rosie Pinhas-Delpuech, d'éditer en français l'oeuvre de nouvelliste de l'écrivain turc Sait Faik Abas¾yan¾k avec la publication simultanée d'un recueil, Un homme inutile (1948), traduit par Alain Mascarou, et de cette nouvelle « Une histoire pour deux », extraite du recueil Un serpent à Alemdag (1954) à paraître en septembre 2007 (traduction du turc de Rosie Pinhas-Delpuech et préface de Nedim Gürsel).Sait Faik Abas¾yan¾k est né en 1906 à Adapazar¾, dans l'actuelle Turquie occidentale. Il publie ses premiers poèmes en 1925, alors qu'il est lycéen à Bursa, et sa première nouvelle en 1929, alors qu'il étudie à la Faculté des Lettres d'Istanbul. Il séjourne ensuite brièvement à Lausanne, puis plus longuement à Grenoble, où il suit des cours d'économie. Définitivement de retour à Istanbul en 1934, il fait de l'écriture son gagne-pain après la mort de son père, en 1939. Il a publié un recueil de poèmes, deux romans et, surtout, des nouvelles, d'abord parus dans des journaux et revues, puis recueillis en une dizaine de volumes. Elles lui vaudront une reconnaissance nationale, voire internationale. Le cinéma turc l'adapte, l'Académie Mark Twain (États-Unis) l'accueille. Il meurt à Istanbul en 1954.
C'est en lisant ce recueil, paru en Turquie en 1950, qu'on réalise que non, tout compte fait, ce quidam "intranquille" - selon le mot fameux de Pessoa, cité par l'éditrice Elif Deniz dans la postface -, ce flâneur indocile, qui va et vient sans cesse, n'a rien d'une figure récente ou prémonitoire. Ce besoin de bouger, de passer les frontières, est une vieille histoire; aussi vieille, certainement, que celle de la littérature turque, dont Sait Faik Abasiyanik fut, "authentiquement, le premier moderne en soi", comme l'assure l'écrivain Enis Batur dans la préface au recueil. Les nouvelles du Café du coin, à des années-lumière du récit à intrigue, ressemblent à des esquisses, à des tableaux inachevés: on y croise une pauvre grand-mère qui vend des lapins en pleine rue dans l'espoir de s'acheter un billet de bateau pour Izmir; un marchand de marrons malchanceux; des pêcheurs d'écrevisses ou de sinagrit ("dentu" en français), un jardinier borgne... Souvent, il ne se passe rien. Il n'y a pas de message. Sait Faik Abasiyanik écrit comme s'il portait, au front, une caméra qu'il aurait oublié d'éteindre. S'attachant, ajoute Enis Batur, à "épurer" ses textes "de tout enjolivement", Sait Faik Abasiyanik, par sa sobriété et son sens de l'absurde, a bouleversé la prose, jetant aux orties la rhétorique et le "réalisme social" cher au grand écrivain Nazim Hikmet (1902-1963). (Catherine Simon - Le Monde du 27 juin 2013)
Le Samovar, qui paraît en 1936, est le premier des dix recueils de nouvelles publiés de son vivant par Sait Faik. Il est alors de retour dans sa ville mère, Istanbul, après un long séjour à Grenoble où il campe aussi certaines de ses "histoires simples". Ce fantôme chaleureux mais sauvage, qui marqua comme personne les générations d'écrivains qui l'ont suivi, s'y révèle le premier moderne en soi de la littérature turque, écrit Enis Batur dans sa préface. Avant Sait Faik, la rhétorique dominait la prose. Lui a des phrases courtes, tendues, parfois effilées comme un dard de raie, électriques, chargées d'un imbroglio de sentiments gouvernés chez lui par une fêlure qui le rend unique. À la manière d'un Chagall, et avant que sa quête du minimalisme ne l'entraîne vers une certaine abstraction, en particulier dans Un serpent à Alemdag, publié l'année de sa mort, il compose des tableaux foisonnant de gens ordinaires, modestes, souvent marginaux, dont rarement dans la littérature mondiale un écrivain a su croquer le quotidien avec tant de finesse.
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Résumé : " Un lopin de terre, une maison, peut vous dresser les uns contre les autres. L'unique héritage que nous vous léguerons sera dans votre tête et dans votre c?ur. Avec ça, vous pouvez aller partout dans le monde et garder votre dignité. " Kadima-Nzuji Nicolas. " Tu raconteras à mes petits-enfants ce que je te raconte aujourd'hui ! Tu leur diras que c'est moi, Mwauke, fille de Madimba et de Madiya, leur grand-mère, qui parle. Tu leur diras que, pour conquérir ma dignité d'être humain, j'ai dû passer par beaucoup de souffrances, j'ai beaucoup travaillé, je n'ai pas tendu la main... Tu leur diras combien il est dur de conquérir sa dignité d'être humain. " Mwauke Bernadette
Les autresJe souriais. Pour ainsi dire. J'avais sur la figure un sourire, quoi, un petit sourire. On n'aurait pas pu dire qu'il se remarquait à peine: non, en fait, il ne se remarquait pas du tout. C'est vrai que sourire en grand, quand on est seul, tout seul, c'est vraiment impossible. Sourire en grand, on ne peut le faire que pour quelqu'un. Pour quelqu'un d'autre, je veux dire.J'ai lu quelque part que le muscle qui tend les lèvres pour former un sourire s'appelle risorius, c'est un muscle particulier du visage. Ainsi, comme à ce moment-là je me sentais, disons, plutôt bien, les muscles de mon visage s'étaient légèrement étirés, produisant un petit sourire. Je sentais que je l'avais (le sourire), là (sur mon visage). Mais sans le voir. Ça fait du bien de sourire. Mais ça fait encore plus de bien de rire, physiquement je veux dire. Éclater de rire, ça, c'est un pur bonheur. Et peu importe pour quelle raison.Bien sûr, on peut entendre ou lire une plaisanterie d'une finesse étonnante, être impressionné par l'esprit de celui qui l'a faite, aller jusqu'à penser: «Nom de Dieu, que c'est drôle!...» ou bien être témoin d'une scène complètement loufoque, apprécier à quel point la situation est comique et s'en faire la remarque... mais ne pas rire. Ce sera agréable, c'est sûr, mais on n'aura pas la joie physique du rire.Par contre, éclater de rire à en perdre le souffle ou l'équilibre, à en tomber à genoux, pleurer de rire en s'étonnant que la plaisanterie soit à ce point stupide, la situation bête, quand tout le monde autour est mort de rire et essuie des larmes en répétant: «Mais que c'est bête!», alors là, d'accord, c'est bête, mais quel plaisir ça fait! Rire comme ça, à gorge déployée! D'ailleurs, lorsqu'on va avec des potes au cinéma voir n'importe quoi, le premier film venu, on se rend compte que plus le film est bête, plus il fait du bien, parce qu'on n'arrête pas de se marrer. C'est comme quand on boit un coup avec des amis et qu'on se prend soudain, comme ça, pour rien, d'une envie d'éclater de rire qui déclenche fous-rires sur fous-rires à propos de tout et n'importe quoi. Bref, des occasions de rire, on en a sans arrêt. Mais l'important c'est de ne pas être seul! L'important c'est d'être avec les autres...Je me rappelle bien comment j'ai découvert leur existence, aux autres. Je me rappelle très bien comment je l'ai faite, cette découverte a priori si banale. Quand il est devenu évident pour moi que tous les gens étaient des autres, pas comme moi, non, autres, tous! Et que le monde n'était pas peuplé de moi multiplié par des milliards. Tous ces gens, ils étaient complètement autres, et moi aussi j'étais autre pour eux. Aussi simple que ça. Je me souviens comme c'est devenu soudainement clair pour moi, comment ça m'a abasourdi et comment pour la première fois après cette découverte je me suis mis à dévisager les gens, même ceux que je connaissais bien.
Après Pierre Loti dessinateur (2009), voici Pierre Loti photographe. Une autre facette de cet artiste aux multiples talents. Un nouveau carnet de voyages, inspiré et largement inédit. Des voyages en Orient au fil desquels Loti, marin, promeneur, a composé, de 1894 à 1907, une ?uvre d?un millier de clichés, dont plus de la moitié, les meilleurs, figurent ici.Chronologiquement?: la Terre sainte?; l?Inde et la Perse, d?où il rapporte deux saisissantes séries?; la Chine, la Corée et l?Indochine?; puis, avant l?Égypte, son cher Istanbul, dont il donne un foisonnement d?images, parmi les plus vivantes?; sans oublier des portraits de marins et de proches qu?il capte chez lui, à Rochefort et au Pays basque.Des bords du Gange aux rives du Bosphore ou de la Bidassoa, de Jérusalem à Ispahan, le reporter Pierre Loti cède souvent le pas au romantique. Pénétré de l?évanescence des choses, il se hâte de les fixer de son regard d?artiste et d?enfant saisi par la magie de la photographie. Et il révèle du monde une vision pleine d?humanité, émerveillée.4e de couverture : Après Pierre Loti dessinateur (2009), voici Pierre Loti photographe. Une autre facette de cet artiste aux multiples talents. Un nouveau carnet de voyages, inspiré et largement inédit. Des voyages en Orient au fil desquels Loti, marin, promeneur, a composé, de 1894 à 1907, une ?uvre d?un millier de clichés, dont plus de la moitié, les meilleurs, figurent ici.Chronologiquement?: la Terre sainte?; l?Inde et la Perse, d?où il rapporte deux saisissantes séries?; la Chine, la Corée et l?Indochine?; puis, avant l?Égypte, son cher Istanbul, dont il donne un foisonnement d?images, parmi les plus vivantes?; sans oublier des portraits de marins et de proches qu?il capte chez lui, à Rochefort et au Pays basque.Des bords du Gange aux rives du Bosphore ou de la Bidassoa, de Jérusalem à Ispahan, le reporter Pierre Loti cède souvent le pas au romantique. Pénétré de l?évanescence des choses, il se hâte de les fixer de son regard d?artiste et d?enfant saisi par la magie de la photographie. Et il révèle du monde une vision pleine d?humanité, émerveillée.
La quarantaine de grands reportages qu'a publiés Yachar Kemal de 1951 au milieu des années 70, pour l'essentiel dans le grand quotidien Cumhuriyet, font partie intégrante de son oeuvre littéraire, tendue entre la réalité sociale et le conte, entre l'histoire et le mythe. Mais, contrairement à ses fameux romans parus chez Gallimard, ils demeuraient méconnus en France. En voici huit, choisis par l'auteur, à commencer par son premier succès de reporter, "Pêcheurs d'éponges", paru peu après Mèmed le Mince (1955). Ils constituent un rare témoignage sur la Turquie rurale et urbaine de ces années de transition. Ils font écho à ses fictions, qu'ils éclairent. Ils se lisent comme un roman.
Après Mes Algéries en France, Le Pays de ma mère, versant français d'une nouvelle autobiographie collective, voyage baroque, joyeux et mélancolique dans les Frances de Leïla Sebbar.La France de l'enfance, fille de l'Algérie natale et coloniale: la Dordogne maternelle, les aïeux du Sud-Ouest et du Nord-Pas-de-Calais, les Mariannes et les écoles de la République, des coiffes niçoises et bourbonnaises, les rivières, bois et champs, et Jeanne d'Arc.Puis Mai 68, le Mlf. Des femmes racontent leur France en révolution.Et les Frances de compagnes et compagnons dont les pages manuscrites dessinent des paysages politiques et singuliers.Ils croisent les routes de Leïla Sebbar:Bars-Tabac-Pmu d'Alsace et de Belleville, le métro et ses colleurs d'affiches, les gisants dans les rues de Paris, Chérie Lili, les toilettes des palaces, les phares bretons, la mer...Leïla Sebbar est née à Aflou en Algérie d'un père algérien, élevé dans la religion musulmane, et d'une mère "française de France", élevée dans la religion catholique, tous deux instituteurs de l'Instruction publique laïque dans l'Algérie française et coloniale, où les couples mixtes sont l'exception. Elle a quitté l'Algérie à 20 ans pour suivre des études supérieures de lettres à Aix-en-Provence puis à Paris, où elle vit depuis 1963. Elle a publié plusieurs essais, dont L'arabe comme un chant secret (2010) et Je ne parle pas la langue de mon père (2003, 2013); de nombreux romans, dont La Seine était rouge: Paris 17 octobre 1961 (2009) et Les femmes au bain (2006, 2009); des recueils de nouvelles, dont Écrivain public (2012); et une trilogie sur ses Algéries en France, dont Voyage en Algéries autour de ma chambre (2008); et elle a dirigé plusieurs recueils de récits d'enfance d'écrivains en exil, dont Une enfance algérienne (1999) et Une enfance juive en Méditerranée musulmane (2012).Sébastien Pignon, peintre et dessinateur, est né en 1972 à Paris, où il vit. Il pratique aussi la gravure et la photographie. Pensionnaire de la Villa Médicis en 2006, il a exposé à Rome (Massa à l'atelier du Bosco), Naples (Musa Muta à l'Institut français) et Paris, en particulier à la galerie Natalie Seroussi. Il est l'auteur de Devant-Derrière (préface de Mauro Ciccia, Bleu autour, 2003). Il a accompagné de ses dessins de nombreux ouvrages aux éditions Bleu autour, dont la trilogie de Leïla Sebbar sur ses Algéries en France, et aux éditions Al Manar - Alain Gorius, dont Contes libertins du Maghreb, de Nora Aceval, Les Algériens au café et Une femme à sa fenêtre, de Leïla Sebbar.