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Le Taquet
Grichkovets Evguéni-V ; Dudoignon Stéphane
BLEU AUTOUR
19,00 €
Épuisé
EAN :9782358480376
Les autresJe souriais. Pour ainsi dire. J'avais sur la figure un sourire, quoi, un petit sourire. On n'aurait pas pu dire qu'il se remarquait à peine: non, en fait, il ne se remarquait pas du tout. C'est vrai que sourire en grand, quand on est seul, tout seul, c'est vraiment impossible. Sourire en grand, on ne peut le faire que pour quelqu'un. Pour quelqu'un d'autre, je veux dire.J'ai lu quelque part que le muscle qui tend les lèvres pour former un sourire s'appelle risorius, c'est un muscle particulier du visage. Ainsi, comme à ce moment-là je me sentais, disons, plutôt bien, les muscles de mon visage s'étaient légèrement étirés, produisant un petit sourire. Je sentais que je l'avais (le sourire), là (sur mon visage). Mais sans le voir. Ça fait du bien de sourire. Mais ça fait encore plus de bien de rire, physiquement je veux dire. Éclater de rire, ça, c'est un pur bonheur. Et peu importe pour quelle raison.Bien sûr, on peut entendre ou lire une plaisanterie d'une finesse étonnante, être impressionné par l'esprit de celui qui l'a faite, aller jusqu'à penser: «Nom de Dieu, que c'est drôle!...» ou bien être témoin d'une scène complètement loufoque, apprécier à quel point la situation est comique et s'en faire la remarque... mais ne pas rire. Ce sera agréable, c'est sûr, mais on n'aura pas la joie physique du rire.Par contre, éclater de rire à en perdre le souffle ou l'équilibre, à en tomber à genoux, pleurer de rire en s'étonnant que la plaisanterie soit à ce point stupide, la situation bête, quand tout le monde autour est mort de rire et essuie des larmes en répétant: «Mais que c'est bête!», alors là, d'accord, c'est bête, mais quel plaisir ça fait! Rire comme ça, à gorge déployée! D'ailleurs, lorsqu'on va avec des potes au cinéma voir n'importe quoi, le premier film venu, on se rend compte que plus le film est bête, plus il fait du bien, parce qu'on n'arrête pas de se marrer. C'est comme quand on boit un coup avec des amis et qu'on se prend soudain, comme ça, pour rien, d'une envie d'éclater de rire qui déclenche fous-rires sur fous-rires à propos de tout et n'importe quoi. Bref, des occasions de rire, on en a sans arrêt. Mais l'important c'est de ne pas être seul! L'important c'est d'être avec les autres...Je me rappelle bien comment j'ai découvert leur existence, aux autres. Je me rappelle très bien comment je l'ai faite, cette découverte a priori si banale. Quand il est devenu évident pour moi que tous les gens étaient des autres, pas comme moi, non, autres, tous! Et que le monde n'était pas peuplé de moi multiplié par des milliards. Tous ces gens, ils étaient complètement autres, et moi aussi j'étais autre pour eux. Aussi simple que ça. Je me souviens comme c'est devenu soudainement clair pour moi, comment ça m'a abasourdi et comment pour la première fois après cette découverte je me suis mis à dévisager les gens, même ceux que je connaissais bien.
A l'automne 1913 parait Le Grand Meaulnes, l'unique roman d'Alain-Fournier, qui meurt un an plus tard, à 27 ans, sur le front des Hauts de Meuse. De ce livre initiatique, tragique aussi, qui a marqué des générations de lecteurs, de cette quête d'ailleurs et d'absolu, voici, cent ans après, une réédition assortie d'éclairages inédits d'écrivains, historiens et journalistes. Illustrés de photographies, ils s'organisent en quatre sections.
Camus Albert ; Bénisti Jean-pierre ; Mathieu-Job M
Voici une cinquantaine de lettres d'Albert Camus à des proches d'Alger rencontrés quand il avait vingt ans : le sculpteur et peintre Louis Bénisti (1903-1995), son frère Lucien et leurs épouses respectives. Aux lettres et fac-similés sont associées, comme autant de traces d'un univers sensible et partagé, des reproductions d'oeuvres de Louis Bénisti, de photographies et d'autres documents. A la faveur de ce dialogue amical, intellectuel et artistique, Camus exprime son idée et sa pédagogie de la philosophie ou ses exigences et scrupules d'éditeur. Surtout, il se livre en toute confiance et simplicité. Confronté à la maladie et aux difficultés de sa vie affective, il aborde la carrière littéraire à la fois inquiet et empli d'espoir, jusqu'à l'arrivée du tourbillon de la célébrité. Exceptionnelle par la précocité et la longévité des amitiés qui la fondent, cette correspondance inédite affine notre vision de l'écrivain. Elle éclaire aussi l'effervescence créatrice d'une jeune génération dans l'Algérie des années 1930.
La quarantaine de grands reportages qu'a publiés Yachar Kemal de 1951 au milieu des années 70, pour l'essentiel dans le grand quotidien Cumhuriyet, font partie intégrante de son oeuvre littéraire, tendue entre la réalité sociale et le conte, entre l'histoire et le mythe. Mais, contrairement à ses fameux romans parus chez Gallimard, ils demeuraient méconnus en France. En voici huit, choisis par l'auteur, à commencer par son premier succès de reporter, "Pêcheurs d'éponges", paru peu après Mèmed le Mince (1955). Ils constituent un rare témoignage sur la Turquie rurale et urbaine de ces années de transition. Ils font écho à ses fictions, qu'ils éclairent. Ils se lisent comme un roman.
A la belle époque du féminisme et de l'antiféminisme, on débat sans fin sur le droit et la capacité des femmes à exercer des métiers historiquement masculins.Héroïsées, érotisées ou ridiculisées, les premières avocates, charpentières, cochères, doctoresses... font ainsi florès sur les cartes postales qui connaissent alors leur âge d'or.C'est cette histoire visuelle que révèle ici Juliette Rennes: à partir de trois cents cartes postales (reportages, portraits, caricatures, dessins), elle analyse les espoirs, fantasmes et craintes que suscitèrent ces «femmes de l'avenir» pas toujours advenues...Juliette Rennes est maîtresse de conférences à l'École des Hautes études en sciences sociales (EHESS). Ses recherches et ses enseignements portent sur l'histoire des discours et des représentations visuelles, ainsi que sur la sociologie du genre et des professions. Elle a notamment publié Le mérite et la nature. Une controverse républicaine, l'accès des femmes aux professions de prestige, 1880-1940 (Paris, Fayard, 2007).
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Poésie lyrique - Poèmes narratifs - Prose - Essais autobiographiques - Le Docteur Jivago. Traduit du russe par Michel Aucouturier, Hélène Chatelain, Jean Durin, Gilles Gache, Benjamin Goriely, Hélène Henry, Jean-Claude Lanne, Anne Laurent, Françoise Lesourd, Martine Loridon, Ève Malleret, André Markowicz, Louis Martinez, Catherine Perrel, Valérie Posener, Jacqueline de Proyart, Andrée Robel, Satho Tchimichkian, Vardan Tchimichkian, Alain Thevenard, Laure Spindler-Troubetzkoy et Hélène Zamoyska. Édition de Michel Aucouturier.
Zamiatine Evguéni ; Cauvet-Duhamel B ; Semprun Jor
«...On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme.» Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du Guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation , au rééquilibrage psychique. C'est en 1920 que le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futures, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor. Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avait pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié. L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.» Yvon Hecht.Notes Biographiques : Eugène Zamiatine est né en 1884 à Lebedyan dans la province de Tambov. En sa qualité d'architecte naval il se rend en Angleterre pour la première fois en 1916 et y séjourne jusqu'en 1917. La même année il quitte le Parti bien qu'il fût dans sa jeunesse un bolchevik convaincu. Entre 1908 et 1913 il publie deux nouvelles, mais son prochain livre est interdit par la censure en 1914. Nous autres, écrit en 1920, ne sera jamais publié en U.R.S.S. et à la suite d'incessantes persécutions il écrit en 1931, désespéré, une lettre ouverte à Staline. Ce dernier, après l'intervention de Gorki, lui permet de quitter le pays. Zamiatine, accompagné de sa femme, se rend à Paris où il vit jusqu'à sa mort en 1937.
Boulgakov travailla jusqu'à sa mort au Maître et Marguerite. Le roman parut dans la revue Moskva en 1966-1967, amputé d'un bon tiers, pour cause de censure. Il fut néanmoins le grand événement littéraire de la période du «Dégel». Les Russes furent sidérés d'y découvrir une représentation à la fois délirante et plus vraie que nature de la réalité soviétique dans laquelle ils étaient encore plongés, et qu'ils avaient fini par ressentir comme plus ou moins «normale». Ils furent, aussi, incroyablement fiers de ce livre vite reconnu comme un chef-d'oeuvre, et dont on propose ici une nouvelle traduction - la première depuis plus de trente ans. Les théâtres, les comédies, les coulisses et les plateaux sont présents dans Le Maître et Marguerite comme dans les deux autres romans retraduits pour cette édition : La Vie de M. de Molière et Mémoires d'un défunt (Roman théâtral). Boulgakov était un passionné de théâtre. En partie inédites en français, ses oeuvres dramatiques - drames, comédies satiriques ou d'anticipation, pièces sur Molière ou sur Pouchkine -, viennent logiquement compléter ce volume. Sans oublier Batoum, pièce de commande sur la jeunesse de Staline, finalement non agréée par la maître du Kremlin. Une fois de plus, Boulgakov avait écrit «pour son tiroir» ; le Choix de correspondance qui clôt le volume révèle les conditions dramatiques dans lesquelles il composa l'une des plus grandes oeuvres de notre temps.La Vie de M. de Molière - Mémoires d'un défunt - À ma secrète amie - Le Maître et Marguerite. Théâtre : Les Jours des Tourbine - L'Appartement de Zoïka - L'Île pourpre - La Fuite - Adam et Eva - Béatitude - Alexandre Pouchkine - La Cabale des dévots - Ivan Vassilievitch - Batoum - Choix de correspondance suivi de THÉÂTRE (?UVRES, II)
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Faust - Excursion dans les Grands-Bois - Assia - Nid de gentilhomme - À la veille - Premier amour - Père et fils - Apparitions - Assez - Le Chien - Fumée.